Goal Line Technology, la comédie de l'année

La GLT de GoalControl, prestataire de la L1, apporte du spectacle dans un registre inattendu. Et puisque la Ligue veut faire durer la comédie, apprécions-la à sa juste valeur. 

 

Ce n'est pas encore la catastrophe ultime, mais ce n'est pas passé loin. On a failli voir le premier "but GLT", entièrement inventé par une technologie encore récemment présentée comme quasi infaillible. Une nouvelle fois, les arbitres ont dû invalider les indications confuses et erronées de la Goal Line Technology.

 

Mais comme la LFP a décidé de maintenir le dispositif (en faisant les gros yeux pour la troisième fois), il reste une chance d'assister à cet événement. Jusqu'à présent, les arbitres français, bien que considérés comme nuls, ne l'ont pas été assez pour se laisser abuser et commettre une erreur tragi-comique.

 

 

 

 

En attendant, malgré l'accumulation des bugs, la Ligue a donc aval(is)é l'ultime excuse de son prestataire: après la couleur du maillot du gardien et les drapeaux qui s'agitent intempestivement, voilà la luminosité de l'éclairage par LED. Sachant que le graphisme du ballon ou la brume peuvent également perturber cette délicate technologie, on se demande dans quelles conditions elle peut fonctionner convenablement.

 

Il faut en tout cas saluer la dernière salve de GoalControl sur cette formidable séquence de Troyes-Amiens. D'abord un déclenchement erroné provoquant d'abord la validation du but par l'arbitre, puis dix interminables minutes de confusion aboutissant à la décision inverse. So long pour la fiabilité et l'instantanéité de la GLT.

 

Cerise sur le gâteau, la fourniture d'une animation manifestement erronée elle aussi, avec un ballon placé côté cour alors que les images vidéo le montrent côté jardin (tout avait commencé avec une approximation de ce genre lors de OM-OL la saison dernière). Difficile, désormais, de douter du caractère très virtuel de cette animation "3D", dont on a appris cet été qu'elle pouvait être produite "manuellement".

 

 

 

 

Ce que l'on sait des échanges entre les officiels et les techniciens ajoute une touche burlesque à la séquence: informations contradictoires, communication difficile car ils ne parlent qu'allemand, coupure de son. On imagine la panique dans le car-régie ("Gunther, c'est encore eux qui appellent. Éteins les lumières et détruis ta carte SIM, DÉTRUIS TA CARTE SIM GUNTHER!").

 

Lors d'un incident précédent, le prestataire n'avait pas été en mesure de fournir image et animation au réalisateur. Les techniciens avaient perdu les images.
Enquêteur : Comment avez-vous perdu les images ?
Technicien : Un ours brun a fait irruption dans le car-régie. Il a tranché les câbles avec ses griffes et s'est emparé des disques durs avant de partir.
Enquêteur : …
Technicien : Oui, c'est vraiment pas de chance.

 

Génie du néoarbitrage contemporain, on va donc étudier à la vidéo les décisions de la GLT pour voir si, par hasard, elle ne se serait pas trompée. Une jolie mise en abîme que l'on devrait prolonger par l'arbitrage vidéo des propos consternants tenus sur l'arbitrage par les joueurs, entraîneurs, dirigeants, commentateurs et consultants.

 

Car l'épisode a incidemment été l'occasion de vérifier le calamiteux niveau de réflexion sur l'arbitrage en France, au gré d'un débat sur le plateau du Canal Football Club ou d'un édito qui se prend les pieds dans sa propre argumentation. En particulier, la persistance de la sempiternelle assimilation entre la GLT et l'arbitrage vidéo continue de donner lieu à des arguments absurdes et de dissimuler les conséquences de la "VAR"… 

 

Lire aussi l'article de L'Équipe: "Autopsie du fiasco de la goal-line technology".

 

6 commentaires
suppdebastille

Je ne comprends pas très bien ce que tu reproches à l'édito de Duluc.
Pour le coup, il soutient très timidement la vidéo et se moque plutt à propos du stektch de la GLT, la rapprochement avec la scène culte de "la 7ème compagnie" est assez bien vu.

En général il défend beaucoup le foot "d'avant".

Jamel Attal

Eh bien déjà, il fait une confusion totale, sous le vocable "la vidéo", entre la VAR et la GLT, ce qui dénote une embarrassante incompréhension. Accessoirement, il n'a pas l'air de savoir que la GLT ne consiste pas à "arrêter une image au bon moment" (il confond peut-être avec le révélateur).

Je passe sur sa façon de postuler que de toute façon, la nécessité de "la vidéo" est définitivement établie – probablement depuis le début des temps. D'ailleurs, le problème c'est juste que la technologie n'est pas au point. Euh…

Ensuite, on pourrait lui savoir gré de réaliser que l'instantanéité de l'émotion va être sérieusement compromise, mais c'est pour dire que cinq minutes, c'est trop. Il faudrait qu'il explique en quoi une attente d'une minute (temps moyen constaté aujourd'hui pour des décisions simples, ne parlons pas des autres) préservera cette émotion.

"Il est essentiel, et urgent, que l'affaire se règle en quelques secondes", écrit-il. De quoi parle-t-il? De la GLT? Elle est censée fonctionner en une fraction de seconde. De la VAR? "Quelques secondes", c'est complètement inimaginable.

Bref : confusion(s) sur toute la ligne. Donc, "calamiteux niveau de réflexion sur l'arbitrage (vidéo) en France", oui, ça me semble éclatant (le plateau du CFC étant exactement dans le même registre, hormis Mathoux et Armand).

Les gars ont des certitudes inaltérables sans avoir commencé à réfléchir aux modalités d'application et encore moins aux conséquences sur le jeu et le reste. Et au moment où, et pour cause, les problèmes d'application et les conséquences se font jour, on ratiocine en citant la 7e compagnie et en mélangeant tout.

LLBB1975

Jamel,

J'ai entendu quelque part (certainement RMC) que la Ligue avait choisi la GLT parce qu'elle était moins cher que son concurrent (qui a fait ses preuves dans le tennis), le Hawk eyes. As tu des infos à ce sujet ?