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Ronald Déboire

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Dans les filets #1

A la faveur d'Everton

Du beau football à Liverpool cet hiver? Avec Torres blessé, Gerrard en méforme et Xabi Alonso à Madrid, c'est du côté de Goodison Park que ça se passe.
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C'était pourtant mal engagé. Après un début de saison mitigé, les Toffees subissent à l'automne une terrible période durant laquelle ils vont remporter seulement une victoire en douze rencontres de Premier League, pour chuter à la quinzième place du classement. Les quatre derniers matches de cette série marquent cependant le début du rétablissement. Après la défaite à domicile lors de la première manche du Merseyside derby fin novembre, Everton arrache coup sur coup le nul face à Tottenham (2-2) et Chelsea (3-3), après avoir concédé l'ouverture du score aux deux équipes londoniennes.


everton_2.jpgLes résultats par le jeu

C'est le début d'une période rigoureusement opposée de douze autres matches de championnat, qui les verra s'incliner une seule fois, encore face aux Reds, au terme d'un match beaucoup trop engagé et qui marquera la fin de saison du Belge Fellaini du côté des Blues.
Les Toffees ont su rebondir: en témoignent les victoires successives face à Chelsea et Man United (2-1 et 3-1), d'autant plus probantes qu'il a fallu, là encore, courir après le score. Avant la défaite à Anfield, Arsenal avait été contraint au nul sur sa pelouse (2-2, égalisation des Gunners dans les arrêts de jeu), et les Citizens logiquement défaits (2-0).

Si les joueurs de David Moyes ont su retourner des situations compromises face aux ténors, c'est, au-delà de qualités morales évidentes, grâce à la confiance qu'ils ont dans la qualité de leur jeu. Bien que sachant utiliser les atouts aériens de leurs tours de contrôle Fellaini et Rodwell, l'équipe privilégie une circulation de balle rapide au sol, et s'évertue à ressortir proprement les ballons depuis la défense vers des milieux de terrains polyvalents et tous à l'aise balle au pied.
Dans un système en 4-5-1 très souple, les joueurs axiaux bénéficient de suffisamment de liberté de mouvement pour proposer des solutions et participer équitablement aux actions offensives (3), multipliant les combinaisons en triangle, le plus souvent avec les joueurs de couloir, ou cherchant des appuis sur Saha en pointe. Pour développer ce jeu rapide et posé, l'équipe s'appuie sur des petits gabarits qui font valoir leurs qualités de vitesse, de mouvement et de précision technique (lire ci-dessous "Les avortons d'Everton").

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"Best of the rest"

Ce jeu et ces certitudes, Everton les a construits tout au long de la saison dernière, qui a vu le club coiffer Aston Villa pour la cinquième place et atteindre la finale de la Cup. Mieux encore, si le Big Four est inamovible depuis quatre ans, le titre de "best of the rest" est la propriété des Blues depuis deux saisons, et ils avaient terminé sixièmes en 2007.
On se souvient aussi que les Toffees avaient devancé leurs voisins Reds en 2004 pour décrocher la quatrième place qualificative en Ligue des champions, échouant lors du tour préliminaire face à Villareal, futur demi-finaliste de l'épreuve. C'était déjà sous les ordres du technicien écossais, plus ancien entraineur en poste derrière Ferguson et Wenger, et souvent annoncé comme successeur de son compatriote chez les Red Devils.

Cette continuité se vérifie aussi sur le terrain. En plus de Hibbert et Osman – qui ont démarré en pro il y a respectivement neuf et sept ans sous la tunique frappée de la Prince Rupert's Tower –, Yobo entame sa huitième saison au club, Arteta et Cahill leurs sixièmes, Anichebe et Neville leurs cinquièmes. Rodwell, Gosling et Vaughan, issus des équipes de jeunes qui ont vu éclore un certain Wayne Rooney, ont également l'occasion de montrer leur talent.

everton_1.jpg

Pour espérer mieux sur la scène nationale et en coupe d'Europe (2), Everton devra avant tout conserver ses meilleurs éléments. Le milieu de terrain, point fort de l'équipe, ne nécessite pas de changement. Un latéral droit à la fois meilleur et moins fragile que Hibbert, Neville et Heintinga serait le bienvenu, tout comme une pointure en défense centrale. Mais c'est surtout devant qu'une alternative à Louis Saha plus crédible que Yakubu et Anichebe est nécessaire.
En attendant, gavez-vous de Toffees, ils sont actuellement savoureux.


(1) 4 buts pour Cahill, 3 pour Pienaar, 2 pour Osman, Fellaini et Gosling, 1 pour Rodwell, évoluant tous la plupart du temps comme milieux axiaux. Dans ce registre, seul Arteta qui revient de blessure n'a pas encore marqué.
(2) Elimination par le Sporting Lisbonne en seizième de finale de l'Europa League.



Les avortons d'Everton
Pour développer ce jeu rapide et posé, l'équipe s'appuie sur des petits gabarits qui font valoir leurs qualités de vitesse, de mouvement et de précision technique. Lors de la victoire face à Manchester United, six des douze joueurs de champ mesuraient un mètre soixante-seize ou moins, huit ne dépassaient pas le mètre quatre-vingt. Portraits de quelques-uns des nains qui ne font pas que de la décoration sur la pelouse de Goodison Park.

everton_baines.jpgLeighton Baines (1m70, 70kg, 25 ans) : arrière gauche très offensif combinant à merveille dans son couloir, correct mais moins éblouissant dans le registre défensif. Pourrait profiter des déboires d'Ashley Cole et Wayne Bridge pour participer à la coupe du monde.


everton_arteta.jpgMikel Arteta (1m75, 65kg, 28 ans) : gravement blessé au genou en février dernier, il est revenu sur les terrains il y a tout juste un mois. Véritable dépositaire du jeu ces dernières saisons et parmi les meilleurs joueurs du championnat, il va devoir s'imposer face à une concurrence accrue.


everton_pienaar.jpgSteven Pienaar (1m75, 71kg, 28 ans) : futur adversaire des Bleus cet été, le Sud-Africain fait valoir sa grosse activité et ses qualités de percussion. Mal dégrossi à son arrivée il y a trois ans, il a progressé en régularité et efficacité pour devenir un joueur redoutable.


everton_cahill.jpgTim Cahill (1m78, 68kg, 31 ans) : capable de jouer aussi bien sur un côté qu'en soutien de l'attaquant de pointe, voire même de le remplacer, l'Australien est une véritable teigne en même temps qu'un sacré opportuniste, et un redoutable joueur de tête.


everton_osman.jpgLeon Osman (1m74, 64kg, 29 ans) : à la fois le plus sous-estimé et défensif de ces milieux de terrain, il s'avère néanmoins capable de belles percées balles au pied. Joueur sobre et précieux tant à la récupération qu'à la transmission du ballon.


everton_donovan.jpgLandon Donovan (1m73, 69kg, 28 ans) : après deux échecs en Allemagne où il semblait perdu sur le terrain et dépassé par le rythme, l'Américain, arrivé en janvier pour seulement trois mois, régale par la justesse de ses appels et de ses passes, et prouve qu'il peut s'imposer en Europe.

Au sein d'une équipe qui vaut surtout par la valeur de son collectif, soulignons également la qualité de ceux qui reprenaient de la soupe quand ils étaient gosses : le gardien Tim Howard est bien plus convaincant qu'à Manchester, Sylvain Distin poursuit sa belle carrière outre-Manche, Johnny Heitinga rebondit après son échec à l'Atletico, Marouane Fellaini peut espérer rejoindre une grosse écurie européenne, Diniyar Bilyaletdinov confirme tout le bien qu'on pense de l'école Russe, et Louis Saha savourait sa résurrection avant de se blesser à nouveau.
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