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Christophe Kuchly


Dé-Manager aussi connu sous le nom de Radek Bejbl. Écrit pour l'AFP et dans La Voix du Nord.


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2010, Casillas des as

Atlético-Bayern : buteur comme Saul

Matchbox – Pour la demi-finale aller de Ligue des champions qui l'opposait au Bayern Munich, l'Atlético Madrid a encore misé sur sa discipline défensive pour glaner une victoire étriquée (1-0) qui le place en bonne position avant le match retour. 

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La nalyse

Même les spectacles attendus ont leur charme. De bons acteurs, une belle mise en scène, juste ce qu’il faut d’improvisation pour laisser le spectateur dans l’incertitude jusqu’au bout: cette deuxième demi-finale de Ligue des champions a offert une bataille tactique plaisante, dont est sortie vainqueur l’équipe la plus militaire. Rien n’est encore joué avant le retour, mais la tâche qui attend le Bayern est énorme. Même si les Bavarois peinent traditionnellement à l’extérieur dans les phases finales (plus de victoires depuis février 2014), ils ont installé leur adversaire dans sa zone de confort. Car l’Atlético a déjà prouvé maintes fois qu’avoir un but d’avance peut largement suffir… et même aider à se procurer des occasions en contre.

 

 

Une équipe qui attaque face à une équipe qui défend. Le modèle est attendu et ne déplait pas aux Colchoneros, qui doivent assez régulièrement faire le jeu en Liga mais ne maîtrisent pas complètement la chose. Cela avait failli abréger leur parcours européen quand, face au PSV, ils ne surent jamais tromper un bloc regroupé. Après le duel face au Barça, on devait avoir une nouvelle réponse à une question presque philosophique: action ou réaction? La théorie pure favorisera toujours celui qui a le ballon et se trouve maître de son destin. Le problème, c’est que ce Bayern-là n’est pas celui de l’automne et qu’il a beaucoup plus de mal à résoudre les problèmes mathématiques. Douglas Costa, l’homme qui cassait toutes les prises à deux en début de saison, est redevenu un ailier normal. Kingsley Coman n’est pas encore la superstar qu’il doit un jour devenir. Et si les milieux se projettent moins, c’est aussi le cas des latéraux, Juan Bernat étant très loin du niveau de David Alaba, intéressant mais gâché en défense centrale.

 

Coman aime à répéter que Pep Guardiola lui laisse toute liberté pour dribbler, la force du système étant de pouvoir absorber ses pertes de balle par une récupération haute rapide. Une idée qui se comprend très facilement: si on arrive à mettre un ailier en position de un contre un trente fois dans le match, il finira bien par trouver la faille à un moment. Sauf que l’Atlético n’a pas d’égal en phase défensive… et pas seulement parce qu’il possède une organisation parfaite. La démonstration de Filipe Luis, redevenu le meilleur latéral gauche du monde qu’il était indiscutablement il y a deux saisons, le confirme: même sans prise à deux, l’équipe de Diego Simeone peut tenir. Et comme celles-ci sont monnaie courante…

 

Des ailiers cloués au sol

Le plus étrange dans ce match bien plus animé que celui de la veille fut sans doute la manière dont arriva le seul but. Un slalom de Saul Niguez façon Arjen Robben qui trompe une défense à peu près en position, soit exactement le genre de choses qu’attendait Guardiola et qui n’était pas forcément attendu par Simeone. Mais Saul, l’homme qui dépannait en défense centrale il y a quelques semaines et joue aussi au milieu, passe un cap supplémentaire chaque semaine. À la façon d’un vrai ailier, rôle que seul Yannick Carrasco peut normalement endosser dans l’effectif, il a provoqué et fait la différence tout en dribble. Lui qui a disputé vingt-et-un duels en première période, un chiffre qu’on ne retrouve habituellement que sur un match complet, est le vrai héros d’une rencontre qui aurait malgré tout pu aller dans les deux sens.

 

 

Car le Bayern n’a pas tout mal fait, loin de là. Son collectif ne lui a pas permis de se créer une foule d’occasions mais Coman – qui a d’ailleurs plus un profil de joker que Franck Ribéry – a tout de même su passer plusieurs fois, sans réussir ses centres. Une tête de Javi Martinez et une frappe lointaine d’Alaba, deux joueurs bien plus présents pour aider le jeu de position en deuxième période, auraient également pu ramener le score à 1-1, ce qui aurait largement inversé les pronostics autour de la qualification. Sans enlever l’idée d’un Bayern longtemps impuissant, incapable de trouver Robert Lewandowski (pas aidé par la non-titularisation de Thomas Müller, le troubadour des pelouses) et passant pas mal de temps à chercher quoi faire une fois arrivé à quarante mètres du but adverse. La seule réponse trouvée? Donner le ballon à l’ailier et le laisser se débrouiller face aux prises à deux. Sans dédoublement de la part du latéral, bon courage pour amener de la verticalité. Au moins, cela laisse la possibilité de refuser une tâche trop grande et rendre le ballon à l’un des nombreux partenaires libres en retrait. Mais cela n’avance pas à grand-chose quand on est mené…

 

Le Pep entre deux chaises

Une grande question demeure autour de l’Atlético Madrid: cette équipe refuse-t-elle délibérément de maintenir le pressing intense du début de match ou n’en est-elle pas capable? La réponse est essentielle car, quand ils jouent haut, Augusto Fernandez et les autres sont dangereux offensivement et ne subissent pas le jeu. À l’image d’un Xabi Alonso coupé de ses partenaires par Antoine Griezmann et Fernando Torres en début de match, le Bayern était alors incapable de s’installer. On pourra arguer qu’ils n’ont pas pris plus de buts dans la dernière heure de jeu, mais, à reculer de plus en plus, les Matelassiers restent malgré tout sous la menace d’un centre qui finirait par arriver à destination ou d’une frappe lointaine. Le Barça a montré lors du quart de finale aller que les ballons qui naviguent finissent souvent au fond quand l’adversaire attaque en nombre.

 

Mais l’Atlético retient les leçons de ses erreurs et n’a cette fois pas pris de carton rouge. Mieux, champion du cassage de rythme qui passe (presque) inaperçu, il n’a commis qu’une seule faute en deuxième période, préférant les couvertures aux savates. De quoi permettre à Stefan Savic et José Maria Gimenez de passer une soirée tranquille, comme à peu près toutes les paires de défenseurs centraux alignées avant eux, eux qui ont pour travail majoritaire d’être bien positionné pour renvoyer très loin les rares ballons qui arrivent jusqu’à eux. Que ces joueurs valent-ils vraiment? Le Bayern n’a pas réussi à se mettre en position de le savoir, et il s’en est fallu de quelques centimètres sur un contre de Torres, la seule fois où l’Atlético est sorti de sa tanière après la pause, pour qu’il ait un pied dehors. Avec tous les joueurs de talent qu’il possède, Pep Guardiola a encore les cartes en main. Mais il risque de se retrouver face à un gros quitte ou double: déléguer la responsabilité de faire la différence à quelques joueurs ou attaquer en nombre? D’un côté, le risque d’un bis repetita et d’un 0-0 qui l’enverrait dehors sans gloire. De l’autre, celui de laisser les espaces à des joueurs disciplinés mais également ultra talentueux et donc la possibilité de marquer le but qui tuerait le suspense. Il faudra choisir son poison...

 

 

Vu du forum

 

=>> Matu-Verratti-Vieira-Touré-Clément-Cearà – 21h02

Les titres que vous avez manqués : buteur comme Saul.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck –21h42

C'est sympa ce concept de mettre le mardi soir la ligue 2 européenne, puis les grands de l'élite le mercredi. Y a de la place pour tous les football, du coup.

 

=>> revlog – 22h23

Bientôt chez vous : le TOP 10 de "Ces matchs de football qui ressemblent à des grandes batailles de l'histoire militaire", sur Topitowar.

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade – 22h29

Y a des gifs lapin-Duracell à sortir avec Simeone qui harangue le stade, c'est terrible...

 

=>> Gabriel Heinze Sergent García Rafa Márquez – 22h31

Le public de l'Atlético fête vraiment les corners comme des penaltys, c'est original.

 

 

Les images du match

 

 

 

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>> dernière réaction : «Ah oui!!!!!» / 28/04/2016 à 18h35
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