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Comment le Parc des Princes a survécu à son auteur

L'architecte Roger Taillibert, mort jeudi à l'âge de 93 ans, lègue à Paris et au football le Parc des Princes, chef-d'œuvre contesté et souvent menacé au cours de son histoire. 

Auteur : Jérôme Latta le 4 Oct 2019

 

Peut-être reconnaît-on les chefs-d'œuvre aux périls qui les ont menacés. Qui se souvient, aujourd'hui, que le Parc des Princes a été promis à la démolition? "Si le Parc des Princes est détruit pour faciliter l'exploitation du Grand Stade, cela ne me dérangera pas du tout", déclarait en novembre 1993 Michel Platini à L'Équipe Magazine.

Alors coprésident du comité d'organisation de la Coupe du monde 1998, l'ancien numéro 10 des Bleus, qui avait pourtant brillé dans ces lieux, et y avait soulevé leur seul trophée, ne donnait pas dans la nostalgie. Il livrait aussi le sentiment général: la perspective d'une nouvelle enceinte de 80.000 places invalidait l'existence d'un stade bientôt surnuméraire.

Le Paris Saint-Germain était en effet promis à un déménagement vers la plaine du Cornillon à Saint-Denis, tout juste choisie, le 19 octobre, pour accueillir le futur Stade de France. En rasant l'ancienne demeure du PSG, on allait également dégager une parcelle extrêmement convoitée entre Paris et Boulogne-Billancourt, et libérer le cossu voisinage de ses nuisances.

 

 

Un monument parisien

C'était faire bien mal justice à l'ouvrage de Roger Taillibert, inauguré vingt ans plus tôt (troisième version de l'enceinte après celles de 1897 et 1932) et certainement pas frappé d'obsolescence la suite montrera d'ailleurs l'inadaptation du Stade de France. La tendance était déjà à l'éloignement des stades vers les périphéries, et l'incongruité esthétique et symbolique du Parc dans cette enclave urbaine semblait rédhibitoire.

De fait, la rudesse de l'édifice en béton brut et armé, hérissé de cinquante portiques, n'est en harmonie avec son environnement que vu depuis la Porte de Saint-Cloud, en embrassant les voies du périphérique quand elles s'engouffrent sous les tribunes. Mais, comme les cathédrales médiévales, il surgit au détour d'une rue, imposant sa masse et sa silhouette.

Diversement apprécié, le geste architectural de Roger Taillibert, pose le Parc des Princes comme un monument immédiatement identifiable, emblématique du modernisme, voire du brutalisme, mais unique. Et efficace, au-delà de la performance technique de sa construction, au point d'apparaître comme une antithèse du Stade de France.

Il adopte des solutions imitées ensuite, comme l'intégration des projecteurs dans la bordure du toit et la courbe de crête des tribunes. Dépourvu de piste d'athlétisme une calamité qui frappera encore durant deux ou trois décennies , bénéficiant sa forme elliptique et de l'inclinaison de ses gradins, il assure une visibilité optimale, malgré des virages un peu trop éloignés du terrain.

 

 

La pulsation du béton

Cette coque refermée sur elle-même isole le spectateur du monde extérieur et le projette sur le terrain de jeu. Bien avant que le jargon du marketing sportif ne consacre "l'expérience spectateur", le Parc en fournissait de puissantes à ses visiteurs.

On ne le connaît pas avant de l'avoir senti entrer en oscillation sous ses pieds dans les moments de ferveur : la pulsation d'un stade, en plus de ses rugissements. Désastreuse pour les concerts, l'acoustique du Parc des Princes est sans équivalent avec un public de supporters.

Cette réussite valut à Taillibert d'être choisi pour le Stade olympique de Montréal, autre vaisseau dans lequel on reconnaît sa patte, mais qui accumulera les déboires : chantier perturbé et inachevé pour l'olympiade de 1976, dépassements de coûts qui vaudront à la collectivité de ne solder la facture que trente ans plus tard. Plus modeste, le Stadium Nord de Villeneuve-d'Ascq (1975) aura moins marqué les esprits.

Quelques jours après la déclaration de Michel Platini, le 17 novembre 1993, le Parc des Princes est le théâtre d'une défaite infamante de l'équipe de France de football face à la Bulgarie. Bientôt dépouillé par le Stade de France de son statut de domicile des sélections nationales de football et de rugby, il est plus étroitement associé au PSG et à ses turpitudes.

 

 

Toujours moderne

De nouveau, il est question de sa disparition après le rachat du club parisien par Qatar Sport Investments en 2012, tant l'outil semble sous-dimensionné aux yeux de ses ambitieux propriétaires. "Nous jouons dans un stade vieux et inadapté", lance en décembre le directeur sportif, Leonardo. Les supporters ultras, écartés, ne sont plus là pour scander: "Le Parc est à nous, Saint-Denis on s'en fout".

Mais, faute de solution à portée le Stade de France n'étant toujours pas un stade de football , les dirigeants parisiens jouent le maintien. Après tout, la Juventus Turin vient d'inaugurer une enceinte de 41.000 places seulement, parfaitement adaptée aux exigences du fooball-business.

Avec une jauge portée à 48.000 places et une desserte très satisfaisante, le Parc des Princes fait toujours l'affaire. Il n'a pas les atours des stades récents, mais il a une histoire. Après la rénovation pour l'Euro 2016, il était question d'une transformation plus profonde, avec l'aval de Roger Taillibert, mais l'attribution à Paris des Jeux olympiques 2024 a ajourné cette perspective.

Le Parc des Princes a finalement survécu à son auteur. Il ne lui manque plus qu'un classement à l'inventaire des monuments historiques pour espérer vivre au moins aussi longtemps que lui.

 

 

Images Atelier Agopyan / Agence Roger Taillibert

 

 

Réactions

  • Tonton Danijel le 04/10/2019 à 10h31
    Le dernier match de l'équipe de France au Parc des Princes, c'était en 2007 pour cause de coupe du monde de rugby, et la frappe de McFadden (que Coupet aurait arrêtée).

    Mon meilleur souvenir de l'EdF au Parc reste rétrospectivement le coup-france de Djorkaeff contre la Pologne lors des éliminatoires de l'Euro 1996. Un match où la Pologne semblait partie pour une victoire qui aurait valu une seconde élimination des Bleus, grâce à un gardien en feu ayant notamment repoussé un pénalty de Lizarazu, avant que Tchouki ne sauve la situation... et, probablement, la tête d'Aimé Jacquet.

  • Milan de solitude le 04/10/2019 à 10h41
    Qu'est-ce que la courbe de crête des tribunes ?

  • Metzallica le 04/10/2019 à 10h52
    Une chose que je vois a chaque fois et qui m'intrigue c'est pourquoi il y a une telle distance entre le but et la tribune virage?
    Vu qu'il n'y a pas de piste d'athlétisme, pourquoi avoir décidé de mettre ces tribunes si loin? Le terrain était prévu d'être plus long avant l'homogénéisation des mesures par la FIFA?

  • beltramaxi le 04/10/2019 à 11h00
    En tous cas rapprocher les virages du terrain, c'est dans le projet d'agrandissement (+12 000 places). Les travaux si cela se confirme demanderont de changer l'inclinaison des tribunes et d'étendre le toit. Espérons que cela ne le défigurera pas trop...

  • suppdebastille le 04/10/2019 à 13h57
    Mon plus grand souvenir en positif : le but de Guérin contre le Barça

    Mon plus grand souvenir en négatif : le but de Kostadinov

    Les deux sont toujours bien en place au fond de moi.

  • dugamaniac le 04/10/2019 à 14h23
    Un stade ça contribue beaucoup à l'identité d'un club et dans le cas du PSG, ça aurait été suicidaire si les qataris avaient enchainé sur un déménagement.

    La décla de Platini, ça prouve vraiment qu'il faut surtout se méfier des gens qui sont à la tête de gros projet, ils sont prêts à dire et défendre n'importe quoi. Tony Estanguet si tu me lis.

  • Edji le 05/10/2019 à 10h41
    Amoureux fou de ce lieu depuis que mon père m’y a amené pour la première fois un 29 mai 1987...c’était un PSG-Marseille de 37e journée, on privait - déjà - définitivement l’OM de toute chance de titre après une saison quelconque, et un certain Safet Susic concluait le match d’une action dont il avait lui seul le secret.
    3 ans plus tard, premier match en virages (Auteuil en l’occurrence), un triste PSG-Mulhouse, qui s’illumine de façon totalement inattendue par le premier ciseau retourné victorieux d’Amara Simba en fin de match.
    Que d’émotions vécues là depuis lors...
    Le moment le plus fort : le but de Jérémy Clément contre Saint-Etienne, qui aura, je pense, marqué tous les gens sur place ce soir là
    RIP Roger, et merci pour tout !

  • suppdebastille le 05/10/2019 à 19h40
    Peut être que le Parc n'a jamais fait autant de bruit que pour ce but de Clément.

    Drôle d'ailleurs que ça tombe sur un des joueurs les plus anonymes et les moins charismatiques de l'histoire du PSG.

    Même pas foutu d'avoir un nom original. (@Tenue de soirée)

  • supp aux histoires le 16/12/2019 à 12h16
    Cet article ayant été écrit il y a trop longtemps personne ne me lira, mais je veux quand meme livré moi aussi mes souvenirs de Parc.
    Match amical de pré saison contre l AS Rome:
    Un groupe de 5 jeunes italiennes amoureuses de Totti scandent son nom des qu il bouge. Sur un corner Totti prends son élan, un "ti amo" est lancé, Totti tourne la tete sourit aux italiennes, leur fait un clin d oeil, et tire le corner. Les 5 italiennes crient toujours a l heure qu il est.

    Autre souvenir moins connu, un PSG Twente en coupe UEFA avec un PSG pas du tout sexy a l epoque. Et pourtant match fou ou les joueurs (Luyindula de memoire) demandent meme les infos aux supporters sur le score de Santander City pendant le match...

    Et pour finir un PSG Nantes, match couperet pour la relegation. Saison cauchemard du PSG avec un public du parc chaud bouillant a chaque match malgre les defaites. Au final grosse victoire et relegation évitée. Au debut du match les sauts des supporters et leurs chants entre en oscillation envoutante dont les effets resteront en moi pour toujours.
    Le foot, des fois, c'est cool.