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Utopie et football

L'organisation du football mondial telle qu'elle devrait être selon vous.

  • Red Tsar le 25/11/2022 à 08h06
    Super, merci. C'est très frustrant de ne pas avoir le temps de regarder tous les matchs et c'est très agréable de pouvoir en lire un compte-rendu.
    Avec tout ce travail, tu as déjà gagné ton absolution pour une éventuelle finale, demi et quart des Bleus au Qatar. Continue comme ça et tu auras une Indulgence pour le huitième :)

    Pires : dans les actualités 70, j'ai été étonné de voir que de Gaulle (certes plus au pouvoir) avait été rencontré Franco en Espagne, avec mise en scène médiatique, etc. Bientôt Sarko à Moscou ?

  • Red Tsar le 26/11/2022 à 09h19
    SAMEDI 6 JUIN 1970 – J1 DE LA PHASE DE POULE [5/13]
    Le match du jour : URSS - Belgique (Groupe I)



    *** LE SON à lancer maintenant : avec Viens l'oublier, Jean Vallée est sélectionné pour représenter la Belgique à l'Eurovision 1970. Il finit 8ème. Les Diables Rouges feront-ils mieux au Mexique ? : lien


    *** EN FRANCE… La CGT organise une semaine d'actions contre le chômage. La Bataille d'Alger pourrait être enfin diffusée à Paris, mais on s'inquiète des risques d'attentats.


    *** DANS LE MONDE… La situation au Cambodge continue d'inquiéter. Paris et Moscou expriment dans un communiqué commun leur « sérieuse préoccupation devant l'aggravation de la situation en Indochine et l'intervention étrangère ».


    *** LE CONTEXTE DU MATCH

    * Le match se déroule à 16h à l'Azteca (Mexico). Avec 59 000 spectateurs, les tribunes ne sont donc pas combles. Le match est arbitré par un Suisse. Neutralité assurée ?

    * Concernant la présentation de l'équipe soviétique, je vous renvoie à un billet précédent. Rappelons cependant que, malgré un match animé, le match URSS-Mexique s'est fini sur un 0-0. Même si un match nul, en cette époque de victoire à 2 points, n'est pas si catastrophique, il va falloir gagner pour sortir des poules.
    - Pour cela, Kachalin prend de grandes décisions. L'équipe est largement remaniée (4 joueurs). Yevryuzhikhin est de la partie, mais il est décalé à droite. Évidemment, Byshovets, atout offensif majeur, est présent. Une vidéo Fifa sur Byshovets, avec de bonnes images (mais attention : ça révèle le parcours soviétique durant le mondial) : lien
    - Signalons qu'URSS et Belgique se retrouvent en 1986, dans un 8ème de finale de légende (4-3 après prolongation, avec un triplé de Belanov et un duel à distance entre Pfaff et Dasaev).

    * La Belgique qui se qualifie pour la phase finale de la Coupe du monde en terminant en tête du groupe 6, devant la Yougoslavie, l'Espagne et la Finlande, avec 4 victoires, un nul et une défaite. Même si, pour cette première place, elle a bénéficié d'un coup de pouce de la Finlande qui bat l'Espagne, passer devant la Roja et la Yougoslavie, ce n'est pas rien !
    - L'équipe est emmenée par un jeune sélectionneur : Raymond Goethals, alors âgé de 49 ans. Cela fait deux ans qu'il dirige les Diables Rouges, avec lesquels il finira 3ème du Championnat d'Europe 1972 organisé à domicile. Avant de rencontrer les Soviétiques, les Belges ont disposé facilement d'El Salvador (3-0, avec un doublé de Van Moer et un but de Lambert, pas Gérard, Raoul). Ils abordent donc la rencontre de manière un peu plus sereine que leurs adversaires.
    - Quelques mots sur deux joueurs. Paul Van Himst. Né en 1943, il remporte huit fois le championnat de Belgique avec le RCS Anderlecht et il est sacré quatre fois meilleur joueur (soulier d'or) belge. L'année de la Coupe du Monde, il atteint la finale de la Coupe des villes de foire. En club, il marque 309 buts en 566 matchs (30 buts pour 81 sélections avec les Diables rouges). Après sa carrière de joueur, il est entraîneur, dirigeant et sélectionneur de la Belgique (1991-1996). Petite anecdote additionnelle : il joue le rôle du footballeur belge et prisonnier de guerre allié dans le film À nous la victoire en 1981.
    - Van Moer a été sacré trois fois champion de Belgique avec le Standard de Liège, en 1969, 1970 et 1971 et remporte trois souliers d'or en une décennie. Il intègre la sélection en 1966, après la Coupe du Monde et en devient un pilier. Mais après avoir disputé la coupe du monde 1970 avec l'équipe nationale, Van Moer est freiné par plusieurs blessures et n'est plus retenu. Cependant, en raison de sa grande expérience, il est rappelé contre toute attente neuf ans plus tard, en 1979, à l'âge de 34 ans, par le sélectionneur Guy Thys en vue du Championnat d'Europe 1980. En Italie, il conduira les Diables Rouges jusqu'en finale, battus seulement par la RFA. Deux ans plus tard, il est présent en Espagne pour le Mundial 1982, mais il restera sur le banc.

    * Par le petit bout de la lorgnette :
    - La remarque sans intérêt : les Diables Rouges jouent en blanc, mais les rouges sont bien en rouge.
    - Le petit jeu : parmi toutes les boissons dont les pubs entourent le terrain, laquelle est la seule sans alcool ?


    *** LE DÉROULEMENT DU MATCH
    * Les images :
    - Un résumé (1'30) : lien
    - Le match intégral sur Footballia (en anglais, image médiocre, avec quelques coupures) : lien

    * Le compte-rendu du match [partie sans révélation]
    - C'est un match de grande qualité. Le commentateur le signale régulièrement, lâchant par un exemple un « it's a very good game » dans la dernière demi-heure. Le plus large sur les tribunes en fin de match montre que les Mexicains sont restés jusqu'au bout pour profiter de la rencontre.
    - Les Soviétiques reviennent à un jeu beaucoup plus organisé que lors du match d'ouverture, que ce soit sur les phases offensives ou défensives, avec un pressing efficace. Pour autant, ça continue à jouer vers l'avant. Le jeu n'est pas du tout fermé. Les Soviétiques se plaisent aussi à faire des petits râteaux, à faire passer la balle derrière le pied d'appui, etc. Y a pas de Zidanov dans l'équipe, mais le niveau technique d'ensemble est bon. Il faut également signaler de nombreux tirs de missiles depuis l'extérieur de la surface. Une sacrée artillerie qui ne manque pas de munitions et qui sait cadrer. Mais le gardien belge est loin d'être un manchot.
    - Les Belges ne sont pas en reste et le début du match est un vrai duel de blocs. Là aussi, la première intention n'est pas la passe en retrait ou latérale, mais de pousser le ballon vers l'avant. Le jeu passe beaucoup par les ailes pour tenter de contourner le bloc soviétique.
    - Deux joueurs m'ont tapé dans l'œil. Côté Diables Rouges, Van Moer réalise un gros match. Au cœur du jeu, il est très sollicité et il oriente avec sagacité, alternant passes courtes, passes longues et tirs hors de la surface. Un danger permanent. Je signalerais bien aussi l'ailier gauche belge, qui a beaucoup proposé, mais je ne suis pas sûr de son nom. Côté CCCP, il y a le pendant de Van Moer : Muntyan. Dans un rôle de relayeur, il se montre également très complet, homme à tout faire, y compris les coups de pied arrêtés. Rares sont les remontées de ballon qui ne passent pas par lui.

    Le décor est planté : comment tout cela va-t-il tourner ?




    [RÉVÉLATIONS JUSQU'À LA FIN DU MESSAGE – RÉVÉLATIONS JUSQU'À LA FIN DU MESSAGE – RÉVÉLATIONS JUSQU'À LA FIN DU MESSAGE – RÉVÉLATIONS JUSQU'À LA FIN DU MESSAGE]

    - Le début de match montre un engagement équilibré. Les deux équipes sont bien organisées et pressent fort (pour l'époque...) et haut. L'ouverture du score des Rouges, par Byshovets ne freine pas les ardeurs belges. Globalement, les Soviétiques ont plus le contrôle du ballon. Van Himst est muselé et passe à côté de son match. Ils sont en confiance et régalent à l'occasion, comme Byshovets à la 46' (feinte pour éliminer un adversaire en entrée de surface et tir puissant). Pour autant, les Belges se créent des opportunités dangereuses et de belles séquences.
    - Au retour des vestiaires, les hommes de Goethals paraissent un temps prendre l'ascendant et bousculent les adversaires. Mais Asiatani double la mise d'un tir puissant, sur une passe de Byshovets, avant que ce dernier ne porte le score à 3-0 avec une véritable mine (à voir : 70' de la vidéo). Le match perd alors en intensité, mais reste très vivant. Yevryuzhikhin, moins en vue que lors du match d'ouverture, s'est tout de même montré actif et régulièrement dangereux dans le match. Il sert un superbe caviar (du Petrossian) avec un petit lob suivi magnifique tête plongeante de Khmelnistki pour le 4-0. Un geste qu'on ne voit plus, d'ailleurs, me semble-t-il, que ces têtes plongeantes au ras du sol. Le score est sévère pour les Belges. Et pourtant, Piot, le gardien, a effectué un paquet d'arrêts et de parade (notamment, celle, superbe, à la 92' de la vidéo). Bref, c'est une réduction du score mérité qui survient à la 86', par Lambert.
    - Pour les deux équipes, rien n'est gagné ni perdu pour la suite. Le dernier match de la phase de poule sera décisif. Défaite interdite pour s'éviter des sueurs.

    [FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS –FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS]

  • Delio Onnisoitquimalypense le 26/11/2022 à 15h01
    Musical contests du jour :

    URSS-Belgique :

    Rada i Nikolaj Volšaninovy - Cyganskie pesni ; Romani déchirant
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    Kiosk – Waterproof ; Spiritual jazz
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    Uruguay-Italie

    Juan D'Arienzo Y Su Orquesta Típica y Mario Bustos no te quiero mas ; ce Mario Bustos a l'air d'être un grand nom du tango uruguayen.

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    Nino Ferrer Viva la campagna ; le cocorico dujour, les faces de notre Nino national en italien sont immanquables, notamment ce "Je vends des robes"
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    Roumanie-Tchécoslovaquie

    Savoy- Ciobanasul ; pop et flûte de pan
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    Waldemar Matuska - Cert Ví, Kdy Kotvy Zvednem (What Shall We Do With The Drunken Sailor) Les fameux chants irlandais de marin praguois (retenu pour abaisser un peu le niveau d'exigence, et ce Waldemar tchèque qui a traversé les décennies
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    Pérou - Maroc

    Picaflor de los Andes – El proletario ; Quechua écorché
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    Hadja Hamdaouia – Mline ana ; une vidéo de piètre qualité, mais certifiée 1970 de la reine de la aïta des plaines atlantiques
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    On retrouve cette vidéo dans un article plus long : lien

    -----------------
    Toujours pas vu Angleterre Roumanie, et je vous dois un résumé de RFA Marco (match très plaisant, et très frustrant : interruption du mondovision à la 80e minute).

  • Delio Onnisoitquimalypense le 26/11/2022 à 23h41
    ---SPOILER-----SPOILER---------------

    RFA - Maroc :

    Les supporteurs allemands sont venus nombreux au Mexique, à en juger par la clameur qui salue la fin de l'hymne allemand. L'ensemble du stade prendra plutôt partie pour les Marocains (analyse express des décibels au cours du match).
    Au passage, réponse à mon interrogation sur l'hégémonie publicitaire germanique (Pérou/Bulgarie) : les pubs de bord de terrain restent en place d'un match à l'autre, et les matches du groupe se jouent tous au Nou Camp de Leon.

    Un coup d'oeil sur la feuille de match, surprise, je connais d'autres noms que les superstars Beckenbauer et Gerd Müller : Sepp Maier, Bertie Vogts, Overath (nom déjà lu, très appréciable de le voir 'en vrai'), et Uwe Seeler "Der Dicke" (le gros), pilier de Hambourg. côté marocain, personne de connu, et le flocage du numéro en doré sur fond rouge avec une image médiocre ne permet pas d'identifier les joueurs en cours de match (heureusement, le son et bon et l'allemand du commentateur accessible).

    La première mi-temps est dynamique, et équilibrée ; la RFA parait un peu empruntée : poids de l'enjeu, excès de confiance, ou simplement la qualité de l'opposition qui ne permet pas d'asseoir une domination?
    A la 21e minute, premier but africain en CdM ! remontée de balle rapide, décalage intelligent de Mahroufi vers l'ailier gauche qui adresse un centre au second poteau sur la tête d'un défenseur allemand, qui n'appuie pas assez vers Maier... et laisse le but grand ouvert à l'avant centre Jrari.
    Les allemands se réveillent, mais le Maroc est sur un nuage, continue de presser et manque de doubler la mise sur une tête qui frôle le poteau.
    Notons un Beckenbauer très impliqué dans la construction , mais pas toujours impérial, avec des erreurs techniques surprenantes.

    Au retour des vestiaires, on sent que la Mannschaft en a gros. Elle égalise sur un beau but, avec une passe délicieuse de Müller dans la surface. A partir de là, la domination allemande est impressionnante, le Maroc a pris un coup au moral et ça se traduit physiquement, et surtout tactiquement, avec une attaque complètement coupée du reste de l'équipe. Ce qui leur permettra de garder du jus pour des contres dangereux, mais mal joués quand on s'approche de la surface.

    Et ce qui devait advenir advint : à la 80e, belle transversale d'Overath qui renverse le jeu de gauche à droite, centre au second poteau de Grabowski vers Seeler qui place une tête sur la transversale, hésitation coupable du gardien gêné par un défenseur sur la ligne de but, et Gerd Müller place sa tête.

    Juste après le replay, mondovisioncrash : écran fixe, message quadrilingue de l'ARD, "le circuit est interrompu".

    Bref, une réjouissante équipe marocaine (mais physiquement trop courte), et une RFA solide, avec de sacrés talents, et un bon coaching : Grabowski est rentré à la mi temps, et a beaucoup apporté offensivement par son dynamisme, jusqu'à son centre qui amène le but de la victoire.

    Arbitre bizarrement paternaliste/autoritaire avec les Marocains.
    Commentateur allemand tout en retenue, jusqu'à son soulagement à l'égalisation: "endlich, endlich, endlich!"

  • Delio Onnisoitquimalypense le 27/11/2022 à 00h00
    Mini jeu URSS-Belgique: Lipton's tea !
    Ce qui fait monter à trois le nombre de pubs pour des boissons non alcoolisées, avec Florida Boy Orange et un cola allemand.

    Merci pour l'anecdote bonus sur Van Himst, le genre de truc qui fait s'attacher à un joueur, et réaliser qu'on a complètement oublié A nous la victoire.

  • Red Tsar le 27/11/2022 à 08h08
    Bien joué !
    Aujourd'hui, choc des Titans : Brésil-Angleterre.
    Et après quelques jours de repos, on repart pour la dernière journée de la phase de poules.

  • Red Tsar le 27/11/2022 à 08h09
    DIMANCHE 7 JUIN 1970 – J1 DE LA PHASE DE POULE [6/13]
    Le match du jour : Brésil – Angleterre (Groupe III)


    *** LE SON à lancer maintenant : Let It Be sort le 8 mai 1970, avec un mixage qui provoque la fureur de Paul. L'album prend rapidement la tête des ventes en Angleterre et aux États-Unis. Durant la Coupe du Monde, c'est The Long and Winding Road qui est le single le plus vendu. Ici, la version « naked », bien évidemment : lien

    *** EN FRANCE… Inter Actualités ( lien) rend compte des violents événements qui se déroulent depuis 48 heures sur le campus de Grenoble, maoïstes et anarchistes s'y opposant aux forces de police. Un article du Monde sur le sujet : lien

    *** DANS LE MONDE… Les incidents se multiplient à la frontière entre l'Égypte et Israël, notamment des accrochages aériens sérieux (avions abattus). Nous sommes à l'apogée de la guerre d'usure voulue par Nasser (« Je ne peux envahir le Sinaï, mais je peux casser le moral d'Israël par l'usure », 1969).


    *** LE CONTEXTE DU MATCH

    * Cette rencontre de prestige se déroule à l'Estadio Jalisco (Guadalajara), avec un coup d'envoi à midi. Le stade est comble, évidemment (53 000 spectateurs).

    * La présentation du Brésil est ici : lien
    - Le 3 juin, la Seleçao a disposé de la Tchécoslovaquie 4 à 1, ce qui a pu lui permettre de lever quelques doutes. Mais, en pleine phase de poule, il s'agit à présent d'affronter le champion du monde en titre. Une tout autre paire de channel ! En cas de défaite, la suite pourrait être compromise, car, derrière, il reste à jouer la Roumanie, qui elle-même a battu la Tchécoslovaquie la veille.

    * Après leur victoire à « leur » Coupe du Monde en 1966, les Anglais ont encore réalisé une belle compétition à l'occasion de l'Euro 1968. Vainqueur du British Home Championship qui sert de groupe préliminaire, l'Angleterre écarte l'Espagne en quarts de finale en s'imposant à l'aller comme au retour. Lors du tournoi final disputé en Italie, elle est éliminée en demi-finale par la Yougoslavie sur le score de 1 à 0 et se console ensuite en remportant le match pour la troisième place contre l'Union soviétique (2-0).
    L'Angleterre arrive au Mexique avec une équipe particulièrement solide, avec, notamment, dans ses rangs :
    - Gordon Banks dans les buts,
    - Jacky Charlton en défense centrale, surnommé « Big Jack » en raison de sa taille (1 m 91) et auteur de près de 100 buts dans sa carrière,
    - le légendaire Bobby Moore pour faire la paire,
    - Bobby Charlton, Ballon d'or en 1966 et qui remporte la Coupe des clubs champions européens en 1968, aux côtés de Denis Law et George Best,
    - Geoffrey Hurst, seul joueur à avoir inscrit un triplé en final, dont le fameux but fantôme,
    - Jimmy Greaves, attaquant qui franchit le cap des 100 buts à 20 ans et, fait rare pour l'époque, a connu une expérience à l'étranger (Milan AC).
    Cette bande redoutable est conduite par Sir Alf Ramsey. De 1963 à 1974, les Anglais emportent 69 matchs pour 27 nuls et 17 défaites. Le 2 juin 1970, ils ont battu la Roumanie par un petit 1 à 0. Pas de quoi apporter de réponse à la question : peuvent-ils le faire deux fois ? De suite ? Le match face au Brésil s'annonce donc déjà déterminant.


    *** LE DÉROULEMENT DU MATCH
    * Les images :
    - Un résumé (3'30), pour les pressés, mais franchement, regardez-le en entier ce match ! : lien
    - Le match intégral sur Footballia (en anglais, image de bonne qualité) : lien

    * Par le petit bout de la lorgnette :
    - La remarque sans intérêt : Bobby Charlton avec son crâne dégarni en plein soleil...
    - Le petit jeu : selon vous, il dit quoi, Pelé, sur le moment, à la 15' de la vidéo ?

    * Le compte-rendu du match [partie sans révélation]
    - Les hymnes sont chiés, ma foi. Bon pas autant que la Marseillaise de Berlioz, mais pas mal quand même. Avec le lâcher de colombes avant le coup d'envoi et la coupe des tenues, tout ça a une certaine classe.
    - Les Anglais partent dans le match bille en tête et mettent le Brésil sous pression. Ils veulent clairement montrer qu'ils assument leur statut de tenants du titre et que les Auriverde ne leur font pas peur. Ils multiplient les attaques et font un pressing très agressif d'entrée.
    - En face, les Brésiliens gardent leur calme et ne se précipitent pas. Par ailleurs, contrairement à une possible idée reçue, les Brésiliens ne sont pas de doux artistes. C'était déjà visible lors de leur premier match : ils vont au contact de manière bien rugueuse. Artiste ou boucher : pourquoi choisir ?
    - Chacun semble sûr de ses forces. Comment le match va-t-il tourner ?



    [RÉVÉLATIONS JUSQU'À LA FIN DU MESSAGE – RÉVÉLATIONS JUSQU'À LA FIN DU MESSAGE – RÉVÉLATIONS JUSQU'À LA FIN DU MESSAGE – RÉVÉLATIONS JUSQU'À LA FIN DU MESSAGE]

    - Les Anglais se procurent toutes les premières occasions les plus dangereuses (11', 14'...), notamment par des centres soignés. Mais les Brésiliens ne s'en laissent pas compter et Pelé adresse sa fameuse tête du « J'ai marqué un but, mais Banks l'a arrêté » à la 15'. Passé ce premier quart d'heure de feu, le match s'apaise un peu, même s'il reste vif et agréable. De la tête, Lee, par exemple (36') réplique à Pelé et Felix réplique à Banks avec un arrêt également époustouflant. Le dernier quart d'heure est clairement brésilien. Mais les Anglais ne rompent pas. Les lignes sont serrées et il est difficile d'entrer dans la surface. Leurs ressorties de ballon sont propres et sans précipitation, mais pas sans détermination.
    - Le match repart sur des bases équilibrées. Des deux côtés, les gardiens ont à s'employer. Les défenses, bien organisées et agressives, font que le danger vient surtout de tirs lointains ou de balles aériennes. Le but de Jairzinho, à la 66', conclut cependant une superbe séquence de jeu. Après avoir encaissé ce but, les Anglais ne changent pas leur plan de jeu. Ils ne baissent pas les bras, pas plus qu'ils ne se lancent précipitamment à l'assaut. Ils se procurent une série d'occasions très dangereuses (72' ou barre à la 83') et l'égalisation n'est vraiment pas loin. Le dernier quart d'heure est étouffant en raison de l'incroyable pression. Le match semble pouvoir basculer à chaque instant.
    - Et pourtant, il ne basculera pas et la partie s'achève sur un score de 1 à 0. Un match à haute intensité, mais avec un très bel état d'esprit. Les mecs se rentrent dedans, mais s'aident à se relever, se tape sur le dos... De belles accolades également en fin de match. On sent un réel respect mutuel.
    - Globalement, Rivelino est moins en vue sur ce match que lors de la confrontation avec la Tchécoslovaquie. Mais il faut dire qu'il fait l'objet d'un marquage serré et viril. Il y a une volonté claire de l'étouffer (et il se fait un truc bizarre à la 24'30, en voulant stopper Charlton). Il trouve quand même un peu plus d'espace en deuxième mi-temps. Pelé fait aussi l'objet d'un marquage rapproché, par Mullery (42'30, par exemple) notamment. Il n'a réellement pu s'exprimer que par intermittence. Signalons surtout sur ce match la belle activité de Paulo Cesar côté gauche. Côté anglais, j'ai bien aimé les efforts de Lee sur le front offensif. Banks est très rassurant dans chacun de ses gestes. Il semble ne jamais paniquer. Collectivement, les Anglais ont réalisé un gros match. Avec ce niveau, rien ne leur est interdit pour la suite de la compétition...

    [FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS –FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS – FIN DES RÉVÉLATIONS]

  • Delio Onnisoitquimalypense le 27/11/2022 à 17h13
    Duelos Musicales

    Brésil - Angleterre :

    Trio Mocoto & Jorge Ben - Cosa Nostra ; MPB garanti sans psychédélisme. Les débuts du Trio en solo (sic), après avoir accompagné Jorge Ben sur le splendide album éponyme de 69 (Criolla, Pais Tropical, Take it easy...).
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    The Jamestown Sheiks - Fool On The Hill ; un groupe mystérieux (certainement une réunion de musiciens de studio) qui a sorti un seul album de reprises reggae des Beatles. So british.
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    Suède - Israël

    Georg Riedel: Puls - Svit 2 ; Jazz pépère tiré d'un album pour accompagner des exercices gymniques. Loin d'être musicalement remarquable, mais marrant de caler un titre "rythme pour l'expression corporelle/gymnastique" au pays de l'hygiène de vie (ça faisait un moment que je n'avais pas eu de remarque thierryrolandesque)
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    Oryk Eshin – Ushik loy ; chanson avec accompagnement jazzy
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    Mexique - El Salvador

    Los Nakos - El diputado ; balade d'un groupe zapatiste.
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    Los Intocables è Verdadero temor ; Surf subtil
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    Bulgarie - Allemagne

    Srebrnite Grivni I Georgi Mincev - Pustono Ludo I Mlado ; freakbeat un peu psyché
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    Peter Hübner, "Faust, Electronische Chöre, Lichtfäden" [CP-185] Electronic Music Theater for Transcendental Meditation in four movements. Ballet - pantomime /First performance in California 1968. Du schlager, j'en ai écouté jusqu'à saturation, mais encore un titre électro-expérimental après le Kraftwerk de la première journée. On se garde du schlager sous le coude si la RFA passe les phases de poule.
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  • Delio Onnisoitquimalypense le 27/11/2022 à 17h32
    ----SPOILER------SPOILER------

    Bref retour sur l'Angleterre Roumanie de la première journée:

    Les Britanniques s'emploient à se conformer aux clichés ; plus probablement, j'ai vu ce match (distraitement) au travers du prisme desdits clichés. Et que ça rushe, que ça tacleglisse sur dix mètres, que ça centre à tout va ; ça kicke pas tant que ça, tant l'option débordement/centre est favorisée. Malgré une domination qui m'a semblé très nette, au final, juste 1-0 contre une faible Roumanie, but de Hurst à la 65e. Le style offensif anglais donne un match assez plaisant.

    Etrange Roumanie : surpassée physiquement, collectivement pas au top, les joueurs ont une belle qualité balle au pied et dans les petits espaces, mais on a l'impression de voir du district dès qu'ils essaient d'allonger le jeu.

    Bref, les Anglais ont fait honneur à leur statut par leur engagement, mais laisser autant d'occases face à cette Roumanie laisse dubitatif sur les chances de conserver leur titre, et rend d'autant plus alléchante la confrontation avec le Brésil.

    Belgique URSS : waow, super match, beaux buts, des parades énormes des gardiens. La Belgique n'a pas démérité, malgré le score. L'URSS aurait-elle connu la naissance d'une grande équipe avec cette victoire? Beaucoup aimé Batyshov (quel beau but, encore).

  • Delio Onnisoitquimalypense hier à 18h20
    Pérou 1970

    Première qualification pour une CdM en éliminant l'Argentine, ça se passe de tout commentaire. La légende Didi entraîne l'équipe, voilà qui en fait encore un peu plus mes chouchous.

    Depuis 1968, une junte "réformiste" (le terme employé par wikipedia) est au pouvoir, appliquant une politique de réforme agraire, de nationalisations et élève le quechua au rang de langue officielle. Cachaco, des ressources à nous indiquer sur ces golpistes plut$ot de gauche?
    SPOILER : en 1975, nouveau coup d'Etat, d'extrême droite cette fois. L'ordre règne à Lima.

    Le piment Aji est une fierté nationale, bien que partagé avec d'autres pays andins. Haute concentration en capsaïcine, entre 30 et 50 000 sur l'échelle de Scoville : lien
    C'est son caractère très fruité qui fait sa notoriété, plus exactement l'équilibre entre piquant, acidité et fruité. La variété Aji Charapita est l'une des plus chères au monde, ce piment sauvage offre un goût citronné prisé des gastronomes. a tenter en culture.
    Signalons enfin que dans la famille capsicum baccatum (la plupart des piments appartiennent aux genres anuum et frutescens) dont fait partie l'Aji, il y a la variété locale dite "bonnet d'évêque", à peine piquant, ultra fruité, à la forme qui fait la joie des convives. Culture aisée au centre du Portugal.

    Le Pérou est aussi le lieu d'origine (semblerait-il) des variétés prenant une teint violette avant maturité, le Peruvian Purple a même des feuilles violettes.

    ------SPOILER-----------

    Pérou Maroc, pas le meilleur match de ce premier tour mais très rigolo. Première mi-temps ultra dominée par les Sudams, avec comme dans preque tous les matches visionnés jusqu'ici, des espaces qui permettent aux Marocains de placer des contres. Enormément d'occasions vendangées des deux côtés, ça en devient presque irritant passée la moquerie.
    Les Marocains reviennent des vestiaires avec de meilleures intentions, mais la persévérance péruvienne finit par payer : le premier pion est de Cubillas, opportuniste après une partie de billard dans la surface. Le second est un petit bijou du milieu Challe deux minutes plus tard, et Cubillas parachève le travail à la 75ème, rejoignant Jairzinho en tête du classement des buteurs avec trois réalisations.
    Une attaque de feu, ce Pérou, outre Cubillas et Challe déjà cités, les déboulés de Gallardo (sur son aile, ou repiquant au centre), les charges de Leon sont réjouissants ; avec plus de concentration/précision/réussite, on aurait une avalanche de beaux buts. J'aimerais bien voir un pion de Leon, qui me rappelle un peu Matuidi : physique impressionnant, technique peu soyeuse, mais d'une folle élégance sur certains gestes.

    Sur le point d'écrire 'très eau fraîche' pour qualifier cette équipe, avant de me souvenir des taquets envoyés et du carton jaune reçu par Cubillas pour une horrible semelle sur un adversaire.

    Le rondouillard gardien Robiños me plait de plus en plus, après sa boulette du premier match : en plus de parades spectaculaires, il nous offre un instant comique quand il prend dans ses bras un Marocain resté au sol dans surface, pour le porter hors du terrain afin qu'il se fasse soigner (alors que le Pérou menait déjà et n'était pas franchement pressé par le temps).