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Chelsea, le prix des titres

Invité : When Saturday Comes – Pour un supporter du PSG nouveau, l'expérience de Chelsea – club richissime mais en perte d'identité et de lien avec ses fans – peut être instructive...

Auteur : Mike Ticher le 26 Sept 2011

 

Notre partenariat avec When Saturday Comes se poursuit: dans le cadre des célébrations du 25e anniversaire de l'indispensable magazine britannique, l'article de Mike Ticher explique que l'argent des clubs ne fait pas forcément le bonheur des supporters. Titre original : Financial Times - traduction Jérôme Latta.

* * *


wsc_september2.jpgEn 1996, j'ai interviewé un porte-parole du cabinet Deloitte & Touche, portant le costume, à propos de son travail sur l'économie des clubs. Il m'avait patiemment présenté un de leurs premiers rapports annuels, m'expliquant pourquoi cette industrie n'était pas durable: si les clubs n'arrivaient pas à maîtriser les salaires des joueurs, avait-il assuré, un désastre se produirait à l'horizon de quelques années.
Les clubs n'ont pas maîtrisé les salaires, mais il n'y a pas eu de krach. Ils ont trouvé de nouvelles et abondantes sources de revenus (ou exploité plus efficacement les anciennes), ont parfois été sauvés miraculeusement en dernière extrémité, sont devenus des objets de convoitise pour de riches magnats, ont contourné des règlementations très lâches et s'en sont généralement sortis sans trop de dommages.


Ferrailleurs et grossistes en boucherie porcine
Une des leçons des vingt-cinq dernières années est donc que les clubs professionnels sont quasiment invulnérables, aussi improbables leurs comptes puissent-ils paraître. L'histoire récente du Royaume-Uni ayant douloureusement montré les limites du concept de "Trop gros pour échouer" (Too big to fail, NdT), personne ne devrait être trop confiant dans l'avenir de clubs flottant sur une bulle gonflée par l'endettement ou la munificence de certains mécènes. Mais l'expérience enseigne que peu de supporters ont de vraies raisons de craindre que leur équipe disparaisse avant le cinquantième anniversaire de When Saturday comes. Ce qui devrait les inquiéter, plutôt, c'est la teneur de leur relation avec ce club... tant cette relation a été bouleversée, pour le meilleur et pour le pire, par le statut juridique de ceux-ci et le profil de leurs propriétaires.
Avant 1982, année qui vit Tottenham opter pour le statut de Société anonyme (Public limited company, NdT), il n'y avait pas beaucoup d'alternatives au modèle classique de la propriété privée, que le Guardian décrivit l'an passé en évoquant la figure du "propriétaire traditionnel, personnalité locale et généralement philanthrope" – mais que le magazine Foul qualifia dans les années 70, en des termes moins amènes, de "ferrailleurs et autres grossistes en boucherie porcine" dotés d'une vision très étroite des intérêts du jeu.


L'aliénation en échange du succès
Comme bien d'autres modèles britanniques traditionnels – s'agissant des stades, des méthodes d'entraînement ou de la médiatisation – les pratiques en vigueur durant des décennies ont commencé à donner de la bande durant les années 80. Avec un public qui désertait les travées, beaucoup de propriétaires n'eurent plus les moyens de soutenir leur club local, aussi généreuses qu'aient été leurs motivations. En conséquence, de nombreux clubs, les plus petits en particulier, devinrent la proie d'une cohorte bigarrée d'opportunistes, d'auto-promoteurs et de désosseurs – tous ayant figuré avec une déprimante régularité dans les pages de WSC.
Les conquêtes durement acquises du mouvement des Supporters trusts [1] offrent à ces clubs un modèle crédible à long terme – non pas un modèle applicable instantanément et partout, mais un de ceux qui promettent aux supporters une certaine stabilité et de bien meilleures chances d'être associés à la gouvernance de leur club. Mais à l'autre extrémité de l'échelle, ils ne disposent que de l'option opposée: une aliénation profonde en échange d'un succès plus ou moins garanti. Les propriétaires russes, américains, moyen-orientaux et asiatiques des clubs dominants en Premier League (plus Blackburn) sont différents de leurs homologues des années 90 sous deux angles évidents: ils sont étrangers et ont beaucoup plus d'argent. Qu'ils viennent d'un autre pays ne signifie pas forcément qu'ils s'écartent de ce que les supporters désirent: Randy Lerner est au moins aussi sensible à cela que l'était Doug Ellis [2]. Mais la plupart du temps, ce modèle a ajouté un étage de pouvoir au sein du club, obligeant les fans à s'adresser au singe perché sur l'orgue de barbarie plutôt qu'à celui qui en joue depuis l'autre côté des océans (sans manquer de respect à Garry Cook [3])

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Financial times
Le club que je soutiens depuis mon enfance, Chelsea, a remporté autant de trophées au cours des huit dernières années que durant toute son histoire précédente, grâce à l'argent de Roman Abramovitch. De toute évidence, cela a rendu heureux bien des vieux supporters, et cela en a attiré bien plus, dont la profondeur de l'attachement doit toutefois encore être établie. Mais les plus modestes succès antérieurs, et même ceux de la fin des années 90, m'avaient donné infiniment plus de plaisir. Il y avait encore un lien rattachant le club à son histoire, bonne ou mauvaise. Elle résidait dans certains joueurs formés au club et dans l'expérience partagée d'une lente renaissance après le nadir du début des années 80. En ce sens – et seulement en ce sens –, Ken Bates [4] me manque.
Les dépenses exorbitantes d'Abramovitch sont clairement un problème pour l'équilibre de la Premier League. Mais "acheter" aussi ostensiblement des trophées devrait aussi être un problème pour les fans de Chelsea eux-mêmes. Bien sûr, personne ne gagne le championnat ni la Ligue des champions sans un maximum de liquidités, mais Chelsea (et désormais Manchester City) sont différents. Ils semblent déterminés à supprimer toutes les sources d'identification positive au club. La continuité de Manchester United s'incarne en Alex Ferguson, Arsenal peut se prévaloir d'une politique ancienne de formation des jeunes et Liverpool d'un sens de la tradition qui permet à Kenny Dalglish de constituer un candidat crédible à un poste de dirigeant, même avec de nouveaux propriétaires.


Les consommateurs ont perdu
Le Chelsea FC représente un cas extrême à tout point de vue. Il a toujours eu une communauté de supporters d'origines géographiques et sociales diverses, difficile à mobiliser et entretenant un lien distendu avec le club. Imaginez que n'importe quel des top clubs anglais subisse un krach financier soudain (que la providence nous en garde). Quels supporters seraient les plus susceptibles de rester fidèles et de s'organiser concrètement pour sauver le club? Certainement pas ceux de Chelsea. Ce fossé entre les fans et le club n'a fait que se creuser au cours de l'ère Abramovitch. Sous Ken Bates, aussi méprisant était-il envers les préoccupations des supporters, au moins aviez-vous une chance de recevoir une réponse quelconque. Et durant des années, il devait au moins de soucier de remplir le stade, ce qui n'est plus le cas d'Abramovitch.
Il y a vingt-cinq ans, quelques observateurs avançaient l'idée que les supporters gagneraient plus d'influence sur le plan économique s'ils acceptaient de se comporter comme des consommateurs. Cela s'est avéré faux, en partie parce que ces consommateurs n'allaient pas se détourner de leur "produit" au profit d'un autre, en partie parce que la demande en faveur du football s'est révélée à la fois plus forte qu'on ne le pensait et incroyablement résistante à la hausse des prix. C'est encore plus vrai pour Chelsea, où rien ne semble pouvoir sanctionner économiquement la façon dont des fans sont traités par un club qui en dispose à sa guise.

Peut-être les supporters, pour la plupart, mesurent-ils leur satisfaction uniquement à l'aune des succès sur les terrains. En ce cas, la politique d'Abramovitch leur convient parfaitement. D'autant que les modèles de gestion alternative ne sont pas légion pour les clubs d'élite. Mais peut-être ne suis-je pas le seul qui serait prêt à échanger toute notre argenterie contre ne serait-ce qu'une once de ce que Wimbledon [5] a réussi à créer.

[1] Les Supporters trusts sont des associations fondées par les supporters pour peser sur les choix de leur club voire, dans certains cas, investir et exercer des prérogatives au sein de celui-ci.
[2] Randy Lerner est un homme d'affaires américain propriétaire d'Aston Villa depuis 2006. Doug Ellis est un entrepreneur anglais qui a fait fortune dans le tourisme, président controversé d'Aston Villa de 1968 à 1975, puis de 1982 à 2006.
[3] Garry Cook a été président délégué de Manchester City de 2008 à 2011.
[4] Ken Bates a été l'actionnaire majoritaire et le président de Chelsea de 1982 à 2003.
[5] À la suite de la délocalisation du Wimbledon FC à Milton Keynes, ses supporters ont fondé l'AFC Wimbledon en 2002, propriété du Dons Trust, qui est reparti tout en bas de l'échelle. Après cinq promotions en neuf saisons, il vient d'accéder à la Football League – quatrième division nationale.


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Réactions

  • johnny gategueune le 26/09/2011 à 10h56
    Très bel article. Assez flippant. L'arrivée d'un "investisseur" milliardaire, c'est cliché, mais ça a tout d'un pacte avec le diable: c'est bien l'âme qu'on a à y perdre en échange de la gloire. Je serais curieux d'avoir le sentiment des supporters cédéfistes du PSG - même s'ils ont déjà dû l'exprimer (ou l'évacuer :) - sur PEM.

  • Sens de la dérision le 26/09/2011 à 11h20
    Et ceux des Marseillais. (Je me sauve très vite avant de devoir subir les foudres du Café).

  • Luis Caroll le 26/09/2011 à 11h31
    Aucun pacte à Marseille, on a pris les millions en échange de rien du tout.

  • Edji le 26/09/2011 à 12h02
    Johnny>Je crois que la réponse à ton interrogation transparaît de l'article lui-même.
    Il n'y a de pacte avec le diable que si le pognon a pour effet de retirer toute identité au club. Or, ladite identité peut perdurer, en ce qu'il s'agit d'une notion impalpable fusionnant de multiples éléments : des joueurs formés au club, la présence d'hommes indéboulonnables dans le staff, le renouvellement maîtrisé de l'effectif, le lien entretenu entre le club et son public...Tous ces éléments peuvent de mon point de vue tout à fait cohabiter avec une certaine aisance financière.
    Et si je ne sais ce qu'il adviendra du PSG version qatarie, j'estime en revanche que l'identité du PSG a été considérablement mise à mal par son précédent propriétaire, en dépit d'investissements beaucoup moins significatifs.

  • Luis Caroll le 26/09/2011 à 12h06
    Et pour aller dans le sens d'Edji, un exemple assez frappant est la comparaison entre Fiorentino Perez V1. et Fiorentino Perez V2.
    Sa première fournée de galactiques conservait une identité très madrilène, avec des joueurs emblématiques emblématisés, et un respect de la tunique blanche très présent. La deuxième fournée par contre..

  • Jean-Noël Perrin le 26/09/2011 à 12h29
    Luis Caroll
    lundi 26 septembre 2011 - 12h06
    Et pour aller dans le sens d'Edji, un exemple assez frappant est la comparaison entre Fiorentino Perez V1. et Fiorentino Perez V2.
    Sa première fournée de galactiques conservait une identité très madrilène, avec des joueurs emblématiques emblématisés, et un respect de la tunique blanche très présent. La deuxième fournée par contre..
    ----------

    Oui, euh, question de point de vue (ou alors ça dépend ce que tu entends par "première fournée de galactiques").

    Il faudrait voir avec un vrai spécialiste du Real, mais dans mon esprit, autant OK pour l'enchaînement Figo-Zidane-Ronaldo en trois ans, autant Pérez est quand même celui qui, l'année suivante, a viré Hierro comme un malpropre alors que le gars se posait là en terme d'identité madrilène, ainsi que l'entraîneur en place Del Bosque (et que Makélélé également), pour des raisons davantage liées au manque de "glamour" qu'autre chose (avec en parallèle l'arrivée de Beckham). De ce point de vue, le "respect de la tunique blanche" me semble discutable...

  • Pascal Amateur le 26/09/2011 à 14h18
    Pour un article sur l'OM, on peut utiliser le même titre, mais dans sa version "contrepèterie".

  • sansai le 26/09/2011 à 20h43
    Edji
    lundi 26 septembre 2011 - 12h02

    -----

    Pour justement permettre l'arrivée desdits investisseurs qataris, non ?

  • Raspou le 26/09/2011 à 22h48
    Hep mec! Mais au PSG, c'est le retour vers notre identité! On a toujours été stars et paillettes, nous! Le costume un peu démodé, un peu élimé, ça n'a jamais été notre tasse de thé! Nous c'est le clinquant, le glamour, un président grand couturier, Safet Susic, une chaîne de télé bobo, Ronaldinho! Le PSG club formateur, c'est la cache-misère de nos années de nouveaux pauvres, aux mains d'agents immobiliers ricains à la sale gueule de subprime, les oursins pleins les poches, bien raisonnables surtout, et pas de folies surtout, et construisons pas à pas, pierre à pierre, un Bourillon par-ci, un Hoarau par-là, peut-être que l'an prochain on pourra viser la 4e place?

    Dans ce désert du rêve, dans cette stade de rennisation avancée, nos jeunes Gavroches étaient devenus notre méthadone, une extase au rabais avec Clément Chantôme comme paroxysme de nos shoots - chante, Desjardins, chante: "quand les downs de tes highs te défoncent l'intérieur, tu t'engages comme bétail, pas de malheur, pas de bonheur".

    Là, d'un coup, on a retrouvé l'ivresse de la blanche, du Pastore en intra-veineuse, de la décapotable en plein Quartier latin, Miles Davis sur la banquette arrière, avec Greco pour lui titiller la trompette.

    On n'a jamais été fait pour être pauvre, et les pétrodollars nous rapportent le frisson perdu, celui du n'importe quoi classieux, celui des moments de grâce sur fil d'équilibriste, à savourer d'autant mieux la beauté que, sous nos pieds, s'ouvre l'abîme.

    Plus dure sera la chute? Oui, sans doute. Mais ces dernières années, on cherchait les raisons valables, quitte à être raisonnables, de ne pas supporter Lorient, son joli petit projet, ses jolis petits moyens, sa jolie petite identité régionale à la con.

    Là, nous sommes redevenus nous-mêmes, par la pirouette d'un mariage improbable, si en phase avec notre identité cosmopolito-médiatico-délirante. Ici c'est Paris Première, mec, pas le JT de Jean-Pierre Pernaut.

  • sansai le 26/09/2011 à 22h56
    C'est pas faux tout ça. Mais le public ?

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