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Bretteur sur gages

Pour régler le conflit opposant ses deux têtes, RLD a secrètement décidé de le résoudre par un duel historique, selon les règles de l'art déterminées par le Code élaboré en 1777 par d'honorables Irlandais.
Auteur : Troglodyt le 18 Juin 2009

 



Robert Louis-Dreyfus
(Blême, sur son lit de justice, se tamponnant le visage avec un gant de toilette Adidas)


Gentilshommes, il est temps de régler ce conflit qui m’épuise et vous ridiculise. Vous vous faites duellistes, soit, mais acceptez-en les règles. La première offense appelle la première excuse, même si la riposte a été plus outrageante que l’insulte. (1)


Vincent Labrune

La première offense est assurément l’irrespect total témoigné par Pape en refusant de répondre à nos convocations.


Pape Diouf

Nonobstant vos déclarations, la première offense qui m’ait été faite est votre seule existence.


Robert Louis-Dreyfus

Rangez vos poivrières et attendez avant de vous arroser! Discutons calmement. Sachez que si la première offense est un démenti, l’offenseur doit demander pardon en terme exprès, ou échanger deux coups avant toute excuse, ou trois avant toute explication; ou sinon continuer à faire feu jusqu’à tant que l’une des parties essuie une blessure sévère. (2)


Pape Diouf

Mon âme et mon honneur sont déjà meurtris au supplice par l’infamie que le conseil de surveillance m’oppose en chacun de ses actes.


Vincent Labrune

Vous n’oseriez! Continuez seulement, et je jette à vos trousses tout ce que la France compte de journalistes sportifs!


duel_om1.jpg

Pape Diouf

Les deux pèlerins qu’ils doivent être sont juste assez pour disputer une partie d’Awalé.


Robert Louis-Dreyfus

Holà! Il est strictement interdit, en toutes circonstances, directement ou indirectement, d’en venir aux mains. Aucune excuse ne saurait être acceptée pour une telle offense! (3)


Vincent Labrune

Mais aucune excuse n’est plus recevable, en aucun cas, une fois les adversaires en place, même s’il n’y a pas encore eu échange de feu! (4) Pape, vos vaines tentatives d’échapper au nécessaire contrôle que ce pauvre Bob veut vous imposer sont la meilleure preuve de votre faute et de votre incompétence!


Pape Diouf

Ma faute et mon incompétence? Mais qui êtes-vous pour vous permettre! Vous n’êtes rien, vous venez néant. Et quand bien même vous auriez un jour été, je vous le dis, vous êtes mort!


Vincent Labrune

(Fulminant de mercure derrière le chien de garde de sa poivrière)

Mort! Des menaces! Ah ah!


Pape Diouf

Vous êtes mort parce que vous n’avez pas le désir de faire grandir l’OM, vous n’avez pas ce désir parce que vous croyez le posséder, vous croyez le posséder parce vous n’essayez pas de donner, mais essayant de donner vous voyez que vous n’avez rien, et voyant que vous n’avez rien vous essayez aujourd’hui de vous donner. Essayant de vous donner, vous constatez que vous n’êtes rien, et voyant que vous n’êtes rien, vous désirez devenir…


Vincent Labrune

… Désirant devenir, on vit! (5)


Robert Louis-Dreyfus

Gentilshommes!


Pape Diouf

N’avez-vous donc aucun respect en criant ainsi alors qu’à quelques mètres, la sueur des maux qui le rongent coule sur son front, et Bob l’éponge! Saligaud fielleux!


Robert Louis-Dreyfus

Oui, mais non d’une tong Pape, maîtrisez-vou! Toute insulte à une dame placée sous la protection doit être considérée comme une offense d'un degré plus grave, et doit être réglée en conséquence. (6)
Or, là, vous souillez Labrune!


Vincent Labrune

Vous notez Bob, vous notez! Ah ah! J’ai son soutien Pape, renonce!


Pape Diouf

Je compte plutôt en finir au plus vite avec vous, et pouvoir reprendre les rennes du club pour poursuivre sa marche en avant.


Robert Louis-Dreyfus

Il est d’autant plus nécessaire de vous dépêcher plutôt que de perdre du temps en argumentant: les duels ne doivent jamais se tenir la nuit, à moins que la partie offensée n'ait dessein de quitter les lieux avant le matin – ce qui ne semble pas être le cas. Mieux vaut éviter toute procédure lorsque les esprits sont échauffés. (7)


Pape Diouf

Je refuse de reporter. L’intérêt supérieur du club mérite que la question soit réglée, céans.


Vincent Labrune

Oui, finissons-en! Mais ma poivrière me semble enrayée, je crains souffrir de me faire assaisonner sans pouvoir me défendre…


Robert Louis-Dreyfus

Si l'offenseur donne sa parole d'honneur qu'il ne sait pas tirer, l’offensé a le choix des armes; ensuite de quoi, cependant, l’offenseur ne peut décliner la seconde espèce d'arme proposée par l'offensé. (8)


Pape Diouf

Voyez-bien Labrune que Bob sait qui est l’offenseur dans cette affaire!


Vincent Labrune

Bob!


Pape Diouf

Très bien, non plus de feu, je choisis la plume!


Vincent Labrune

La plume du Condor que vous allez encore recruter pour jouer attaquant cette saison?


José Anigo
(Qui sort, Deus ex machina, de la casquette posée de dos, au comptoir du minibar)


Raille, Labrune, mais je lis ton jeu, grippe-sou, tannerais-tu la peau du Pape que je ne te laisserais pas l’avoir! Je le seconde! Que je trépasse si je faiblis! Ose, tout burné que tu es, assumer ton humeur belliqueuse! Rayons Labrune, non pas avec l’irrégularité d’une plume, mais avec un bon cul-rouge du sceau des nouveaux ballons de Thiriez! Voyez comme ils ont été persuasifs sur nos 16 ans!


Vincent Labrune

Ah ah! Vous ne voulez pas en répondre seul, Pape! Très bien, dès lors, moi aussi je me fais seconder, par l’un de ceux qui régissent vraiment ce club!


Régis Rebufat
(Sortant, enrobé, de derrière les rideaux)


Tout cela est absurde! Finissons-en!


Pape Diouf

Vous! Les seconds doivent être du même rang social que celui qu'ils secondent, puisqu'ils peuvent être amenés à prendre part au duel. (9) Bob, si vous jugez que José vaut un avocat, alors pourquoi nous handicaper tous les deux d’un conseil de surveillance!


Robert Louis-Dreyfus

Quoi qu’il en soit, il va falloir reporter, vous me fatiguez et je m’assoupis…


Pape Diouf

Dans le cas d’un report, j’ai le choix du terrain ; je laisse à Labrune le choix de la distance, José et Rebufat s’arrangeant sur le moment et les termes de l'échange de feu. (10)


Jean-Claude Gaudin
(Alité, sous les draps, à côté de Robert Louis-Dreyfus)


Le choix du terrain, le choix du terrain… Tout n’est pas si simple!


Pape Diouf

Vous avanciez pourtant vos contacts au plus haut de l’État, à Paris!


Vincent Labrune

Ah ah! Vous voyez, tout doit se décider à Paris!


José Anigo

Qu’importe, fatche de plaideurs! À l’ancienne, sur la pelouse du Vélodrome.


Vincent Labrune

Venir à Marseille? Moi? Jamais!


José Anigo

Hé, le Parigot, même si tu te caches là-haut et que tu nous prépares une embuscade, nous enverrons la CFA te poursuivre! Tu déchantes!


Vincent Labrune

Ah ah! Nigaud, tu te crois malin, mais si vous nous aviez laissé faire, Gerets serait resté!


Robert Louis-Dreyfus

Il faisait du bon boulot celui-là?


Pape Diouf

Sans nous avoir promis Émon et merveilles, il a touché les sommets avant de fléchir sur la fin, assommé par un pâle Bordeaux. Un mauvais coup de Blanc!


Régis Rebufat

Il faudrait savoir!


José Anigo

Tu vois Bob, il faut garder Pape. Lui fait du bon boulot : s’il avait été à la place de l’autre Marchand, on n’aurait jamais perdu Blanc!


Pape Diouf

Pauvre milliardaire… Que cet homme souffre! Lorsque je le vois, je retiens la leçon de vie qu'il donne aux gens… Vous voyez, tous autant que vous êtes, et même ceux qui ne sont pas encore sorti du troisième chapeau, toute blessure assez sérieuse pour troubler les nerfs et, nécessairement, faire trembler la main, doit mettre fin aux hostilités pour ce jour-là. (11)


Robert Louis-Dreyfus

Merci Pape. Tentons une conciliation avant la rencontre, puisque, après échange de feu, les coups ont été insuffisants. (12)


Pape Diouf

Non que je vise mal, c’est surtout que je n’ai pas voulu pas voulu lâcher le parapluie de mon indifférence: je veux bien être tué, mais pas sali.


Vincent Labrune

Une conciliation? Soit. Mais Bob, Pape se met le doigt dans l’œil.


Pape Diouf

Ah non, le 18, je ne peux pas!


Vincent Labrune
(Soupirs)


Qui vivra Veyrat…


Robert Louis-Dreyfus

Ou pas…


(1) Art. 1er du Code irlandais du duel, 1777.
(2) Art. 4.
(3) Art. 5.
(4) Art. 7.
(5) Je suis mort, René Daumal, mai 1943.
(6) Art. 10.
(7) Art. 15.
(8) Art. 16.
(9) Art. 14.
(10) Art. 17.
(11) Art. 22.
(12) Art. 21.

Le Code irlandais de duel de 1777 se trouve notamment in:
Les Miscellanées de Mr Schott, Ben Schott, éd. Allia, 2005, p.79.

Réactions

  • Lucarelli 1 le 18/06/2009 à 01h18
    "Les Miscellanées de Mr Schott". Excellent bouquin, quoi qu'écrit un peu petit.
    Très original, super idée. J'espère pour vous, Marseillais, que les protagonistes finiront par des rappels devant le public en délire, comme dans une farce au théâtre. Mais bizarrement je n'y crois pas.

  • X-14 le 18/06/2009 à 03h31
    C'est bel et bon tout simplement

  • El mallorquin le 18/06/2009 à 04h23
    Vraiment sympa cet essai de rendre compte de la gueguerre à l'om à la molière. Quelle partition de Louis-Dreyfuss en Roi (ou l'inverse) !

  • Raspou le 18/06/2009 à 08h15
    Hé hé, beau compte-rendu de la dernière galéjade...

    Juste une question: me trompé-je ou ce code (et l'article) parle surtout de duels à l'arme à feu?

  • Papin Jour Pape toujours le 18/06/2009 à 08h30
    Clap clap Troglo.

  • Et ne ris que l'art sonne le 18/06/2009 à 08h49
    Bravissimo, si funeste soit le dénouement.

  • Jeanroucas le 18/06/2009 à 09h48
    Troglole, ce Trodrôle.
    Ou inversement.

  • Troglodyt le 18/06/2009 à 10h11
    Merci, ainsi qu'à ceux qui en avaient eu la primeur en traînant au Café dimanche matin.

    Raspou
    jeudi 18 juin 2009 - 08h15

    En fait, non, le code envisage également la l'épée.
    A comparer l'évolution des différents codes de duel en Europe, il est marrant de voir que la violence et la vigueur de la réponse à l'atteinte n'a de cesse que de trouver plus fortes justifications (par exemple celui de Southron, 1847).
    J'ai choisi celui-là car il est plutôt connu grâce à Ben Schott, et surtout il ne s'embête pas trop avec des conditions civilistes (héritage, libre dispositions de la dépouille, droit de cuissage sur la cadette du perdant...).
    Et puis il est d'une simplicité presque naïve qui colle très bien aux protagonistes.

    - - - - - - - - - -
    En 1777, aux Assises de Clonmell, une délégation de Gentilshommes de Tipperary, Galway, Mayo, Sligo et Roscommon énonça une série de règles codifiant la pratique du duel et le point d'honneur. Il était recommandé que les "Gentilshommes de tout le royaume" en aient une copie dans l'étui de leurs pistolets, "afin que l'ignorance n'en fût jamais invoquée".

    En voici quelques règles:

    1°/ Le première offense appelle la première excuse, même si la riposte a été plus outrageante que l'insulte.

    4°/ Lorsque la première offense est un démenti, l'offenseur doit demander pardon en terme exprès, ou échanger deux coups avant toute excuse, ou trois avant toute explication; ou sinon continuer à faire feu jusqu'à tant que l'une des parties essuie une blessure sévère.

    5°/ Comme il est strictement défendu aux Gentilshommes, en toutes circonstances, d'en venir aux mains, aucune excuse ne saurait être acceptée pour une telle offense.

    7°/ Mais aucune excuse n'est plus recevable, en aucun cas, une fois les adversaires en place, même s'il n'y a pas encore eu échange de feu.

    10°/ Toute insulte à une dame placée sous la protection d'un Gentilhomme doit être considérée comme une offense d'un degré plus grave que si elle s'adressait à ce Gentilhomme en personne, et doit être réglée en conséquence.

    14°/ Les secondes doivent être du même rang social que celui qu'ils secondent, puisqu'ils peuvent être amenés à prendre part au duel. Dès lors l'égalité est indispensable.

    15°/ Les duels ne doivent jamais se tenir la nuit, à moins que la partie offensée n'ait dessein de quitter les lieux avant le matin; mieux vaut éviter toute procédure lorsque les esprits sont échauffés.

    16°/ L'offensé a le choix des armes, à moins que l'offenseur ne lui donne sa parole d'honneur qu'il ne sait pas tirer l'épée; ensuite de quoi, cependant, il ne peut décliner la seconde espèce d'arme proposée par l'offensée.

    17°/ L'offensé a le choix du terrain; l'offenseur le choix de la distance, les seconds fixent le moment et les termes de l'échange de feu.

    21°/ Les seconds doivent tenter une conciliation avant la rencontre, ou bien après un échange de feu ou de coups jugé suffisant.

    22°/ Toute blessure assez sérieuse pour troubler les nerfs et, nécessairement, faire trembler la main met fin aux hostilités pour ce jour là.

    25°/ Si les seconds se querellent et résolvent eux aussi de se battre, ce doit être en même temps que les principaux duellistes, et perpendiculairement à eux; ou bien côte à côte, à distance de cinq pas, s'ils se battent à l'épée.
    - - - - - - - - - -

  • Vel Coyote le 18/06/2009 à 10h29
    Excellent Troglo!
    Bien tordant le décalage entre ce code de gentilshommes et la façon dont tout ça s'est vraiment déroulé...

    Si je devais faire une comparaison plus réaliste, je dirais que tout ça ressemble beaucoup à une intrigue de palais sous l'empire romain.

  • Bamogo Cadiz le 18/06/2009 à 14h34
    Troglo, c'est sublime.
    J'ai l'impression de revivre Barry Lyndon, avec tout autant de sourires que de peines...