Arbitrage vidéo, minute zéro

Une Balle dans le pied – La 48e minute de France-Espagne a marqué un point de basculement que presque tous les spectateurs auront ressenti. Émotion en différé, quête de "justice" : c'est aussi un changement de nature du football que cette minute a enregistré.  

 

Dans les instants ayant suivi celui où la reprise de la tête d'Antoine Griezmann propulse le ballon dans les filets de David De Gea, on a pu voir la joie du buteur et de ses coéquipiers, entendre la clameur du stade et les cris des commentateurs. Les pensées ont eu le temps de défiler : sur ce but heureux compte tenu de la domination espagnole, sur Griezmann en réussite, sur cette belle action collective… "Pas de hors-jeu !" crie immédiatement Grégoire Margotton au micro de TF1, constatant que l'assistant n'avait pas levé son drapeau, avant de célébrer avec enthousiasme l'ouverture du score. Mauvais réflexe, ancienne habitude. Idem pour les spectateurs du Stade de France que le réalisateur montre en train d'exulter, idem pour nous autres devant les écrans.

 

Il va falloir reprogrammer le logiciel émotionnel, apprendre à avoir des demi-joies, à les retarder, à les diluer dans l'attente de la vraie décision. Nous entrons dans le régime de l'émotion en différé, dans un jeu où un arbitre en cabine inscrira des buts. (…) 

 

 

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20 commentaires
Tonton Danijel

"Grâce à l’arbitrage par les ralentis, la prochaine « main de Maradona » ne sera plus qu’une péripétie vite oubliée." Marrant qu'on évoque cet exemple et pas la main de Vata (par exemple). Parce que c'est plus facile d'évoquer un match qui ne heurte pas les supporteurs?

Ba Zenga

Merci Jérôme pour ta dernière phrase (et le reste, hein), tu as parfaitement résumé ce que je ressens ce matin.

Pascal Amateur

Une juste et belle analyse, qui ne plaira pas à Hervé Mathoux. Reste plus qu'à mettre une caméra dans la cheminée, pour prouver que le Père Noël n'est pas passé, et que toutes ces histoires, tous ces engouements à réécrire le monde, à s'enflammer autour des enjeux dérisoires donc vitaux d'un match de foot, ne servent à rien.