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Austria Salzbourg, la revanche des supporters

On connaît l'aventure des fans anglais qui ont créé l’AFC Wimbledon et le FC United of Manchester. En Autriche, c’est Red Bull qui a conduit des supporters à ressusciter une Austria Salzbourg qui, cet été, peut espérer retrouver le monde pro. 

Auteur : Toni Turek le 15 Mai 2014

 


Printemps 2005: la marque autrichienne de boissons énergisantes Red Bull prend le pouvoir à Salzbourg en rachetant la licence du principal club de football de la ville. L’Austria Salzbourg n’est alors plus au faîte de sa gloire comme dans les années 1990, quand elle remportait trois titres en championnat sous l’appellation Casino Salzbourg, et qu’elle atteignait la finale de la Coupe de l’UEFA avec ses internationaux Konrad, Feiersinger, Aigner et Pfeifenberger. En moins de dix ans, elle a régressé sportivement, et financièrement elle n’est vraiment plus au mieux.

 


 


L’Initiative violett-weiss

Les supporteurs espèrent que Red Bull va permettre à leur club de retrouver la gloire passée. Mais leurs espoirs sont très vite douchés. La vision Red Bull du football à Salzbourg est simple et brutale: "Pas de compromis. C'est un nouveau club. Il n'y a pas de tradition, pas d'histoire qui tienne". Le milliardaire Mateschitz n’a pas racheté un club, il a acquis une licence. Tout ce qui a trait à l’identité et au passé de l’Austria Salzbourg est nié, remplacé: couleur et blason sur le maillot, nom, date de fondation et histoire du club [1], stade… tout doit promouvoir la marque Red Bull. Une nouvelle ère commence à Salzbourg, mais pour nombre de fans, c’en est une qui prend fin.


La disparition du violet, couleur historique de l’Austria, pousse en juin 2005 des fans salzbourgeois à lancer "l’Initiative violett-weiss", dont le but est de contraindre Red Bull à tenir compte du passé du club dans la nouvelle entité. La crise club vs. fans occupant une place croissante dans les médias, le FC Red Bull contrecarre l’écho médiatique négatif en négociant avec les responsables de l’Initiative, qui cumulent soutiens locaux et internationaux. Mais les concessions du club taurin, où le violet ne ferait qu’un timide retour sur les tenues, ne suffisent pas. Red Bull gagne à l’usure: la rupture entre les deux parties est actée en octobre. Ainsi débarrassé des gêneurs, le FC Red Bull découvre la Bundesliga avec de nouveaux supporteurs plus conciliants, tandis que va renaître une Austria Salzbourg vite oubliée des médias.
 


Une renaissance en deux temps

L’Austria Salzbourg voit sportivement le jour en cours de saison 2005/06 grâce à un partenariat avec le Polizei SV/Schwarz-Weiß Salzbourg (D4). Ce club admet le violet et le blason de l’Austria aux côtés du sien sur ses maillots, et lui permet ainsi de ne pas redémarrer au plus bas niveau du foot autrichien. Hélas, l’entente ne dure pas. Sur le gazon, l’équipe n’arrache son maintien qu’in extremis, et hors du stade l’ambiance n’est pas au beau fixe. Au final, une majorité des dirigeants de l’Austria décide de mettre un terme à l’association avec le PSV/SW. Après une saison "pour rien", l’été 2006 est l’occasion d’un nouveau nouveau départ. En septième division.
 

Tout est à (re)faire: pas d’équipe, pas de stade. Mais la motivation est toujours là, intacte. Et avec elle, l’impossible devient possible. Quatre années de suite, l’Austria Salzbourg va ainsi finir première de son groupe, passant du plus bas niveau amateur à l’antichambre du professionnalisme. Les deux premières saisons sont les plus impressionnantes: 49 succès en 52 journées, avec quatre buts inscrits par match en moyenne, grâce à une équipe d’anonymes. Et ces quatre promotions successives sont suivies d’autant de titres de meilleur buteur pour les Violets. Un bilan d’autant plus remarquable que le club violet ne compte pas de milliardaire dans ses soutiens.
 

L’Austria Salzbourg se construit, petit à petit. Après un an passé à jouer dans un stade du centre-ville, l’équipe déménage à l’Ouest au My Phone Austria Stadion. Elle y attire les visiteurs, avec des affluences dépassant les 1.500 visiteurs parfois – une réussite pour un club provincial d’amateurs concurrencé dans la même ville par une équipe candidate chaque année au titre national. L’Austria continue à avoir de bons résultats, même en 2008 quand elle doit gérer les départs de plusieurs entraîneurs et joueurs-clefs, même en 2010 après la démission du conseil d’administration du club.
 


Retour chez les pros ?

L’arrivée en Regionalliga – D3, le plus haut niveau amateur – marque un palier pour l’Austria Salzbourg. À cet échelon, on trouve des ex-joueurs du monde professionnel ainsi que des réserves de clubs pros. Pas évident, a priori, pour l’Austria Salzbourg de se faire sa place, d’autant qu’elle subit aussi, côté transferts, la concurrence locale de Grödig, club voisin qui lui a déjà pris un entraîneur et quelques joueurs. Mais le club violet réalise des saisons plutôt correctes: cinquième en 2011, huitième en 2012 et deuxième en 2013.
 

2014 pourrait être l’année du grand retour de l’Austria Salzbourg chez les pros: entraînée par l’ex-joueur et ex-entraîneur de l’Austria 1.0 Polak, emmenée par son capitaine et meilleur buteur Vujic [2], l’équipe violette 2013/14 est invaincue dans son groupe, avec 73 points pris sur 81. Meilleure attaque, meilleure défense, l’Austria Salzbourg a résisté au WSG Wattens, son seul concurrent à l’accès aux barrages pour la montée en Erste Liga (D2). Evidemment, même si l’Austria triomphe de ces barrages, les derbies contre le FC Red Bull ne seront pas pour tout de suite…
 

Côté adverse, malgré l’expansion de la galaxie Red Bull [3], les titres cumulés depuis l’arrivée de la marque au taureau et avec elle celle d’une infinie cohorte de joueurs étrangers, le FC Red Bull n’est pas devenu un aimant à spectateurs: depuis une première saison à 16.000 visiteurs en moyenne, l’affluence du club taurin a chuté de moitié. La montée à l’été 2013 du voisin Grödig, club sans moyens et au stade limité à 3.000 places, n’explique pas tout. L’Austria Salzbourg pourrait bien tirer profit de la composition nationale, voire locale, de son effectif, par rapport à son riche rival.
 

En une décennie, l’Austria Salzbourg a revu le jour, s’est structurée – avec la mise en place de nombreuses équipes de jeunes – et dispose de bonnes bases. Son existence rappelle que l’argent ne fait pas tout, et ne remplacera jamais pour certains les symboles et l’histoire d’un club. Mais pour déloger les Taureaux du FC Red Bull de leur piédestal, il faudra bien davantage qu’un maillot violet.
 


[1] Le FC Red Bull a au final dû reprendre l’année de fondation de l’Austria (1933), car s’il avait vraiment vu le jour en 2005, il auraît dû y démarrer au niveau le plus bas. Le site web du club évoque aussi maintenant, brièvement, les titres de l’Austria.
[2] Un des plus anciens joueurs à l’Austria, Vujic (30 ans) est passé par une dizaine de clubs… dont les rivaux des Red Bull Juniors!
[3] Le FC Red Bull en D1, le FC Liefering – du nom d’un quartier de Salzbourg – en D2, les Red Bull Juniors en D3, et le RB Leipzig en Allemagne. Et on n’évoque là que le foot dans son périmètre européen…

 

Réactions

  • le 15/05/2014 à 07h47
    Chouette, du promu à drafter en 2015-2016 ?

  • Mandandamadeus le 15/05/2014 à 09h35
    Après l'Austria Wien, ptet que Minus va vouloir s'y frotter.

    Très chouette article en tout cas.
    Mais comment ont-ils fait pour aligner autant de saisons spectaculaires avec une bande d'anonymes ?! Faut quand même un sacré bol pour que ça fonctionne aussi vite et aussi bien !

  • Paul de Gascogne le 15/05/2014 à 10h16
    J'imagine que les anonymes pour nous étaient des stars locales. Ca semblerait pas deconnant qu'un joueur de D3 ou de D4 concède de descendre de quelques divisions pour porter le maillot du club mythique qui a bercé son enfance.

    En tout cas ça doit fonctionner comme ça dans les divisions amateur assez obscures, un peu moins quand on se rapproche du monde pro (sinon Strasbourg aurait d'autres résultats).

  • Sens de la dérision le 15/05/2014 à 10h22
    Je me demande si ça pourrait fonctionner de la même façon en France. Si demain Pernod-Ricard venait prendre les rênes de l'OM et change le ciel et blanc contre du jaune pastaga, que se passerait-il ? Ou que les Qataris décident de rhabiller le PSG en violet et blanc, les couleurs du Qatar ?

  • Tonton Danijel le 15/05/2014 à 11h04
    Belle histoire, dont je doute toutefois qu'elle puisse se produire hors du championnat autrichien. On parle d'un championnat beaucoup moins relevé que le championnat anglais où le FC United of Manchester essaie de se développer, inclus dans ses divisions inférieures à l'élite. Un club qui se reconstruit dans le milieu amateur avec de nombreux fans doit pouvoir générer des revenus de nature à lui permettre de se relever. Ce qui ne marche pas toujours en France, je suis bien placé pour le savoir...

  • le Bleu le 15/05/2014 à 11h08
    Et ils sont quand les barrages ?

  • Zorro et Zlatan fouillent aux fiches le 15/05/2014 à 11h30
    Chouette article, comme d'hab Toni.

    Je commence à être cynique, mais je vois pas en quoi les fans ont davantage le droit qu'un proprio de s'arroger l'héritage d'un club. Pour moi l'Austria est mort, tué salement par RB - comme les Dons sont morts. On peut pas utiliser le nom et les couleurs et faire comme si l'histoire du club se transférait par magie à cette nouvelle entité - pour tout dire je trouve ça relativement hypocrite et prétentieux de prétendre être le dépositaire unique de l'histoire d'un club. Que ce soit les sups, les proprios ou les joueurs hein.

    Cela dit j'apprécie l'initiative de s'émanciper de RB qui transforment en soupe mercantile tout ce qu'ils touchent.

  • Pascal Amateur le 15/05/2014 à 12h16
    Le Polizei SV s'y connaissait davantage en bleus.

    Sinon oui, demeure le mystère de ces succès empilés.

  • MinusGermain le 15/05/2014 à 13h47
    Merci Toni, je ne connaissais pas cet Austria qui joue en violet.

    Effectivement, en France, les exemples récents montrent que même redescendus très bas, les 'grands' clubs du passé ne remontent pas si vite (Sedan, Le Mans, Grenoble, Strasbourg, Gueugnon luttent pas mal à ma connaissance).

    Sûrement que la densité des divisions inférieures du foot français est plus forte que celle du foot autrichien et que les clubs que je cite en exemple n'ont pas la même aura locale que l'Austria Salzbourg.

  • Toni Turek le 15/05/2014 à 14h31
    MDD > Pour les divisions les plus basses, ce n'est pas trop surprenant si le niveau de jeu affiché est bien au-dessus des standards (cf. le cas de Lokomotiv Leipzig qui, reparti en 11. division allemande, écrabouillait chaque week-end son adversaire du jour, avec des scores allant jusqu'à 20:0).
    Après, oui, il faut assurément un peu de chance. mais bon, il en faut parfois au haut niveau aussi (cf. le titre du Sturm Graz en 2011, lié aux défaillances viennoises et taurines).


    Paul de Gascogne > Lors du nouveau départ en 7. division, plusieurs nouveaux joueurs de l'équipe étaient en fait... de simples fans du club violet.


    le Bleu > Barrage prévu les 02 et 05 Juin, contre le vainqueur (hors équipes réserves) de la Regionalliga Ost. L'autre match de barrage opposera le vainqueur Regionalliga Mitte (LASK Linz) au neuvième de la D2 (Parndorf). Les deux gagnants monteront en D2.

La revue des Cahiers du football