auteur
Yann Le Sauce

Né au football à La Beaujoire pour des débuts d'enfant gâté avant l'apprentissage de la frustration grâce au FCN. Dédicace ses textes aux khouyas de Sidi Boujida, quartier fassi.


Du même auteur

> article précédent

Dhorasoo 2006, la tatane magnifique

Banega, for Ever

Ode au génial argentin du FC Séville, dont la qualité de passe et l’élégance a pu rester cachée du regard de certains observateurs jusqu’à récemment.

Partager

 

À partir de combien de minutes passées à regarder un joueur peut-on l’aimer? Y-a-t-il une barre à franchir pour être légitime à le revendiquer, cet attachement du regard? Je m’en fous, je m’attarde et lui, temporise. Il choisit le jeu de son équipe. Selon ce qu’il perçoit ou peut-être selon ses envies, ou son humeur. À gauche, à droite. Puis dans la profondeur, par-dessus la défense. D’ailleurs, ses partenaires s’inclinent et lui donnent poliment le ballon quand il daigne passer en trottinant à quelques mètres, venant faire le devoir que lui a imposé son talent: lancer le jeu. Eux le voient tous les jours à l’entraînement, et s’inclinent.

 

Dans mon souvenir, Ever Banega était une brève. Un espoir argentin qui fit piteusement la Une pour un hommage trop appuyé à une beauté devant une webcam. Depuis, rien jusqu’à ce Liverpool-Séville du 18 mai 2016. Alors maintenant, j’apprends. Vainqueur de la Libertadores avec Boca Juniors, médaillé d’or aux JO en compagnie de Messi en 2008, quarante sélections avec l’Albiceleste, un tibia brisé sous sa voiture par oubli du frein à main, une Ferrari brûlée, l’Atlético, Valence (ah si, ça, j’avais su) avant Séville aujourd’hui: son parcours est pour le moins chaotique et espagnol avant, parait-il, de devenir intériste et italien.

 

 

Changements d’aile et ballons piqués

Ceux qui le connaissaient, ce talent, ceux qui le vantaient, me prendront pour un fou ou un amateur. Quelle ignorance, quel temps perdu! Le mérite revient donc à l’Europa League. Je l’avais quitté milieu défensif sans connaître ses qualités, le voilà numéro dix en finale face aux Scousers. Un bon résumé, en somme, de ses aptitudes de footballeur dans la superbe compétition offerte cette année, notamment dans ses phases finales, par Liverpool, Dortmund, Villarreal, le Shakhtar et le FC Séville. Il est, par exemple, le pivot du une-deux avec Vitolo finalement repris par Coke pour le deuxième but sévillan. Surtout, dans une première période où Séville galère, Banega organise, dribble, décale, tente, rate et retente.

 

Deuxième plaisir en une semaine, après la finale gagnée contre Liverpool, il est l’heure de la finale perdue contre le Barça en Copa del Rey. Mais pas de peine ou de compassion à avoir pour l’Argentin: il a joué au football, et bien. Cette fois replacé milieu défensif par Unai Emery, Ever sort les bottes secrètes de Pirlo de ses chaussettes. À base de changements d’ailes, de ballons piqués au-dessus de la défense catalane ou de coup franc sous la barre (sorti par Ter Stegen), Banega crée le jeu de Séville avec les appels de Gameiro et la vitesse de Vitolo. Il ne s’avouera vaincu, vêtu de rouge par l’arbitre, que sur l’une des passes géniales, qui dicteront la fin du match et du résultat, de l’autre natif de Rosario. L’accélération de Neymar est celle de trop, celle qui met en avant la faculté qu’Ever Banega n’a pas: la vitesse de course. Touche de romantisme dans la frénésie physique du football moderne.

 

 

Fin vêtu de rouge

Il sait en effet à peu près tout faire. Et du haut de son mètre soixante-quinze, il a des airs du Jefecito Mascherano, au milieu de son équipe. Ses cheveux dressés vers l’avant, reconnaissable en plan large avec ce képi naturel sur la tête et son numéro 19 dans le dos, le Rosarino est celui qui rameute les troupes après l’ouverture du score anglaise en coupe d’Europe. Il tire coups francs, parfois corners et surtout transversales à tout va dans un festival d’orientations et de changements de rythme.

 

Il est dit de certains joueurs qu’ils ont le tempo des matches dans la tête. Nul doute que Banega est de ceux-là. D’ailleurs, il parait aussi que les grands joueurs fêtent leurs départs, à Berlin ou ailleurs, en sortant seul du terrain, vêtus de rouge par l’arbitre…

 

Partager

> déconnerie

LOSC in translation

Le jeu, les joueurs, les entraîneurs


Richard N
2020-04-21

Amadeo Carrizo, le portier de Rufino

Amadeo Carrizo est mort le 20 mars 2020 à l’âge de 93 ans. Le gardien argentin était considéré comme le plus grand portero de l’histoire du foot sud-américain. 


Christophe Zemmour
2020-04-14

Kluivert 1995, une pointe d’extase

Un jour, un but – Le 24 mai 1995 face au Milan AC, Patrick Kluivert, dix-huit ans, inscrit du bout de son gros orteil le but le plus important de sa carrière. Celui qui consacre une équipe de légende. 


Christophe Zemmour
2020-03-31

La place de San Marco

Il y a presque vingt-cinq ans, Marco van Basten mettait, à contrecœur, un terme à une carrière qui en fit un des plus grands avant-centres de l'histoire.


>> tous les épisodes du thème "Le jeu, les joueurs, les entraîneurs"

Le forum

FFF et LFP, un univers (im)pitoyable

aujourd'hui à 02h26 - leo : gurney24/05/2020 à 18h43La semaine s annonce décisive, mais si dimanche prochain on n a pas vu... >>


Scapulaire conditionné

aujourd'hui à 01h27 - Gouffran direct : Il est encore jeune, il était impérial et a gagné avec les Espoirs, malgré sons sous-classement... >>


Foot et politique

aujourd'hui à 01h16 - Mevatlav Ekraspeck : L'amour Durixaujourd'hui à 00h07Cher Mev,quand tu passeras ici, tu pourrais nous faire un petit... >>


Qui veut gagner des quignons ?

aujourd'hui à 00h59 - L'amour Durix : Je pensais à un peu plus connu.Mais sans doute est-ce l'évocation de Doriot sur un autre fil qui ... >>


Aimons la Science

aujourd'hui à 00h53 - Maurice Eculé : @KiregMettons 10% de non-immunisés préalablement infectés jusque là (estimation optimiste... >>


Etoiles et toiles

24/05/2020 à 23h37 - forezjohn : Oui mais même si je suis d'accord sur le fait que les hommes sont mieux traités, je ne crois pas... >>


Libertadores / foot sud-américain

24/05/2020 à 22h12 - cachaco : Le soutien des paramilitaires colombiens (avec donc la bénédiction des forces armées, et donc... >>


Café : "Au petit Marseillais"

24/05/2020 à 21h59 - JL13 : KoolTrickyaujourd'hui à 21h53Alors là, tu as tout faux ! >>


Les pseudos auxquels vous avez échappé ...

24/05/2020 à 21h19 - Breizhilien : Lamouchique oui la musique! je le sais, sera la clé.Remis au goût du jour à l'époque par la... >>


Ventre mou's League

24/05/2020 à 17h40 - Tricky : Tous pays (restant) confondus ?À nous St-Marteen et Aruba. >>


Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)