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Imbula/Doyen Sports : un drôle de manège

Les tribulations de Giannelli Imbula entre l'AC Milan, l’Inter et Porto pour son transfert ont eu un point commun: le fonds d’investissement Doyen Sports, présent à titre divers dans les trois clubs, et qui depuis son arrivée en 2011 ans est devenu un acteur financier important du foot européen.

Auteur : Plumitif le 4 Juil 2015

 

 

Si Giannelli Imbula n’est pas allé à Milan et à l’Inter, c’est à cause de Doyen Sports. S’il est allé à Porto, c’est grâce à Doyen Sports. S’il va à Milan dans un an, ce sera grâce à Doyen Sports. Comment un fonds d’investissement peut ainsi influer sur la trajectoire d’un joueur, qui plus est alors que l’intervention des tierces parties (TPO) est interdite depuis le 1er mai 2015? Pour comprendre, il faut entrer dans les coulisses des contrats de joueurs et des transferts.

 

 

 

 

La saga Imbula/Doyen Sports démarre vraiment mi-juin avec la bagarre entre l'AC Milan et l’Inter pour Geoffrey Kondogbia. Le joueur monégasque, arrivé dans la Principauté en 2013, fait partie de l’écurie Doyen Sports depuis son passage au FC Séville. Le fonds d’investissement, qui le range sur son site internet au chapitre "Players Investment", détient 50% de ses droits. Une pratique pourtant interdite en Ligue 1. Interrogé sur la présence à Monaco de joueurs venus d’Espagne et du Portugal sous le régime du TPO, un éminent juriste du football nous a répondu: "Il peut exister en effet un doute raisonnable quant au respect de l’interdiction d’utiliser le TPO dans ce club, vu l’environnement très lusophone. Mais on ne peut le prouver. Parce que dans ce cas rien n’apparaitrait sur les contrats adressés à la Ligue. Il suffirait d’établir entre les parties un acte sous seing privé ou une contre lettre." [1]

 

 

Second choix

Mi-juin, Milan veut Kondogbia et l’affaire parait bien engagée puisque Doyen Sports a conseillé Bee Taechaubol (milliardaire thaïlandais) lors de l’achat par ce dernier début juin de 48% des parts du club rossonero. Mais, coup de théâtre, c’est l’Inter Milan qui rafle finalement Kondogbia. L’Inter dont le propriétaire, Erick Thorir (homme d’affaires indonésien), est actionnaire de Doyen Sports. Kondogbia arrive chez les Nerazzuri pour 40 millions d'euros, soit le double de son transfert à Monaco deux ans plus tôt. On devine donc qu’entre un joueur étiqueté Doyen Sports, l’Inter Milan et le fonds d’investissement dont le président est actionnaire, toutes les parties ont trouvé leur intérêt.

 

Cette affaire a fait une victime collatérale, Giannelli Imbula, d’abord séduit par l’offre intériste. Sauf qu’une fois le transfert Kondogbia opéré, l’Inter et son entraîneur, Roberto Mancini ont fait patienter le milieu de terrain marseillais. Imbula était échaudé par sa mésaventure au FC Valence, où Jorge Mendes, grand ennemi de Doyen Sports depuis un an, avait fait acheter le brésilien Rodrigo Caio en dernière minute, ceci ayant pour effet de stopper son transfert. Répudié par Valence, un peu baladé par l’Inter, Imbula était en attente. Et qui arrive en sauveur? Doyen Sports par Porto interposé!

 

 

Changement stratégique

Le club portugais fait partie des clubs clients privilégiés du fonds d’investissement dans la péninsule ibérique avec l’Atlético Madrid et le FC Séville. Avec 20 millions d'euros Porto a cassé sa tirelire puisqu’il s’agit du gros montant d’achat de son histoire devant Hulk (19 millions) et Danilo (13 millions). Le club portugais a fait appel à Doyen Sports, son partenaire déjà pour Falcao, Mangala, Defour et Brahimi. Mais dans des conditions différentes. Fini le TPO, la cession de parts de joueurs à des fonds d’investissements, pratique bannie par la FIFA depuis le 1er mai dernier. C’est donc en tant que "banquier" du FC Porto pour le transfert, et non plus en tant que détenteur de parts de joueurs, que Nelio Lucas, le Directeur Général de Doyen Sports, était attablé dans un restaurant de Porto mardi soir aux côtés de Giannelli Imbula.

 

 

Photo publiée par (@diario_fcp) sur Twitter.

 

 

Avec ce transfert, le plus coûteux de son histoire, le FC Porto change de stratégie. Jusqu’ici, elle consistait à financer ses achats de joueurs les plus coûteux en vendant un pourcentage de leurs droits à des fonds d’investissement. En détenant 100% de ceux d’Imbula, le club prend un gros risque. Son équilibre financier était déjà précaire du fait des intérêts très importants versés aux fonds prêteurs. C’est pourquoi la thèse d’un séjour très court de l’ex-Marseillais à Porto, avec un transfert dès l’été prochain, paraît la plus plausible.

 

 

Doigt dans l'engrenage

Ce départ serait déjà bouclé selon Gianluca Di Marzio et Luca Marchetti, journalistes à Sky Sports Italie. Lesquels ont affirmé que Nelio Lucas, le Directeur Général de Doyen Sports, avait "placé" Imbula à Porto en lui promettant que dans un an, il irait à l'AC Milan. Afin aussi de se "rattraper" du raté Kondogbia? Kondogbia à l’Inter à l’été 2015 pour 40 millions, Imbula au Milan à l’été 2016 pour 50 millions (montant de la clause libératoire)? Imbula entre donc à son tour dans la grande lessiveuse. L'ancien Guingampais est resté en attente, mardi soir à Porto, pendant que le club transférait Jackson Martinez à l’Atlético Madrid pour 35 millions d'euros et Danilo au Real Madrid pour 31 millions avant de signer son contrat. Deux transferts que Jorge Mendes a opéré entre trois (Porto, Atlético Madrid, Real Madrid) de ses nombreux clubs familiers. Car le FC Porto est aussi une gare de triage où de manière tacite le super agent et Doyen Sports oublient leur concurrence.

 

Tout un monde rejeté par Willy Ndangi, le père de Giannelli Imbula, qui déclarait dans L’Équipe du 29 décembre 2014: "Un mois environ avant que Giannelli signe à Marseille, j’ai eu une réunion avec une structure en affaires avec Chelsea. Mais les gens voulaient la mainmise sur le joueur pendant cinq ans. Vous voyez le système Kondogbia, Mangala et tralala… J’ai refusé l’argent (1 million d'euros) (…). Le footballeur, il faut qu’il soit libre, qu’il maîtrise sa carrière et son salaire. Je ne voulais pas que Giannelli ait une laisse autour du cou." Il a finalement signé à Porto le 30 juin, le club qui arrivait loin derrière Valence, Milan et l’Inter au début de ce mois dans l’ordre de ses préférences. Un drôle de manège.

 

 

Qui est Doyen Sports?

Présent plus particulièrement à l’Atlético Madrid, au FC Séville, Sporting Gijon, FC Porto, AC Milan et Inter Milan, Doyen Sports est une des filiales du Doyen Group qui se présente comme un investisseur privé opérant dans les marchés émergents. La holding est basée à Istanbul, la division financière à Londres (Doyen Capital LLP) et la division sportive (qui opère depuis 2011) à Malte (Doyen Sports Investments). Parmi les principaux investisseurs dans Doyen Group figure le Turc Fettah Tamince, propriétaire de la chaîne Rixos Hotels et de Stars MediaGroup. Tamice est très lié à Recep Erdogan, le président turc. En avril 2013 Tamince a par ailleurs vendu 50% de ses parts de Stars Media Group à SOCAR, la société pétrolière nationale de l’Azerbaïdjan. Trois mois après cette opération, l’Azerbaïdjan est devenu sponsor maillot de l’Atlético Madrid, succédant à Rixos Hôtel Group.

 

Le club madrilène est un des principaux dans la galaxie Doyen Sports. Diego Simeone, l’entraîneur, est cité sur le site de Doyen Sports comme une des stars du foot international avec Neymar, Xavi et Januzaj. Tevfik Arif (Kazakh/Turc) est un autre investisseur de Doyen Group. Il est fondateur de Bayrock Group, basé à New York (investisseur immobilier en partenariat avec Fettah Tamince et Donald Trump). Erick Thohir, le propriétaire de l’Inter Milan, magnat indonésien des médias, est l’autre investisseur connu de Doyen. Les autres restent soigneusement dans l’anonymat.

 

[1] Une contre-lettre est une convention occulte qui contredit, en les annulant ou en les modifiant, des dispositions contenues dans une convention ostensible.
[2] Nelio Lucas. le directeur général de Doyen Sports est originaire de Coimbra. Après des études de communication aux États-Unis il a travaillé pour Creative Artists Agency, agence qui en 2008 s’est associée avec Gestifute la société de Jorge Mendes. Lucas est entré dans le monde du foot en devenant l’assistant de Pini Zahivi, le sulfureux agent israélien.

 

 

*L’essentiel des informations sur Doyen Sports proviennent du livre Gol Di Rapina (Edizione Clichy) et des articles sur calciomercato.com de Pippo Russo, universitaire et sociologue italien spécialiste reconnu en décryptage des enjeux et rouages de l’économie du foot.

   

Réactions

  • Marius T le 03/07/2015 à 10h36
    Je vois bien ces zozos se lancer sur le futur marché des mères porteuses.
    Après les pieds, les ventres.

  • visant le 03/07/2015 à 10h58
    Merci pour ces infos.
    J'adore ces fameux groupes qui brassent de smillions mais dont le site Internet est encore moins fourni que la page Facebook de mon arrière grand-mère.

    Sais-tu pourquoi Mendes est en froid avec Doyen?

  • plumitif le 03/07/2015 à 10h59
    Entre le moment de la déclaration de Papa Imbula et le transfert de son fils à Porto il y a eu un changement.
    L'interdiction du TPO par la FIFA à partir du 1er mai.
    Donc les fonds d'investissement ne peuvent plus détenir des parts de joueurs.
    Ce qui de fait ne change pas grand chose. Les fonds vont consentir des prêts aux clubs à des taux d'intérêts importants pour les joueurs.
    Ce qui va continuer à pousser les clubs à transférer le plus vite possible les joueurs afin d'engranger des plus values. Au bénéfice encore plus des fonds d'investissements prêteurs selon des modalités devenues maintenant encore plus opaques.
    Car le côté pernicieux de l'interdiction des TPO c'est que les clubs comme Porto ne vont plus, en tant que société cotée déclarer les cessions de parts de joueurs comme ils en ont l'obligation (à la Commission de Contrôle des Valeurs mobilières...).
    Par exemple, dans son bilan annuel, Porto était obligé de faire figurer ces cessions et nommément les sociétés détenant des parts de joueurs.
    Une forme de traçabilité potentielle pour la FIFA.
    Avec le système de prêts directs avec des sociétés et des fonds cette traçabilité disparait.
    La FIFA ne pourra plus les identifier (si un jour elle en a eu envie...).
    Selon que l'on soit plus ou moins soupçonneux ou parano la disparition de cette traçabilité constituera ou non une occasion pour ces fonds et sociétés d'opérer désormais sans aucun contrôle de la FIFA...

  • plumitif le 03/07/2015 à 11h03
    visant
    aujourd'hui à 10h58

    Sais-tu pourquoi Mendes est en froid avec Doyen?



    Un litige sur un transfert de joueur brésilien l'été dernier.
    Jusque là Jorge Mendes ne considérait par Doyen comme un rival sérieux; Son intrusion sur un territoire que le super agent considérait comme sien a déclenché des hostilités plus ou moins feutrées selon les clubs.
    Par exemple à Porto et l'Atletico Madrid, Mendes et Doyen cohabitent en bonne intelligence sur la bête...

  • funkoverload le 03/07/2015 à 13h23
    Je vais investir dans l'armement. Le milieu me semble plus sain.

  • Ba Zenga le 03/07/2015 à 14h02
    Super article, merci plumitif. Mais c'est vrai que ça fait froid dans le dos. J'ai l'impression que quelles que soient les interdictions, il y a toujours un moyen financier de les contourner et de créer, comme tu dis, des effets inattendus. L'enfer est pavé de bonnes intentions?

    Et tiens, j'aimerais bien savoir ce que pense Raymond Kopa de toutes ces histoires, lui qui avait milité à l'époque pour les contrats de joueurs.

  • osvaldo piazzolla le 03/07/2015 à 15h08
    Marrant, parce que Monaco avait la réputation (superficielle et basée sur un antilusophonisme primaire, j'imagine) d'être un territoire de Jorge Mendes. Sont ils si en froid que ça?

    J'ai une autre question: Rodrigo Caio, c'est celui qui vient de rater une "visite médicale" à Valence et donc de signer finalement à l'Atlético. c'est bien ça? Y aurait il un lien avec cette histoire?

  • Daijinho le 03/07/2015 à 15h08
    Excellent article, et ça fait vraiment froid dans le dos. Mais j'ai l'impression que la Ligue 1 est moins gangrénée que d'autres championnats par ces pratiques. Sait-on quelle est la situation en Angleterre ou en Allemagne ? A-t-on aussi là-bas des marchands de viande occultes ?

  • plumitif le 03/07/2015 à 16h02
    osvaldo piazzolla
    aujourd'hui à 15h08

    Jorge Mendes est chez lui à Monaco dans les bureaux sur le banc et dans le vestiaire, tout est sous contôle.

    Kondogbia est passé par Monaco à une époque où Mendes et Doyen cohabitaient facilement.

    Ce n'est plus vrai aujourd'hui.
    Quand Imbula est en approche du FC Valence Mendes y voit une intrusion de Doyen sur son terrain (c'est Mendes qui a installé Peter Lim le nouveau proprio).
    Donc il déclenche la contre attaque, fait acheter en urgence Rodrigo Caio au Brésil pour écarter Imbula du FC Valence.
    Le président Salvo et le directeur sportif Rufete qui voulaient le Français se voient imposer Rodrigo Caio qui n'a joué que 7 matches en 2015 près avoir été blessé au genou l'été dernier.
    Finalement plus d'Imbula une viste médicale qui recale Rodrigo Caio et finalement départ de Salvo et Rufete.
    Quant à Rodrigo Caio, Mendes l'a prêté à l'Atletico Madrid qui n'a pas vraiment eu le choix.
    Jorge Mendes rules.

  • plumitif le 03/07/2015 à 16h13
    En Allemagne, il n'y a pratiquement pas de tierces parties, c'est très marginal.

    En Angleterre l'interdiction des TPO en Premier League a été quelque peu hypocrite.
    Les clubs pouvaient acheter un joueur qui n'appartenait à 100 % à un autre club, à condition d'acheter le pourcentage restant.
    Si par exemple Patapov appartenait à 80 % au FC Oulan Bator et à 20 % à Under The Table Ltd, le club anglais devait acheter les 80 % et les 20 % de Patapov.
    Sauf qu'il lui suffisait d'une déclaration sur l'honneur sur l'attester, sans que les instances de la Premier League ne cherchent pas vraiment à vérifier.

    En Europe là où le TPO a fait des ravages c'est au Portugal et en Espagne. Au Brésil, 90 % des joueurs sont en TPO, avec aussi des ravages.