Landreau 1996, premier péno

Un jour, une parade – Le 2 octobre 1996 à Furiani, la France du foot découvre un jeune gardien de dix-sept ans, Mickaël Landreau, qui dépose sa marque d’entrée en arrêtant un penalty.


La présence de Mickaël Landreau le 2 octobre 1996 à Bastia dans les buts du FC Nantes n’est pas à proprement parler une bonne nouvelle. Elle résulte d’un début de saison calamiteux de l’équipe de Jean-Claude Suaudeau, qui n’a toujours pas gagné un match après neuf journées de championnat. Et souligne un problème au poste de gardien de but: Le coach nantais, qui n’arrive pas à se décider entre Dominique Casagrande et Eric Loussouarn, a établi une rude concurrence qui va miner les deux hommes au lieu de les stimuler. Lorsque le premier se blesse, le second rate ses sorties.

 

Débuter quelque part...

Pour le déplacement à Bastia, Suaudeau se tourne donc vers son troisième gardien. Mickaël Landreau, dix-sept ans, n’a joué en tout et pour tout qu’un seul match avec les pros: une rencontre de Coupe Intertoto face au Standard de Liège durant l’été. Un match à Bastia n’est jamais vraiment une partie de plaisir, encore moins l’endroit indiqué pour y débuter sa carrière. Mais Mickaël Landreau fait preuve d’un sang-froid devant les caméras qui l’interrogent, et esquisse un sourire de grognard: "Faut bien débuter quelque part…"


À la 36e minute, Piotr Swierczewski est lancé plein champ dans la surface de réparation nantaise. Le jeune gardien sort avec autorité mais il percute l’attaquant et provoque un penalty. Tandis que ses coéquipiers font le métier en discutant avec l’arbitre, Landreau regagne sa cage. C’est le Slovaque Lubomir Moravcik, une pointure, qui se charge de la sentence. Le Slovaque tire sur la droite du gardien dont il connaît tout juste le nom. Landreau se détend du bon côté et repousse des deux poings. Eddy Capron a bien suivi et envoie en tribunes.
 

 


 

Invincibilité

Landreau brandit un poing vainqueur, congratulé par ses coéquipiers. La rencontre se terminera par un score nul (0-0), plutôt positif pour les Nantais. Surtout, la prestation de leur gardien, au-delà du penalty arrêté, a rendu leur confiance aux défenseurs. L’entraîneur ne cache pas sa satisfaction et aligne l'inattendue vedette de Furiani lors du match suivant à la Beaujoire, face à Nice. Un match qui va voir les Canaris remporter leur première victoire de la saison sur le score de… 7-0.
 

Mickaël Landreau est désormais le gardien numéro un du FC Nantes. En novembre, à Montpellier, il détourne un penalty de Franck Sauzée, et une réputation commence à se forger. Le FC Nantes et son jeune gardien sont partis pour une impressionnante série d’invincibilité: ils ne connaitront la défaite qu’à la dernière journée chez le champion Monaco, terminant le championnat à la troisième place.
 

La carrière de Mickaël Landreau est désormais lancée. Le jeune gardien deviendra une figure emblématique du FC Nantes. Il portera le brassard de capitaine dès l’âge de dix-neuf ans, emmenant une génération à la conquête de deux Coupes de France et d'un huitième titre de champion. Il arrêtera encore de nombreux penalties. Puis lorsque son club amorcera son déclin, il restera dans les buts et retardera par de multiples arrêts l’inéluctable descente à laquelle son club est promis. Mickaël Landreau quitte le club en 2006. Le FC Nantes descend en 2007.
 

 

Bonus : un sujet de France 3 Nantes avant la finale de la Coupe Gambardella 1996

 

16 commentaires
Basile mais pas boli

Comme quoi les destins se jouent à pas grand chose, parce que la sortie "pleine d'autorité" comme ça pour un gardien dont c'est le premier match de D1, j'appelle ça plutôt une sortie "what the f***". Si le match se perd 1-0 la-dessus, pas sûr que le petit Michaël - dont j'ai été fan dès la première heure je précise - reste dans les cages la journée suivante.

Ba Zenga

Jamais été fan du joueur, mais je l'ai toujours été de Richard. Bien content que cette rubrique soit inaugurée de cette manière! Joli timing avec le record de 602 matches. Mais bon, peut-être que Landreau n'aurait jamais dû égaler Ettori, c'aurait voulu dire qu'il aurait tenté une expérience à l'étranger et qu'il serait devenu un meilleur gardien.

Mykland

Penses tu que Gilles Rousset, Simon Pouplin, Lionel Perez, Ludovic Butelle, Fabien Barthez, Bernard Lama, Hugo Lloris, Lionel Charbonnier furent de meilleurs gardiens en partant à l'étranger ? Le seul qui bénéficia réellement d'un départ hors L1 fut Sébastien Frey. Et encore, c'est parce qu'il n'y a joué qu'une saison quand il avait 17/18 ans. Et aussi Richard Dutruel, valeur sûre à son poste en Liga, qui réussit à signer au Barça mais sans s'y imposer.