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Londres 1969, The Fab Five

Snuff The Rooster (2/5) – La série sur les défaites cuisantes de l'équipe de France se poursuit avec un Angleterre-France à Wembley qui a souri à Hurst.

Auteur : Brice Tollemer le 20 Mai 2013

 


Au cours de son histoire, l’équipe de France a certes connu des victoires mémorables et des périodes prestigieuses. Mais elle a également vécu des défaites cuisantes et des contre-performances honteuses. Des désillusions traumatisantes qui sont aussi révélatrices d’une époque. Deuxième chapitre avec la Perfide Albion.
 

* * *
 

Le printemps 1969 en France est beaucoup plus calme que le précédent. Exception faite du départ du général de Gaulle après le rejet de son référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Il est d’ailleurs savoureux de constater que ce sont finalement les forces conservatrices du pays qui ont eu raison de l’homme du 18 juin, et non la contestation pleine de fougue et de jeunesse du mois de mai 1968. L’une des dernières grandes figures politiques de la Seconde guerre mondiale s’éteindra une année plus tard, cinq après la disparition de Winston Churchill. L’heure est au changement de générations. Si les révoltes du printemps précèdent n’ont pas directement débouché sur un renouveau immédiat, elles ont néanmoins inoculé des velléités de progrès social et d'évolutions culturelles, qui s’exprimeront durant la décennie suivante.
 


Pas de pétrole et pas d’idées

Les Bleus continuent paisiblement leur voyage au cœur de leur désert footballistique. Ils ont traversé l’année 1968 comme des âmes en peine, ne remportant pas un seul match. Pire, ils se sont inclinés à domicile contre les amateurs norvégiens lors d’un match qualificatif pour la Coupe du monde 1970. Selon la formule consacrée, à force d’être au fond du trou, ils finiront par trouver du pétrole. Quelques mois après cette humiliation, le sélectionneur Louis Dugauguez démissionne et laisse sa place à Georges Boulogne. Si son bilan à la tête de l’équipe de France sera un échec au regard des résultats, son action sera à la base de la réussite du football hexagonal au cours des années qui suivent…
 

 




Mais tout n’est pas d’une tristesse absolue en ce crépuscule des années soixante. Après tout, c’est cette année que se tient le festival de Woodstock. Sur scène, se succèdent Santana, Grateful Dead, Creedence Clearwater Revival, Jefferson Airplane, Joe Cocker ou bien encore Janis Joplin. Sur les écrans, c’est bien évidemment Easy Rider qui retranscrit le mieux ce vent de liberté qui souffle sur les Etats-Unis. Le road trip de Dennis Hopper et de Peter Fonda, la rencontre avec Jack Nicholson, Born To Be Wild de Steppenwolf, tout est là. La contre-culture américaine s’exprime à travers ce Nouvel Hollywood, bercé par la Nouvelle vague française, qui va voir apparaître des réalisateurs comme Martin Scorsese et Francis Ford Coppola. Une renaissance du cinéma qui croise l’apogée du mouvement hippie: 1969 est le point de fuite culturel de cette seconde moitié du 20e siècle.
 


Triple peine

Indifférente, la France du foot continue de creuser son trou. Le 12 mars 1969, elle se rend à Wembley pour affronter amicalement sa meilleure ennemie. L’Angleterre est championne du monde en titre depuis l’édition gagnée en ses terres trois années plus tôt. C’est donc le premier match de Georges Boulogne sur le banc et cette rencontre est un sacré baptême du feu. L’équipe qu’il compose a la particularité de comprendre en son sein deux futurs sélectionneurs des Bleus, Henri Michel (demi-finaliste de la Coupe du monde 1986) et Roger Lemerre (vainqueur de l’Euro 2000) ainsi que Jean Djorkaeff, qui vient de fêter le premier anniversaire de son fils, Youri.
 

Devant les 85.000 spectateurs de Wembley, les Bleus rejoignent les vestiaires à la mi-temps avec seulement un but de retard. Malheureusement pour eux, Geoffrey Hurst, le célèbre attaquant de West Ham, seul auteur à ce jour d’un triplé en finale de Coupe du monde (dont le fameux but en prolongation contre l’Allemagne dont on ne saura jamais s’il a franchi la ligne), décide de remettre ça en inscrivant de nouveau trois buts, dont deux sur penalty, au cours de la seconde période. Les Tricolores sont terrassés cinq à zéro.
 

 


 

La première de Georges Boulogne est un désastre. Il ne qualifiera pas l’équipe de France pour la Coupe du monde 1970, ni pour celle de 1974 et elle ratera également l’Euro 1972. Georges Boulogne démissionne au mois de mai 1973 et son bilan sportif peut être à première vue considéré comme un échec. Mais ce serait oublier que c’est lui qui est à l’origine de l’Institut national du football (INF) et qui préconise la création des centres de formation dans les clubs professionnels. Père fondateur de la formation à la française, il est également le premier Directeur technique national de l’histoire.
 

Après cette correction, il est difficile de concevoir à cette époque que des jours glorieux suivront. Pourtant, quelques années plus tard, l’AS Saint-Étienne aura son épopée européenne et la génération Platini fera de la France une grande nation du football.
 


Snuff the Rooster (1/5) : Bâle 1960, dernière station avant le désert
Snuff the Rooster (3/5) : Nicosie 1988, le point de non-retour
Snuff the Rooster (4/5) : Paris 1993, le pire pour le meilleur
Snuff the Rooster (5/5) : Séoul 2002, Shooting star

 

 


Angleterre-France, 12 mars 1969, Londres, Wembley, 85 .000 spectateurs : 5-0
Arbitre : M. Zsolt (Hongrie)
Buts : Angleterre : O’Grady (33e), Hurst (48e, 49e, 80e), Lee (75e)
Angleterre : Banks – Newton, Charlton, Moore, Cooper – Bell, Mullery, Peters – Lee, Hurst, O’Grady
France : Carnus – Djorkaeff J., Lemerre, Bosquier, Rostagni – Herbet, Bonnel, Michel, Simon - Loubet, Bereta

 

Réactions

  • Tonton Danijel le 20/05/2013 à 11h56
    "L’équipe qu’il compose a la particularité de comprendre en son sein deux futurs sélectionneurs des Bleus, Henri Michel (demi-finaliste de la Coupe du monde 1986) et Roger Lemerre (vainqueur de l’Euro 2000) ainsi que Jean Djorkaeff, qui vient de fêter le premier anniversaire de son fils, Youri."

    Roger Lemerre qui dirigera la première sélection victorieuse à Wembley, un match auquel participera Youri Djorkaeff. La claque de 1969 sera vengée.

  • José-Mickaël le 20/05/2013 à 16h31
    Il me semble qu'on peut considérer que ce match correspond précisément au fond du trou. Effectivement, Boulogne échouera sur le "bilan comptable" (pas de qualifications) mais pas sur le "bilan moral" : c'est le début de la remontée du gouffre. En particulier, une idée que j'aimerais bien voir renouvelée de nos jours, c'est que Boulogne imposait un aménagement du calendrier pour des stages et même, deux fois, pour une tournée en Amérique du Sud (la première avait joué un peu le même rôle que le match aux Antilles de 2005).

  • Josip R.O.G. le 20/05/2013 à 17h02
    Je me souviens aussi d'un tournoi au Brésil en 72 d'où les bleus étaient revenus invaincus en jouant contre la Colombie, l'Argentine et une sélection de la Concacaf.
    Il y avait dans ma classe un cousin de Michel Mezy qui avait hérité d'un maillot de l'équipe de France...rouge.
    À l'époque, on avait bon espoir pour les qualifs de 74....
    Carnus, Trésor, Adams, Bereta, Larqué, Mezy, ça avait de la gueule
    Ça s'était terminé par un match au couteau contre l'URSS à Moscou qu'on devait gagner et qu'on avait perdu.

  • José-Mickaël le 20/05/2013 à 17h49
    Et ensuite l'URSS avait déclaré forfait pour le match de barrage contre le Chili à cause du coup d'état. C'était bien la peine de nous éliminer...


  • Yapéno le 20/05/2013 à 19h57
    Mouais...
    Je n'ai guère de sympathie pour Boulogne ou pour son successeur Kovacs, qui ont laissé sur la touche des joueurs comme R. Kéruzoré et J-M. Guillou et combien d'autres qui ne répondaient à leur style de (non) jeu.
    Pratiquer le béton à l'italienne, c'est bien (façon de parler, alors que l'Ajax est en train de prouver le contraire), mais encore faut-il en avoir les moyens.

  • Josip R.O.G. le 20/05/2013 à 20h41
    J'ai pas souvenir que Kovacs (qui était quand même à la tête du grand Ajax) fût un apôtre du catenaccio...

  • José-Mickaël le 20/05/2013 à 20h57
    N'empêche que Yapéno a raison : Kovacs a mis sur la touche des joueurs qui ne correspondaient pas à son style (Guillou en effet) et on peut le regretter après coup (Guillou encore une fois !)

    Pour moi, Kocas n'a rien apporté au foot français, il nous a même fait perdre deux ans. Boulogne n'est sûrement pas le meilleur sélectionneur qu'on ait eu, mais il a apporté quelque chose (d'ailleurs pas forcément en tant que sélectionneur : centres de formation, stages, etc.)