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Vata 1990, la main du Diable

Un jour un but – Le 18 avril 1990 à Lisbonne, l'Olympique de Marseille résiste face au Benfica jusqu'à ce qu'un remplaçant surgi de nulle part marque le but qui le prive de la finale. De la main…

Auteur : Richard Coudrais le 27 Avr 2015

 

C'est dans un stade de la Luz garni par plus de cent mille spectateurs que l'Olympique de Marseille vient chercher, ce 18 avril 1990, une qualification pour sa première finale de Coupe d'Europe des clubs champions.

Au match aller, l'OM avait largement dominé le Benfica Lisbonne mais n'avait récolté qu'un maigre 2-1. Un nul au Portugal lui suffirait toutefois pour décrocher son ticket.

 

 

Un vieux chat dans la cage

Gérard Gili, le coach marseillais, a demandé à ses hommes de jouer prudemment. Il sait qu'ils sont fatigués. Quatre jours plus tôt, ils ont remporté le sommet du championnat face aux Girondins de Bordeaux (2-0, doublé de Chris Waddle). Un match tendu, un peu pourri par les amabilités que s'échangeaient les dirigeants par voie de presse, qui a donc coûté autant d'énergie physique que d'influx nerveux.

En outre, une certaine fébrilité a gagné les rangs marseillais. Leur gardien Gaëtan Huard n'est plus disponible: il s'est fracturé la jambe à la fin du quart de finale retour contre le Sredets Sofia. C'est le vétéran Jean Castaneda, embauché en début de saison comme préparateur et accessoirement dernier rempart de l'équipe réserve, qui poursuit l'aventure dans la cage marseillaise.

Les dirigeants du club ne cachent pas leur scepticisme, l'ancien portier des Verts semblant un peu déconnecté des exigences du haut-niveau. L'OM est parvenue à recruter par dérogation un autre gardien, Pascal Rousseau, mais celui-ci peut uniquement jouer en championnat, les règlements lui interdisant de s'aligner en Coupe d'Europe.

Mais tous ces tracas pourraient finalement être oubliés si l'OM se qualifiait pour la finale. À Lisbonne, les Phocéens contiennent longtemps leur adversaire et ne sont pas loin de décrocher le 0-0 qu'ils sont venus chercher. Il ne reste que quelques minutes à tenir. Benfica obtient un nouveau corner, tiré par le brésilien Valdo. Dans la surface marseillaise, copieusement occupée, l'attaquant suédois Magnusson dévie le ballon de la tête. Au second poteau surgit le remplaçant Vata. L'Angolais s'impose devant Di Meco et parvient à tromper Jean Castaneda.

“Maintenant, je sais !”

Les défenseurs marseillais contestent et s'en prennent à M. Van Langenhove. L'arbitre belge accorde le but sans se poser de questions. À la télévision, les ralentis permettent de découvrir l'objet des contestations: l'attaquant angolais a poussé le ballon de l'avant-bras. Plus rien ne sera marqué. Le but de Vata élimine l'OM.

Bernard Tapie, le président du club, entre dans une colère folle. Il ameute les micros et hurle au complot: “Maintenant, je sais comment on gagne une Coupe d'Europe!” Dans les jours qui suivent, en France, la presse indignée s'en prend à l'arbitre, à l'attaquant angolais, au club portugais, à l'UEFA, au monde entier. On milite pour le recours à la vidéo. Au plus haut sommet de l'État, le premier ministre Michel Rocard s'interroge à haute voix sur les conditions dans lesquelles a été arbitrée la rencontre.

Au Portugal, on fête la qualification de Benfica pour la septième finale européenne de son histoire, mais l'on se pose aussi des questions aussi sur ce but étrange. Si Vata assure avoir marqué de l'épaule, il ne convainc pas grand-monde.

Les Portugais insistent beaucoup sur le fait que la surface de réparation était bondée, que l'arbitre belge était trop mal placé pour voir l'action. D'autres ajoutent qu’il aurait de toute façon dû siffler un penalty, Vata étant accroché par Di Meco au moment où il tente de reprendre le ballon de la tête.

Un héros angolais

Si, en France, son nom n'évoquait rien avant cette fameuse main, Vata Matanu Garcia n'était pas un inconnu au Portugal. Arrivé au Benfica un an plus tôt, il fut aussitôt sacré meilleur buteur du championnat, contribuant ainsi au vingt-huitième titre du grand club lisboète.

Mais la saison suivante, le nouvel entraîneur Sven-Goran Eriksson a préféré en faire un remplaçant. Lors de la finale à Vienne, contre l'intouchable Milan AC, Vata entrera bien dans le dernier quart d'heure. Mais il ne rééditera pas son exploit.

L'arbitre, Marcel Van Langenhove, finira la saison en Italie où il dirigera une rencontre de la Coupe du monde. Jean Castaneda en terminera avec le foot pro, ce match de Lisbonne étant le dernier de sa carrière.

Quant à Vata, il quittera la capitale lusitanienne en 1991 pour une discrète fin de carrière. Son nom sera évoqué par les recruteurs de quelques clubs français. Sans suite.

Réactions

  • Zénon Zadkine le 20/04/2015 à 07h55
    Il n'y a pas main puisque l'arbitre en a jugé ainsi. D'ailleurs il me semble que Vata la touche de l'épaule. (et la vidéo ne prouve rien de toute façon)

  • Pascal Amateur le 20/04/2015 à 08h31
    Oui, cet enculé d'arbitre a toujours raison.

  • Edji le 20/04/2015 à 09h30
    Pas de l'épaule, Zenon, de la poitrine.

  • Ba Zenga le 20/04/2015 à 09h46
    Du bras gauche, même. Mon premier souvenir "injuste" de supporter. J'avais 9 ans, j'en avais été malade. L'année d'après, j'ai pleuré après les TAB face à l'Etoile Rouge. Depuis, je me suis promis de ne plus le faire parce que ce n'était que du foot et que ça n'en valait pas la peine. Et que l'histoire est peut-être encore plus belle comme ça. En 2006, j'ai pas craqué. Je crois que je ne le ferai donc plus jamais.

  • fabraf le 21/04/2015 à 10h38
    Il s'agit tout simplement de mon premier souvenir de foot ! En effet, je préférais encore Olive et Tom car je trouvais les "vrais" matchs longs et barbants.

    Je me souviens avoir pleuré à la fin du match devant cette "injustice" : "dis papa, pourquoi l'arbitre accorde le but ?" Il n'a pas su me répondre, avec ma mère à côté m'ordonnant depuis déjà une bonne heure d'aller me coucher. C'est ce match qui m'a décidé à supporter l'OM depuis maintenant 25 ans : "merci" Vata !

    Mes 5 matchs marquants :
    Benfica - OM donc
    Etoile Rouge - OM, 91
    OM - Milan, 93
    France - Bulgarie, 93
    France - Brésil, 98
    et en bonus le PSG - OM, 2006 (en championnat)

  • djay-Guevara le 21/04/2015 à 18h08
    Ba Zenga, on a la meme histoire footballistique.

  • lyes le 22/04/2015 à 00h41
    Bah on doit tous être de la même génération parceque c'est mon premier souvenir de foot aussi. La main de Vata c'est l'évènement foot le plus lointain dont je sois capable de me souvenir. J'avais 8 ans en 90 et même la coupe du monde cette année la je n'en ai que des souvenirs épars, le Cameroun, Maradona, la finale soporifique.

  • djay-Guevara le 22/04/2015 à 09h57
    Mon premier souvenir footballistique, ca doit etre un Argentine-Bresil en 1990. Bizarrement, la main de Vata, je ne l'ai pas vecue en direct. Mais j'ai chiale a Bari, et a Berlin.

  • Géant Casoni le 27/04/2015 à 12h26
    Bel article, que de mauvais (et bons) souvenirs !!
    Par contre juste pour un peu pinailler, il mes semble qu'on avait éliminé le CSKA et non le Sredets Sofia.

  • Géant Casoni le 27/04/2015 à 17h21
    Bel article, que de mauvais (et bons) souvenirs !!
    Par contre juste pour un peu pinailler, il mes semble qu'on avait éliminé le CSKA et non le Sredets Sofia.