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Leçon 3 : l'interview miné

2001 : Lyon marque la page

Retour sur la finale de la Coupe de la Ligue et hommage à l’Olympique lyonnais (on aura décidément tout vu cette saison) pour ce "premier" titre qui ouvre peut-être une série plus impressionnante…
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On a toutes les raisons de le regretter, mais la Coupe de la Ligue a cette saison vampirisé une Coupe de France moins facile et moins lucrative, et son gala de clôture présentait, sans faire injure à Amiens et Strasbourg, une affiche sensiblement plus excitante que celle de sa consoeur. De fait, depuis la réhabilitation de la CL en 95, à l’exception d’un joli PSG-Bordeaux en 98 qui inaugurait presque le Stade de France, peu de finales ont atteint le niveau de jeu et surtout d’enjeu de cette intéressante édition.
On connaissait son importance primordiale pour les deux protagonistes: l’un y voyait un dernier recours pour sauver quelque peu une saison ratée et accrocher l'Europe. L’autre, tenait l’occasion de ramener enfin un trophée et de couronner une année que seuls les Nantais auront, pour le moment, réussi à gâcher.

Premiers en action, les Monégasques dominèrent largement le premier quart d'heure. Et seul Coupet réussit vraiment à les mettre en échec. Si le fossé entre les deux équipes se combla légèrement par la suite, la maîtrise, notamment technique, resta largement rouge et blanche et Lyon avait bien du mal à entrer dans la rencontre. Recroquevillés, trop craintifs, les gones plaçaient leur salut une nouvelle fois entre les pieds de leurs deux pointes magiques. Bien leur en prit puisque après un superbe une-deux avec Marlet pour sauter littéralement la dernière ligne monégasque, Caçapa plomba la défense azuréenne d’un but qui pesait lourd dans le destin du match. Avec la crainte que le ballon ne franchisse pas la ligne, le Brésilien s’expédia lui-même au fond des filets. Le score à la mi-temps reflétait assez précisément la situation des deux équipes à l'issue de la saison. D'un coté, une équipe capable de pratiquer par intermittence un jeu de haut niveau, mais vulnérable au premier coup de froid. De l'autre, un collectif pas toujours génial mais d'une rare solidité avec des attaquants hors normes.

L'interrogation fondamentale à l'entrée de la seconde période résidait dans la capacité de réaction des hommes de Puel. Les discours volontaristes resteraient-ils une nouvelle fois sans effets? Dans un premier temps, la réplique de Monégasques vexés et énervés consista en un durcissement sensible du jeu. Puis à l'heure de jeu, un peu par surprise, Nonda égalisa sur une action peu évidente à concrétiser. Ce but eut paradoxalement pour effet de pousser sans retenue les Lyonnais à l'assaut des buts de Porato. Offensifs mais inefficaces puisque la fin du temps réglementaire fut atteinte sur le score acquis. Une mi-temps par équipe, un but de chaque côté, personne ne s'était départagé.

Place à une prolongation qui n'apporta rien de nouveau. Fatigue, systèmes défensifs renforcés, crainte mutuelle, tous ces éléments se conjuguèrent pour verrouiller la fin de cette partie, qui sembla alors vouer son sort à une cruelle séance des penalties. C'était sans compter sur l’un des tout meilleurs joueurs du championnat, le meilleur pour beaucoup d’entre nous, stupidement ignoré par la sélection brésilienne. L’extraordinaire débordement d’Anderson et son centre en retrait envoyèrent les Lyonnais au paradis, puisqu’une reprise acrobatique et providentielle de Müller fit office de but en or.

Une nouvelle fois, les hommes de Santini l'emportent à la dernière minute. Preuve de leur solidité et d'une rare abnégation. L’OL 2000/01a déjà vaincu un début de saison très inquiétant, pour terminer à fond en bout de ligne droite. Il s’est sorti avec les honneurs d’un périlleux parcours en Ligue des champions. Fort de sa culture tactique santinienne, de son impact physique, d’une solidarité acquise dans la difficulté etde ses individualités, il méritait au moins ce titre cette saison. Seul «gros» à avoir tenu son rang (avec, dans une moindre mesure, Bordeaux), le club de Jean-Michel Aulas s’est peut-être offert le petit choc psychologique qui lui permettra d’abandonner ses complexes pour jouer —notamment sur la scène européenne— un rôle à sa mesure. Comme c’est aussi le seul «gros» à avoir fait preuve d’intelligence récemment, on n’imagine pas un démembrement de cette remarquable équipe durant l’été prochain, ni des choix sportifs irresponsables.
Lyon s’offre un bonheur plus grand que son trophée, mais ce n’est peut-être qu’un début, car à bien y réfléchir, cet Olympique-là a tout pour être l’équipe que les Français vont aimer. Sauf son président, bien entendu.

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