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Omam-Biyik 1990, l'Afrique s'envole

Un jour, un but – Le 8 juin 1990 à San Siro, François Omam-Biyik s'élève dans le ciel milanais et marque le premier but du Mondiale 1990.

Auteur : Richard N. le 24 Juin 2010

 

 

C'est un but plutôt curieux, issu d'une action pas vraiment construite, et pas vraiment achevée non plus. Le ballon a suivi une trajectoire dictée par le hasard et a terminé au fond des filets par accident. Mais ce but représente beaucoup. La prodigieuse détente de François Omam-Biyik, c'est l'envol du foot d'Afrique Noire.


but1990_omam_biyik.jpg


Maradona secoué dans un sommet décevant

On a passé l'heure de jeu depuis cinq minutes. Sur l'aile gauche, pratiquement sur la ligne de touche, le remuant Cyrille Makanaky se joue de l'argentin Nestor Lorenzo. Ce dernier apprécie moyennement et assène un bon coup de latte sur les chevilles de son adversaire. Michel Vautrot intervient pour siffler un coup franc mais ne juge pas utile d'avertir ni d'exclure le fautif argentin.

 

L'arbitre français a pourtant la gâchette facile dans ce match tendu et brutal. Il a sorti quelques cartons jaunes et exclu André Kana-Biyik il y a cinq minutes pour une faute sur Caniggia. Bref, le coup de Lorenzo est presque une faute normale vu le contexte.

 

On attendait avec impatience cet Argentine-Cameroun en ouverture de la Coupe du monde 1990. Mais la promesse d'une excitante opposition de style tourne vite à la désillusion. Les Camerounais redoutent de se prendre une valise de buts et restent dans leur camp, assénant de violents tampons sur leurs adversaires et ne tentant que quelques contre-attaques désordonnées.

 

Face à eux, les Argentins développent un jeu sans imagination, s'en remettant au seul génie de Maradona. Mais le Pibe de Oro ne touche pas un seul ballon sans être camionné de plein fouet. Un match ennuyeux et haché, qui donne malheureusement le ton de ce Mondiale 1990.

 

 

Un mystérieux entraîneur russe

Emmanuel Kunde se charge de botter le coup franc. Le ballon fuse au dessus des deux Argentins de faction aux neuf mètres quinze. Dans la surface, Makanaky tente de reprendre le ballon au premier poteau, mais pressé par Fabbri, il ne fait que dévier la trajectoire. Celle-ci décrit alors une étonnante courbe en cloche vers les six mètres. C'est la panique dans la défense argentine.

 

Plus d'une fois depuis le début du match, les Argentins ont été surpris par la détente exceptionnelle de leurs adversaires. Lorsque Omam-Biyik prend son envol, on lit autant d'affolement que de résignation sur le visage des défenseurs. L'attaquant camerounais est déjà très haut lorsque le ballon arrive.

 

Sur le papier, la rencontre était déséquilibrée. Face aux champions du monde en titre et leur dieu vivant Maradona, le Cameroun oppose une équipe principalement composée de joueurs de D2 ou D3 française, certains même pas professionnels, d'autres sans club. Ils sont dirigés par un drôle de sélectionneur, Valeri Nepomniachi, un mystérieux Russe venu d'on ne sait où et qui ne s'exprime, parait-il, que dans sa langue natale.

 

La préparation des Camerounais avait été catastrophique. Jusqu'à la veille du match, les joueurs ont passé plus de temps à discuter de leurs primes qu'à s'entraîner. Le gardien Joseph-Antoine Bell est monté au créneau face aux dirigeants. La veille du match, il obtient gain de cause pour ses camarades, mais perd sa place de titulaire.


but1990_omam_biyik2.jpgLe retour de Roger

Omam-Biyik a rabattu le ballon de la tête. Le gardien argentin a bien vu le coup venir et plonge du bon coté. Il semble maîtriser la situation, mais il est surpris par la vitesse du ballon. Celui-ci lui rebondit sur le genou et franchit doucement la ligne. François Omam-Biyik, attaquant de Laval tout juste transféré à Rennes, vient de marquer le premier but de la Coupe du monde 1990. Un but qui assomme l'Argentine.

 

Maradona et les siens tenteront bien de remettre le match dans le bon sens, mais les Camerounais ont décuplé leur confiance. Ils font entrer en fin de match un joueur que l'on croyait à la retraite depuis longtemps: Roger Milla, trente-huit ans selon les fiches de la FIFA, vient apporter son expérience et son art de conserver la balle.

 

Les Camerounais tiennent jusqu'au bout, même s'ils perdent un autre joueur, Benjamin Massing, à son tour exclu par l'arbitre.

 

Le Cameroun bat l'Argentine 1-0. Le monde du foot est un peu abasourdi. L'Afrique Noire remporte sa première victoire en Coupe du monde. Jusqu'alors, les pays du Maghreb (Tunisie 1978, Algérie 1982, Maroc 1986) s'étaient frayés un chemin dans l'élite mondiale, mais la partie australe du continent était restée un peu en retrait (Zaïre 1974, Cameroun 1982).

 

Les Lions Indomptables ne s'arrêteront pas là. Une deuxième victoire contre la Roumanie (2-1, deux buts de Roger Milla) les propulsent en huitième de finale où ils se joueront du toque colombien (2-1, deux buts de Roger Milla, encore). Le parcours s'arrêtera à Naples en quart de finale contre l'Angleterre des Lineker, Gascoigne et autre Platt

 

Le football africain a désormais perdu ses complexes. Grâce au Cameroun, la FIFA lui a octroiera quelques places supplémentaires dans le tournoi mondial. Et l'on a vu tour à tour le Nigeria, le Sénégal et  la Côte d'Ivoire faire frémir les meilleures nations européennes et sud-américaines.

 

Aucun d'eux n'a encore remporté la Coupe du monde, mais il ne fait aucun doute que le grand soir arrivera. Et au moment de brandir le trophée, sans doute certains joueurs se rappelleront le but de François Omam-Biyik.


 

 

Réactions

  • J'ai remis tout l'allant le 24/06/2010 à 03h32
    Marrant, je suis tombé sur ce but il y a peu, et ça fait plaisir de le revoir ici : quelle détente, mes aïeux !

    Et concernant le football africain actuel, on peut d'ores et déjà dire que le Mondial 2010 est un échec, mais est-ce une anomalie dans son parcours ou un véritable coup d'arrêt indicateur d'une longue stagnation voire d'une lente régression ? That's the question my friends

  • chapoto le 24/06/2010 à 03h34
    Ce n'est qu'une anomalie, comme la France en 2002.

  • Raymundo Menech le 24/06/2010 à 03h58
    Heureusement qu’il y avait le Cameroun en 1990 (et Toto Squillacci aussi dans une moindre mesure) parce que sinon ce n’était pas la joie cette CDM.
    Cette année le Ghana avec un peu plus de réalisme peut le faire à mon avis.

  • BoblaFlamb le 24/06/2010 à 10h07
    Comme l'ont supputé les Cahiers dans un autre article qui comparait les résultats de la Corée du Sud avec ceux d'uun pays africain, cette Coupe du monde n'est pas un coup d'arrêt pour les nations africaines mais la preuve d'une stagnation. J'ai bien peur qu'à cause de l'instabilité institutionnelle, des carences structurelles et peut-être de la faiblesse de la formation, le foot africain - si tant est que cette expression ait un sens - ne brille pas avant fort longtemps.
    Cela fait très certainement cliché mais il y a à mon sens un fond de vérité.

  • François-Youssouf Hadji-Lazaro le 24/06/2010 à 12h03

    A propos du jeu dur proposé par les Camerounais lors de ce match, les marocains en avait eu un bel aperçu lors de la demi-finale de la CAN 1988 à Casablanca.
    Un traitement de faveur avait été réservé à Aziz Bouderbala en particulier, devant un arbitre pour le moins passif.
    Kana Biyick avait même envoyé un défenseur marocain directement à l'hôpital.

    Les marocains avaient fini par perdre leurs nerfs et sortir du match (j'ai souvenir d'une ébauche de bagarre générale suite à une énième agression sur Bouderbala; je le revoie courir comme un dératé après son agresseur, complètement hors de lui alors qu'il était réputé pour son fair-play et son calme) et Cyrille Makanaky avait marqué le seul but du match qui est resté à mes yeux une des plus grandes injustices de ce sport.

    Ce qui ne m'a pas empêché de m'enthousiasmer lors de cette victoire sur l'Argentine, symbolique pour l'Afrique comme mentionné.


  • Raspou le 25/06/2010 à 00h44
    C'est paradoxalement durant leur 1/4 de finale perdu que les Camerounais ont été les meilleurs dans le jeu (ou peut-être contre la Roumanie... j'avoue ne plus trop me souvenir de ce match). Contre l'Argentine et la Roumanie (sans parler de la défaite contre l'URSS), ils s'étaient bien fait balader.

    Cela étant, c'est sûr, par rapport à ce que le Cameroun montre depuis, l'équipe de 90 fait presque figure de génération dorée. Le football d'Afrique noire me semble surtout stagner par l'absence presque complète de milieux créateurs de haut niveau: il y a pléthore de milieux défensifs costauds, de défenseurs baraqués, d'ailiers rapides, d'attaquants puissants ou sprinters... Mais des milieux offensifs, c'est le désert, on en revient à aduler Emana et Sessegnon, c'est dire...

  • 5ylV@iN le 25/06/2010 à 11h36
    Je me souviens que la direction des Sports de TF1 menée par Roger Zabel était particulièrement pénible sur Cameroun en 90. Quand le FN était au top dans les médias, leur racisme condescendant, leur promesse de tous se teindre en noir si le Lions atteignaient les demi-finales, Pfff… J'en ai été soulagé que l'Angleterre les batte en quarts. Triste.

    Notre grande série "ces têtes de con nous gâchent notre plaisir" a connu bien des épisodes depuis.

  • 5ylV@iN le 25/06/2010 à 11h37
    Je me souviens que la direction des Sports de TF1 menée par Roger Zabel était particulièrement pénible sur Cameroun en 90. Alors que Le Pen était au top dans les médias, leur racisme condescendant, leur promesse de tous se teindre en noir si le Lions atteignaient les demi-finales, Pfff…
    J'en ai été soulagé que l'Angleterre les batte en quarts. Triste.

    Notre grande série "ces têtes de con nous gâchent notre plaisir" a connu bien des épisodes depuis.