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Luzenac, intrus dans la tête

Le Luzenac AP, à ce jour privé d'accession en Ligue 2, a perdu "le championnat de France des tribunaux". L'affaire illustre d'abord l'opacité des décisions des instances sportives… et leur peu de goût pour les "petits poucets"?  

Auteur : Nicolas P. le 11 Août 2014

 

 

En interdisant l'accession du petit club ariégeois en Ligue 2, la LFP a mis fin aux espoirs de professionalisme de Luzenac pour la saison prochaine. En l'attente d'un nouveau recours, la Ligue clôt un feuilleton juridico-financier qui a montré les limites du principe de confidentialité cher aux décisions du "gendarme financier" du football français. Manque de transparence, théories du complot, innombrables étapes judiciaires: le néophyte a bien du mal à saisir les tenants et aboutissants de ce qui semble tourner, de l'aveu même de Frédéric Thiriez, au "championnat de France des tribunaux".

 

 


Pas de place pour les petits ?

L'affaire Luzenac avait pourtant tout de la "belle histoire", de celles que la France aime et que le football permet. Dans un championnat qui risque d'être longtemps écrasé par quelques mastodontes et, plus généralement, dans un football où la "glorieuse incertitude" semble s'être réduite à peau de chagrin, l'épopée du club de ce village de 650 âmes avait des allures rafraichissantes de Coupe de France.


On se gardera bien d'avancer, selon la formule en vogue chez bon nombre de présidents, que "Luzenac dérange" – l'opacité relative des procédures et décisions n'invitant pas à formuler des jugements aussi radicaux. Rappelons simplement qu'un rapport sénatorial récent proposait une nouvelle "régulation" pour "préserver l'aléa sportif sans freiner les investissements". L'incertitude inhérente au sport, en effet, "fait fuir les investisseurs", et "n'offre pas la visibilité nécessaire pour le financement à long terme d'une infrastructure". Parmi les propositions du rapport, on trouvait la diminution du nombre d'accessions et relégations, l'obtention de licences clubs ou de wild cards... Des préconisations augurant d'un avenir peu propice aux petits poucets qui s'inviteraient dans l'élite.
 


Décisions sans justifications

Luzenac, c'est d'abord la chronique un peu absurde de comptes non validés pour cause de recettes manquantes, lesquelles n'étaient pas exigibles au 30 juin, la date butoir à laquelle jugent la DNCG, puis le CNOSF. Il a fallu que le Tribunal administratif de Toulouse ordonne à la DNCG de revoir sa décision pour que le budget du club soit validé. C'est finalement sur la question des normes et de la sécurité que le LAP s'est vu refuser son accession. Le stade Ernest-Wallon, antre du Stade toulousain et de matches de l'équipe de France de football Espoirs, ne possède pas de vidéosurveillance et ne peut donc faire office de "stade de repli". Summum de l'ubuesque, le président Ducros affirme que les travaux en question, chiffrés à quelques 450.000 euros, étaient prévus de longue date mais que le club attendait la confirmation de son accession pour les engager...
 

Comment juger ? Les décisions motivées de la Ligue et de la DNCG, contrairement à celle du Tribunal administratif, ne sont pas rendues publiques. Elles sont notifiées au club qui choisit ou non de les faire connaître. En l'état, chacune des décisions de la DNCG donne lieu à commentaire par une partie, le club, que l'on n'est certes pas obligé de croire sur parole, en particulier lorsqu'il s'agit de sombres histoires d'erreurs de codes IBAN, mais dont la seule version règne sur le "marché médiatique". Le site de la FFF consacré à la DNCG se borne en effet à proposer quelques relevés de décisions en PDF sur lesquels figurent des verdicts laconiques : "Rétrogradation administrative", "Encadrement de la masse salariale", "Mis en délibéré"... Le site de la LFP n'a lui, rien mis en ligne, depuis 2010, à l'exception de son dernier rapport annuel.
 


"Parfaite confidentialité"

Loin d'être une spécialité française, la dimension privée des motifs de décision avait déjà été critiquée à l'échelle européenne pour le fair-play financier, dont les sanctions semblent se décider entre quatre murs, au cours de négociations dont personne ne saura jamais rien. C'est que, côté DNCG, on assure qu'il faut garder "une nécessaire discrétion". Dans un article publié en 2008 dans la revue Gestion et finances publiques, l'ancien président de la DNCG affirmait: "Il est inutile de dire que la plus parfaite confidentialité est de mise concernant les auditions et les informations données par les clubs, ces derniers étant les seuls maîtres de l'information qu'ils souhaitent donner vers l'extérieur". Dès lors, on ne s’étonnera pas que le LAP ait fustigé la décision ayant permis de sauver Valenciennes malgré un trou de 12 millions d’euros, ou que Sochaux s’insurge de la montée du RC Lens dans les conditions que l’on sait. En l'espèce, les clubs pourront raconter ce qu'ils veulent sans que le public n'y comprenne rien.
 

Le principe de confidentialité qui justifie la non-publication des décisions motivées de la DNCG a de quoi susciter le doute, lequel nourrit les fantasmes. Il a de quoi interroger, en tout cas, sur la garantie d'une même justice pour tous. À l’heure où les rétrogradations administratives et autres limites de recrutement sont devenues monnaie courante, la situation risque de devenir intenable. Celle de Luzenac, elle, est encore en suspens. Son président Jérôme Ducros a déjà annoncé qu'il irait au Conseil d'État, s'il le faut.
 

Réactions

  • Tonton Danijel le 11/08/2014 à 11h34
    Le plus étonnant (et suspicieux...) reste la rapidité avec laquelle Châteauroux a été repêché, alors que Sochaux a longtemps entendu dans l'incertitude. Du coup la Ligue s'est elle-même mise dans la situation ubuesque d'une Ligue 2 à 21 clubs à cause de ce repêchage rapide. D'où l'idée complotiste que dès le départ, Luzenac n'est pas prévu à la fête, et le président de l'ESTAC abondait dans cette direction...

  • Meilleur Second Rool le 11/08/2014 à 21h05
    Juste une question : le chapeau de l'article dit que "Luzenac a perdu le championnat de France des tribunaux". J'avais plutôt l'impression que Luzenac avait justement gagné la bataille juridique, mais que la Ligue s'est assise dessus. C'est exact, ou en vrai, c'est plus compliqué que ça ? Dans quelle mesure, la décision de LFP d'aller contre la juridiction administrative est-elle légale ?

  • Meilleur Second Rool le 11/08/2014 à 21h12
    Juste une question : le chapeau de l'article dit que "Luzenac a perdu le championnat de France des tribunaux". J'avais plutôt l'impression que Luzenac avait justement gagné la bataille juridique, mais que la Ligue s'est assise dessus. C'est exact, ou en vrai, c'est plus compliqué que ça ? Dans quelle mesure, la décision de LFP d'aller contre la juridiction administrative est-elle légale ?

  • tes fessées le 11/08/2014 à 21h55
    La décision du TA et la décision du CA de la LFP ne portent pas sur le même moyen juridique. Le TA ne s'était pas prononcé sur la sécurité du stade Ernest Wallon mais sur la viabilité du budget du club.

  • tes fessées le 11/08/2014 à 21h55
    En gros, la LFP a changé son fusil d'épaule, ce qui contribue à nourrir la théorie du complot....

  • Safet le prophète le 12/08/2014 à 19h27
    Ce qu'on peut se demander, c'est pourquoi la ligue a-t-elle attendu de perdre devant le TA pour sortir ce joker de sa poche alors qu'elle aurait pu commencer par là. Difficile effectivement de ne pas croire à une volonté de la part de la LFP d'empêcher coûte que coûte Luzenac d'évoluer en ligue 2...
    Et le manque de soutien au club ariégeois est assourdissant. En dehors du SC Bastia ( régulièrement en bisbille avec la ligue... ) et de quelques personnalités ( Mathoux, Duluc, Galtier ), c'est silence radio ( je ne qualifierai pas le commentaire de Philippe Piat, président de l'UNFP, à ce sujet, ce serait tout simplement hors charte ).
    Bref, j'espère de tout coeur que le LAP ne lâchera rien ( pour l'instant, c'est le cas ), et qu'il fera mordre la poussière à la ligue.