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Domenech-Deschamps : choisis ton camp

Anciens de 98, présidents de club, sondeurs, experts et voisins de cantine... Ils ont voté. La France est coupée en deux, mais c'est Domenech qui a le plus petit morceau.
Auteur : Jérôme Latta le 1 Juil 2008

 


Verseau ascendant balancé

À quelques jours de la commémoration du 12 juillet 1998, c'est en rangs serrés que certains champions du monde se sont invités dans le débat sur la succession de Raymond Domenech. Sans grande élégance, ils sont montés à la tribune pour défendre très explicitement la candidature de Didier Deschamps, candidature que l'intéressé avait lui-même rendue publique à la veille de France-Italie.

Spectaculaires, les sorties de Christophe Dugarry ("Il n'est pas à la hauteur de la fonction. Il n'a jamais rien gagné et il n'a aucune humilité", "C'est déjà un petit miracle que Domenech ait été nommé sélectionneur") et Bixente Lizarazu (le soir même de France-Italie: "C'est la moindre des choses que Raymond Domenech soit démis de ses fonctions"), ont allié procès de Domenech et promotion de Deschamps. Dans le JDD, Franck Lebœuf y est allé de son plaidoyer: "Domenech partage largement les torts (sic). (...) L'opinion publique est de mon avis". Et Emmanuel Petit a enfoncé le clou: "Il a commis énormément d'erreurs. C'est un fiasco total". Significativement, cette brochette de consultants s'est exprimée comme des journalistes, mêlant toutes sortes d'arguments à charge pour faire porter le chapeau au seul sélectionneur.

Tandis que Marcel Desailly refusait de se prononcer, Barthez détonait, comme à son habitude: "Domenech et moi, ça s'est bien passé. Mais même si ça n'avait pas été le cas, tous ces donneurs de leçons, ça ne me plairait pas trop" (L'Équipe, 19 juin). Mais autour de la nébuleuse "France 98", l'association caritative se transformant en lobby, il y a un front commun en faveur du capitaine de 1998 et 2000, mêlant anciens joueurs et évincés du staff en 2004 (Philippe Boixel, Philippe Tournon, Jean-Marcel Ferret et Henry Émile).


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"... Vous vous rendez compte, sans avoir rien gagné! C'est pour ça que je suis à fond derrière Didier Deschamps, vainqueur d'un titre de série B à la tête de la Juve, excusez du peu".


Domenech, t'es foutu, les patrons sont dans la rue

L'échec des Bleus à l'Euro entraîne une série de mauvaises nouvelles, dont certaines rappellent à s'y méprendre la situation de 2004. À commencer par la résurgence rituelle des dirigeants de clubs de L1 qui – au travers de la Ligue et de l'UCPF – réclament une nouvelle fois la tutelle de la sélection nationale, sous la forme d'un "Club France" (1) qui leur permettrait de reprendre la main. À quelques acteurs près, rien n'a changé depuis quatre ans (lire "OPA sur l'équipe de France", 6 juillet 2004). La tentative avait abouti à une délégation permanente de la Ligue auprès des Bleus, un "machin" finalement sans influence.
À l'époque, Jean-Claude Plessis et Gervais Martel montaient au créneau, cette année c'est Olivier Sadran, Jean-François Fortin, Bernard Caïazzo, Waldemar Kita ou Michel Seydoux qui s'y collent. "La gestion de cette équipe, c'était de l'amateurisme le plus complet. Heureusement que l'on ne fait pas ça dans nos clubs. On n'a que ce qu'on mérite", a confié un courageux dirigeant anonyme à L'Équipe (21 juin). Michel Moulin ne s'est pas exprimé (2).

On peut rire de la légitimité de cet aréopage et de la crédibilité de son expertise sur le choix et la gestion des entraîneurs. Mais le pouvoir de nuisance des dirigeants est réel, connaissant l'énergie qu'ils investissent en permanence pour réduire l'influence des autres familles du football et nourrir leur rêve d'un football gouverné par les actionnaires. Aux lendemains de ses échecs, l'équipe de France n'est plus qu'un enjeu d'influence, un os qu'il faut ronger aux dépens de la Fédération et de la DTN.



domdesch_ffune.jpgPignons publics

Au terme d'un mois qui a vu défiler les "people" – toujours les mêmes – sur les plateaux des émissions, Le Parisien / Aujourd'hui en France n'a pas hésité à leur demander très sérieusement leur avis. Sachez donc que si Fabien Onteniente et François Berléand se prononcent pour l'éviction, Michel Drucker, Marc Lavoine, Lorant Deutsch et Gérard Darmon soutiennent l'actuel sélectionneur. Avec ça...
Le quotidien en a également appelé à "l'opinion publique", avec un sondage dont il a conclu que "Les Français lâchent Domenech". Pourtant, dans l'actuelle atmosphère de dénigrement obligatoire, le chiffre des 42% qui demandent le départ de Domenech (contre 25% favorables à son maintien) apparaît assez faible. 57% des sondés le trouvent même courageux, 57% sympathique et 50% compétent... L'opprobre est donc relative.

Dans les médias – qu'ils soient spécialisés ou non –, les réflexes portent à réclamer une tête. Avec une hargne inquiétante ("La médiocrité finit toujours par être sanctionnée et [...] l'hypocrisie ne réussit en aucun cas à masquer les réalités"), Denis Chaumier (France Football) est au coude à coude avec Jean-Philippe Leclaire (L'Équipe Magazine) pour le prix de l'édito de plomb. Le bihebdomadaire tout entier, revanchard, est lancé dans une entreprise de démolition du sélectionneur et de la Fédération (3).
Du côté de L'Équipe, on est presque mesuré en dépit de la tendance locale à l'éditorialisme vengeur, avec un Vincent Duluc qui a dû rencontrer l'ange de la miséricorde récemment, tant il est peu belliqueux. Mais l'arc du consensus anti-Domenech traverse la société tout entière, du chroniqueur radiophonique aux experts de machines à café en passant par les humoristes de Daily Motion (4).


domdesch_mapping.jpg


Jeu d'arcanes

Pourtant, Domenech n'est pas complètement isolé. Chez les présidents, Jean-Louis Triaud et Jean-Michel Aulas ont exprimé leurs doutes quant à un changement. Surtout, ses meilleurs soutiens émanent de ses joueurs: Vieira, Ribéry, Thuram, Boumsong, Lassana Diarra et Sagnol ont publiquement affiché leur souhait d'une continuité au poste.
"L'élection" se jouera aussi dans les arcanes de la Fédération, dont les courants sont moins connus que ceux du PS, et sous la pression d'intérêts plus discrets – comme les sponsors et les diffuseurs des Bleus, qui ont vu s'envoler audiences et millions d'euros avec leur élimination.

Si Didier Deschamps est choisi, il ne devra pas se leurrer sur la nature du consensus qui accompagnerait sa nomination: son prédécesseur peut témoigner de la rapidité avec laquelle les opinions s'inversent dans ce milieu. Tout va très vite dans le football...


(1) Une appellation qui date de 1987 et du "superintendant" Claude Bez.
(2) Après vérification, il l'a fait, sur RMC.
(3) "La faillite Domenech, c'est la faillite du système qui l'a fait roi et lui a donné les pleins pouvoirs", estime Denis Chaumier, qui écrit aussi: "En six ans, n'oublions pas qu'avec trois sélectionneurs différents mais pareillement incontrôlables, distants et parfois méprisants, [l'équipe de France] a connu la débandade la plus totale à trois reprises, le désordre de ses mœurs et l'inanité de sa gestion sportive".
(4) S'il y a quelque chose d'absurde à entendre des joueurs sacrés en 1998 et 2000 émettre des critiques qu'on entendait alors contre Jacquet et Lemerre, la palme de la tartufferie (ou de l'amnésie) revient à Luis Fernandez qui, dans Téléfoot, fustige un sélectionneur qui "change tout le temps de système". Autre ex-entraîneur, Guy Roux, lui, se rabiboche avec Mexès sur le dos de Domenech.

Réactions

  • José-Mickaël le 01/07/2008 à 06h14
    Je voudrais ajouter quelque chose, parce que je me surprend à être sec et presque violent dans mes propos (ici ou sur le forum des Bleus).

    Depuis quelques temps, il y a les pro- et les anti-Domenech (et les neutres, aussi, ne les oublions pas !) Chacun exprime ses idées :

    - Domenech a prouvé par le passé qu'il était capable de grandes choses, donc j'ai confiance : il saura rebondir sur son échec et je le crois suffisamment intelligent pour rectifier le tir.

    - Le foot est devenu un produit de consommation, et en temps que client, je donne mon avis sur le produit "équipe de France" : ce produit ne me convient plus, je préférerais donc un autre sélectionneur.

    - Domenech a fait son temps (quatre ans), et si on changeait ?

    - Je préfère la stabilité. Si on change tout le temps de sélectionneur il faut tout reconstruire à chaque fois. Et puis, qui mettre à sa place ?

    Et ainsi de suite. Chacun exprime ses idées et les défend d'autant plus qu'il est passionné. Mais je déplore que, parfois, les pro-Domenech critiquent les anti-Domenech en dénaturant leurs idées, en simplifiant à l'extrême les critiques contre Domenech ou en généralisant à tous (donc à moi, forcément !) les critiques de quelques-uns. Mettez-vous à ma place : j'exprime des idées sur un sujet qui me tient à coeur et auquel j'ai un peu réfléchi, et voilà qu'on me reproche des idées stupides qui ne sont pas les miennes, des propos imbéciles que je n'ai jamais tenus. Je sais que je suis susceptible, mais ce n'est pas agréable d'être ainsi traité, en tout cas ça m'a suffisamment touché pour me faire perdre mon sang froid, d'où ma réponse très sèche à Björn, que je regrette et ne peux plus corriger (je n'aurais pas corrigé le sens, juste la forme).

    A ceux qui soutiennent Domenech : s'il vous plaît, pas d'amalgame, pas de généralisations simplistes. Nous ne sommes pas tous des pro-Deschamps, nous ne sommes pas tous des nostalgiques d'Hidalgo, nous ne jugeons pas tous Domenech sur la seule foi des résultats, nous ne détestons pas tous Domenech, nous lui voyons (pour certains) des qualités, nous n'affirmons pas tous que Untel ou Untel aurait emmené les Bleus en finale, nous ne sommes pas tous anti-Domenech parce que les médias le sont, etc. Je sais que pour la majorité d'entre vous, il n'y a pas de problème. Mais il semble qu'une petite minorité a mal compris la diversité des opinions anti-Domenech.

    Pour moi, le football des équipes nationales est sacré, alors je m'emporte sans doute un peu trop facilement, et je m'en excuse. Mais vous m'aideriez en faisant un peu attention de votre côté...

  • lindo le 01/07/2008 à 08h32
    Les "cahiers du foot" seraient-ils devenus des couards ? Vous présentez les avis des uns et les sentiments des autres mais où est le vôtre ?

    Vous n'assumez plus rien ? Finies les fulgurances et les impertinences, place au "on vous présente ce que les autres pensent...".

    C'est la crise des 10 ans d'existence ?

    On vous aime pour votre engagement pour la vérité, le beau jeu et l'insolence non pour rapporter paresseusement des propos tenus ça et là et finalement sans aucune importance.

  • Diablesse Rouge le 01/07/2008 à 08h39
    José-Mickaël
    mardi 1 juillet 2008 - 04h33

    (j'essaie de faire clair pour les réponses sans refaire de copier-coller des passages entiers)

    1. Le titre qui te dérange parce que toi, tu es anti-Domenech mais pas pro-Deschamps pour autant.
    => je verrais plutôt ce titre comme un simple constat du lobbying actuel, tellement le "comité" post quatre-vingt-dix-huitard" est actif.

    2. "Les journalistes des Cahiers sont compétents en journalisme mais non en entraîneurologie et ne prennent pas position" vs "en 2002, ils l'ont fait"
    => c'est à eux de répondre, mais peut-être ont-ils justement tiré un enseignement de cette prise de position à l'époque?

    3. Ma question "Les joueurs ont-ils fait leur boulot" et ta réponse "c'est à lui de tirer le max des joueurs".
    => et si ça c'était le max retirable de ce noyau-là, à ce moment-là, hors qualités intrinsèques des gars en temps normal? Et remarque générale, ne répondant donc pas à quelque chose que tu as dit ou écrit (ou si tu l'as fait, je l'ai loupé et je m'en excuse)... Et si la qualité des adversaires affrontés lors de cet Euro avait aussi sa part de responsabilités? C'est un peu étrange, voire désobligeant, de mettre de côté complètement l'adversaire. Un peu comme s'il n'avait aucune importance et que seul le jeu français pesait sur le résultat du match et était déterminant.

    4. Ma comparaison avec Aragonés, et ton "la France a tout raté entre 2006 et 2008".
    => n'es-tu pas un peu sévère? Si elle avait tout raté, elle n'aurait pas été qualifiée pour l'Euro... Hormis les deux défaites écossaises, y en a-t-il eu d'autres? (je pose sincèrement la question, je n'ai aucune idée de la réponse).

    5. Là, je copie-colle, c'est pas facile à résumer...
    DR: Et si les questions ou remarques vous semblent idiotes, mettez ça sur le compte de ma blondeur ou de ma nationalité, comme ça vous arrange...)
    JM: En fait, on dirait que tu fais l'amalgame entre les critiques stupides à la Dugarry, que dénonce l'article, et les critiques en général, qui ne sont pas forcément toutes aussi stupides. J'ai horreur de ce procédé ! J'espère que ce n'est pas ça ?
    => mmmhh, n'ai-je pas lu dans l'une de tes réponses à Björn (je crois) que tu détestais que l'on pense pour toi? Dugarry & consorts n'ont strictement rien à voir avec ma réponse... J'exposais simplement le fait, en ajoutant une pointe d'humour, comme nominoe l'a relevé et compris, que ma "non-appartenance" à la nation française et au supportariat français peut induire une méconnaissance de l'histoire des Bleus et de la polémique actuelle. Rien de plus, rien de moins...

    Personnellement, moi, Domenech, Deschamps ou Tartempion, en tant que spectatrice neutre... je m'en contrefiche. Ce que j'aimerais, c'est voir du football agréable et joliment pratiqué comme certaines équipes l'ont fait durant cet Euro. Et si je ne nie pas que le sélectionneur a sa part de responsabilité, il n'est pas le seul et je trouve ça un peu trop facile de l'accuser lui, tout seul en excluant pratiquement la responsabilité des joueurs des débats.

    Je comprends totalement que ce débat soit enflammé... L'équipe nationale, c'est le lien entre tous les amateurs de foot qui, tout au cours de la saison, se déchirent d'habitude dans les luttes entre clubs. L'équipe nationale, c'est en principe un vibrant "tous ensemble tous ensemble". Mais là c'est plutôt devenu un "tous contre lui, tous contre lui" (lui étant RayDo).

  • Save Our Sport le 01/07/2008 à 08h40
    Et sinon, à part Deschamps?

    Domenech? Bon d'accord. Mais encore?

    Si jamais Domenech était viré, j'espère que Deschamps ne sera pas choisi.
    Et pourtant je n'ai rien de vilain à lui reproché.

  • lindo le 01/07/2008 à 08h59
    Commentaire d'un site suisse qui y va franco :

    "Raymond Domenech a creusé sa propre tombe tout seul. Reste désormais à la Fédération Française de Football de prendre ses responsabilités et de virer cet incompétent. L’histoire ne retiendra rien de Domenech. La finale de la Coupe du Monde de 2006 n’est que poudre aux yeux pour tous ceux qui n’ont pas vu, pas compris, que la France de 2006 était gérée et orchestrée par Zinedine Zidane lui-même et ses proches guerriers : Barthez, Vieira, Thuram, Makélélé et Henry, colonne vertébrale d’un système capable de tout balayer. Il faut se souvenir aussi que peu de temps avant cette glorieuse aventure, Raymond-la-science se vantait déjà de vouloir construire une équipe pour l’avenir… Quelques sorties désastreuses plus loin, la France entière, le Président de la République en tête, réclamait le retour de Zizou pour un sauvetage avant chavirage !

    Pour toutes ces raisons et pour toutes celles qu’on a oubliées, pour sa tête à claque et pour son arrogance, c’est avec une immense joie que la rédac de lien remet aujourd’hui à Raymond Domenech le

    Super Pigeon d’Or de l’Euro 2008 !

    Pour lire cet succulent article :

    lien

  • liquido le 01/07/2008 à 09h12
    Curieux inventaire d'hétéroclites prises de position. Je vois pas vraiment la finalité, sinon celle de ressasser le cliché des 60 millions de sélectionneurs. Une petite mise en perspective des points de vue, ça aurait été cool. D'où les mecs parlent, quoi, histoire de dégonfler la baudruche dugarienne, qui l'a très grosse. Le lobby "France 98", on comprend bien qu'il attendait RayDo au coin du bois depuis des lustres, la faute, je suppose, au crime de lèse-majesté post-2004. Simplement, la fenêtre de tir n'était pas encore ouverte. Pareil pour Amaury Ltd dont FF s'est auto-institué chef de meute, un rôle qu'a titre personnel je ne lui connaissais pas, surprenant de violence (intéressante remarque de Vinocrator sur la division des taches FF / kiplé - tristement exprimée au travers de la pachydermique métaphore nord-irlandaise). De l'autre coté, je serais curieux de comprendre les raisons des insiders (Ribéry, Vieira...) de soutenir leur coach: trouille de l'inversion des hiérarchies et routines internes en cas de changement ?

    Un petit mot sur Triaud que vous situez un peu hâtivement dans la balance des "pro" alors qu'il ne s'est pas prononcé sur le fond, regrettant juste le dézingage en règle de France 98. Et puis il a peut-être pas envie qu'on vienne fouiner du coté du Haillan pour trouver un successeur a RayDo...

  • José-Mickaël le 01/07/2008 à 09h24
    Diablesse Rouge
    mardi 1 juillet 2008 - 08h39

    Pour le point 2. je ne faisais qu'exprimer une hypothèse. Et puis, les Cahiers interviennent rarement dans les réactions des lecteurs. Mais ça ne me choque pas qu'ils ne se prononcent pas. Ils ont le droit d'être neutres, ou peut-être qu'ils sont en désaccord au sein de la Rédaction ? Si c'est comme entre nous, ça doit être sportif... :-) Bref, je n'en sais rien, mais ça ne me paraît pas important.

    > et si ça c'était le max retirable de ce noyau-là, à ce moment-là, hors qualités intrinsèques des gars en temps normal?

    Je n'arrive pas à être pessimiste au point d'imaginer une telle chose. Tu sais, ce France-Roumanie, il faut remonter à très loin pour trouver un match aussi indigent. Je crois qu'il faut remonter au Norvège-France du 16/06/1987. A l'époque, quand j'avais vu ça (festival de passes en retrait), je m'étais dit en gros : mince, on ne peut donc pas faire mieux, alors qu'on a dans nos rangs (excusez du peu) Thouvenel, Poullain, Delamontagne et ce duo d'attaquant que l'Europe nous envie, Micciche-Fargeon ? Ben là c'était pareil, mais avec Benzéma, Ribéry et Henry.

    > Et si la qualité des adversaires affrontés lors de cet Euro avait aussi sa part de responsabilités?

    C'est une bonne question, mais pour France-Roumanie ce n'est clairement pas le cas : les Roumains nous attendaient, ils n'exerçaient pas un pressin haut. Contre les Pays-Bas on a attaqué mollement, je trouve ça décevant d'une équipe qui compte des joueurs capables d'être bien meilleurs dans leur club. Je ne pense pas que les Néerlandais soient fautifs du manque de gnak des Bleus. Contre l'Italie on ne peut rien conclure vu les circonstances du match (je crois qu'après l'expulsation d'Abidal le ressort était cassé).

    > C'est un peu étrange, voire désobligeant, de mettre de côté complètement l'adversaire.

    Ca le serait si je reprochais à l'équipe de France ses résultats. Mais ce n'est pas ce que je reproche.

    > n'es-tu pas un peu sévère? Si elle avait tout raté, elle n'aurait pas été qualifiée pour l'Euro... Hormis les deux défaites écossaises, y en a-t-il eu d'autres?

    Oui, tu as raison, on ne peut pas dire qu'il a tout raté. Mais j'ai vu plusieurs matchs, et c'était des purges. Contre la Lituanie, on s'en sort dans les dernières minutes. A part contre les Féroé les victoires ont été étriquées.

    > mmmhh, n'ai-je pas lu dans l'une de tes réponses à Björn (je crois) que tu détestais que l'on pense pour toi?

    Je n'ai pas cherché à penser pour toi. Tu tendais une perche en demandant si tes questions nous semblaient idiotes, et je faisais juste cette remarque préventive (pour être bien sûr que tu ne fasses pas l'amalgame). « On dirait que » et « j'espère que ce n'est pas ça » appelaient des précisions, donc tout est OK.

    « Et si je ne nie pas que le sélectionneur a sa part de responsabilité, il n'est pas le seul et je trouve ça un peu trop facile de l'accuser lui, tout seul en excluant pratiquement la responsabilité des joueurs des débats. »

    Quand un joueur est mauvais, on ne le sélectionne pas. Que faire quand le sélectionneur est mauvais ? Je ne crois pas qu'on oublie la responsabilité des joueurs, simplement les joueurs, c'est au sélectionneur des les gérer, des les sanctionner éventuellement en ne les rappelant pas. Et puis j'ai entendu les médias critiquer Abidal après l'Italie et Coupet après les Pays-Bas. Cet article parle du sélectionneur, alors on parle du sélectionneur. Oui, on pourrait critiquer les joueurs, ou même la DTN d'aileurs, mais on a le droit aussi de critiquer Domenech.

    > L'équipe nationale, c'est en principe un vibrant "tous ensemble tous ensemble". Mais là c'est plutôt devenu un "tous contre lui, tous contre lui" (lui étant RayDo).

    Est-ce que tu as vu les matchs de l'équipe de France depuis quatre ans ? Depuis 1980-81, je regardais chaque match avec plaisir. Ma soirée télé était réservée quand l'équipe de France jouait, et qu'on perde ou qu'on gagne (et on perdait souvent, au début), je voyais du foot, j'étais heureux. Je n'avais connu qu'une période creuse, et elle a d'ailleurs un rapport avec la Belgique. La coupe du Monde 1990 a été la pire de toutes, je crois, et un match m'a dégouté du foot : quand les Anglais, avec leur kick & rush crétin (désolé, mais que c'était laid), ont battu injustement des Belges qui avaient la plus brillante équipe du 1er tour derrière la R.F.A. (et en 1990, il n'y a eu que deux équipes brillantes) et avaient archidominé ce match (sans parler des poteaux). Dès lors, durant deux ans, j'ai un peu laissé tomber le foot, à part quelques matchs de Marseille en coupe d'Europe et peut-être la moitié des matchs de l'équipe de France. Puis c'est revenu avec l'Euro 1992. Mais à part ce court intermède, j'ai toujours été assidu devant ma télé, et même une fois au Stade de France (du temps de Lemerre, la meilleure époque !) Eh bien depuis quatre ans, je ne regarde plus l'équipe de France avec plaisir. Il m'est arrivé, à plusieurs reprises, de ne pas la regarder alors que je n'avais rien d'autre à faire ce soir là. J'ai lu récemment qu'on avait battu les Anglais. Il a fallu que je me creuse pour me souvenir que j'avais vu ce match : ah oui, celui où Beckham a été rappelé. Et qu'on a perdu contre l'Espagne : ah oui, on avait joué en rouge. Mais je n'ai en mémoire aucune image de ces matchs, juste la certitude de les avoir regardé. Alors que je me souviens encore bien des matchs amicaus d'il y a dix ans, et même certains du temps d'Hidalgo. Tiens, France-Pérou 1982, pourtant une défaite (0-1), je m'en souviens bien : le buteur péruvien était un joueur de Seraing, ça vient de me revenir (et j'improvise, je n'ai pas de livre d'histoire du foot devant les yeuxn, promis - celui qui m'a servi à citer les joueurs de Norvège-France, je l'ai rangé). Même qu'ils ont dit que Seraing venait d'être promu en première division (tu peux vérifier - et ce genre de détail ne serait pas dans un tel livre, sauf si l'auteur est belge, mais il ne parlerait pas de France-Pérou...) (Oblitas ? Peut-être... c'est un nom qui me dit quelque chose...)

    C'est ça qui est terrible : l'équipe de France ne me passionne plus, ne me fait plus vibrer. Pourquoi ? Parce que quatre ans de purge (sauf exceptions notables qui nous ont valu un titre de vice-champion, et je remercie Domenech pour ça). Si Domenech reste, j'ai peur que ça continue. Notre sélection, c'est le Derrick du foot. Je ne peux pas adhérer au "tous ensemble" que tu as pourtant raison de rappeler, c'est impossible.

    (Qu'est-ce que j'en aurais tartiné aujourd'hui...)

  • Diablesse Rouge le 01/07/2008 à 09h25
    nominoe
    mardi 1 juillet 2008 - 03h53
    Diablesse Rouge
    mardi 1 juillet 2008 - 02h42

    "Non Diablesse, c'est bien vu (c'est même pas mal pour une blonde belge qui insulte ses crevettes en les hachant!)"
    => je présente mes excuses à la corporation des crevettes!

    "RayDo n'est pas responsable de tout, mais il est quand même responsable."
    => on est d'accord, je ne dis pas qu'il n'a rien à voir là-dedans, juste qu'il n'est pas le seul responsable. Il est l'un des éléments de la pyramide et, pas de bol pour lui, le plus facilement éjectable.

    "Il est aussi coupable, et ça ça passe assez mal dans nos contrées, de foutage de gueule vis-à-vis de "l'opinion"... (etc)
    => il s'est clairement planté à certains niveaux de communication... et dieu sait à quel point la communication est un élément important de nos jours. Un entraîneur/sélectionneur doit: obtenir des résultats, faire jouer ses joueurs comme des dieux même quand ce sont des brelles, présenter bien sinon on lui trouve une tête de con (dédicace à Ménès et besitos à Aragonés), et avoir une politique de com' digne d'un chef d'entreprise. Pas facile comme job... Faut d'ailleurs être un peu maso pour le faire...

    "Et puis c'est quand même lui qui a sélectionné son groupe" [...] avec cette équipe, on se qualifie pas pour la prochaine CM..."
    => Là aussi on est d'accord, il a sélectionné son groupe. Certains choix ont toujours été discutés et le seront toujours jusqu'à ce que le foot ait disparu de la planète. Evidemment, ils le sont toujours lors d'une élimination... Je ne suivais pas vos débats à l'époque mais était-ce le cas également en 2006? (là aussi, question sincère, je n'en ai aucune idée). Quant à la non qualification pour 2010... on verra. Ici aussi, on se voit déjà éliminés (oui, comparer Belgique et France, il faut oser). Ptete que le fait qu'on fait partie du groupe de la Turquie et de l'Espagne joue un rôle dans ce constat pessimiste (ptete... ahem).

    "Quant au fait qu'il se serait plié aux ordres des 60 millions de sélectionneurs (ou de la presse) [...]
    => Je n'ai pas dit ça non plus, juste que sa sélection n'avait été que peu contestée (hormis encore une fois pour Trézéguet et Mexes) et que quand il a vu que certains schémas ne fonctionnaient pas, il a tenté autre chose.

    Bref... ça nous promet encore des débats passionnants et passionnés jusqu'à ce que la décision soit connue (et encore après d'ailleurs).


  • nyrgal le 01/07/2008 à 09h27
    Assez (complétement d'accord) avec JM.

    Pour moi, cet article prend clairement le partie de Domenech en continuant de la victimiser et en occultant le foot.
    C'est la seule ligne de défense qu'à mis au point Domenech et la meilleure à la limite.

    Bref, ne me gardez pas parceque j'ai fait du bon travail, mais parce que ceux qui veulent pas peau ( journalux, France 98...) exagèrent et me persécutent.
    D'ailleurs Michel Platini vient d'apporter son soutien ( de poids à Domenech).
    C'est à mon avis une veritable guerre politique et de pouvoir entre Fédé+DTN+Officiels contre Journaliste+anciens joueurs+personnes en marge du pouvoir officiel.

    C'est bien dommage et naîf de se faire avoir là dessus et de traiter la question que sur un plan politique. Le foot n'est pas abordé la-dedans.
    C'est bien dommage.
    De toutes façons, que tous les anti-lyncheurs de Domenech se rassurent, il va rester, pas parceque c'est un bon entraineur, mais parcequ'il est exclu de faire preuve de faiblesse et de donner raison à des franc-tireurs extérieurs au cercle de pouvoir du foot français.

  • Diablesse Rouge le 01/07/2008 à 09h40
    José-Mickaël
    mardi 1 juillet 2008 - 09h24

    J'ai vu certains matchs des 4 dernières, oui, mais pas tous (ceux de cet Euro oui, et les matchs amicaux pré-Euro également). Quant aux belles années 80, j'étais soit pas encore née, soit trop jeune et en phase Dorothée plutôt qu'en phase foot. A posteriori, je me suis intéressée aux belles années du foot belge, mais je n'ai pas poussé la curiosité jusqu'à revoir les matchs des Bleus. Et je présente les mêmes symptômes que toi... je me souviens de la magnifique épopée de 86 (vécue a posteriori donc), je revois ce but sur coup franc de l'Angleterre à la 118ème minute en Italie (maudit Platt), je revois clairement ce but de Wilmots injustement annulé en 2002 face au Brésil. Après, ça frôle le néant absolu et comme toi, je me raccroche à des anecdotes pour me souvenir si j'ai vu ou non les matchs... La magie de la mécanique de la mémoire...