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Crimes d'honneur

Invité : When Saturday Comes. Les footballeurs actuels n'ont pas inventé l'infidélité envers leur(s) club(s). La tentation a toujours existé.

Auteur : Rob Hughes (traduction Kevin Quigagne) le 26 Avr 2011

 

Après "L'éthique de la victoire" et "Remontées en blog", troisième épisode de notre partenariat avec le magazine britannique When Saturday Comes.

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Le cirque médiatique qui a accompagné le départ de Fernando Torres pour Chelsea a une nouvelle fois mis en lumière une question de plus en plus critique dans le football moderne: la loyauté du joueur envers son club. La consternation des supporters de Liverpool fut totale lorsque, pour sa première conférence de presse à Stamford Bridge, leur idole nouvellement transférée balaya froidement d’un revers de micro toute accusation de trahison et justifia son changement de camp en déclarant "qu’il n’y a plus de romance dans le football". Il ajouta même que s’il avait certes passé trois bonnes saisons à Liverpool, il tenait désormais à jouer dans un club ayant remporté des titres. D’ailleurs, précisa-t-il, il n’avait jamais été supporter des Reds (même si, à son crédit, il fut assez sincère pour admettre qu’il n’était pas non plus un inconditionnel de Chelsea). Il n’y a pas de loyauté qui tienne quand il s’agit de remporter des titres.

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L'exemple de Rooney
Il serait aisé de penser que ce phénomène est nouveau et qu’il s’agit ainsi d’un symptôme des temps modernes. En somme, le produit d’une époque où chaque professionnel, surprotégé et choyé, vit coupé du monde réel dans l’opulence la plus totale, et habite de vastes propriétés. Entouré d’un aréopage d’agents et de coiffeurs personnels. Une impression d’ensemble qui n’est guère de nature à changer la perception commune selon laquelle l’univers du football est peuplé de joueurs aux ego démesurés à qui, corollaire naturel, tout est dû.
Prenons l’exemple de Wayne Rooney, autrefois fier Evertonien arborant un t-shirt: "Bleu un jour, Bleu toujours". Tout à coup, on apprend qu’il souhaite quitter Manchester United pour un club aux ambitions financières supérieures, avant se laisser convaincre par son employeur d’accepter un nouveau contrat dont le montant suffirait à maintenir à flot l’économie de plusieurs petits pays européens. Ou bien l’exemple de Manchester City, club vers lequel les joueurs se pressent pour traire la vache à lait. Ou même John Terry, souvent cité comme un remarquable exemple de monogamie (footballistique, s’entend) car il est resté attaché à son club de toujours... C’est vite oublier son silence assourdissant durant l’interminable saga de son possible transfert vers Man City en 2009, épisode qui ne baissa d’intensité que lorsque sa loyauté fut cimentée par la promesse d’une forte revalorisation salariale.


"La loyauté n’existe pas dans le football"
Toutefois, cette notion d’allégeance fragile au club est un aspect du football qui n’est pas propre à l’ère moderne, loin s’en faut. Un constat illustré par cette remarque d’Harry Redknapp à propos du limogeage de Chris Hutton par Newcastle: "Cela confirme simplement ce que je sais depuis des lustres, à savoir que la loyauté n’existe pas dans le football". Il est également révélateur que l’un des premiers à tenter de désamorcer la polémique Torres fut Kenny Dalglish, qui rappela à tous l’épisode du départ de Graeme Souness d’Anfield en 1984. C’est une question qui ne date pas d’aujourd’hui, argumenta-t-il, et qui n’est pas nécessairement conditionnée par la recherche de titres. "Les footballeurs trouveront toujours une bonne raison de partir, déclara Dalglish, Changer de club fait partie intégrante du football".
Contrairement à ce qu’on aime s’imaginer, l’ambition n’a été que très rarement sacrifiée au profit de la fidélité envers un club. Les supporters de Birmingham d’un certain âge se rappellent ce jour de février 1979 quand Trevor Francis – adulé par les fidèles de Saint Andrew’s depuis presque une décennie passée dans ce club, où il fut formé – rejoignit soudain le Nottingham Forest de Brian Clough pour la somme record d’un million de livres sterling. Francis répéta alors à l’envi que l’argent n’était pour rien dans son départ. Sa seule motivation, assura-t-il, était de "faire progresser sa carrière".


Intérêt sportif
De façon similaire, Malcolm Macdonald, alors depuis des années l’attaquant virevoltant et prolifique de Newcastle, quitta le club en 1976 alors qu’on le disait en froid avec le manager, Gordon Lee. "J’ai regardé la liste de tous les clubs de Première Division, et c’est sur Arsenal que j’ai jeté mon dévolu", expliqua-t-il, ajoutant: "J’avais bien plus de chance de remporter des titres là-bas et c’est ce qui m’intéressait".
Avoir de l’ambition n’est pas critiquable. Indépendamment de l’aspect financier, pourquoi un joueur devrait-il refuser de rejoindre une formation qui lui offre de meilleures perspectives sportives?
L’une des histoires les moins connues du grand public – et qui bat en brèche l’idée selon laquelle la loyauté envers le club était autrefois la caractéristique d’une époque, forcément révolue, plus respectable qu’aujourd’hui – concerne le grand Tom Finney, considéré depuis longtemps comme l’un des plus éblouissants exemples du joueur d’un seul club. En 1959, il admit ouvertement que même s’il adorait son club, Preston, et le considérait comme le plus grand de la planète, si Newcastle offrait de doubler son salaire "il signerait sûrement pour Newcastle".


En définitive, le joueur possède une liberté que le supporter n’a pas. Ce dernier doit fidélité à son club, lié qu’il est à son institution où le dévouement est quasi familial et n’a d’autre choix que de soutenir son équipe contre vents et marées (et elles sont souvent fortes). En revanche, n’importe quel joueur de bon niveau peut, lui, changer et choisir ses allégeances comme bon lui semble. La seule loyauté réelle est celle du supporter. Cela explique pourquoi, même si elle demeure mal comprise, cette notion revêt tant de valeur à nos yeux. Et je suis bien placé pour le savoir, je supporte Liverpool.


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Lancé en 1986, When Saturday Comes est le meilleur magazine de football du monde (hors période 2003-2009). WSC cherche à offrir une vue à la fois sérieuse et humoristique du football, avec une intelligence jamais démentie. Pour un rapide historique du magazine, c'est ici et pour s'abonner, c'est par là et c'est un ordre

 

Réactions

  • Sens de la dérision le 26/04/2011 à 07h41
    Article intéressant qui rappelle quelques anciens cas de non-loyauté mais ces exemples sont plutôt la norme aujourd'hui. Ce qui est sûrement l'explication de ce "C'était mieux avant".
    Par contre, il y a un fait qu'on ne rappelle JAMAIS dans ce genre d'exercice, c'est que les clubs, aujourd'hui, du moins ne sont pas plus loyaux envers leurs joueurs moyens/mauvais (ou même leurs très bons joueurs bankables pour les clubs français), même s'ils supportent le club depuis leur plus jeune âge.

  • le Bleu le 26/04/2011 à 09h02
    Attention, on écrit "aréopage". Comme dans "arrêt au port".

  • jeronimo le 26/04/2011 à 09h57
    Savoureux passage sur Terry !

  • Miklos Lendvai le 26/04/2011 à 15h54
    En France, on a Marc Planus qui pourrait ressembler au joueur fidèle à son club, mais qui en fait partirait aussi dans un autre club pour des raisons financières.

    Sa décla dans l'Equipe : " Je ne rêve pas d'étranger, ni du Milan, qui est Bordeaux en plus grand. Après je le dis haut et fort, j'aime l'argent. Ce n'est pas l'amour du foot avant tout. Si je ne suis pas du genre à embrasser le blason pour partir six mois après, je suis le joueur capable de partir au Qatar."


    Mais je suis d'accord pour dire que les joueurs n'ont pas à être loyaux envers des clubs qui n'hésiteront pas à s'en débarasser si jamais ils ont un passage à vide.

  • newuser le 26/04/2011 à 16h29
    Je dirais juste que la valeur importante pour moi c'est celle du respect du contrat.

    En gros tu l'ouvres pas tant que ton contrat court, après tout personne ne t'as mis un flingue sous le nez pour signer.

    Par contre quand le contrat est révolu ou si les 2 parties sont d'accord et que ça part pas en vrille avec des déclarations chocs ou des scènes ubuesques, rien de choquant pour moi.

  • king carrasco le 26/04/2011 à 17h46
    L'envie de voir du pays, de gagner plus (d'argent et de titres) et de progresser sportivement n'est effectivement pas nouvelle.

    Simplement on est passé d'un système où les droits élémentaires des joueurs étaient incroyablement bafoués (en France, avant l'imposition du contrat à temps) et limitaient leur mobilité, à un système (après l'arrêt Bosman ET sous l'effet de l'augmentation exponentielle des sommes brassées par l'industrie du foot) qui incite les joueurs à multiplier les transferts (et les commissions pour leurs agents et autres intermédiaires).

    Du coup la durée des contrats est seulement un levier de négociation et une façon de revaloriser artificiellement les joueurs à la revente. Ce qui fait mal, c'est la persistance d'un discours factice sur l'amour du maillot et l'attachement au "club de coeur", alors que la réalité dit tout autre chose. Maintenant, il est difficile d'exiger des joueurs qu'ils adoptent un cynisme décomplexé - même si les déclarations de Torres ou Planus indiquent une évolution vers plus de sincérité, fût-elle douloureuse.

    Et c'est là que le problème est insoluble, puisque comme le dit la conclusion de l'article, les supporters, eux, continuent à valoriser la fidélité, leur fidélité, et se trouveront toujours en porte-à-faux avec des joueurs qui ne contribuent plus vraiment (ou en tout cas pas durablement) à l'image et l'histoire d'une équipe – surtout si c'est pour opérer une trahison symbolique avec un départ chez un rival. Bref, le décalage entre footballeurs et supporters devient critique.

  • Gouffran direct le 26/04/2011 à 19h17
    Là j'ai tout de suite pensé à Éric Sikora et au RC Lens. Oui c'est possible d'effectuer toute sa carrière au sein du même club et même d'y rester après coup. Bon y avait oeut-être pas foultitude d'offres non plus mais il est resté.
    Faudrait pas oublier aussi que certains clubs ne se privent pas pour mettre à la retraite manu militari certains joueurs et leurs grande gueule-salaire indésirable.
    Certains ne sont pas prolongés, sans aucune explication ou reçoivent un bouquet de fleurs pour faire passer la pilule (Bernard Lama avec les Bleus).

    Les clubs y gagnent aussi et ce mouvement perpétuel entretient la passion chez les pigeo... chez les supporters ('partisans' me sied mieux).
    Moi 7-8 années de Stanley Menzo j'aurais pas pu là...

    Les présidents tournent aussi et c'est comme des télénovelas (OM, Nantes, PSG, Strasbourg). Ceux qui restent en place longtemps font figure de dinosaures acariatres plus en phase avec leur temps.

    Les footeux aiment le pognon et les sousous dans la popoche? Ils ont bien raison. La loyauté en dehors du stade est aussi rare de nos jours alors pourquoi pas eux?

    Ici en Amérique du nord (pas Armorique) les 'franchises' peuvent déménager sans laisser d'adresse. Elles partent avec tout (le gymnase démontable des fois), le nom, les couleurs, le staff, les ballons, les gradins et le palmarès... Les pauvres fans et leurs t-shirts collector se retrouvent pantois devant des images d'archive et des souvenirs de plus en plus vagues que les jeunes ne comprennent lien les Expos, les Nordiques, les Jets, les Grizzlies...snif)

    Imaginez Marseille perdant son club qui déménage à l'autre bout du pays. Bordeaux et Toulouse qui procèderaient à un échange complet d'effectifs (on ne rie pas et oui ça pourrait apporter des changements) au mercato...

    Bon le quart-d'heure démago est terminé. Retour en classe!

  • Lucarelli 1 le 26/04/2011 à 20h35
    En fait, la loyauté envers le club, c'est un concept de riches. Gerrard et Liverpool : l'auteur - supp des Reds - ne prend pas Stevie G comme exemple. Pourtant, avec Chelsea, ça s'est joué à une décimale derrière la virgule sur la feuille de paye. Ah oui, là, tu peux être loyal.

    A contrario il ne viendra à personne l'idée de hurler au scandale quand Nolan Roux quittera Brest. Club auquel il doit pourtant d'avoir eu sa chance in extremis en pro et dans lequel il s'est épanoui.

  • lyes le 29/04/2011 à 23h09
    Article sympa qui paradoxalement me rappelle la NBA récemment. Lorsque Joakim Noah est drafté par les Bulls ils déclarent que plus jeune il détestait cette équipe et que les Knicks sont et seront toujours l'équipe de son coeur. A l'époque ça avait évidemment très mal reçu par les habitants de Chicago, alors que personnellement je trouve cette absence de langue de bois géniale, quand on a entendu maintes et maintes fois chez nous des déclarations lolesques sur les "clubs du coeur" en Ligue 1 ou ailleurs.

    Dans un deuxième temps je pense aussi à Lebron James, lui qui à réussit à amener les Cavs en finale NBA en seulement 4 ans de carrière la ou Jordan himself avait mis 7 années avec les Bulls, l'exemple même du leader qui peut devenir à jamais le joueur emblématique d'une franchise et... qui finit aux Miami Heats "pour gagner des titres".
    La côte d'amour de Lebron à pris un sacré coup suite à cette affaire. Mais ça sera probablement oublié dans les années à venir.

    Dans le foot à l'époque j'avais été marqué par le transfert de Mendieta de Valence à la Lazio. On le voyait tous tellement être le leader technique et tactique de cette équipe, ils avaient fait un parcours formidable en C1, il semblait lié à ce club à jamais et... hop plus gros transfert de l'époque 48 millions d'euros avec au final un loupé monumental de quelques matchs ternes et sans éclat.

    A ce jour de quel jeune joueur de foot peut-on s'assurer qu'il restera fidèle à son club ? Messi ? J'aimerais y croire.

  • A la gloire de Coco Michel le 01/05/2011 à 11h26
    Enfin Messi joue déjà dans un top club.