GLT : trop de flou sur la ligne

Une Balle dans le pied – Week-end noir pour la GLT avec deux nouveaux incidents inexpliqués. Après les révélations sur ses bidouillages, le prestataire GoalControl a épuisé ses excuses et la patience de la Ligue… 

 

La chronique des bugs de la Goal Line Technology est appelée à se poursuivre tant que ces bugs se répéteront, ce que l'inertie des acteurs concernés semble garantir pour quelque temps encore. Coup sur coup, deux nouveaux épisodes se sont pourtant ajoutés au feuilleton.

 

À Rennes, c'est un imbroglio fâcheux qu'a provoqué le déclenchement du système, annonçant un but aux arbitres. Alors que le gardien caennais venait de repousser un ballon des deux poings et que la rencontre s'était poursuivie par l'exécution d'un corner, M. Delerue interrompt le jeu et valide un but pour Rennes. Dans une certaine confusion, les Caennais protestent et au terme d'une bonne minute, l'arbitre revient sur sa décision après avoir été informé par le délégué d'un "plantage total" de la GLT.

 

Si, dans ses protestations, le portier Rémy Vercoutre a spontanément évoqué la couleur jaune fluo de son maillot, c'est parce qu'en février, cette couleur portée par son confrère Cédric Carrasso avait été désignée par le prestataire comme la raison d'un bug analogue. Le directeur général de GoalControl France, prestataire de la Ligue 1 [2], Carlo Murinni, avait alors été formel : "Le bug a été identifié rapidement et écarté définitivement (…). Ce type d’incident ne pourra donc en aucun cas se reproduire".(…) 

 

 

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2 commentaires
Coach Potato

Bonjour, j'ai plusieurs réflexions et interrogations techniques précises en dehors du fait qu'on joue au ballon depuis 150 ans sans l'aide de technologie externe au champ de jeu et que l'on s'en sortait plutôt pas mal jusqu'alors.

Goalcontrol, la boîte retenue en Ligain et pour les compétition Fifa, est présentée comme un système validé et donc autonome. Une première réflexion: En cas de faux positif, quel est l'opérateur qui active un trigger manuel. Cette personne, sans mettre en doute ses compétence et sa bonne foi, est-elle un salarié de la Ligue, du concessionnaire du stade, un employé municipal, un arbitre délégué à la rencontre, d'un prestataire en back office. Je doute qu'il s'agisse d'un salarié de GoalControl dont la filiale française possède peu de collaborateurs (0 à 10) puisque que leur technologie ne le requiert pas. J'aimerais bien savoir.

Selon de descriptif sommaire qui nous en est fait par la FFP, voici comme je vois les choses. On a une phase d'acquisition haute vitesse, une phase phase de transmission fibre via du matos industriel type Microsens capable de fonctionner dans des environnements contraignants de température et d'exposition aux éléments. De plus, ils ont probablement prévu des éléments actifs pour assurer une redondance de la transmission dont nous supposons que sa vitesse de switch est compatible avec le reste du système de traitement qui doit analyser l'intégrité des paquets reçus.
Ensuite, on doit avoir des interfaces fibre/cuivre par sources (7 caméras), un changement de protocole à destination des organes de traitement informatiques.
Les n-images/s doivent être bufferisées et échantillonnées avant de recevoir le traitement informatique qui élimine tout élément à l'exception de la position du ballon dans l'espace 3D ainsi crée à proximité du but. Le combo buffer et UC doit être du matos contitionné mili très performant et très fiable, y compris dans des environnement agressifs. De plus la validation de l'application impose de ne pas être accessible par un device extérieur hormis pour contrôle une fois validé. L'intégrité du système doit toujours être préservée sinon, ce n'est pas une application validée et le concept englobe une procédure contraignante de change control pour y accéder. Toute modification même minime entraîne la ré-application de la procédure de validation de l'ensemble du système. En principe...

Par contre, avons-nous connaissance d'un stockage des datas avant traitement et s'il est possible d'appliquer à nouveau le traitement en local puis sur une application validée de référence pour constater le rendu en 3D après traitements.
Est-ce que la position du ballon virtuelle est erronée à cause de la numérisation, du différentiel des 7 caméras, problème d'horloge, défault des tensions, fluctuation l'alimentation, d'un bug du programme etc...
Et si le traitement est correct, pourquoi la transmission vers la montre de l'arbitre a été initiée?
Est-ce que la ligue a audité le système incriminé et parvenu à une conclusion positif sur la cause de l'erreur et quel rapport a pu produire le fournisseur à ce propos.
Normalement, un fournisseur sérieux doit pouvoir proposer une explication valide, un protocole de test sérieux et des axes d'amélioration. Un fournisseur de systèmes validés dans l'industrie est capable de la faire. C'est parfois même un pré-requis pour pouvoir commercialiser ou exporter certain type de produits. Parce que là, c'est une boîte noire pour l'observateur externe. La LFP doit être capable à terme de fournir un compte-rendu d'audit et pas seulement un récépissé de recommandé pour se protéger.

On peut aussi y foutre le feu. Je serais assez pour.




Jamel Attal

Pour répondre à ta première question, l'article de L'Équipe qui révélait les "triggers manuels" présente son témoin comme "Suzana Castaignede, une ancienne opératrice de GoalControl, dont elle a été récemment licenciée".

D'après ce témoignage et l'enquête, c'est bien "l'opérateur" de GoalControl qui intervient manuellement en cas de panne du système.