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Armstrong 1982, de l'Ulster à la lune

[saga Mundial 1982] Un jour, un but - Le 25 juin 1982 à Valence, Gerry Armstrong inscrit face à l'Espagne le but le plus important de l'histoire du football nord-irlandais. 

Auteur : Richard Coudrais le 25 Juin 2022

 

Il n'y a pas qu'en France qu'une erreur de Luis Arconada est associée à un moment de football historique. En Irlande du Nord, on a gardé en mémoire l'exclamation du commentateur qui hurle le nom du gardien espagnol juste avant celui du héros à venir : "Arconadaaaa... Armstrong !"

L'Irlande du Nord participe à la Coupe du monde 1982 et, pour beaucoup d'observateurs avisés, c'est déjà un exploit en soi. Ce petit bout d'île jamais tranquille, toujours sous l'autorité du Royaume Uni, compte à peine plus d'habitants que ce que l'Angleterre dénombre en footballeurs.

 

 

Un petit bout d'île jamais tranquille

Son équipe pratique un kick'n'rush qui s'appuie sur une solide défense et un gardien de premier plan, Pat Jennings, le keeper d'Arsenal. Ce sera d'ailleurs l'une de ses forces lors de son premier match à Saragosse contre la Yougoslavie.

Les coéquipiers de Safet Susic font tourner le ballon mais ils se heurtent à la défense rugueuse des Britanniques menée par Sammy McIlroy, de Manchester United (0-0).

Face au Honduras pour le deuxième match, le onze nord-irlandais démontre qu'il a aussi des arguments offensifs. Il ouvre le score après dix minutes de jeu grâce à son avant-centre Gerry Armstrong, attaquant de Watford, tout frais champion d'Angleterre... de deuxième division.

À ses côtés papillonne le très british Billy Hamilton, attaquant du Burnley FC, champion d'Angleterre de... troisième division. Et derrière eux se révèle un meneur de jeu de dix-sept ans - le plus jeune joueur de l'histoire de la Coupe du monde - qui n'a joué que deux rencontres professionnelles avec Manchester United, Norman Whiteside.

Les Nord-Irlandais auraient pu inscrire un ou deux buts supplémentaires, mais ils se font finalement rejoindre en début de seconde période par une égalisation hondurienne (1-1).

Avec deux matches nuls, ils se retrouvent malgré tout en position de se qualifier au moment d'aborder son troisième rendez-vous. Curieusement, même le sélectionneur Billy Bingham n'y croit pas trop. Ses hommes affrontent l'Espagne, l'hôte du tournoi en quête de rachat après deux premières rencontres sauvées par quelques penalties providentiels.

Cette affiche du 25 juin 1982 au stade Luis Casanova de Valence va pourtant être le sommet du football nord-irlandais. Comme face aux Yougoslaves et aux Honduriens, les hommes de Bingham canalisent une équipe espagnole décidément très brouillonne.

Une légende nord-irlandaise

L'événement survient en début de seconde période. Gerry Armstrong, replié dans son camp, chipe un ballon aux attaquants espagnols. De sa position d'arrière droit, il entreprend de remonter le terrain très vite vers l'axe.

Balle au pied, il passe la ligne médiane et arrive à une quarantaine de mètres de la cage d'Arconada. Bloqué par trois défenseurs espagnols, il transmet sur sa droite à Billy Hamilton. Le numéro 11 irlandais fixe Gordillo, puis déborde sur l'aile droite.

Sans regarder, à la britannique, il centre dans la surface de réparation. Il pensait trouver Armstrong, mais il trouve Arconada. De sa ligne, le gardien espagnol plonge au niveau des six mètres. Une erreur, car il ne fait que repousser le ballon, alors que deux de ses coéquipiers sont à ses côtés.

Une grosse erreur, même puisque le ballon arrive idéalement vers Gerry Armstrong, complètement seul au niveau du point de penalty. L'Espagnol gesticule mais l'Irlandais frappe. Le ballon passe entre les jambes du gardien, et entre les jambes aussi du défenseur Alexanko, venu se positionner sur la ligne.

 

 

Le reste du match devient un morceau de bravoure qui forge les légendes. Les Nord-Irlandais se regroupent derrière et bloquent les attaques espagnoles. Ils terminent la rencontre à dix, Mal Donaghy étant expulsé pour avoir giflé Antonio Camacho.

Le bloc reste soudé, solidaire et hermétique. Et lorsque cela ne suffit pas, il y a Pat Jennings qui règne en maître dans sa surface de réparation. À trente-sept ans, le gardien d'Arsenal savoure la première Coupe du monde de sa carrière, en se disant que ce sera probablement la seule.

Les boys de Billy Bingham tiennent jusqu'au bout et décrochent une victoire historique qui les propulse au second tour. Ils poursuivront leur balade en éliminant notamment l'Autriche, mais sombreront aux portes de la demi-finale contre une équipe de France euphorique. Peu importe, personne dans les six comtés du Nord de l'Île n'oubliera le but de Gerry Armstrong.

 

 

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Réactions

  • José-Mickaël le 25/06/2022 à 13h09
    Juste pour le signaler : pour la petite histoire, Jennings est revenu en 1986 (où les Espagnols ont eu leur revanche) à plus de quarante ans. D'ailleurs je crois que l'auteur de l'article, de la façon dont la phrase est tournée, veut nous le laisser deviner.

    En tout cas je me souviens particulièrement de ce match à cause de l'anti-jeu systématique des Espagnols, avec la complicité de l'arbitre qui les laissait faire. Le carton rouge irlandais, c'est un joueur qui a répliqué - comme il n'était pas espagnol, l'arbitre l'a vu. Cet « arbitrage à la maison » au vu de tout le monde était honteux mais ne s'est plus reproduit : ni au second tour, ni dans les éditions suivantes.

  • Vas-y Mako! le 25/06/2022 à 13h44
    Juste pour rectifier, l’Irlande n’élimine pas l’Autriche au tour suivant, puisque c’est un groupe de 3 avec la France , l’Irlande et l’Autriche, et que seule la France sort du groupe. D’ailleurs les Irlandais finissent dernier du groupe ( sans avoir battu les Autrichiens).
    Mais que c’était bien de voir ces Irlandais battre cette horrible équipe d’Espagne qui en effet jouait vraiment à domicile .

  • suppdebastille le 25/06/2022 à 14h14
    Pour le coup je me souviens bien pas forcément du match qui devait être très très moche mais d'avoir supporté les Irlandais qui à part leur détermination n'avaient pas grand chose à proposer.
    L'arbitrage à la "casa" présent en Argentine avait atteint des sommets dans ce mondial 82 permettant à l'Espagne de franchir le 1 er tour et aux Bleus d'avoir un 2e tour en or récupérant grosso modo le groupe promis aux locaux.
    La meilleure équipe du groupe était probablement la Yougoslavie mais qui comme souvent ne fit pas grand chose de bon.

  • Richard N le 25/06/2022 à 16h53
    J'ai en effet pris un raccourci. L'Autriche, initialement battue par la France, devait absolument battre l'Irlande du Nord par au moins deux buts d'écart. Or, elle a été accrochée 2-2 et son mondial a pris fin. Donc, dans les faits, ce sont les Irlandais qui éliminent l'Autriche. Les Irlandais termineront ensuite derniers du groupe à trois, mais les Autrichiens n'y seront pas pour grand-chose :-)

  • Richard N le 25/06/2022 à 16h57
    Ce groupe 5 a en effet donné un résultat étonnant. Les deux meilleures équipes étaient la Yougoslavie et le Honduras, mais ce sont les deux autres qui sont passées. Cruelle magie de la Coupe du monde...

  • suppdebastille le 25/06/2022 à 17h33
    Et merci encore pour tes articles, je me rends compte que les mondiaux 82 et 86 sont ceux qui m'ont laissé le plus de souvenirs et surtout d'émotions.

  • Vas-y Mako! le 25/06/2022 à 20h53
    Moi pareil. On était jeunes et innocents.

  • Mangeur Vasqué le 26/06/2022 à 21h38
    "Gerry Armstrong, attaquant de Watford, tout frais champion d'Angleterre... de deuxième division."
    ________________________________________________________________________________

    Merci pour ces articles, Richard ('tite rectif : c’est Luton Town le champion de D2 cette saison-là, Watford finit 2è).

    Certes, mais quelle équipe de D2 ! Sans doute l’une des toutes meilleures équipes D2 de l’histoire du foot anglais. L’entraîneur était le mythique Graham Taylor (disparu en 2017), jeune et inexpérimenté manager alors. Il fit passer Watford de la D4 à la D1 en cinq saisons ! Taylor sera ensuite nommé sélectionneur des Trois Lions, succédant à Bobby Robson. Depuis avril 1977, Elton John était le propriétaire des Hornets, club qu’il avait acheté pour 250 000 £. On voit ici EJ et GT dans ce docu d’archives de septembre 1977 https://m. lien. Elton John avait d'énormes ambitions pour le club lors du rachat en 1977, petit club de D4 donc - qui, hormis trois saisons en D2, végétait entre la D3 et D4 -, il avait même annoncé à un Taylor fraîchement nommé qu'il voulait jouer l'Europe ! "Sortons d'abord de D4, boss", lui avait répondu Taylor qui avait dû se sentir sous pression !)

    Tellement forte que ce même effectif, quasi inchangé, promu en D1 en mai 1982, finit 2è de D1 la saison suivante ! (derrière l’intouchable Liverpool). Certes, le style rugueux et kick and rushien n’était pas du goût de tout le monde mais ils avaient du ballon et sans doute la meilleure condition physique du foot britannique alors.

    Comme le manager, quasiment tout l'effectif était jeune et inexpérimenté. Les joueurs principaux étaient Kenny Jackett, John Barnes, Luther Blissett (qui finira meilleur buteur de D1, 27, la saison suivante, avant que le Milan AC ne le recrute), Steve Sims, Nigel Callaghan (superbe ailier droit, le pendant de Barnes), Pat Rice (à peu près le seul joueur chevronné de l’équipe avec Sims, il avait fait 13 ans à Arsenal).

    Le recrutement de John Barnes à Watford est typique de cette époque-là. Barnes, à 17 ans, était inconnu et jouait à Sudbury Court FC, un petit club du nord-ouest londonien. Il était arrivé en Angleterre à 13 ans en janvier 1976, de Jamaïque (contrat de 4-5 ans de son père, un colonel, nommé à l’ambassade de Jamaïque comme conseiller défense) et ne voulait pas particulièrement être pro. Ses parents devaient quitter l’Angleterre vers 1980-1981. Un jour de 1981, un chauffeur de taxi remarque Barnes virevolter sur son aile dans un match de quartier. Le cab driver est tellement scotché qu’il alerte un recruteur, qui va l'observer au match suivant. Lui aussi est scié. Il a un contact à Watford et… Well, on connaît le reste. Pour la petite histoire, Watford fila quelques ballons et jeux de maillot à Sudbury Court en échange de John Barnes, signé par les Hornets en juillet 1981 après un essai.

  • Mangeur Vasqué le 26/06/2022 à 21h59
    Et juste une petite anecdote pour finir sur le Watford de cette glorieuse époque.

    J’avais raconté dans le forum, et Teenage Kicks il me semble, les épiques célébrations d’Elton John et de Graham Taylor à l'occasion de l'historique montée de Watford en D1 (mai 1982 donc), dans ce poste notamment lien. Taylor et John picolèrent tellement pour fêter l’évènement qu’ils titubèrent au hasard des rues autour du stade et, totalement ivres, finirent par sonner chez les riverains en leur offrant des fleurs (volées dans un parc public il me semble).

  • Red tattoo le 27/06/2022 à 08h56
    ,Comme les autres, je me souviens d'un arbitrage à la maison absolument honteux, qui devait aider la pitoyable équipe d'Espagne à éviter le ridicule. En 1978, l'Argentine en avait profité et lui doit en partie son titre, mais les Espagnols étaient vraiment trop faibles...
    J'étais rentré chez moi en cours de seconde période et j'avais regardé la fin avec mon père, qui était furieux contre l'arbitre, il y avait de quoi. Nous nous étions enthousiasmés pour ces braves nord-irlandais. En y repensant, je crois que c'est un des matchs qui a contribué à me faire aimer l'état d'esprit britannique et irlandais en foot