En vous connectant, vous certifiez n'avoir jamais trompé votre club favori. Attention à ne pas confondre vos minuscules et vos majuscules.
Vous avez oublié votre mot de passe ?
Inscription
Vous avez oublié votre mot de passe ? Il reste un espoir ! Saisissez votre adresse e-mail ; nous vous enverrons un nouveau mot de passe. Cette procédure est quasiment gratuite : elle ne vous coûtera qu'un clic humiliant.
Nous vous avons envoyé un email sur votre adresse, merci d'y jeter un oeil !

CONDITIONS D'INSCRIPTION :

1. Vous devez nous adresser, via le formulaire ci-dessous, un texte (format .txt inférieur à 100 ko) en rapport avec le football, dont la forme est libre : explication de votre passion, anecdote, aventure, souvenir, essai, commentaire composé, portrait, autobiographie, apologie, réquisitoire, etc. Vous serez ensuite informés de la validation de votre inscription par mail. Les meilleurs textes seront mis en ligne sur le Forum.

2. Nous ne disposons pas d'assez de temps pour justifier les retards d'inscription ou les non-inscriptions, et ne pouvons pas nous engager à suivre une éventuelle correspondance à ce sujet. Merci de votre compréhension.

Nous avons bien reçu votre candidature, on y jette un oeil dès que possible. Merci !

Partager :

Lettre ouverte à Antoine Griezmann

Il va arpenter de sa gracieuse foulée les pelouses de l'Euro pour y parachever une carrière inimitable en bleu. Que ces mots l'accompagnent. 

Auteur : Stéphane Pinguet le 15 Juin 2021

 

 

Bonjour Antoine,

 

Prenons le temps de parler un peu de toi. Nous sommes intimes depuis plus de dix ans et je suis admiratif de ta faculté à rester jeune. Personne ne te voit vieillir. De jeune communiant à adolescent mignon, tu es passé jeune premier et te voilà maintenant proche du profil de gendre idéal pour la ménagère de moins de cinquante ans.

 

Ta chevelure blonde te garantit de devenir un vieux lion sans jamais être apparu comme un jeune loup. Pourtant, tu as de l’ambition et ton sourire ne saura jamais complètement occulter ton orgueil de champion. Hein Tonio, il t’en a fallu, de l’orgueil et du courage, et pas mal de sacrifices aussi, pour montrer au monde entier que tu avais raison depuis le début. C’est ce qui te rend étincelant.

 

 

 

 


Tes larmes de 2014

Tu es pourtant passé si proche de ne jamais exister à ce niveau. Toi, petite tête blonde dont les clubs français n’ont pas voulu dans les catégories jeunes. Toi, si frêle, qui es parti si loin des yeux des supporters. Nous n’avons pas appris à nous connaître, mais tu as misé sur le maillot bleu pour être reconnu ici, et tu as eu raison: la France est à tes pieds.

 

Malgré quelques conneries de jeunesse, comme cette fameuse sortie en boîte de nuit en 2013 qui a coûté, en plus de la qualification des Espoirs, une partie de la carrière de M’Vila, personne n'aurait pu t’empêcher de partir au Brésil en 2014 avec les Bleus, sur le chemin de leurs succès et des tiens. Il s’en est fallu d’un rien, voire d’un cheveu tant tu as usé d’imagination pour changer de coupe ou de couleur.

 

Une seule fois, je t’ai vu avare de fantaisie, et c’était pour la Coupe du monde 2018. L’histoire ne dit pas encore si cela était concerté avec d’autres, Paul Pogba par exemple, pour éviter les critiques de 2014 sur vos choix capillaires. Cette année-là reste celle de ta révélation au grand public: première sélection, premier titre en club.

 

Tu deviens alors, sans doute malgré toi, un symbole de la génération montante, mis en avant pour pousser dehors les ex-bannis de Knysna revenus en bleu et pour mettre la pression sur cette génération 1987 inconstante et mal-aimée (Benzema compris, à l’époque). Tes larmes à la fin du quart de finale ont fait fondre les derniers pisse-froid, ton destin se jouera aussi en bleu. Bien joué.

 

Ne crois pas que je prenne tes exploits à la légère. Tu as endossé tous les rôles en club et en sélection. Facteur X de Simeone, buteur, meneur, homme providentiel, dynamiteur, stabilisateur chez Deschamps, tu es sans doute le Tricolore le plus complet depuis Ribéry. Tu partages d’ailleurs un autre honneur avec lui, celui d’avoir été privé de Ballon d’Or, en 2018.

 

Tu survoles la Coupe du monde, tu fais gagner la Ligue Europa à l’Atlético face à l’OM et tu es dauphin du Barça. Certes, tu fais partie de cette génération de joueurs voués à l‘ombre des deux monstres. Pour autant, cette saison-là, tu étais le meilleur.

 

L’histoire ne t’oubliera pas. Ne serait-ce que pour tes célébrations de but, comparées à celles de Ronaldo. Tu y mets de la joie, c’est primesautier et champêtre, tu es heureux sur l’herbe. Tu te rappelles ton but face à Neuer, en demie de l’Euro 2016? Je me demande toujours si tu as voulu humilier ce grand gardien lorsque tu as aplati la balle pour la faire passer doucement sous lui… De l’à-propos, de la finesse et de la malice.

 


Un savant mélange

D’ailleurs, en parlant de malice, tu peux nous raconter le premier but de la finale 2018 contre la Croatie? Le csc de Mandzukic sur le coup franc que tu obtiens. Tu avoueras quand, qu’il n’y avait pas faute et que tu es tombé seul? J’ai revu image par image, tu as les genoux pliés et les pieds décollés avant le contact, que tu as anticipé en laissant faire la pesanteur.

 

Ton visage n'affiche aucune expression quand tu te relèves, je suis sûr que tu t’attends à être déjugé par la VAR. Tu ne regardes personne, tu as l'air d'un enfant qui essaie de cacher sa bêtise. Je l’ai vue, je la garde pour moi, personne n’en saura rien. Les grandes victoires ont besoin de ce genre de moments, aussi.

 

Tes trois enfants sont nés le même jour d'années différentes, mais il te faudrait sans doute un autre coup du destin pour que ton palmarès soit vraiment incontestable. Il te manque quelques lignes en club. Ta carrière à l’Atlético est superbe, mais ta stature exige autre chose qu’une coupe nationale et quelques lots de consolation.

 

Le Barça n’était pas le bon choix, on peut se le dire aujourd’hui: pas au bon poste, pas la bonne dynamique, pas les bons équipiers. Je ne vais pas te dire ce que tu aurais dû faire, je vais te dire ce que tu peux faire.

 

Débarrasse-nous de Neymar. Il veut revenir à Barcelone, qu’il y aille. Viens en France. Bon, il ne reste que Paris pour t'accueillir mais, justement, Neymar veut en partir tous les ans pour aller, devine où? À Barcelone. Antoine, dis oui. Longchamp, Vincennes et Enghien ne sont pas très loin, et je connais Pierrette Brès.

 

Dès ce soir, ta mission est de pousser cette équipe encore plus haut qu’en Russie. Discrètement, avec patience, tu sais tisser ta toile. Tu n’es pas le plus rapide, pas le plus physique, pas le plus technique, mais tu es le produit d’un savant mélange qui te place parmi les plus grands.

 

Les coups d’éclat ne servent à rien pour devenir le meilleur, et tu as montré que la vengeance est un plat qui mijote longtemps. La pandémie t’a justement donné un an de plus pour faire mieux qu’en 2016. Cela ne se refuse pas.

 

 


 

Réactions

  • Sens de la dérision le 16/06/2021 à 08h57
    L'Association des Ravis de Griezmann (ARG) se désolidarisent complètement des derniers paragraphes. Griezmann à Paris c'est de la configure au cochon. Reviens plutôt dans un club proche de ta région d'origine, on t'aimera pour de vrai, tu ne seras pas une star parmi d'autres. En plus tu pourras y retrouver Karim !

  • Qui est-il? Re : que dalle le 16/06/2021 à 13h23
    Karim Benzema? Chez nous? En vert? Avec Griezmann? Où est-ce qu'on signe? Et on pourrait demander à Florentin de convaincre Paul, de lui raconter comment c'est bien et beau chez nous...

  • Sens de la dérision le 16/06/2021 à 14h21
    Cette réponse est presque aussi moche que mon "désolidarisent".

  • Lyon n'aime Messi le 16/06/2021 à 20h57
    Alors que la configure au cochon est superbe.

  • khwezi le 25/06/2021 à 13h00
    Vous savez quoi ? Autant les chroniques acides (dont je suis largement capable) ne m'interessent en général que peu, autant les déclarations d'amour, que je les partage ou pas, ça me fait toujours fondre.

    Raowwwwwwwwwwww.