Le cable réseau du serveur étant presque saturé, merci de ne vous connecter qu'en cas d'absolue nécessité de vous amuser. Attention à ne pas confondre vos minuscules et vos majuscules.
Vous avez oublié votre mot de passe ?
Inscription
Vous avez oublié votre mot de passe ? Il reste un espoir ! Saisissez votre adresse e-mail ; nous vous enverrons un nouveau mot de passe. Cette procédure est quasiment gratuite : elle ne vous coûtera qu'un clic humiliant.
Nous vous avons envoyé un email sur votre adresse, merci d'y jeter un oeil !

CONDITIONS D'INSCRIPTION :

1. Vous devez nous adresser, via le formulaire ci-dessous, un texte (format .txt inférieur à 100 ko) en rapport avec le football, dont la forme est libre : explication de votre passion, anecdote, aventure, souvenir, essai, commentaire composé, portrait, autobiographie, apologie, réquisitoire, etc. Vous serez ensuite informés de la validation de votre inscription par mail. Les meilleurs textes seront mis en ligne sur le Forum.

2. Nous ne disposons pas d'assez de temps pour justifier les retards d'inscription ou les non-inscriptions, et ne pouvons pas nous engager à suivre une éventuelle correspondance à ce sujet. Merci de votre compréhension.

Nous avons bien reçu votre candidature, on y jette un oeil dès que possible. Merci !

Partager :

Pluie de buts sur la vallée

Contes de Noël - En 1957, quelques jours avant Noël, un match extraordinaire oppose Charlton Athletic à Huddersfield Town au stade du Valley, à Londres

Auteur : Richard Coudrais le 21 Dec 2021

 

Charlton Athletic vient d'être relégué en deuxième division, après vingt ans de présence ininterrompue dans l'élite du foot anglais (dont une partie, c'est vrai, pendant la guerre).

Le club londonien se reconstruit après une terrible saison où il a encaissé pas moins de 120 buts. Son manager Jimmy Trotter, qui avait succédé à la légende locale Jimmy Seed, avait rêvé d'une meilleure entrée en matière. Il a toutefois été maintenu à son poste.

 

 

À dix et menés à la pause

Le 21 décembre 1957, Charlton reçoit l'équipe de Huddersfield Town, une équipe du Yorkshire dirigée depuis sa relégation en 1956 par un certain Bill Shankly, un ancien joueur écossais dont la carrière de manager tarde à décoller. Charlton est dans le peloton des prétendants à la montée, tandis que Huddersfield flâne dans la deuxième partie de tableau en dépit de sa quête de retour parmi l'élite.

Les deux équipes se sont rencontrées lors de la première journée de championnat et avaient réalisé, déjà, un match étonnant. Charlton menait 3-0 à la pause avant que les locaux ne refassent leur retard pour obtenir un match nul 3-3. Elles se retrouvent quatre mois plus tard à The Valley, le stade de Charlton, où 12.535 spectateurs ont pris place.

Après un quart d'heure de jeu, Derek Ufton, capitaine et milieu de terrain de Charlton se luxe l'épaule et est contraint de sortir du terrain, laissant ses coéquipiers poursuivre la rencontre à dix - les changements de joueurs en cours de match ne sont pas toujours autorisés en compétition.

Les joueurs locaux résistent encore un quart d'heure, mais Huddersfield Town profite enfin de sa supériorité numérique quand l'Écossais Les Massie ouvre le score. Cinq minutes plus tard, son compatriote Alex Bain double la mise. Les hommes de Bill Shankly mènent 2-0 à la pause.

Dans les vestiaires, Johnny Summers, l'ailier gauche de Charlton, se décide à adopter des chaussures neuves, les anciennes ayant définitivement rendu l'âme. Pendant qu'il fait ses lacets, le manager Jimmy Trotter lui demande de se positionner au centre de l'attaque. Il donne ensuite aux autres joueurs la consigne d'envoyer tous les ballons vers leur nouvel avant-centre.

Summers in the city

L'entraîneur a vu juste. À peine la rencontre a-t-elle repris que Summers parvient à réduire l'écart, du pied droit alors qu'il est gaucher. Mais ce but n'est qu'un feu de paille. Huddersfield Town reprend les choses en main et inscrit aussitôt un troisième but par Alex Bain. Deux minutes plus tard, un penalty est accordé aux visiteurs que transforme le milieu de terrain Bill McGarry.

Charlton boit le calice jusqu'à la lie avec un cinquième but signé Bob Ledger. 5-1 à l'heure de jeu, le match semble plié, d'autant que le terrain est de plus en plus boueux. Certains spectateurs quittent déjà le stade, préférant aller préparer Noël à la maison.

Les joueurs de Charlton ne manquent cependant pas d'orgueil. Dès l'engagement, Summers transmet un ballon à l'attaquant John Ryan dont le tir trompe Sandy Kennon, le gardien d'Huddersfield. L'exploit serait resté anecdotique s'il n'avait été immédiatement suivi d'un autre, Johnny Summers inscrivant son deuxième but de l'après-midi.

En moins de quatre minutes, le score est passé de 1-4 à 3-5. Certains spectateurs sur le point de quitter le stade regagnent leur siège, pressentant qu'il va se passer quelque chose. Il faut dire que Johnny Summers est dans un grand jour. Dribbles, passes, l'avant-centre aux chaussures neuves réussit tout ce qu'il entreprend. Surtout, ses tirs font mouche.

73e minute : Summers porte le score à 4-5. 78e : Summers égalise à 5-5. 81e : Summers donne l'avantage à Charlton. 6-5 ! Le club londonien est sur le point de remporter la rencontre alors qu'il était mené 5-1 à l'heure de jeu. Rarement The Valley n'avait connu une telle effervescence.

Amazing ! Incredible ! Fantastic !

Le match n'est pas fini. À quatre minutes de la fin, Stan Howard marque pour Huddersfield et porte le score à 6-6. Les joueurs de Charlton, bien qu'en infériorité numérique, ne tiennent plus à laisser filer la victoire. À la dernière minute, Johnny Summers sème la panique sur l'aile gauche, centre pour John Ryan qui marque le but d'une incroyable victoire : 7-6 !

 

 

"Amazing ! Incredible ! Fantastic !" La presse locale se trouve à court de superlatifs pour décrire la rencontre. Avec cette victoire, Charlton grimpe au quatrième rang alors que Huddersfield se retrouve treizième.

Le club du Yorkshire terminera à une modeste neuvième place alors que l'équipe londonienne sera candidate à la montée jusqu'à la dernière journée (elle sera battue à domicile par son adversaire direct Blackburn Rovers).

De nombreuses sources assurent que Huddersfield Town est la seule équipe professionnelle de l'histoire à avoir perdu une rencontre où elle a inscrit six buts.

En octobre 1960, Middlesbrough parviendra à son tour à inscrire six buts à The Valley tout en concédant le match nul (6-6). Quelques jours plus tôt, Johnny Summers réalise un nouveau quintuplé lors d'une rencontre de folie remportée (7-4) contre Portsmouth. Le héros de Charlton disparaîtra en juin 1962, victime d'un cancer foudroyant à l'âge de trente-quatre ans.

 

Contes de Noël

Charlton-Huddersfield 1957. Pluie de buts sur la vallée

France-Belgique 1944. Le match de la Libération 

Real-Partizan 1955. Le match de la Navidad

Sheffield Wednesday-Sheffield United 1979. Le Boxing Day Massacre

Réactions

  • Mangeur Vasqué le 21/12/2021 à 09h59
    Match mythique en effet et “la” référence en matière de remontada dans le foot anglais. J’avais fait un court billet dans Teenage Kicks sur ce match d'anthologie en février 2011, ici lien, en bas d’article sous l’intertitre “Les grands comebacks du football anglais”.

    Comme je l’écris dans mon mini focus, Shankly fut un peu fautif car à la mi-temps du match, et avec Hudds qui menait 2-0 (et Charlton réduit à 10), il dit à ses joueurs : « Vous êtes trop bons pour eux les gars. Vos adversaires ne sont même pas dignes d’être sur la même pelouse que vous. »

    Oups...

  • Mangeur Vasqué le 21/12/2021 à 18h35
    Il existe des archives de ce match mais malheureusement je crois bien qu’elles sont entre les mains de Charlton Athletic, et seulement visibles dans le musée du club à Valley Parade lien (les clubs de Football League filmaient souvent leurs matchs, surtout en D1 & D2).

    On peut toutefois voir quelques courts extraits dans ce clip lien, ici par exemple lien ou ici lien.

    L’angle prise de vue donne d’ailleurs l’impression que l’affluence était bien plus importante que les 12.500 spectateurs officiels, mais c’est surtout une illusion d’optique (y’avait aussi probablement quelques resquilleurs, fréquent à l’époque).

    Photo du programme de la couverture du programme de match (les progs faisaient quelques pages à l’époque) : lien

    Dans la première partie des années 1950, seuls quelques matchs de FA Cup et les rencontres des sélections nationales du Royaume-Uni (surtout Angleterre évidemment) avaient le droit aux caméras de la BBC (qui n’avait alors qu’une seule chaîne, appelée “BBC Television Service” ; la BBC Two naîtra en 1964. Ainsi que, me précise page 20 l’excellent livre “Are you watching the match tonight? – The remarkable story of football on television” de Brian Barwick, des rencontres de feue la FA Amateur Cup et les matchs entre équipes nationales scolaires à Wembley ou dans d’autres grands stades, lesquels attiraient des foules considérables, 100.000 spectateurs parfois, voir cet article du Guardian lien).

    En ce qui concerne les championnats de Football League (à l’époque D1 à D4), les instances, surtout la Football League, étaient opposées à la diffusion en direct et même aux résumés de match, craignant de grosses pertes financières.

    Toutefois, à partir du milieu des années 1950, l’essor de la télévision et l’arrivée d’ITV en 1955 ont commencé à faire bouger les lignes. ITV était la toute première chaîne commerciale du pays, ce qui signifiait publicités et fin du monopole pour la BBC et donc concurrence. Ergo : y’avait de la maille à se faire pour les instances de la Football League (droits de match vendus à la BBC pour 1.000 £ et plus pour les gros matchs de FA Cup, quelques centaines de £ pour le championnat, etc.).

    On vit progressivement plus d’images des championnats de Football League à la télé, mais en grande majorité des résumés de matchs, diffusés dans des émissions très populaires comme “Sportsview” sur la BBC, BBC Sport ou Grandstand (qui dura presque 50 ans), ou même au cinéma avant les films. À partir de 1955-56, la Football League autorisa la retransmission de quelques matchs de Football League mais quasiment toujours en différé.

  • Richard N le 22/12/2021 à 06h59
    Merci pour ces précisions MV
    Les résumés de matchs en format long (“Match of the day”) avaient été l’une de mes grandes découvertes de ma première escapade en terre anglaise. C’était au début des années 1980 et je trouvais déjà que la TV anglaise diffusait plus de foot que les trois chaînes françaises d’alors (c’était avant Canal+).
    Ce serait intéressant d’avoir un comparatif des temps de jeu diffusés au fil des ans sur les TV des différents pays d’Europe.

  • Mangeur Vasqué le 22/12/2021 à 10h17
    Oui, effectivement, ça serait fascinant.

    Dans mon poste précédent, je parlais spécifiquement de cette époque, années 1950-1960, les quelques matchs par week-end diffusés régulièrement en diffusion live sont arrivés bien plus tard, à partir de la saison 1979-1980, je parlais de ce sujet dans ce dossier sur la naissance de la PL lien.

    Ce qui a changé la donne au sortir des années 1970 c’est l’implication grandissante d’ITV dans le football (chaîne commerciale, contrairement à la BBC, service public), combiné à la mauvaise situation financière de la Football League. La BBC et ITV payaient alors la Football League (pour les highlights dans MOTD, Match Of The Day) mais peu, de l’ordre d’environ 500.000 £, et sur 3 ans.

    En 1980, ITV a décidé de quadrupler les offres en vigueur entre la Football League et le combo BBC-ITV et (offrir 5 millions £, sur 3 ans il me semble) pour avoir l’exclu des highlights et quelques matchs de championnat en direct, mais très peu (je ne sais pas combien mais c'était style 2 par par week-end et sur les 4 divisions pro de la Football League), avec des variations régionales aussi un peu plus tard, donc dans le North West ils essayaient de passer du Liverpool et Manchester, dans les Midlands du Aston Villa, etc. Avec, toujours, la diffusion de matchs en différé (comme en France d’ailleurs à l’époque, je me souviens de mater du différé fin années 1970 et années 1980, sur TF1 en particulier mais aussi peut-être “Antenne 2”).

    Sans refaire le match car c’est développé dans mon dossier en 4 volets (le déclin du foot dans les Seventies et sa déliquescence dans les Eighties, la pression des gros clubs, l’arrivée des chaînes cablées, etc.) mais ce modèle se détériora tout au long des années 1980 pour finir par exploser et donner la Premier League, une sorte de renaissance-résurrection du football anglais.