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Un conte de Champagne

S'il ne pourra finalement pas se présenter à la présidence de la FIFA, Jérôme Champagne aura été un candidat singulier, dénonciateur du système plutôt que de Sepp Blatter lui-même.

Auteur : Nicolas P. le 23 Fev 2015

 

 

L’élection du futur président de la FIFA est jouée depuis très longtemps. La défection de Michel Platini, qui avait un temps pensé se présenter mais a préféré se retirer, estimant sans doute que ses chances de succès étaient trop maigres, l’a montré. Il faudrait un miracle pour que l'un des trois concurrents officiels de Sepp Blatter, Ali Bin Al Hussein, Luis Figo ou Michael van Praag, l’emporte.

 

Cette élection, toutefois, offrait une curiosité: une candidature trouble, avide de réformes mais étonnamment indulgente envers le pouvoir en place, une candidature qui répète que tout ça, ce n’est plus possible, mais que ce n’est pas de la faute de Sepp Blatter. Une candidature portée par un homme qui a fustigé plus volontiers les "petits" candidats que le grandissime favori, qui a beaucoup reproché aux autres d’être téléguidés tout en se défendant de l’être. Cette candidature, qui n’a pas abouti faute d’un nombre suffisant de parrainages, c’était celle de Jérôme Champagne.

 

 Photo Play The Game/FlickR/CC

 

Jérôme Champagne n’avait pourtant rien d’un candidat-pitre: sponsorisé par personne, il était le seul à avoir préparé et publié un programme avant la date limite de remise des candidatures. Premier concurrent déclaré, conscient de la faiblesse de ses chances mais déterminé à jouer sa carte à fond, on pouvait lui reconnaître un certain panache. Très actif sur un plan médiatique, soutenu par le grand Pelé, il a rapidement voulu se placer en homme de propositions, au-dessus des polémiques politiciennes.

 


Le défenseur de Blatter

Sauf que, très tôt, la candidature Champagne est suspectée d’occuper le terrain en attendant l'entrée en lice du grand favori. En clair, ses détracteurs lui reprochent de rouler en sous-marin pour le champion sortant. L'accusation est assez grave: la victime y voit la fourberie de gens qui veulent le "salir". On comprend en filigrane que l'UEFA est visée.

 

Mais la candidature Champagne étonne. Lorsqu’il admet dans un entretien à L’Express peiner à réunir les cinq parrainages nécessaires, il s’empresse d’ajouter que "ce n'est pas à cause du président de la FIFA actuel, ce n'est pas son genre". Dans ce même entretien, il tient des propos dont la confusion frise la schizophrénie: "Chacun défend ses positions. Je n'ai jamais caché que celles du président actuel et les miennes sont proches. J'ai passé onze ans [à la FIFA] sur quarante années de développement réussi et je suis fier de ce que j'y ai fait. Mais il faut faire aujourd'hui les changements nécessaires."

 

Chacune de ses prises de parole semble dédouaner, sinon défendre l'homme avec qui il a travaillé pendant plus d'une décennie. "Je ne suis pas là pour commenter ce qu'a fait M. Blatter", déclarait-il d'emblée au Bleacher Report. Ça ne le choque pas non plus que Blatter ait un jour promis de ne pas se représenter avant de se raviser. Jérôme Champagne veut aller de l'avant, ne pas s'attarder sur des années qu'il ne renie pas par ailleurs. Le procédé, néanmoins, étonne: comment, en effet, faire campagne sans commenter le bilan du président sortant? Il est vrai que "Sepp Blatter a fait un travail extraordinaire à la FIFA"...

 


Dans sa bulle

Les autres concurrents, en revanche, ne sont pas épargnés par le Français. La candidature d'Ali ben Al-Hussein? "On ne sait pas s'il n'est pas un sous-marin piloté par d'autres qui n'ont pas le courage de se présenter dans une campagne". Platini n'a pas fini d'en prendre pour son grade: c'est l'UEFA qui contrôlerait les trois candidats concurrents qui ont pu obtenir leurs parrainages. Sans entrer dans les détails, Champagne assure que le lien entre Platini, Figo, van Praag et Al-Hussein est "total". L'instance européenne, et son chef Michel Platini, auraient "tout fait pour [qu'il] ne soit pas candidat". Tout se passe donc comme si Jérôme Champagne était le seul candidat à ne pas avoir été téléguidé, encore qu'il ait fait l'objet des mêmes accusations. La candidature de dernière minute de van Praag aura eu raison de la sienne, pense-t-il.

 

C'est que Champagne est convaincu que l'élection va tourner au grand affrontement entre une UEFA engagée dans "une tentative historique de contrôler la FIFA" et une FIFA qui "sait que tout ça est organisé par Platini". Dans une longue interview à Offside, Champagne développe des points intéressants: il rappelle que l'UEFA est membre du comité exécutif de la FIFA et, à ce titre, porte sa part de responsabilité. Sur le rapport Garcia: "Qui a torpillé l’enquête? En mars de l’année dernière, Mark Pieth, du comité suisse a dit «le clan des langues latines a essayé de bloquer», c’est-à-dire le français, l’espagnol et le portugais… Blatter voulait que le rapport public soit publié, mais dedans on parle du Qatar, et de ceux qui sont impliqués…" Avant de prophétiser: "Blatter va gagner, et écraser 'les trois petits copains'."

 

Le football institutionnel nous a-t-il tellement habitué au cynisme que la bonne foi d’un homme puisse apparaître systématiquement suspecte? Faut-il nécessairement voir dans la "responsabilité collective" invoquée par Champagne une formule censée extraire Blatter du marasme dans lequel patauge l'instance reine du foot mondial, ou le constat simple d’un homme honnête?

 

La candidature Champagne, quoi qu’il en soit, reste un mystère. Paru trois jours avant qu'il soit officiellement éliminé de la course à la présidence, son livre intitulé Comment je veux révolutionner le football, préfacé par Pelé et sous-titré "Un Français face à Sepp Blatter", évoque assez un combat qui semble ne jamais avoir vraiment eu lieu.

 

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