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De quoi Nasser Al-Khelaïfi est-il "innocent" ?

Minichro – Relaxé par la justice suisse dans une des affaires de corruption de la FIFA, Nasser Al-Khelaïfi est-il aussi "entièrement blanchi" qu'il le prétend? 

Auteur : Jérôme Latta le 30 Oct 2020

 

 

La minichronique pose une question, elle n'y répond pas toujours et, à la fin, elle en pose une autre.

* * *

 

À l'issue du procès d'une des affaires de corruption de la FIFA, le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone en Suisse a acquitté Nasser Al-Khelaïfi et Jérôme Valcke dans le dossier principal.

 

"Après quatre années d’allégations sans fondement, d’accusations fictives et d’atteintes constantes à ma réputation, la justice m’a entièrement blanchi. Le verdict d’aujourd’hui est une véritable victoire", a triomphé le dirigeant qatari dans un communiqué.

 

Nasser Al-Khelaïfi échappe ainsi aux vingt-huit mois d'emprisonnement requis contre lui. Mais, si les juges ne l'ont pas condamné, est-il aussi innocent qu'il le clame?

 

 


photo cc Christophe Pelletier

 

L'accusation lui reprochait d'avoir offert fin 2013 à Valcke, alors secrétaire général de la FIFA, l'usage exclusif d'une luxueuse villa en Sardaigne (achetée 5 millions d'euros, via une société que "NAK" détenait). Ceci quelques mois avant l'attribution à BeIN Media des droits de diffusion des Coupes du monde 2026 et 2030 pour le Moyen-Orient.

 

Comme l'écrit Coralie Febvre de l'AFP, "les magistrats ont pourtant validé, factuellement, la thèse de l'accusation: Valcke a bien monnayé son soutien à BeIN". Les magistrats, au civil, ont qualifié "de pot-de-vin ou d'arrangement corruptif" l'acompte que lui a remboursé par Nasser Al-Khelaïfi pour la villa.

 

Problème 1: la FIFA ayant retiré sa plainte après un accord amiable avec Nasser Al-Khelaïfi (en contrepartie d'un versement de près d'un million d'euros selon le Times), le tribunal ne pouvait plus le poursuivre pour "corruption privée".

 

Problème 2: l'accusation de "gestion déloyale" n'a pas été retenue, le montant obtenu pour les droits en question étant objectivement très élevé (60% de plus que pour les deux mondiaux précédents).

 

BeIN et son patron ont donc bien accordé des faveurs financières à un dirigeant de la FIFA, moins pour obtenir un marché qui serait de toute façon revenu au groupe (seul candidat, avec une offre très élevée) que pour… pour quoi, au juste? Disons: pour asseoir son pouvoir sur la FIFA et le football mondial.

 

Il s'agit, en quelque sorte, d'une forme supérieure de corruption consistant à acheter non pas un avantage économique, mais le pouvoir lui-même – le pouvoir institutionnel de la FIFA, encore plus redevable d'un État auquel elle a déjà accordé l'organisation de la Coupe du monde. Une forme de corruption juridiquement non condamnable.

 

Du moins pour ces faits car, depuis 2016 et une "loi FIFA" adoptée en Suisse, une plainte n'est plus nécessaire pour poursuivre les acteurs présumés d'un pacte de corruption. L'ex-tennisman Nasser Al-Khelaïfi est donc passé dans les trous de la raquette judiciaire plus qu'il n'a été "blanchi".

 

Voilà la nature de sa "victoire", face à une justice suisse empêtrée dans la myriade d'affaires impliquant la FIFA. Le patron du PSG – mis en examen en France pour "corruption active" dans l’attribution des Mondiaux d’athlétisme 2017 – et le Qatar sortiront-ils pareillement innocents des autres procédures en cours?

 

Réactions

  • Espinas le 31/10/2020 à 10h51
    Le problème 1 est superbe: un accusé de corruption pouvait donc avant 2016 corrompre la partie plaignante pour qu'elle retire sa plainte.

  • Panda le 31/10/2020 à 20h57
    Heureusement qu'il y a la Justice d'internet, qui se rend bien plus facilement que la vraie (quatre paragraphes, un tweet, la conviction d'être du bon côté, c'est un diplôme plus accessible que Juge).

  • Jamel Attal le 01/11/2020 à 11h21
    @Panda
    Est-ce que tu pourrais nous gratifier d'un début d'argument ?
    Avant cela, je t'invite à consulter les articles écrits par les quelques spécialistes des affaires de la FIFA (de celle-ci comme des autres), voire à relire le mien – histoire d'indiquer ce qu'il comporterait de factuellement faux.

  • Panda le 01/11/2020 à 13h18
    Qu'est-ce qui est factuellement faux dans mon intervention ?

  • Jamel Attal le 01/11/2020 à 14h23
    Il y a plus de quatre paragraphes et pas de tweet dans mon article. Ni conviction d'être du "bon côté", mais c'est certes plus difficile à prouver, l'accusation étant elle-même fondée sur rien.
    Par ailleurs, je n'ai pas dit que ton intervention était factuellement fausse : je t'en ai demandé raison.

  • Bernard Diogène le 01/11/2020 à 15h52
    @Jamel Attal
    Je pense que Panda parlait de la publication d'Al-Khelaïfi, pas de l'article des Cahiers.
    [Nota : dans le tweet de NAK, il n'y a pas quatre paragraphes mais un paragraphe de quatre phrases.]

  • José-Mickaël le 01/11/2020 à 17h44
    Ah, il ne répondait pas au message d'Espinas ?

  • Jamel Attal le 01/11/2020 à 20h18
    Le mystère s'épaissit. Peut-être qu'il répondait à un pote sur Whatsapp, ou à un post du fil politique, ou à une encyclique du pape.