Morale du coup de boule

Une Balle dans le pied – Le coup de tête de Brandao a réuni, un bref instant, le provoqué et le provocateur, mais c'est bien le premier qui sera seul sanctionné. Si la faute de l'un est plus grave, l'impunité de l'autre doit-elle être remise en cause? 

 

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Du burlesque, il y en eut une part dans le coup de tête que le néo-Bastiais a assené à Thiago Motta dans les couloirs du Parc des Princes, du moins dans la fuite qui l'a suivi et qui a paru en accéléré sur les images de la caméra de vidéosurveillance, comme dans les poursuites des films comiques de l'époque du muet. Quant au geste lui-même, difficile de trouver drôle une agression physique ayant entraîné une blessure, surtout si, de surcroît, les images pèsent en faveur de la préméditation, l'agresseur ayant attendu sa future victime.
 

L'incident a inévitablement réveillé un vieux débat sur les responsabilités en pareil cas: le "pétage de plomb" survient généralement en conclusion d'une succession de ce que l'on peut appeler des provocations, insultes verbales ou coups assenés plus ou moins en douce (ce dont Thiago Motta est accusé d'être un spécialiste). L'opposition entre le provocateur et le passeur à l'acte est un schéma canonique de la morale du football et de ses règles. La jurisprudence est bien établie: celui qui cède aux provocations sur le terrain est presque toujours sanctionné, au contraire de (ou plus lourdement que) leur auteur. Les réactions impulsives, y compris des semblants de coups, déclenchent majoritairement l'expulsion. Parmi d'innombrables exemples, prenons ceux fournis par la Coupe du monde 1998 avec le piétinement d'un joueur saoudien par un Zinédine Zidane excédé et la manchette assenée à Slaven Bilic par Laurent Blanc contre la Croatie.


SUR UN COUP DE TÊTE


Garder ses nerfs est donc une obligation de fait, quelles que soient les responsabilités (et l'impunité) des pousseurs au crime, et les joueurs en sont bien conscients. La différence de gravité entre ces deux comportements se justifie d'ailleurs assez aisément. D'une part, si l'on admet dans le feu de l'action une dose de brutalité et de vice, que l'arbitre doit réguler, un coup "en réaction", lui, ne fait en quelque sorte plus partie du jeu. D'autre part, une attaque comme celle de Brandao franchit la limite à la fois éthique et pénale entre agression verbale et agression physique: la loi comme la morale interdisent de répondre à l'une par l'autre. (...)

 


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14 commentaires
kimporte el flaco

Concernant le cas zizou : ..." avant qu'il ne s'avère que le défenseur italien avait seulement décoché une vanne pas très digne". J'avais pas bien suivis la suite de l'affaire, il n'avait donc pas insulté sa mère, sa soeur ou je ne sais plus qui ?

kimporte el flaco

Et en lisant les réactions du blog je m'aperçois que Motta et même Verratti seraient devenus les rois de l'insulte et la provocation sur nos pelouses de L1. Ex :"L’acte de Brandao est ben évidemment inacceptable mais force est de constater que Motta en spécialiste de la provoc. et de l’insulte en Ligue 1, n’aura pas volé ce coup de tête millimétré." Bon déjà rétablissons certaines vérités : Motta sa spécialité c'est pas les insultes mais les petits coups en douce (demandez à Rémi Garde). Verratti s'il parle sur le terrain c'est surtout envers l'arbitre. En ce qui concernent les insultes et là je réagis à l'article qui pose la question de la responsabilité du provocateur dans une réponse de type coup de boule, Le problème c'est qu'on ne peut pas réduire ça à la problématique provocateur contre provoqué. Je m'explique, face à la violence du geste de Brandao tout le monde pense qu'il a forcément été provoqué, soit, mais si on remonte le fil des évènements et que l'on constate que l'insulte de Motta était une réponse à une insulte de Brandao qui lui même se vengeait du joueur Parisien qui en influençant l'arbitre lui a fait prendre un carton jaune, ça devient plus difficile à juger. De mon expérience en tant que défenseur c'est un schéma constant, l'attaquant bousculé de manière légitime ou non va sous l'énervement insulter son adversaire qui en règle général lui répond et ça s'arrête là (sauf pétage de plomb). L'insulte systématique (presque tactique) dont est soupçonné Motta est plutôt rare est réservé à des joueurs aussi doué que fragile mentalement type zidane donc pas vraiment Brandao dont on va plutôt profiter de sa réputation de joueur violent pour influer sur l'arbitre à sa première faute. Du coup il nous reste un joueur qui en agresse lâchement un autre dans un geste prémédité et réfléchis qui ne mérite même pas qu'on lui cherche des circonstances atténuantes (sauf la bêtise).

José-Mickaël

J'aime bien ce que tu dis, notamment la dernière phrase de conclusion et ton refus qu'on cherche des excuses à Brandao. De toute façon, dans une démarche (déjà douteuse) du type « oeil pour oeil, dent pour dent », on répondrait aux insultes par des insultes. Un coup de tête est beaucoup plus grave.