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Times New Roman

C’est l’histoire d’une brève de l’Agence Transe Presse qui inspire un peu trop un article du Times. Ou comment les "sources" se brouillent dans la plus grande confusion.

Auteur : Christophe Kuchly et Raphaël Cosmidis le 14 Mars 2013

 

La version anglaise de cet article / english version of this article
 


L’humour passe toujours mieux dans la langue maternelle du lecteur, encore plus quand il s’agit d’une fausse dépêche. Les subtilités et indices laissés en filigrane, assez facilement détectables pour qui a un œil un peu avisé, se perdent parfois au fil de la traduction. La connaissance du média incriminé est également une donnée importante. La fameuse phrase de McLuhan "Le message, c'est le médium" prend ici tout son sens. Les Cahiers du football n’ont pas vocation à sortir des informations, et aucun journaliste ne passe des coups de fils et n’active de sources en leur nom. Ce contexte identifié par les lecteurs et journalistes français, même si certains se sont déjà fait prendre, ne l’est plus tout à fait à l’international.

 


 

Une copie un peu trop conforme

Admettons-le, il est possible qu’une vraie information en suive une fausse. Par pure coïncidence, ou comme déclencheur. Un club de football prétendument lié à un joueur pourrait se renseigner sur lui, le trouver intéressant et finalement le signer. Pourquoi pas. Le cas semble ici beaucoup plus limpide.
 

Première étape : la fausse dépêche est publiée ici dans la nuit du 11 au 12 mars, avec un nom, une illustration et des chiffres sortis tout droit de l’imagination de son rédacteur. Cela doit être bien compris: l'article des Cahiers a été publié avant l'article du Times. Une simple recherche sur Google l'établira.
 

Deuxième étape : le 13 mars, aux environs de 3 h 30 du matin, le Times sort une information exclusive ressemblant étrangement à la précédente. Nom du projet, date de lancement, nombre de clubs invités, budget de départ, illustration… Tout concorde. Sauf que personne en Angleterre ne s'en rend compte.
 

Peu après la publication de l’article, l’information est reprise par les autres journaux anglophones. Des billets d’humeur sur le sujet apparaissent et les journalistes s’interpellent sur Twitter, regrettant unanimement qu’un tel projet puisse voir le jour. Rapidement, ceux-ci sont interpellés par des lecteurs habituels des cahiers, nous en particulier, Christophe et Raphaël, qui écrivons notamment sur les Dé-Managers, leur signalant que leur scoop est en réalité un article purement fictionnel. A ce moment-là, peu nous prennent au sérieux.
 


Ça coule de source

Attaqués par des inconnus en plein milieu de la nuit sur la fiabilité de leurs sources, les journalistes du Times, endormis ou très discrets, sont défendus par leurs collègues, convaincus de leur probité. Après tout, l’article est tout de même signé Oliver Kay, le chef de la rubrique football du journal. C’est vrai, l’homme a la réputation d’être fiable. Mais qu’est-ce que la réputation face à un tel faisceau de présomptions? Rapidement, les questions se multiplient, et notre connaissance des Cahiers fait de nous des interlocuteurs.
 

Tandis que certains lecteurs du Times se sentent dupés et que l’auteur du billet d’humeur se demande s’il n’a pas écrit sur du vent, un inconnu, dont le profil semble sérieux, invite Christophe à le contacter en message privé. L’homme affirme que notre fausse nouvelle a tapé dans le mille. L'appellation serait fausse, mais pas l’idée selon laquelle seize équipes iraient jouer une compétition à Doha à partir de 2015: il y aurait bien des discussions avec QSI, ce qu’auraient confirmé trois dirigeants de clubs anglais au Times. L’idée serait d’ailleurs dans les tuyaux et connue par les journalistes depuis un moment. La vitesse à laquelle la dépêche a été reprise est en tous cas symptomatique des fantasmes qui agitent le monde du foot (et plus largement nos sociétés occidentales) dès lors qu’on évoque le Qatar.
 

Si l’explication peut tenir la route, une fausse nouvelle qui aurait incité les journalistes du Times à réactiver leurs sources pour en donner une vraie, l’histoire du nom et des chiffres ne colle toujours pas. Pas plus que celle du visuel, inventé pour l’occasion, et présenté par le Times comme étant celui créé par les promoteurs du projet. C’est normal, répond celui qui se présente désormais comme l’une des sources, l’article serait uniquement un test pour embêter l’UEFA et tuer le fair-play financier, et la reprise d’éléments de la dépêche Agence Transe Presse servirait simplement à étayer une histoire qui doit tout de même remplir trois pages (comment est-ce qu’une fausse news aiderait la véracité d’une vraie news?) sans donner tous les éléments. Cette source est-elle authentique? Ou n'est-ce qu'un imposteur? Les deux sont possibles, mais plusieurs indices nous amènent à penser que l’homme prétend seulement avoir des informations et n’a aucun contact dans le milieu du football. Richard Whittall, du blog Counter Attack, se pose également des questions.
 


Des interrogations

Oliver Kay s'est-il vraiment fait piéger par cet homme (il le suit sur Twitter, ce qui n'est évidemment pas concluant en soi)? Sa source, quelle que soit son identité, lui a-t-elle envoyé l'image et des chiffres que nous avions utilisés dans l’article, sans qu’il ne vérifie leur provenance? Oliver Kay a-t-il obtenu de vraies informations qui se sont mélangées aux nôtres, complètement imaginaires? Impossible d'émettre autre chose que des suppositions. Une chose est sûre: des faits imaginaires, publiés chez nous dans un article sans volonté de tromper des médias étrangers, ont été repris textuellement vingt-quatre heures plus tard. Il y aurait matière à en rire si le Times n’avait pas cherché à se justifier en suggérant que nous avons cherché à surfer sur le buzz.
 

A priori, seul le Times pourra, ou devra, expliquer ce qui s’est passé. Oliver Kay d’ailleurs a profité d’un chat, organisé mercredi, pour annoncer la publication des éléments à charge. On attend de voir, tout en restant circonspect face à de telles méthodes. Les prochains jours devraient encore apporter leur lot de révélations, petites ou grandes. À moins, bien sûr, que les Cahiers du football n’hébergent un médium, un haut responsable du Times ou un proche des dirigeants qatariens (qui ont depuis démenti la véracité du projet). Aux dernières nouvelles, ce n’était pas le cas.
 

La version anglaise de cet article / english version of this article
Lire aussi : "Dream Football League : le mauvais rêve du Times"
 

Réactions

  • Tonton Danijel le 14/03/2013 à 13h17
    Mon seul regret, c'est qu'entre la neige et l'élection du pape, cet évènement n'a pas bénéficié d'un plus gros traitement médiatique... Pourtant, de nombreux journalistes auraient pu rigoler de leurs homologues britanniques.

  • Karel Pauvre Au Ski le 14/03/2013 à 13h51
    En tout cas, ici (dans le youké) c'est a mourir de rire ce truc. Depuis deux jours j'ai en moyenne un collegue par heure qui me demande si je connais les Cahiers, et si c'est fiable. En general je reponds "Oui, c'est tres fiable: leurs infos sont des infos, leurs intox sont des intox, ca se melange pas".

    Il n'empeche que je peux pas m'arreter de visualiser un mec au Qatar, qui se reveille le matin sur son matelas de biftons, lit la depeche de l'ATP et commence a ecarquiller les yeux: "Putain, comment on y a pas pense avant, aux iles privees avec des lois speciales?!"

  • Charterhouse11 le 14/03/2013 à 13h58
    George Worst
    aujourd'hui à 11h17

    Histoire étonnante.
    Et le titre de l'article est un véritable bijou.
    ********

    De Zubart T'abat si je ne dis pas de bêtise.

  • Tonton Danijel le 14/03/2013 à 14h55
    Richard Whittall donne de nouveaux éléments sur l'affaire sur son excellent blog Counter Attack:

    lien

    Rigo, si tu as effectivement eu des contacts avec Rob Beal, tu devrais peut-être le contacter.

  • gurney le 14/03/2013 à 15h14
    Tonton Danijel
    aujourd'hui à 13h17
    Je suis assez surpris de ne pas avoir vu une seule brève dans kiplé.
    Pourtant, ils en font sur le moindre petit truc insignifiant...
    Et là rien.
    Me dis pas qu'ils sont pas tombés dessus, c'est impossible avec tous les twitter et compagnie.
    Sur twitter avec C11 on a essayé de demander à P. Auclair de nous en dire plus, et dans parler sur RMC. Mais silence radio. Lui aussi pourtant prompt à en faire des tonnes sur la moindre petite polémique.

    Je vais Byétriser, mais j'ai l'impression, vu de l'extérieur, que ça en dérange pas mal ce genre de petit buzz, et qu'il y a une forme de solidarité de métier.

    Et puis l'Equipe préfère la boucler sur le sujet plutôt que de faire de la pub à un concurrent (petit certes) qui ne cesse de le dénigrer.

  • Tonton Danijel le 14/03/2013 à 15h22
    Visiblement, "l'affaire" est passé aux Specimens. Et Bruno Roger-Petit a traité sur France 4 les Cahiers de provocateurs gauchistes (lol, si je peux me permettre). Bon, je n'ai vu aucun des passages en question, je l'ai découvert sur le twitter des CdFs.

    Je regarde régulièrement Google pour voir l'info reprise par Direct Matin, Métro... lien

    La Voix du Nord a fait un article très détaillé, mais ce n'est pas surprenant vu que Radek écrit aussi des articles pour eux:
    lien

    C'était trop tard pour "Le Canard Enchaîné" (qui a achevé son bouclage le mardi soir, avant que l'affaire n'explose), mais j'espère qu'ils vont parler de cette histoire la semaine prochaine, c'est tellement énorme que j'imagine mal Angeli et co. passer à côté.

    En tout cas, l'ampleur du buzz risque de pousser de plus en plus de médias à s'intéresser à l'affaire...

  • blafafoire le 14/03/2013 à 15h27
    gurney
    aujourd'hui à 15h14

    "Et puis l'Equipe préfère la boucler sur le sujet plutôt que de faire de la pub à un concurrent (petit certes) qui ne cesse de le dénigrer. "

    Je crois surtout que le sujet n'intéresse pas tant que ça leurs lecteurs. Les problèmes de sourcing des journalistes dans les grands quotidiens anglais passent au dessus de la tête du lecteur moyen, me semble-t-il. Car pour l'instant ce n'est "que" cela. S'ils avaient la preuve que la DFL était autre chose qu'un canular, ils relaieraient.
    Cela dit, en disant cela je me rappelle de choses totalement insignifiantes relayées par leur fil d'infos...

  • lyes le 14/03/2013 à 16h36
    Ce qui est étonnant c'est l'attitude du Times. Au lieu d'avouer s'être fait avoir par un article satirique dans une langue étrangère ce qui les auraient fait passés pour des idiots un jour ou deux. Ils persistent avec une mauvaise foi hallucinante et vont au final passer pour des idiots de manière bien plus lourde.

    Après je dis ça d'un point de vue de CDFiste, mais ça ne me semble pas très dur à démontrer au vu des dates de publications et de la reprise aveugle de chiffres et de logos imaginaires.

    Je me demande si un journaliste quelconque aura le cran de faire un article de fond la dessus pour faire la part des choses. J'ai plus l'impression que personne n'a trop envie de montrer du doigt le Times parceque ça peut très bien arriver à d'autres bientôt et puis personne n'a envie de faire de la pub aux CDF qui tapent sur les dérives du journalisme moderne.

  • Tonton Danijel le 14/03/2013 à 16h44
    lyes215
    aujourd'hui à 16h36

    Je me demande si un journaliste quelconque aura le cran de faire un article de fond la dessus pour faire la part des choses.
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    Tu as le blog Counter Attack, lyes215, ou Richard Whittall essaie de décortiquer un embroglio loin d'être clair (il a l'air embarrassé, il est le premier à mettre en cause Rob Beal, mais il a l'air de sentir mal vis-à-vis des déboires d'Oliver Kay). Après, il faut se mettre aussi du côté britannique: le Times est un journal qui a une réputation de sérieux, qui ne s'est jamais fait avoir de la sorte en 200 ans d'existence... Déjà que leurs ventes sont en berne, si en plus ils se tapent un camouflet pareil...


    J'ai plus l'impression que personne n'a trop envie de montrer du doigt le Times parce que ça peut très bien arriver à d'autres bientôt et puis personne n'a envie de faire de la pub aux CDF qui tapent sur les dérives du journalisme moderne.
    - - - - - - - - - -

    Là, j'éviterais ce genre de couplet de nature à rendre parano... Surtout que la pub existe (vérifies sur Google... de toutes façons, les médias mainstream, sortis de la neige et du pape, je préférerais encore que l'Equipe parle plus d'analyse tactique des matchs de Ligue des Champions que de ce buzz). Et on n'en est qu'au début de l'affaire, well, listen, let Richard Whittall do his job, as soon as he will have more information, you will be informed.

  • et alors le 14/03/2013 à 16h58
    Ne vous excitez pas trop non plus, avec l'équipe, le canard enchaîné et autres grands chevaux. Passée la rigolade, cette histoire de sources et d'intox n'intéresse plus que des journalistes (circulation circulaire de l'information, c'est ça?).

    Ce qui n'empêche Jamel Attal d'en tirer la leçon la plus intéressante, sur la "gouvernance" et non le journalisme, avec les fantasmes que suscite le Qatar.