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Supporters : des promesses bien assises

Organisées au Sénat la semaine dernière, les Assises du supportérisme marquent peut-être, avec la création du Conseil national des supporters, la première étape vers la reconnaissance du rôle de ces derniers et de la nécessité de les associer à la gestion des clubs.

Auteur : Pierre Barthélemy le 22 Avr 2014

 

 

Comme le Livre vert du supportérisme de 2010, le chapitre du récent rapport Glavany relatif aux supporters était voué à un enterrement de première classe, dans l’ignorance et le silence coupables de tous. Pourtant, cette fois, certains supporters ont décidé qu’il était temps de devenir non seulement acteurs, mais surtout moteurs dans les réflexions tendant à définir leur place dans le football actuel.
 

À cette fin, l’association À La Nantaise a organisé, jeudi dernier au Sénat, Les Assises du supportérisme avec l’appui du parlementaire Ronan Dantec. Si l’après-midi s’est avérée riche en témoignages et réflexions, c’est l’annonce de la création du Conseil national des supporters de football qui a constitué le clou du spectacle.
 

 


 


En quête d’un interlocuteur légitime

L’une des critiques, pertinente, adressée aux supporters ces derniers temps, et cristallisée par le rapport Glavany, est l’absence d’interlocuteur représentatif et légitime à opposer aux autres protagonistes: FFF, LFP, clubs, pouvoirs publics… Face à cette critique persistante, l’association de supporters À La Nantaise a engagé des réflexions, rencontré des responsables locaux et nationaux, mûri son projet et donc lancé le CNSF.
 

À ce stade encore embryonnaire, il n’en constitue pas moins une avancée significative. Il offre aux supporters de la crédibilité: celle de leur capacité à s’organiser dans le respect des règles et à rassembler des protagonistes de tous horizons professionnels (avocats, professeurs d’université, fonctionnaires, étudiants), sociaux ou géographiques (de Nantes à Nancy en passant par Rouen), de tous âges et aux ambitions diverses (actionnariat populaire, vie des tribunes, développement de la vocation sociale et culturelle du football…).
 

Concrètement, le CNSF a vocation à rassembler toutes les associations de supporters transparentes, responsables et ouvertes, autour d'un travail collaboratif pour réfléchir en amont et dialoguer par la suite. Présent jeudi au Sénat, Bernard Desumer, vice-président de la FFF, a semblé sensible à cette initiative – lui qui œuvre de son côté, depuis le Norvège-France de 2012, à la constitution d’un groupe officiel de supporters de l’équipe nationale. Petit pas ou pas de géant, l’avenir le dira. Mais désormais, ni la Ligue ni les pouvoirs publics ne pourront se cacher derrière l’argument d’un éclatement de la représentation des supporters pour refuser encore et toujours l’indispensable dialogue. Ils sont même appelés à contribuer au développement d’un Conseil auquel ils seraient bien inspirés d’apporter soutien médiatique, financier et logistique.
 


Ambition première : l’actionnariat collectif

Si c’est surtout la question des tribunes et des supporters Ultras qui nous a occupés dernièrement, le CNSF est avant tout porté par une volonté d’investissement global des supporters dans l’évolution du football et dans sa gouvernance. Sous le prisme de l’actionnariat populaire et de l’application de la RSE (Responsabilité sociale des entreprises) aux clubs de football, deux des trois tables rondes ont surtout mené les débats sur le rôle dont les supporters peuvent être investis en tant que parties prenantes au titre de ladite RSE [1].
 

Dans l'esprit de cette démarche, les supporters aimeraient désormais participer au capital des clubs et disposer a minima d’un pouvoir de contrôle et de décision au sein des clubs. En la matière, l’intervention de Ben Shave, de Supporters Direct Europe, a mis en exergue l’incroyable retard de la France sur ces questions. C’est ce qu’a rappelé William Gaillard (conseiller de Michel Platini à l’UEFA): sur les 54 membres, seuls trois n’ont pas mis en place dans leurs clubs l’agent de liaison avec les supporters (Azerbaïdjan, Modalvie et France – alors qu’en Allemagne, il existe en moyenne huit agents de liaison par club).
 

Le témoignage de Colin Farmery a particulièrement marqué les esprits. Supporter de Portsmouth, il a vu son club être relégué en D4 à la suite de trois dépôts de bilan dont furent responsables des dirigeants parfois incompétents, parfois escrocs. Désormais, les supporters sont propriétaires de leur club. Après avoir réussi à collecter près de deux millions d’euros ensemble, ils ont racheté leur équipe, qui joue désormais devant 18.000 personnes à chaque rencontre. Première conclusion tirée par tous les participants: la gestion d’un club est d’autant plus transparente (et le club est donc d’autant plus pérenne) que les supporters ont un droit de regard sur sa gestion.
 


En creux, le mouvement Ultra

Si les questions des tribunes sont restées plutôt secondaires dans les débats ou dans l’esprit des fondateurs du CNSF, une belle porte s’est ouverte pour le mouvement Ultra. La présence de beaucoup de représentants de ces supporters au Sénat a démontré, une nouvelle fois après la manifestation nationale à Montpellier, leur capacité à s’asseoir à une même table, à échanger et à parler unis. Les échanges entre Bernard Desumer et des représentants Ultras (notamment nantais et parisiens) se sont avérés constructifs, même si le premier cité a quelque peu essuyé les plâtres pour la LFP – étonnamment non représentée au motif que la préparation de la finale de la Coupe de la Ligue ne lui laissait pas de temps.
 

L’intervention du sociologue Nicolas Hourcade a été particulièrement marquante lorsqu'il a rappelé qu’aucun système européen n’a connu le succès par le truchement du tout-répressif dans lequel Frédéric Thiriez et Manuel Valls s’entêtent. Selon lui, le système anglais (qui a allié une forte répression à une mutation du football en une activité économique onéreuse) ne pourrait fonctionner qu’à Paris en raison de sa puissance financière et d’un bassin démographique de dix millions d’individus unique en Europe continentale. Pour le reste du pays, les modèles allemand ou belge auraient vocation à s’imposer. Mais là non plus, la répression n’a pas suffi. C’est le recours systématique, sincère et approfondi au dialogue qui a d’une part permis de concevoir les stades de manière adaptée, et qui a d’autre part légitimé des mesures de rétorsion aussi intransigeantes qu’intelligentes contre les fauteurs de trouble.
 

L’incapacité de la France, de ses pouvoirs publics et de ses institutions footballistiques à nourrir une réflexion globale alliant toutes les composantes du football (sportive, économique, médiatique, festive, populaire…), aussi bien qu'à ouvrir le dialogue, l’enferme dans une inefficience crasse et une inopportune radicalisation. La nouvelle ministre des Sports Najat Vallaud-Belkacem et son secrétaire d'État Thierry Braillard, auxquels le Conseil a demandé une rencontre, tiennent l'occasion de changer la donne.
 


[1] La RSE, selon le Livre vert de la Commission européenne, est un "concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire". Cela se traduit, par exemple, par l’accompagnement qu’offrent (que sont censés offrir) les clubs aux jeunes du centre de formation qui ne sont pas appelés, in fine, à devenir professionnels. Cela concerne aussi, par exemple, les perspectives environnementales et écologiques liées aux stades (du photovoltaïque sur les toits du stade Geoffroy-Guichard aux soucis de pollution des pelouses synthétiques), ou encore, dans un autre domaine, les fondations des clubs dont les actions sociales sont importantes dans le tissu local.

 

Réactions

  • johnny gategueune le 22/04/2014 à 12h39
    Excellente initiative de A la nantaise et du sénateur (Verts)! Même s'il reste du travail à accomplir, cela place un peu plus les instances (FFF, LFP et ministère) devant leurs responsabilités, en particulier celle d'enfin prendre en compte les supporters et les publics en général du football dans les politiques de développement du foot pro, complètement préemptées, jusqu'à présent, par les intérêts privés et la course à la "compétitivité" des clubs. Il est plus que temps d'intégrer la notion d'intérêt général et de défense du football comme patrimoine culturel.

    On voit, en Angleterre, que la propriété des clubs par les supporters (ou a minima leur participation au capital) n'a rien d'une utopie. Je suis un peu dubitatif sur les notions souvent creuses de gouvernance ou de RSE, mais il s'agit bien de mettre en demeure leurs promoteurs de leur donner une dimension concrète. Vu le niveau du "dialogue" en France, on part de très loin, mais si ça sert à souligner l'indigence actuelle du rapport des clubs avec leurs supps, c'est effectivement un grand pas de fait.

    En espérant que les assoces prennent aussi conscience de l'enjeu et de l'occasion qui leur est offerte de se fédérer - une obligation absolue si elles veulent exister.

  • poiuyt le 22/04/2014 à 17h55
    Est ce que quelqu'un pourrait me renseigner sur ces modèles allemands ou belges cités par l'article concernant les mouvements ultras et la vie dans les stades???

    Merci!

  • la rédaction le 23/04/2014 à 12h14
    @poiuyt
    Par exemple :
    lien
    lien

  • poiuyt le 23/04/2014 à 12h28
    Merci!

  • dugamaniac le 23/04/2014 à 16h11
    En dehors du cadre du Sénat, ça me parait pas super impressionnant comme avancé, avec un "Conseil National" qui réunit 2 groupes, pas parmi les plus gros de France, et 1 asso qui n'a aucune reconnaissance en dehors de Nantes à l'initiative.

    Et comme les autres groupes qui pourraient être intéressé s'y sont cassés les dents il y a quelques années malgré une légitimité bien plus grande, ça m'étonnerait fort qu'il soit tenté par cette nouvelle expérience organisée par un sénateur et une asso bien loin des valeurs des ultras actuels.

  • Chantôminho le 24/04/2014 à 07h00
    @johnny: Je te rejoins sur la vacuité relative du concept de RSE, qui bien souvent se borne à de la communication et du marketing déguisé. J'y apporterai deux limites. D'une part, les clubs cotés en bourse comme l'OL y sont légalement astreints. D'autre part, la mise en relation des entreprises et des stakeholders dans le cadre de la RSE commence à se frayer un chemin, même a minima, dont on ne peut nier l'influence.

    @poiuyt: Je te recommande vraiment le Livre Vert du Supportérisme dont le lien est dans l'article.

    @dugamaniac: Il faut un début à tout. Peu importe qui est à l'initiative, tant que ce sont des gens intelligents, motivés et responsables. Ce qui est le cas. A chacun ensuite d'en nourrir la réflexion et le développement dans une démarche constructive. Un outil est désormais disponible et c'est nécessairement une avancée.

  • Lancelot du HAC le 24/04/2014 à 09h59
    Enfin début il y a eu sur cette question. Peut-être est-ce une affaire purement statutaire, auquel cas je m'écrase, mais le Collectif SOS Ligue 2 existe déjà depuis presque dix ans pour défendre les intérêts de la D2 (avec une énergie d'autant plus louable vu le peu d'écho donné à leurs revendications...), et le stade de France avait été il y a quelques années le théâtre d'une réunion de multiples assos de supporters (avec ateliers et cie) afin de réfléchir à leur façon de faire valoir leurs propositions dans un cadre unitaire.

    Ma mémoire peut me faire défaut, mais je crois bien qu'à l'époque avait déjà été créé un CNS (Conseil National des Supporters ou Coordination Nationale Supporters, un truc du genre) et ça a eu l'effet d'un bon coup d'épée dans l'eau aussi bien du côté de la LFP que de la FFF.

    Là t'as trois assos et un parlementaire qui font du (Eric?) raout à l'assemblée, et tout le monde s'extasie, je trouve ça un peu précoce et irrespectueux du travail accompli depuis beaucoup d'années par de multiples assos pour faire valoir leur droits de dire que c'est la première initiative du genre. C'est surtout que tout ce qui a été fait jusqu'ici n'a pas vraiment marché, faute d'écoute des institutions (le mépris de la LFP envers toute sorte de voix divergente n'aide pas) ou peut-être de possibilité pour les supporters de faire survivre sur le long terme de tels projets.

    En cela, l'expérience d'À la Nantaise peut faire du bien, car ce collectif a su devenir un interlocuteur sérieux au fil des années.

    Mais ce n'est pas la première tentative de fédération des supporters français.

    Merci pour l'article cependant, ainsi que de relayer toutes ces infos.

  • dugamaniac le 24/04/2014 à 10h01
    Je ne trouve pas que ce soit peu important qui est à l'initiative.

    On peut trouver intéressant l'actionnariat populaire mais ça n'a aucun rapport avec l'histoire des groupes ultras français, leurs problèmes, leurs revendications.

    J'avoue que ça me déprime un peu de voir que l'on en est arrivé à réunir des avocats, économistes, sénateurs, directeur de recherche au CNRS pour parler de foot.
    Non même pas de foot, de ceux qui veulent se distraire en allant regarder du foot.

  • poiuyt le 24/04/2014 à 10h09
    J'ai de vagues souvenirs, mais le CNS dont tu parles, Lancelot, c'est pas le truc qui a explosé en vol parce que les marseillais voulaient pas parler aux parisiens, les niçois, lyonnais et lillois avec les verts et les bordelais, etc etc...???

  • Lancelot du HAC le 24/04/2014 à 10h28
    poiuyt, comme je le disais, ma mémoire me fait défaut sûrement, mais je me rappelle que les supporters Havrais, généralement très impliqués dans ce type de projets, avaient participé à une réunion ayant pour but final de constituer une association de ce type.

    Pourquoi cela n'a-t-il pas vu le jour au point aujourd'hui de revenir presque à la case départ? Aucune idée, mais ce que tu soumets est malheureusement fort probable.

    Cependant la manif de Montpellier avait montré que quand il fallait, les mecs pouvaient arriver à un consensus.

    Ce qui me tracasse dans la présentation qu'on fait de cette réunion au Sénat, c'est son caractère novateur alors qu'à certains échelons (donc SOS Ligue 2), ça fait plus de dix ans que des mecs prêchent courageusement dans le désert sans que cela n'émeuve grand-monde.