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Zidane 2002, le neuvième art

Un jour, un but - Il y a douze ans, Zinédine Zidane signe un but de légende et offre sa neuvième C1 au Real Madrid. Un moment d’extase, suspendu entre le départ du centre et l’arrivée du ballon dans les filets.

Auteur : Christophe Zemmour le 22 Mai 2014

 


Hampden Park aime être l’hôte de finales de C1, entre habitués d’un côté et novices de l’autre. Après l’édition prolifique de 1960 entre le Real Madrid et l’Eintracht Francfort (7-3), et la mouture carrée Bayern Munich-AS Saint-Étienne de 1976 (1-0), la Maison blanche y revient le 15 mai 2002 pour affronter l’étonnant Bayer Leverkusen, en lice jusqu’au bout pour un triplé.

 



 


Parabolique

Le Real Madrid se fait vite reprendre par une tête de Lúcio à la 13e après l’ouverture du score surprenante de Raúl à la 8e, sur une très longue touche de Roberto Carlos. Après avoir servi l’un des symboles du madridisme, le latéral gauche brésilien va en faire de même avec le porte-étendard de l’image galactique voulue par Florentino Pérez. Connu pour sa puissance et son penchant offensif, le numéro 3 merengue joue sur son côté un une-deux avec Santiago Solari juste avant la mi-temps. Pressé par Zoltan Sebescen, Roberto Carlos redresse le ballon sans contrôle et tape fort et haut. Plus qu’un centre, c’est “une patate” comme le dira plus tard l'exécuteur de la passe. Son destinataire rendra "une caresse".


Posté à l’entrée de la surface, Zidane lève les yeux au ciel et regarde le ballon lentement descendre. Beaucoup s’attendent à un contrôle de la poitrine, peu anticipent le geste qui va suivre. Parmi ceux-là, il y a Raúl qui commence à se tourner vers le but, à l’affût d’un probable tir repoussé. La chute du ballon dure à peu près une seconde, et au moment où il doit regagner la terre ferme, Zidane le reprend de volée du pied gauche, inclinant et tournant son corps en direction du but. La trajectoire est irréelle et digne d’une bande dessinée, à la fois parabolique et brossée, et bat Hans-Jörg Butt sur sa droite autant qu’elle semble le lober. Le commentateur de la radio Cadena Ser explose de joie et répète une phrase entrée dans la postérité: “Viva la madre que te pario Zidane!


 

 

Extatique

Vive la mère qui t’a enfanté Zidane!”, ou une référence aux femmes de la vie du joueur français qui connaîtra un écho moins glorieux quatre ans plus tard en finale de la Coupe du monde. Ce geste est surtout une ode au pied gauche de Zizou, qui lui a permis de signer quelques-uns de ses plus beaux buts. Interrogé sur ce point, l’intéressé déclarera avec amusement: “Je suis peut-être un gaucher contrarié. Mais alors, très très peu contrarié.” Comme les buts d’Iniesta en 2009 face à Chelsea en demie de C1 et en 2010 en finale du Mondial sud-africain, le bijou de Zidane est de ces moments rares en football où l’apnée précède la folie, l’extase, la jubilation, la libération, la sensation d’avoir assisté à un instant unique.


Il s’agit probablement de l’un des plus beaux buts de l’histoire de la compétition en particulier, et du football en général. Le Real Madrid décroche la neuvième C1 de son histoire car le Bayer Leverkusen, surprise de la saison, va alors buter sur un jeune gardien, remplaçant au coup d’envoi, nommé Iker Casillas, et rester dans l’histoire pour avoir perdu toutes les compétitions (championnat, coupe, C1) au pied de la dernière marche. Et pour avoir donc été la victime d’une reprise de volée céleste de Zidane, qui met alors fin à sa malédiction personnelle sur le Vieux continent après trois échecs en finale (C3 1996 avec Bordeaux, C1 1997 et 1998 avec la Juventus Turin), entretenant la légende de Ferenc Puskás et Alfredo Di Stéfano, et celle du Neverkusen.
 


Galactique

Au carrefour du 21e siècle, le Real Madrid, sous la direction de son président Florentino Pérez, initiait sa première ère Galactique. Après le recrutement record (65 millions d’euros) de Luís Figo à l’été 2000, c’est Zinédine Zidane, champion du monde et d’Europe en titre et considéré alors comme le meilleur joueur de la planète, qui rejoint l’année suivante les rangs merengue pour environ 75 millions. Ce qui a commencé quelques semaines plus tôt, par des mots échangés sur une serviette lors d’un dîner, se finalise durant un mercato parmi les plus mémorables et parmi les plus représentatifs du foot-business.


Une folie et une passion qui suivront les premiers pas de Zidane au Real, qui mettra quelques temps avant de prendre ses marques et d’avoir un rendement digne des attentes suscitées par son talent et le projet du club. Avant ce but exceptionnel face au Deportivo La Corogne, sur lequel on se demande encore comment Mauro Silva ne parvient pas à tacler le ballon au dernier moment. Avant ce lob sur la pelouse du Camp Nou pour lancer le Real vers la finale de la C1, après la perte de son titre face au Bayern Munich à ce même stade de la compétition la saison précédente. Avant l’apothéose de Hampden Park.


Samedi soir à l’Estádio da Luz de Lisbonne, pelouse sur laquelle il a donné en tant que joueur une émotion propre à la caste des fuoriclasse avec son doublé en fin de match face à l’Angleterre lors de l’Euro 2004, Zidane sera sur le banc du Real Madrid, en tant qu’adjoint de Carlo Ancelotti. Peut-être pour une dernière dans cette fonction s’il décide de partir entraîner un autre club la saison prochaine. Surtout pour espérer être le spectateur privilégié d’un successeur qui offrira sa fameuse Decima à la Maison blanche et couronnera d’une C1 sur le tard, contrairement à la première, la seconde ère des Galactiques.

 

Réactions

  • benab le 23/05/2014 à 02h53
    Ce qui m'a toujours surpris c'est la parade du gardien. On a pas l'impression qu'il est trop court, mais plutot qu'il tend son poing a coté et qu'il aurait pu l'avoir.

    Sinon oui, en cumulant beauté, importance du but et niveau du match, il ne doit pas y avoir beaucoup de concurrent !

    Des idées ?

  • José-Mickaël le 23/05/2014 à 05h14
    C'est vrai que les buts magnifiques ne sont pas toujours joués dans les grandes finales, ou bien ne sont pas toujours les plus décisifs.

    Pour moi, le top du top, c'est le but de Trezeguet en finale de l'Euro 2000 : le travail de Pirès côté gauche est superbe (une accélération qui met dans le vent les défenseurs), et ensuite la volée de Trezeguet est parfaite, imparable : pan ! Et c'est un but on ne peut plus décisif !

    Je me souviens de la volée de Van Basten lors de la finale de l'Euro 1988 mais elle est peut-être moins décisive dans le sens où c'est une victoire 2-0 (d'ailleurs je ne sais plus si c'est le 1er ou le 2ème but).

    En coupe d'Europe on a le lob génial de Saragosse contre Arsenal en Coupe des coupes 1995 - voir un article récent des Cahiers. Lui est vraiment décisif : il ne restait plus que quelques secondes à jouer...

    Et dans les autres sports ?

    En rugby je n'ai pas le souvenir d'un essai extraordinaire dans une finale de coupe du Monde. L'essai de Blanco en 1/2 1987 contre l'Australie, à la dernière seconde, est décisif (après un match fantastique de suspense) mais n'est pas génial, et ce n'est « que » une demi-finale.

    En foot US, il y a la passe de touchdown de Warner à Bruce lors du Superbowl de la saison 1999 (Saint Louis contre Tennessee) : les Titans venaient d'égaliser, il ne reste plus que deux minutes et on semble s'acheminer vers la prolongation, et sur son premier ballon, depuis ses propres 20 yards, Warner lance une « bombe » diabolique de précision qui aboutit dans les mains de Bruce qui n'a plus qu'à filer dans l'en-but. C'est le touchdown du sacre pour Saint Louis. Ici, le côté "décisif" est renforcé par le fait qu'il ne restait plus beaucoup de temps (ce qui n'empêchera pas les Titans de faillir réaliser le miracle...)


  • Ba Zenga le 23/05/2014 à 09h39
    Après avoir revu le but et lu vos commentaires, effectivement la passe de Solari n'était pas trop longue. Mes désoles.

  • theviking le 23/05/2014 à 09h43
    Marca organise justement un sondage-vidéo, comme ils aiment le faire, sur les plus beaux buts du Real en finale de coupe d'Europe (et il y a un autre sondage en parallèle pour l'Atleti), ce qui permet de voir tous ces buts.
    Pour l'instant, celui de Zidane recueille 85% des suffrages.

  • Bouderbala le 23/05/2014 à 12h41
    Ouais bof, Eric Castel met la même face aux Pablitos.

  • Croco le 23/05/2014 à 14h03
    José-Mickaël
    aujourd'hui à 05h14

    En rugby, t'as un essai de Vincent Clerc dans le Tournoi pour la première des Bleus à Croke Park. On ne peut plus tard dans le match.
    Mais c'est vrai que les dernières minutes se jouent plus aux pénalités ou drops en Rugby...

  • Save Our Sport le 25/05/2014 à 13h15
    J'aimerais revivre ce but en direct...

  • Vivien LN le 27/05/2014 à 09h31
    Quelques semaines auparavant, un journaliste de Canal+ lui avait posé la question : "est-ce que vous préférez gagner la Ligue des Champions ou la Coupe du Monde ?"
    Zidane avait répondu, que comme il avait déjà gagné la Coupe du Monde et pas encore la Ligue des Champions, il préférait gagner la Ligue des Champions.
    Il a fait tout ce qu'il fallait dans les 2 compétitions pour équilibrer son palmarès ... ;)

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