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Matthias Sindelar (3/4) - 1934, l'occasion manquée

Si la Wunderteam n’est plus, la première Coupe du monde en Europe paraît encore à la portée des Autrichiens de Sindelar. Mais parfois, le talent ne suffit pas…

Auteur : Toni Turek le 26 Mai 2011

 

L’Autriche a un nouvel objectif: la Coupe du monde italienne. Entre 1931 et 1934 (avant la Coupe du monde), l’équipe de Matthias Sindelar s’est inclinée seulement deux fois – et jamais de plus d’un but – sur vingt-huit matches joués. En avril 1934, elle se qualifie aisément pour le Mondial italien en battant la Bulgarie – le but du 6-1 est inscrit par Sindelar – mais elle finit à dix, ayant perdu son milieu Walter Nausch, blessé. L’Autriche paraît affaiblie par des forfaits, des retraites internationales et des problèmes financiers. Elle reste néanmoins l’une des grandes favorites de la compétition: après tout, n’a-t-elle pas battu en février l’Italie (4-2) dans son nouveau stade Benito Mussolini, à Turin?

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À Turin justement, pour ses débuts en Coupe du monde, l’Autriche affronte la France dans une chaleur suffocante. Les Bleus ouvrent la marque par Jean Nicolas? Sindelar égalise avant la pause en reprenant victorieusement un coup franc de Schall. L’Autriche doit attendre les prolongations pour prendre un avantage déterminant au score (3-2) grâce aux passes décisives de Sindelar à Schall et Bican. Le quart de finale qui suit n’est pas non plus de tout repos. L’Autriche mate certes son voisin hongrois à Bologne (2-1), mais au terme d’une intense bataille: le match se finit à dix contre neuf et laisse des traces dans les organismes. Rares sont les joueurs indemnes pour la demi-finale contre les Italiens. La revanche du match de février s’annonce pourtant comme un choc au sommet entre l’Autriche et le pays hôte.


La Wunderteam ne fait plus merveille

Cette demi-finale à San Siro, entre deux des meilleures équipes du continent, est un match âpre. L’Autriche, grâce à son chouchou Sindelar, obtient la première occasion sérieuse, mais c’est l’Italie qui ouvre le score sur une action extrêmement controversée: sorti prendre le ballon sur un centre d’Orsi, le gardien autrichien Peter Platzer laisse rebondir la balle et est bousculé par les Italiens Guaita, Meazza et Schiavio. Le portier finit au sol, le ballon dans les filets, et le but de Guaita est validé par l’arbitre suédois Ivan Eklind. Un arbitre qui ne fait rien pour calmer la brutalité des Italiens et va même jusqu’à aider la Squadra en dégageant de la tête un long ballon destiné à l’ailier Karl Zischek, alors isolé devant les cages italiennes [1].

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Sur un terrain lourd et par conséquent défavorable à son jeu technique, touchée physiquement, et à douze contre onze, l’Autriche s’incline 0-1 en ce 3 juin 1934. Battue et abattue, privée de ses meilleurs attaquants Schall et Sindelar tous deux blessés par les rugueux Transalpins, l’ex-Wunderteam est déstabilisée. Quatre jours plus tard, une Autriche jouant… en bleu [2] encaisse un but dès la vingt-cinquième seconde de la petite finale, et lâche la troisième place au bénéfice de l’Allemagne (2-3). Ce qui restait de la Wunderteam n’existe même plus, il n’y a aux yeux du public autrichien qu’une Plunderteam – une équipe en toc, à défaut d’une équipe de choc. Le retour des héros après la défaite à Londres en 1932 n’est qu’un lointain souvenir; cette fois, sifflets, invectives et sévères critiques dans la presse sont au rendez-vous à Vienne.

Pourtant, du retour de Sindelar à la fin de la Coupe du monde 1934, l’équipe autrichienne est loin d’avoir démérité: sur trente matches, elle compte vingt victoires et six nuls, et a marqué 101 buts! Seule l’Italie est parvenue à préserver sa défense inviolée – et ce à une seule reprise. Mais voilà, pour l’Autriche, c’était LE match à gagner, et pour l’avoir perdu, Sindelar et son groupe ont raté la couronne mondiale. L’Autriche est ainsi devenue la première d’une série de belles équipes nationales qui "auraient dû" gagner, mais n’ont pas pu…


Le crépuscule de Mozart

sindelar3_5.jpgLe Mondial fini, commence alors une période de transition pour l’équipe nationale d’Autriche. Le bon alterne avec le mauvais, jeu et résultats plaisent moins. Sindelar, âgé déjà de tente-deux ans, n’est plus titulaire à son poste de prédilection. "Mozart" rime avec plus rare, place nette est faite aux nouvelles étoiles que sont Josef Bican, de l’Admira de Vienne (mais qui comme Sindelar est passé par le Hertha viennois), et Franz Binder, du Rapid de Vienne – qui sera un futur sextuple meilleur buteur du championnat autrichien.
Sur l’année 1935, Sindelar ne compte qu’une sélection – soit une de moins que le pourtant vétéran Gschweindl – pour le revers 0-2 contre l’Italie, alors que l’Autriche joue six matches officiels. Et des huit rencontres de la sélection en 1936, Sindelar n’en dispute que trois, inscrivant quand même un doublé lors du revers 3-5 à Budapest contre les Hongrois, en septembre – ceci après deux ans passés sans marquer.

Les bons résultats de l’Austria de Vienne lors de la saison 1936/37 permettent à Sindelar de glaner quelques sélections pour franchir le cap des quarante. Il le doit un peu aussi au décès, en février 1937, du sélectionneur national Hugo Meisl (dont il n’avait plus la confiance), remplacé par son adjoint Heinrich Retschury. Cette année-là, sept matches sont disputés par l’Autriche sans Meisl sur le banc – Sindelar en joue quatre. Le 19 septembre 1937, au Prater-Stadion, Sindelar marque d’entrée le premier but d’une victoire 4-3, la onzième d’affilée des Autrichiens contre les Suisses. Personne ne le sait, mais ce qui est alors le quarante-troisième match officiel de Sindelar est son dernier, tout comme son vingt-sixième but est l’ultime sous le maillot blanc.
Alors âgé de presque trente-cinq ans, le "Mozart du football" vient d’effectuer un dernier récital. Comme souvent par le passé, c’est encore un succès – le vingt-cinquième en sélection d’une carrière internationale longue de douze ans. Comme international, seul lui manquera finalement le trophée de 1934, qu’auraient mérité son génie et le talent de son équipe.

Matthias Sindelar (1/4) – Le joueur de papier
Matthias Sindelar (2/4) – Le Mozart du football
Matthias Sindelar (3/4) – 1934, l'occasion ratée
Matthias Sindelar (4/4) – De la légende au mythe    


[1] Corrompu, Eklind? "Convaincu", sûrement: il a été l’invité personnel du Duce avant les matches de l’Italie qu’il a arbitrés favorablement en demi-finale et en finale. Autres arbitres sujets à caution: le Belge Louis Baert et le Suisse René Mercet, dont l’impartialité a été jugée plus que douteuse lors du quart de finale Italie-Espagne (1-1 puis 1-0 en match d’appui).
[2] Pour la petite finale, les équipes d’Allemagne et d’Autriche se sont présentées en shorts noirs et maillots blancs. Pour avoir perdu au tirage au sort organisé en la circonstance et faute d’autre tenue, les Autrichiens ont dû jouer avec des tenues prêtées par le club de Naples.

Réactions

  • Tonton Danijel le 26/05/2011 à 01h56
    La coupe du monde 1934 fut l'une des plus entachées par un arbitrage 'partial'. L'Italie Mussolinienne, chez elle, n'avait pas d'autre option que de l'emporter, et outre la présence de 4 champions du monde uruguayiens naturalisés, l'Italie allait profiter d'un arbitrage maison, surtout contre l'Espagne. Coïncidence de l'histoire: 2 ans avant Guernica, la sélection espagnole était majoritairement composée de joueurs basques - Bilbao étant le club phare de la Liga de l'entre-deux-guerres - et la 'boucherie' des deux matchs préfigurera, selon les poètes de l'époque, la future boucherie si bien peinte par Picasso. L'Italie se rachètera en remportant l'édition de 1938, sans contestation aucune (même si, et sans spoiler, l'Allemagne ne tirera aucun profit de l'Anschluss et du renforcement qu'elle aurait pu en espérer...).

    Au passage, dans la série les bons trucs qu'ait pu faire l'Equipe, il y avait un excellent dossier sorti en 1998 sur l'historique de la Coupe du Monde, où j'ai pu déjà avoir un aperçu de l'histoire de Sindelar...

  • José-Mickaël le 26/05/2011 à 02h55
    Je crois qu'effectivement le 1/4 Italie-Espagne est un des plus grands scandales de l'histoire. D'ailleurs c'est à cause de ce match que je n'arrive pas à considérer que l'Italie de 1934 était une grande équipe (contrairement à celle de 1938).