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Perte sèche

Passe en retraite – Avec le départ de Petr Cech, le foot européen va perdre l’un des plus grands gardiens de but du XXIe siècle.

Auteur : Christophe Zemmour et Richard Coudrais le 23 Jan 2019

 

 

Il y avait Yachine, sa tenue noire et son immense casquette. Il y avait Zoff, ses cheveux bruns et son sobre maillot gris. Il y avait aussi Higuita et ses bouclettes, ou Barthez et son crâne chauve. Les grands gardiens de but sont avant tout une image qui colle à la rétine. De Petr Cech, la mémoire visuelle retiendra celle d’un géant casqué comme rempart infranchissable de la sélection tchèque et du Chelsea Football Club.

 

 

Géant casqué

Avant d’être une signature, le casque est une nécessité. Lors d’un Chelsea-Reading d’octobre 2006, le gardien tchèque est percuté par le maladroit Stephen Hunt dès le début du match. Évacué en urgence alors qu’il a perdu connaissance, Petr Cech est victime d’une fracture crânienne qui fait craindre le pire.

 

 

Dix jours d’hôpital, deux mois avant de reprendre l’entraînement et un retour miraculeux sur les terrains en janvier 2007 avec l’accessoire qui fera sa légende. Il le portera jusqu’à la fin de sa carrière, d’abord pour se protéger, ensuite pour se rassurer et peut-être aussi par pure superstition.

 

Petr Cech évoluait depuis deux ans à Chelsea. Roman Abramovitch, le propriétaire du club londonien, n’avait pas hésité à casquer 14 millions d’euros pour celui qui gardait alors la cage du Stade Rennais. Huit ans plus tard, l’oligarque russe ne devait pas regretter son achat: le gardien de Chelsea était le héros de la finale 2012 de la Ligue des champions disputée à Munich face au Bayern, qui célébrait la première victoire d’un club londonien en C1.

 

Face à une équipe bavaroise dominatrice, Petr Cech avait réalisé un match dantesque, réalisant de nombreux arrêts, notamment un penalty de Robben en prolongations et le tir au but de Ivica Olic.

 

 

Deux ans à Rennes

Dix ans plus tôt, en 2002, le jeune gardien du Sparta Prague avait fait sensation en remportant presqu’à lui tout seul la finale de l’Euro espoirs en Suisse, se montrant infranchissable face aux favoris français et stoppant notamment trois tirs au but. Le digne héritier des František Plánicka, Viliam Schrojf et autres Ivo Viktor rejoignait aussitôt le Stade Rennais pour deux saisons, avant de signer à Chelsea.

 

Petr Cech n’avait aucun défaut notable: fort dans les airs, toujours bien placé, doté d’une excellente détente qui lui permettait, son mètre quatre-vingt-seize aidant, de couvrir un grand espace, performant également en face à face et sur les réflexes, il a occupé de longues années le top 5 des meilleurs gardiens du monde.

 

À son talent, il ajoutait une énorme capacité de travail sous la houlette du Français Christophe Lollichon, entraîneur des gardiens de Chelsea, quasiment devenu son coach personnel.

 

Durant sa carrière, Petr Cech a obtenu un nombre impressionnant de clean sheets dans une équipe qui jouait pourtant très bas et s’exposait donc aux frappes adverses. Perfectionniste et régulier, le gardien tchèque s’est épanoui aussi bien dans sa carrière que dans la maîtrise de son poste.

 

 

La nuit de Genève

Mais comme la plupart des grands gardiens de l’histoire, Cech a connu un jour une spectaculaire défaillance. Son Arica à lui, c’est le stade de Genève, un 15 juin en plein Euro 2008. Sur un centre venu de la droite, le géant de Plzen s’envola plein d’assurance mais le ballon lui glissa entre les gants. À la retombée, le Turc Nihat n’eut plus qu’à pousser dans le but vide. Une bourde qui rappela celle de son prédécesseur Viliam Schrojf en finale du Mondial 1962.

 

Une erreur qui tomba surtout au plus mauvais moment dans le contexte de ce décisif République Tchèque-Turquie. Un nul suffisait à sa sélection et celle-ci menait 2-0 après une heure de jeu. Mais un but encaissé à l’entrée du dernier quart d’heure entama la belle assurance.

 

L’erreur du colosse aux gants d’argile, à trois minutes du coup de sifflet final, eut le don de relancer l’adversaire, qui marquera un ultime but dans le temps additionnel, consommant une incroyable élimination.

 

Si Petr Cech a remporté en club tout ce qu’il lui était possible de remporter, l’équipe nationale tchèque restera peut-être son grand regret. Souvent prometteuse, cette sélection a trop fréquemment raté ses grands rendez-vous pour donner à son gardien le titre international qu’il méritait – la plus belle occasion ayant été l'Euro 2004.

 

Ce sera donc au bout de cette vingtième saison en tant que professionnel que Petr tirera sa révérence, comme il l'a récemment annoncé. On ne risque pas d'oublier le gardien sobre, déterminé et exceptionnel qu'il fut. Un gardien accompli.

 

Réactions

  • Kireg le 23/01/2019 à 09h00
    Un type incroyable. Selon moi, le meilleur gardien qu'ait eu le Stade Rennais. Dernier rempart d'une équipe alignant des Källström, Frei, Rubio, Jeunechamps, Maoulida (oui, oui)...

    Nostalgie.

    Je garde en mémoire un type souriant, attachant, qui avait appris le français en un éclair, et qui partageait sur internet des vidéos de lui jouant de la batterie.

    J'étais au stade pour son dernier match. Un 4-0 contre Montpellier si je me souviens bien. On collait des tôles à tout le monde à domicile lors de cette saison.

    Merci Petr !

  • Karim Ben Fantome le 23/01/2019 à 14h29
    Je plussune, Kireg. J'étais en Mordelles pour son dernier match contre Montpellier, remplacé par Simon Pouplin dans les derniers instants de la rencontre.

    Quel gardien et quel super mec également ! Vraiment un de mes joueurs préféré du SRFC sans hésitation. Meme à l'échauffement, il en laissait pas une rentrer...

    Et cette génération avec Kallstrom, Rubio, Frei, Utaka, Didot etc...

  • Lucho Gonzealaise le 23/01/2019 à 18h45
    Elle était géniale cette équipe, avec plein de joueurs attachants en plus. Vraiment dommage qu'ils n'aient pas eu de meilleurs résultats, ils pouvaient viser plus haut.

    Sinon sur Cech en lui-même, je pense que maladroit est un qualificatif un peu faible pour définir Hunt, je crois qu'il avait un sacré passif de gestes insensés et dangereux.

    Pour les boulettes en sélection, je crois qu'il avait aussi remis ça contre la Grèce en 2012...

  • A la gloire de Coco Michel le 24/01/2019 à 08h40
    Petr Cech, ça m'évoque un lob de Le Roux sur le geant tchèque et le bon mot de Georges Cadiou sur France Bleu Breizh Izel :
    "il a envoyé paître Cech"

    lien