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Mes lauriers dans la soupe

Autoportrait craché : Vincent Duluc - C'est le meilleur d'entre eux, mais on le connaît finalement assez peu: nous l'avons fait parler.

Auteur : Jérôme Latta le 9 Jan 2013

 

 

Je suis Vincent Duluc, salarié de L'Équipe, meilleur journaliste sportif de France. De loin, mais de football seulement: pas exactement la noblesse du métier, auquel nous sommes ce que la podologie est à la chirurgie orthopédique.

 

J'ai cinquante ans depuis quatre mois d'après ma fiche Wikipedia. Ma vie, c'est un peu Un Jour sans fin: tous les deux jours, je me lève pour écrire le même article que l'avant-veille. Les noms des équipes et des joueurs changent bien, le score du match aussi, mais c'est la même chanson. Intro-couplet-refrain-couplet-refrain. Parfois, je caserais bien un solo, mais on n'a plus la place, et c'est fatiguant. La conclusion tombe comme un chat sur ses pattes: c'est mon intro, auront noté les plus perspicaces. On ressent une sensation de bien-être après la lecture de mes papiers, vous jureriez avoir le poil plus souple et plus brillant. Ça a un sens: celui dans lequel je le brosse.

 

 

 

 

Je ne me repose pas sur mes lauriers, je les mets dans la soupe pour la parfumer. Il n'y a pas mieux que moi, mais je ne vais pas m'en vanter. Le principe de la qualité relative dans le journalisme sportif permet aux mauvais de vivre en bonne harmonie avec les passables: ils se protègent les uns les autres. Moi, je survole ce petit monde comme je survole mes sujets. Je suis "leader" de la rubrique football du quotidien de référence, je suis arrivé là sans me fâcher avec grand monde et franchement, ça pourrait être pire. Ça l'a déjà été, d'ailleurs. Même les Cahiers du foot nous ont quasiment lâché la grappe, c'est Canal+ qui morfle. Ou bien c'est qu'ils ne lisent plus L'Équipe, et qu'ils sont encore abonnés à Canal.

 

Je compte sur mon style. Je ne lis de littérature que pour m'en inspirer, pas par plaisir. Il faut bien avouer que ma contribution est pour le moins limitée: pas un bon bouquin, pas le début d'une idée du football à défendre. Je n'ai pas d'idée du football, en fait. Ni vraiment d'opinion, plutôt des considérations que je dispense placidement. Entre deux de mes tweets, il y a un courant d'air, comme entre deux portes ouvertes. Sur Henry et Trezeguet, j'ai fait dire n'importe quoi aux statistiques, mais je n'ai rien dit moi-même. Et quand je suivais l'OL, j'ai laissé Aulas me faire passer pour un dangereux pamphlétaire. Je vous dis que tout est relatif dans ce milieu. Moi le premier.

 

En septembre 2010, j'ai sorti Le livre noir des Bleus, chronique d'un désastre annoncé, sur la Coupe du monde ratée de l'équipe de France. Un projet qui datait de 1998. L'ironie, c'est que le désastre de 2010, c'est bien le seul que je n'avais pas annoncé. Un peu trop pote avec Raymond – complicité lyonnaise, fidélité en amitié, c'est aussi moi, ça. Sinon, en mars dernier j'ai fait Le phénomène Pastore (déjà en solde, comme l'Argentin). Je vous recommande plutôt la lecture de L'Affaire Jacquet, un exercice d'auto-justification dix ans après, qui a eu dix lecteurs.

 

En réalité, ce que vous pourrez lire de plus intéressant de moi, ce sont mes interviewes par des sites de la jeune garde, ce sympathique lumpenprolétariat de la profession [1]. Je n'ai pas l'air prétentieux, et vous me trouveriez probablement sympa. Vous me reprochez d'être le Okocha du journalisme sportif, d'avoir utilisé mon talent à l'économie et pantouflé dans la meilleure crèmerie du pays? Je l'ai dit: "Je travaillais au Progrès en fonction de mon désir d’aller à L'Équipe. J’ai toujours voulu ça." S'être fait embaucher par la maison Goddet, c'est notre plus grand fait d'armes, à nous autres.

 

Après, j'ai contracté une grosse flemme. Un confrère m'a baptisé Vingt pour cent Duluc. Je ne suis pas menacé: au pire par les collègues qui imitent mon style, mais c'est encore moi qui y parviens le mieux. Le plus inquiétant chez eux, c'est leur suivisme capillaire, ayant été précurseur dans le port de la salade sur la tête. Ça me perturbe plus que leur mimétisme lexical, même si je dois avouer que léguer l'expression "comme un symbole" à la postérité, ça me laisse assez loin du prix Albert Londres. Mais enfin, j'ai l'esprit maison. Je rappelle que notre sens de la métaphore dans ce journal, c'est encore Chénez qui l'incarne le mieux.

 


[1] À lire sur Horsjeu, Sharkfoot et Les 3 Points.


 

AUTOPORTRAITS CRACHÉS
CHRISTOPHE DUGARRY
PIERRE MÉNÈS
MICHEL SEYDOUX
DOMINIQUE ROCHETEAU

 

Réactions

  • Pascal Amateur le 09/01/2013 à 10h18
    Bravo. Un article d'autant plus réussi qu'il ne cite pas l'anagramme scabreuse de son nom de famille qui, accolé à la fin de son prénom, a dû lui en faire voir des vertes et des pas mûres, surtout au collège. Ce type a dû souffrir. Il vient toutefois, en effet, compléter l'expression de "journalisme assis"… sur des lauriers, donc, eux-mêmes pas très frais.

  • Paul de Gascogne le 09/01/2013 à 10h29
    Dites moi que je ne suis pas le seul à être allé vérifier sur le site de la FNAC qu'il avait réellement écrit un livre intitulé "le phénomène Pastore"...

    Ce monsieur ne surestimerait-il pas un petit peu la fiabilité de ses prophéties ?

    J'ai poussé la curiosité jusqu'à la recherche d'un résumé de son "Affaire Jacquet". L'extrait qui nous est livré est juste savoureux, je vous en livre ici une bribe :

    'Pendant des années, jusque-là, et pendant des années, juste après, le représentant de L'Equipe a posé 80% des questions au sélectionneur de l'équipe de France en conférence de presse. C'était une mission implicite de l'envoyé spécial issu du monopole ; il nous appartenait de déblayer le terrain, d'assurer quelque chose d'une continuité d'un rendez-vous sur l'autre. Et les relations privilégiées entre un sélectionneur et son relais le plus lu permettaient de poser sans vagues des questions qui auraient embarrassé des confrères, ou qui leur auraient valu en retour une sécheresse que le sélec­tionneur n'osait pas nous opposer.
    Mais, au seuil de la finale du Mondial, L'Equipe n'est plus le journal qui pose les questions. L'Equipe est devenu un sujet d'actualité et un objet de fantasmes.
    Cette dernière conférence de presse est un avertissement. Il paraît que 80 % de la communication entre deux personnes est non verbale. On reçoit 100% du message, ce jour-là. Il y a tout, dans les regards et les dos tournés, les évitements et les sourires.
    La ficelle est un peu grosse. C'est une corde et nous allons être pendus au crépuscule.'

  • Nagrom le 09/01/2013 à 11h28
    Paul de Gascogne
    aujourd'hui à 10h29

    Dites moi que je ne suis pas le seul à être allé vérifier sur le site de la FNAC qu'il avait réellement écrit un livre intitulé "le phénomène Pastore"...
    __________

    Non, tu n'es pas le seul. A dire vrai, je voulais plutôt m'assurer que c'était une blague, ça me semblait un peu gros. Mais apparemment, comme le disait notre Chirac national avec ses mots à lui, "plus c'est gros, mieux ça passe".

  • Pascal Amateur le 09/01/2013 à 13h42
    Rien compris à la 4e de couverture.
    Mais rien que ça :
    "Pendant des années, jusque-là, et pendant des années"
    c'est hyper utile pour apprendre à parler le français. Répète encore.

  • Pascal Amateur le 09/01/2013 à 13h43
    À noter que, une fois quand même, Vincent Duluc s'est incliné devant plus fort que lui :
    lien

  • José-Mickaël le 09/01/2013 à 17h31
    Pascal Amateur
    aujourd'hui à 13h42
    > Rien compris à la 4e de couverture.

    C'est parce que tu as coupé la phrase. Il faut tout lire : « Pendant des années, jusque-là, et pendant des années, juste après [...]».

    Ça signifie : pendant des années avant la coupe du Monde 1998, et pendant des années après la coupe du Monde 1998.






  • Fugazi le 09/01/2013 à 17h50
    Pascal Amateur
    aujourd'hui à 13h43
    À noter que, une fois quand même, Vincent Duluc s'est incliné devant plus fort que lui :
    lien
    ------
    Ou bien Pierre Minus c'est lui

  • timath le 10/01/2013 à 15h58
    Ne me demandez pas pourquoi mais je suis l'heureux possesseur d'un exemplaire du "Phénomène Pastore" (oui, c'est moi).
    Je serais d'ailleurs ravi de m'en déb... de l'offrir à un camarade amateur de belle prose.