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L'arrière latéral est souvent gauche

On laisse trop souvent les latéraux de côté, à un poste ingrat et mal éclairé. Sortons-les des couloirs et donnons-leur des ailes.

Auteur : Christophe Zemmour le 15 Avr 2013

 


L’arrière latéral est souvent un footballeur dénigré, voire oublié, en particulier par les récompenses individuelles – hormis le Ballon de Plomb qui n'a pas lésiné sur les maladroits et les rugueux en sacrant Francis Llacer, Bernard Mendy et Yohann Démont. Mais pourquoi? Son isolement sur le côté, loin du cœur du jeu où se voient et se distinguent mieux les performances et où pense, souvent à tort, que se décide le cours du match, constitue un début d’explication. Son rôle laborieux, parfois ingrat, n’en fait pas non plus un artiste des plus prisés et paradoxalement, l'évolution moderne du poste, qui l'a conduit à se substituer aux ailiers centreurs, l'a obligé à endosser un rôle plus offensif (avec une dépense physique considérable)... tout en l'exposant aux reproches de désertion défensive. On trouve ainsi dans cette catégorie – celle des Éric Sikora et des Arnaud Le Lan – plus de "joueurs de devoir" appréciés des supporters que de starlettes qui feront le bonheur des agents.
 

D’aucuns pensent qu’il s’agit de footballeurs reconvertis, de moindre importance, de ceux qu’on choisit en dernier pour former une équipe. Et de fait, être arrière latéral est rarement une vocation. Pour ne citer qu’eux, Bixente Lizarazu, Fabio Grosso, Lilian Thuram, Giacinto Facchetti, Éric Di Meco ou encore Éric Abidal y ont connu une reconversion heureuse. Mais il s’agit là d’un difficile travail de fond, bien que plus accessible aux gens de moindre technique que les autres postes, du fait de son offre et de son exigence de relance plus restreintes et d’un placement facilité par la complice ligne de touche. Entre le défenseur central qui lui crie dessus pour le rappeler à ses tâches défensives lorsqu’il ose monter, l’alignement sur les coéquipiers pour mettre l’attaque adverse hors-jeu, il faut parfois au latéral trois yeux et un bon contrôle de ses nerfs.
 


FC Polyvalence

Et la différence entre un bon arrière latéral et un mauvais arrière latéral, c’est que le bon sait aussi monter et donner sa pleine mesure dans le registre offensif. Il est par exemple le seul à occuper le couloir dans les systèmes à forte densité axiale. Dans le 4-3-2-1 de Carlo Ancelotti, quel que soit le côté vers lequel le jeu penche, il se doit de monter systématiquement pour apporter de la largeur et permettre les renversements. L’illustre Cafu, héritier d’une grande tradition brésilienne, a ainsi joué un rôle clé dans ce Milan-là, ainsi qu’au sein de l’AS Roma de Fabio Capello championne d’Italie en 2001 – qui utilisait un 5-3-2 où l’arrière latéral devait être à la fois défenseur, milieu et ailier. Devant fermer la marche lorsque l’adversaire attaque depuis le côté opposé, il prouve ainsi qu’il peut lui aussi être un élément fondamental de la construction de l’équipe.`

 


 

Ceci dénote surtout l'exigence d'une rare combinaison de qualités tactiques, physiques et techniques. C'est d'ailleurs au travers de cette polyvalence que l’arrière latéral a conquis une meilleure reconnaissance. Paolo Maldini a ainsi été un défenseur charismatique, adroit des deux pieds, pouvant évoluer sur l’aile ou dans l’axe. Manuel Amoros possédait une frappe de balle faisant de lui un idéal droitier à gauche (on se souvient qu'il trouva la barre transversale à la dernière minute du France-RFA de Séville). Dani Alves évolue actuellement dans un registre proche de Cafu et de Roberto Carlos, puissants joueurs de débordement et de contre-attaque, mais ses lacunes défensives lui valent d’être positionné plus haut en sélection du Brésil, devant Maicon. Philipp Lahm est d’une école plus disciplinée et sait allier facultés défensives à de remarquables qualités de centre, de frappe et de débordement, comme en ont pu détenir avant lui Bixente Lizarazu ou Willy Sagnol.
 


Un héros tragicomique

José-Karl Bové-Marx avait évoqué ici même la malédiction de l’arrière gauche au moment du penalty. Même pas six mois plus tard, Fabio Grosso le faisait mentir et offrait une Coupe du monde à l’Italie. Depuis, Lahm s’est fait passer devant par Fernando Torres lors de la finale de l’Euro 2008, l’Italien est devenu un joueur raillé et emprunté, Ashley Cole a mis son péno en finale de la C1 2011/12 mais l’a raté face à l’Italie la même année, et Willy Sagnol a connu une fin de carrière internationale embarrassante. La malédiction a surtout frappé en coulisses: Patrice Évra est toujours à la recherche de la taupe de l’équipe de France, tandis qu’Éric Abidal a dû être opéré puis greffé à cause d’une tumeur hépatique. Paolo Maldini a quitté définitivement les terrains, non sans rester brouillé avec les ultras de la Curva Sud.
 

La vérité s'impose: l’arrière latéral est un héros tragicomique. Sinon, comment expliquer les superbes reprises de volée de Llacer et de Jambay? Comment se persuader que Lilian Thuram a mis un doublé en demi-finale de Coupe du monde? Comment expliquer la présence de Pascal Chimbonda dans le groupe France 2006? Cette caste est faite de gars attachants, centrant où ils le peuvent. Et même si c’est au troisième poteau, on continue à les aimer. Il y a en eux une sympathie et une naïveté que leur talent ou leur maladresse entretiennent. C’est comme avec les ex: avec le temps, seuls les bons souvenirs restent. De Roberto Carlos, on retiendra surtout les longues touches, le coup franc face à Barthez et même le débordement qu’il prit de la part de Bernard Mendy restera amusant, bien que dénotant de ses qualités défensives moindres. De Taye Taiwo resteront les coups francs tirés dans le mur, les placements hasardeux ou les buts venus d’ailleurs, enfin si, de son pied gauche. Son retard face à Zagorakis entretiendra toujours un peu de compassion pour le désormais énervant Lizarazu. Comme quoi, il y a vraiment du bon dans ces bonhommes de footballeurs.

 

Réactions

  • leo le 15/04/2013 à 07h31
    Il faudrait savoir, les arrières latéraux sont injustement dénigrés parce qu'ils sont loin des zones traditionnellement pensées comme importantes ou bien ce sont des joueurs limités mais qu'on aime quand même bien parce qu'ils sont rigolos ?

    Non, on ne retiendra pas de Roberto Carlos que ses longues touches, son coup-franc face à Berthez et le grand pont (qui n'est est pas un) que Mendy lui met. On retiendra de Roberto Carlos que c'est un joueur qui pouvait réellement occuper tout son couloir, qui était très difficilement passable en un-contre-un (des joueurs comme Figo et Joaquin ont souvent dit que c'était le latéral gauche le plus fort qu'ils avaient affronté) et qui sauvait régulièrement des situations chaudes par sa vitesse de déplacement et d'exécution. Voilà pour l'aspect défensif, son apport offensif étant évident. On parle d'un joueur qui est, sur son apport global pendant son passage à la maison blanche, dans le top 5 des joueurs étrangers du Real Madrid, juste derrière Alfredo Di Stefano et au coude à coude avec des mecs comme Puskas, Hugo Sanchez ou Cristiano Ronaldo !

    De la même manière que le retard de Lizarazu face à Zagorakis est une goutte d'eau dans la carrière brillante du joueur basque.

    Il n'empêche que le poste d'arrière latéral est sûrement celui ayant le moins d'importance dans une équipe de football, ses lacunes étant le plus facilement "compensable" par ses coéquipiers en phase défensive (puisque; n'en déplaise à l'auteur, les actions se résolvent toujours dans l'axe) et son apport offensif étant le plus souvent sporadique (même si parfois décisif en raison de l'effet de surprise).

  • Kireg le 15/04/2013 à 09h00
    "Il n'empêche que le poste d'arrière latéral est sûrement celui ayant le moins d'importance dans une équipe de football."

    Péremptoire et très probablement faux. Reste cependant à savoir ce que tu définis comme "important".

    Dans un bloc équipe fait de onze types, je vois difficilement comment on peut classer les postes selon leur importance. De deux équipes en 4-4-2, je ne sais pas laquelle je choisirais entre celle sans arrières latéraux et celle sans attaquants (en réalité je le sais très bien, pure rhétorique). D'ailleurs, on voit aujourd'hui certaines formations évoluer sans réels attaquants.

  • Save Our Sport le 15/04/2013 à 09h45
    C'est ce que j'allais dire Kireg.

    Le poste le moins important (si il fallait en trouver un) est celui d'attaquant, outre le fait que certaines équipes s'en passent, au moment de rééquilibrer une équipe après une expulsion, c'est un attaquant dont on se sépare, pas d'un arrière latéral.
    Ce serait s'auto mutiler une seconde fois.

    Je pense qu'on peut aussi évoquer le meneur de jeu aussi, mais ce n'est pas représentatif, car ce n'est pas un poste obligatoire, alors que des attaquants, il y en aura toujours, que le poste soit dévolu à de purs attaquants ou à des milieux offensifs. Ou à Roy Contout.

  • Ba Zenga le 15/04/2013 à 10h01
    leo, j'ai décidément du mal à faire passer un message auprès de toi dès lors que je tente un article-débat (cf celui sur Messi). A ta première question, je répondrais: "les deux et moi le premier". Je n'ai pas d'avis tranché, j'ai juste voulu rendre un tendre hommage au poste de l'arrière latéral, qui est par ailleurs le mien. Par ses caractéristiques et ses paradoxes, il permet à tout le monde de trouver une place sur un terrain de football. C'est juste génial.

    Pour le reste de ton commentaire, je ne suis pas non plus d'accord. Dans mes souvenirs, Roberto Carlos a surtout été bon défensivement dans la première partie de sa carrière (sa finale de C1 1998 est très bonne de ce point de vue). Les boulevards qu'il pouvait parfois laisser dans son dos sont pour moi un peu rédhibitoires. Je l'ai vu se faire prendre parfois de façon surprenante en un-contre-un (Turquie 2002).

    Je rejoins également Kireg sur l'importance du poste dans les schémas actuels. Un décalage réussi sur une aile peut ouvrir une brèche irréparable, même par les défenseurs centraux: centre parfait, situations de duels avec le gardien, frappe au but. De mon expérience, je sais très bien qu'une erreur venant de mon couloir pouvait être fatale, emmerder toute mon équipe car un déséquilibre était créé. Et ce, même si le goal pouvait arrêter le tir et foirer son intervention.

  • Kireg le 15/04/2013 à 10h18
    J'ai oublié de signaler que cet article m'avait beaucoup plu. Je partage ta vision du poste de défenseur latéral. Probablement parce que j'ai longtemps couru avec un numéro 2 floqué dans le dos. Merci.

  • C. Moa le 15/04/2013 à 11h55
    "L'arrière latéral est souvent gauche". Heureusement que tu as parlé de Pieds d'Or, on n'est pas passé loin du crime de lèse-majesté.

    Bon article, merci. Nous sommes tous des Bernard Mendy.

  • Patate Sauzée le 15/04/2013 à 14h48
    De fait, chez les footeux du dimanche, l'arrière latéral est systématiquement confié au mec ayant le moins de technique mais le plus de coffre. Un copain marathonien aux pieds carrés fait parfaitement le boulot.

  • Charlie85 le 15/04/2013 à 22h01
    >De fait, chez les footeux du dimanche, l'arrière latéral est systématiquement confié au mec ayant le moins de technique mais le plus de coffre.

    Je ne partage pas du tout cette idée.
    Etant moi-même tour à tour arrière gauche et milieu de terrain le dimanche, et ce à un niveau modeste (bon niveau de district), je ne me considère pour autant pas du tout comme un joueur limité techniquement (au niveau auquel j'évolue). Le poste d'arrière latéral est très intéressant à occuper, pour peu que l'équipe soit bien positionnée et sache profiter des qualités de son latéral. C'est un poste où de nombreuses qualités de footballeurs sont à mettre à profit :
    il faut déborder, marquer un adversaire, mais aussi faire des longues transversales dans la diagonale offensive, ou relancer court proprement dans les pieds des milieux ... Et bien sûr, c'est un poste qui demande une condition physique plus irréprochable qu'ailleurs sur le terrain, notamment au milieu de la défense.
    Article très sympa, en tout cas.

  • Gabriel Heinze Sergent García Rafa Márquez le 15/04/2013 à 23h58
    Charlie, pour être un bon arrière droit en effet il vaut mieux être technique, mais j'ai un peu la même expérience que Patate: pour les matchs du dimanche (je ne parle pas de district en ce qui me concerne, ni même de club en fait), on prenait souvent un pote marathonien ou cycliste (voire triathlète) pour jouer arrière latéral.
    Je ne dirais pas qu'il était bon à ce poste, simplement il n'handicape pas trop l'équipe et peut tenir le coup physiquement, contrairement aux spécialistes de la 3e mi-temps qui préfèrent jouer par exemple en défense centrale.

  • Sens de la dérision le 16/04/2013 à 09h23
    N'ayant que vaguement joué au foot pendant l'université (donc limité niveau technique), j'étais effectivement cantonné aux postes de latéral. Les centraux ont besoin d'avoir l'habitude de jouer pour faire monter la défense (en engueulant le latéral qui ne s'aligne pas), de contrôler les attaquants. Les milieux, n'en parlons pas et il y a déjà tellement de joueurs qui veulent jouer attaquant...
    Je crois néanmoins avoir joué un peu en milieu latéral mais si peu.
    À noter que le gars limité techniquement et sans physique se retrouve souvent gardien...