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Raffaele Poli : «La Premier League n’a peur de rien…»

Le responsable de l’Observatoire du Football du CIES décrypte la portée du Brexit sur la Premier League et le football européen en général. Elle sera minime, selon lui, dans un secteur important pour l’économie anglaise.  

Auteur : Dominique Rousseau le 28 Juin 2016

 

 

Raffaele Poli est docteur en sciences humaines des universités de Neuchâtel et de Franche-Comté. Il dirige l’Observatoire du football du Centre international d'étude du sport (CIES), qui analyse le marché des transferts et les performances des joueurs.

 

 

 

Quelle va être, selon vous, l’ampleur du Brexit sur le foot anglais et européen ?

J’ai quelques doutes sur son impact réel dans une industrie spécifique comme celle du football. Les questions liées à l’immigration sont certes au cœur de cette décision. Mais l’Angleterre va-t-elle imposer des contraintes plus fortes sur un des secteurs qui fait la richesse de ses clubs, de son économie, et qui représente un des premiers produits d’exportation? Je vois mal comment, même politiquement, ce pays irait entraver la liberté de la concurrence, du marché, de la libre circulation dans la mesure où ce ne sont pas les autres qui vont interdire à leurs ressortissants d’aller en Angleterre, et bien au contraire. Donc ce point de vue-là, cela m’étonnerait que la Premier League ou l’État anglais aillent restreindre de manière trop importante la libre circulation des joueurs.

 

« Le Brexit ne va pas changer grand-chose »

En mars 2015, la Fédération anglaise a pourtant durci les conditions d’obtention du permis de travail par les joueurs extracommunautaires…

Franchement, cela s’est toujours joué aux marges. Soi-disant ils ont mis des contraintes un peu plus élevées pour les joueurs non communautaires. Et au final, il y a toujours des exceptions. Le cœur du principe d’ouverture aux étrangers est resté. En réalité, comme d’habitude, les Anglais font en sorte de ne pas restreindre l’accès. Il y a une petite tendance à être un peu plus restrictif, mais mon impression est que le Brexit ne va pas changer grand-chose.

 

Est-ce que le Brexit n’a pas traduit un repli d’une partie des classes populaires, représentées dans le public du foot par ceux qui ont du mal à accepter la mondialisation de la Premier League?

Il est clair que le but de La Premier League a consisté à en réserver l’accès à un milieu plutôt aisé. En Angleterre, il y a une paupérisation des classes moyennes, avec beaucoup de pression sur les salariés, avec un capital qui circule librement et se concentre de plus en plus, avec des États qui perdent de leurs prérogatives, sont mis en concurrence entre eux ou contrôlés par des lobbies. Il y a des cercles de privilégiés. L’Union européenne a probablement symbolisé tous ces aspects-là.

 

La Premier League aussi, pour une partie de la population ?

À mon avis non. Les stades sont pleins, les gens sont tout autant attachés à leur club et ne restent pas passifs, on le voit avec les supporters qui se groupent pour racheter des clubs. De fait, la Premier League sert d’apprentissage aux bienfaits de la mondialisation. Ce sont les clubs anglais qui sont devenus dominants, en tout cas d’un point de vue économique.

 

« La Premier League a suivi une logique impériale »

Mais pas l’équipe d’Angleterre…

Il y a plus de vingt ans, avant l’arrêt Bosman, la Fédération anglaise a donné beaucoup d’importance et de droits à la Ligue, et elle le regrette aujourd’hui. Elle pensait qu’une Premier League forte ferait une équipe nationale forte. C’était une erreur stratégique qui est aujourd’hui difficilement rattrapable. La Premier League est le chantre du libre marché et d’une certaine forme d’impérialisme. Elle est devenue tellement puissante que si la Fédération a des velléités de restreindre trop la libre circulation des joueurs étrangers, la Ligue trouvera le moyen de contrecarrer ses velléités.

 

Le Brexit va donc illustrer peut-être encore plus la puissance du foot anglais?

La Premier League est arrivée à un niveau tel de puissance globale… S’il y avait une vraie volonté de la Fédération anglaise, de l’État, de l’UEFA, de la FIFA, des autres fédérations de l’amoindrir, OK. Mais puisqu’il n’y a pas en face de front uni, la Premier League n’a peur de rien. Et elle a raison: les Anglais ont occupé un marché, ont planté un drapeau, et ils sont loin d’avoir exploité tout le potentiel. Évidemment, le Brexit affaiblit la livre, mais cela ne va pas stopper l’inflation, juste la freiner.

 

La Premier League serait donc devenue le porte-drapeau de l’empire britannique?

Pas à elle seule, il y a d’autres secteurs – par exemple la City. En tout cas, oui, la stratégie de la Premier League a suivi une logique impériale.

 

Le Brexit ne va donc pas changer grand-chose à la marche de cet "empire"?

L’économie britannique va être évidemment impactée. En ce qui concerne le secteur spécifique du football, on ne peut pas dire que la Premier League soit contente du Brexit. Mais elle n’est pas non plus franchement préoccupée…

 

Photo cc Adam Haworth
 

Réactions

  • osvaldo piazzolla le 28/06/2016 à 04h23
    Merci à Dominique et à Raffaele. J'ai l'impression que le foot anglais va être beaucoup plus affecté par la défaite contre l'Islande que par le Brexit. De mon point de vue d'amateur, j'ai trouvé que c'était juste une défaite d'un outsider un peu trop sûr de lui par un autre outsider mieux organisé. Mais vu les comms des médias anglais, ils ont manifestement vécu ça comme une humilation suprême, la plus grande depuis 1950 (?). Bizarre, pour une équipe habituée à n'éliminer que des seconds couteaux depuis 1966. ça en dit long sur l'image délirante qu'ils ont de leur "three lions". Mais les narrations sur la surévaluation de la BPL, et l'impossibilité (fantasmée?) pour les talents nationaux d'éclore à cause des hordes d'étrangers en BPL à commencé dès le coup de sifflet final.

  • Rolfes Reus le 28/06/2016 à 05h02
    Peur de rien ... ni de perssonn ?

  • plumitif le 28/06/2016 à 08h40
    osvaldo piazzolla
    aujourd'hui à 04h23

    Le débat sur les étrangers en PL est éternel. Pourtant, quand l'Angleterre s'est fait éliminer par les Etats Unis à la CM 50, il n'y en avait pas.
    Il y a en ce moment en Angleterre une bonne politique de la Fédé avec les juniors. Et ce sont des entraîneurs étrangers (Koeman à Southampton, Pochettino à Tottenham et Van Gaal à Manchester U.) qui favorisent le plus l'éclosion de jeunes joueurs anglais en PL.
    Trop tard pour cet Euro, mais cela devrait donner de bons résultats. A condition aussi de trouver un bon sélectionneur et donc pas forcément anglais...

  • plumitif le 28/06/2016 à 08h41
    Rolfes Reus
    aujourd'hui à 05h02

    Peur de rien ... ni de perssonn ?

    -----------------------------

    En Harley Davidssonn ? :)

  • osvaldo piazzolla le 28/06/2016 à 17h41
    @plumitif

    Il y a un facteur dans la BPL qui rend la formation de jeunes anglais sans espoir, c'est que, quelle que soit la politique étrangère et quelles que soient les bonnes pratiques de formation, la structure salariale démentielle fait que si PAR MIRACLE un jeune anglais fait quelques bons matches, même s'il s'agit juste d'un "half decent youngster", il se retrouve en moins de deux avec un salaire à six chiffres et valeur marchande à huit, et cette surévaluation le condamne (je regardais l'après match à la télé irlandaise où les pundits tiraient à boulets rouges sur la BPL et considéraient ça comme une fatalité)

    English players in the BPL are doomed.