Le petit José - blog
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Le Petit José
Je m'appelle José Anigo, je suis un Marseillais, un vrai avec des couilles.
Avant j'entraînais l'OM, le club de Marseille mais comme j'ai perdu contre le psg, on m'a donné une promotion et je suis devenu directeur sportif. C'est ça l'OM.
Blog créé le mercredi 08 juin 2005
Revu le vendredi 9 septembre 2005
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Courbisse la malice
vendredi 9 septembre 2005
Samedi on a reçu Ajaxio, un club de la corse. D'ailleurs c'est le seul club de la corse qu'il nous reste en ligue orange. Bastia s'est excusé, ils pouvaient pas rester.

A choisir, Ajaxio préfèrerait jouer le championnat de la corse. C'est l'indépendance qui veut ça. Et c'est vrai qu'on indépendance moins d'argent en restant dans son département. Déjà, ça fait des économies de gasoil, sans parler de l'hôtel mercure qu'on a pas à payer et puis surtout ça permet de jouer la championce ligue tous les ans. T'imagines si nous on jouait le championnat des bouches du Rhône. Bon, y a Martigues et Istres mais ça resterait jouable.

Ajaxio, c'est des pirates. J'invente rien même qu'ils ont des têtes de mort sur leur maillot et ils traversent la mer pour chaparder des points aux autres équipes. Ils les rangent dans un coffre jusqu'à ce qu'ils en aient 42 puis ils recommencent. On raconte que des fois, ils piquent même des joueurs. Moi au début, ça m'a fichu la trouille mais pas trop non plus. Normal, à l'OM y a plus rien à rincer. Dans le doute, on a quand même mis un antivol à Ribery et Orouma.

L'entraîneur d'Ajaxio, c'est Courbisse. Un marseillais comme moi, il a déjà entraîné l'OM comme moi et il a jamais rien gagné. Diouf m'a prévenu, il m'a dit José, méfie toi, Courbisse fait semblant d'être bête alors qu'il est très intelligent. C'est tout le contraire de toi. Courbisse, je le connais. Il aime bien parler mais par contre, les virgules il aime pas trop ça. C'est bien simple, c'est lui qui parle et c'est toi qu'a envie de boire un verre d'eau. Ses phrases en finissent plus de s'étirer, tout ça pour dire qu'il comprend pas comment ça se fait qu'en France, on doit être plus bête qu'ailleurs et qu'il aimerait bien qu'on lui explique ceci ou bien cela. Alors qu'en fait, tu verrais, il a très bien compris. La vérité, Courbisse, c'est un râleur et puis c'est tout. On lui a même donné une émission exprès pour râler. A RMC, ils ont déjà louisse pour cirer les pompes, larqué pour donner des leçons et maintenant ils ont Courbisse pour râler.

N'empêche, on a eu tout faux pour Orouma et Ribery. Courbisse, les bons joueurs c'est pas sa tasse de thé. Trop facile. Il préfère que tout le mérite revient qu'à lui, c'est pour ça qu'il fait dans la récupe. Courbisse, tu lui donnes le choix entre chevchenko et Pancrate, il prend Pancrate sans hésiter. Normal, son profil de joueur préféré, c'est l'asbine. Et asbine en anglais, ça veut dire « A été ». Sauf que lui, il préfère les « auraient pu être » mais ça, je sais pas comment ça se dit en anglais.

D'ailleurs, en arrivant, Courbisse a flashé direct sur Delfim. On a tout de suite dit «C'est pas à vendre ». Courbisse ça l'a vexé. Mais nous ce qu'on voulait dire, c'est qu'on le donnait. Y a eu malentendu. N'empêche, c'est vrai qu'il est malin. En arrivant à l'OM, il a déclaré « On se déplace chez l'ogre marseillais ». Hé, ogre toi-même ! A part Niang qui bouffe la feuille de match, on n'a jamais mangé personne ici.

Courbisse disait ça rapport au match de la corogne. Tu parles, c'était surtout pour mettre de la pression sur Fernandèze. Remarque, je vais te dire, c'était pas la peine. Avant le match, Acariesse s'en était chargé, il lui avait dit « Mon ami Fernandèze ». Acariesse il appelle tout le monde « mon ami » même Diouf. Il lui a dit « Ou tu prends trois poings dans le match ou tu prends mon poing dans le nez. Au choix ».

Fernandèze il a transpiré deux litres, il a demandé juste pour se renseigner, ce qui se passerait si éventuellement, juste pour savoir, il en ramènerait un seul de point au lieu de trois. Acariesse il a fait craquer tous ses doigts, sauf le pouce. Il y est pas arrivé. Pour calmer le jeu, j'ai dit « Ecoute, ramène deux points et ça ira ». Bizarrement, ça pas l'a rassuré des masses.
Vilain petit Cana
vendredi 9 septembre 2005
On est arrivés au bout de nos peines en signant Lorik Cana, un milieu de défensif albanais dont le psg avait pas utilité. Pour ça, il a fallu casser la tirelire du club. On aurait pas dû d'ailleurs, elle était vide.

Diouf avait pourtant eu des mots avec Blayo, le nouveau président du psg. Blayo, c'est celui qui remplace Graille qui avait remplacé Perpère qui avait remplacé Bietry qui avait remplacé Denisot. Au psg, les présidents c'est comme les photocopies de photocopies, plus ça va et moins c'est net.

Blayo en démordait pas, il voulait 5 millions. Vu qu'on en proposait 5 de moins, le transfert coinçait. En voyant ça, Blayo a pas pu s'empêcher, il a tout cafardé à la presse, en faisant des sarcasmes en plus. J'ai demandé à Diouf, c'est quoi un sarcasme. Diouf était à bout, il a répondu « C'est un petit animal qui vit dans les étangs et qui se nourrit de nénuphars ». J'ai froncé les sourcils « Mais c'est quoi le rapport avec le foot ? » Il m'a répondu « Comme toi. Aucun ».

Heureusement on a pu débloquer des fonds pour le transfert. Mais pas assez, juste la moitié. On a demandé un crédit pour le reste mais Blayo a rien voulu savoir. Il a dit c'est 5 millions comptant ou pas content. Hé, cinq millions pour un joueur du psg, remplaçant et albanais, ça fait quand même beaucoup. Blayo a pas trouvé quoi redire en plus Cana voulait partir. « Tom Cruise entraîneur, c'est n'importe quoi » il aurait dit

A un sondage paru dans le parisien libéré, à la question « Regrettez-vous le départ de Lorik Cana ? » 99% des supporters interrogés ont répondu « Le départ de qui ? »

De son côté, Cana a déclaré que le psg occuperait toujours une place importante dans son cœur mais qu'en signant à l'OM, il réalisait un rêve en signant dans le vrai club de son cœur. Bien sûr, si lyon voulait de lui, ça tomberait bien parce que c'est encore plus le club de son cœur, sans parler de chelsea qui pour le coup, était le véritable club numéro 1 de son cœur. La vérité, Cana il a un cœur gros comme ça.

Cana on est allé le chercher à la gare Saint-Charles dans la vieille Lada de Fernandèze. Je lui ai dit de laisser chauffer le moteur, enfin façon de parler (moteur, c'est un bien grand mot pour une Lada.) Et ni vu ni connu, je suis parti chercher Cana sur le quai. J'avais qu'une trouille c'était qu'il se fasse repérer ce couillon. Tu parles, à peine arrivé, il a pas pu s'empêcher de demander à un minot s'il le reconnaissait. Le gosse l'a bien regardé et il a fait « Ah ouais, t'es Greg le milliardaire ! » Cana a haussé les épaules, il a répondu que non, il était Lorik Cana du psg. Mon vieux, qu'est-ce il avait pas dit ! Une foule s'est formé tout autour de lui pour le soulever à bout de bras. Lui en revenait pas d'être porté en triomphe comme ça. En fait, c'était surtout qu'ils cherchaient à le jeter sous le train.

Heureusement je suis arrivé à temps. En route pour le stade, Cana a voulu savoir s'il y avait une conférence de presse de prévue. Je lui ai répondu « Non, mais t'es cuit de la tête ou quoi ? On a un match là ! On joue Ajaxio, les autres sont déjà en train de s'échauffer ». D'ailleurs, je lui ai fait passer ses affaires derrière, il a dû se changer dans la voiture pour pas perdre de temps. Au bout d'un moment, j'ai dit à Fernandèze « Oh tu pourrais pas accélérer un peu ? On est à la bourre je te signale ». Fernandèze a répondu qu'il était à fond, alors on a continué à pieds pour aller plus vite.

En arrivant dans les vestiaires, Cana a eu un mouvement de recul, un peu comme quand Robert Louis-Dreyfus s'approche d'une caisse. Il a dit « Je vous préviens d'une chose, j'ai pas signé pour jouer dans la réserve » Je l'ai regardé avec des yeux écarquillés et j'ai fait « Mais quelle réserve ? C'est l'équipe type, tu vois pas !» Il a regardé Nakata, Koke puis Mendoza. J'ai bien senti qu'il avait un doute. Et encore, il les avait pas vu jouer.

Fernandèze a dit à Cana « Si ça t'embête pas trop, tu vas jouer en récupérateur ». Récupérateur, ça consiste à récupérer les ballons perdus par tous les autres joueurs de l'équipe. Autant dire que c'est du foule time job à l'OM. « Sinon pour savoir, t'es à combien de pour cent ? » Lui a demandé Emont. Cana a répondu « Oh, tu m'as pris pour un yaourt ? » Carasso a dressé la tête à cause du mot yaourt. Lamouchi a dit que perso, il se sentait à 60%. Mais vu qu'il est à 10% depuis le début de la saison, il voulait dire 60% de ses 10%. Personne a eu le courage de calculer combien ça fait.

C'est là que Déhu est arrivé en boitant des deux jambes, il s'était blessé en relevant le défi téléfoot, un face à face avec un benjamin. « Benjamin deuxième année » a précisé Déhu. N'empêche Cana ça l'a rassuré de retrouver un visage fourmilier, ils ont joué ensemble au psg c'est pour ça. Enfin, "jouer" faut le dire vite. On parle quand même du psg. « T'es blessé où ? » Lui a demandé Cana. « Aux ischio » a répondu Déhu. « Ozyshkiô. C'est du japonais ? » Il a voulu savoir. « Non, c'est derrière la cuisse ».

Cana a fait son entrée comme titulaire. Il a été très bien accueilli par le public. La preuve, il a eu droit à une banderole de bienvenue rien que pour lui, sauf qu'à la fin, il est venu me voir pour me dire « Faudra prévenir les supporteurs que Cana ça s'écrit avec deux A et pas deux O. Ils ont dû faire une erreur ». J'ai dit que je transmettrai. Tu parles, ça fait des années qu'ils écrivent Anigo sans A. Ils savent pas écrire et puis c'est tout.
Rimenez, ça s'écrit avec un g
vendredi 9 septembre 2005
Un coup de fil de Robert Louis-Dreyfus, c'est toujours un évènement. L'autre jour, il nous appelle pour nous demander si on recherche toujours un attaquant. Diouf lui répond que c'est pas tant l'attaquant qu'on recherche mais plutôt l'argent pour le payer. Robert Louis-Dreyfus a dit « L'argent, l'argent, mais vous avez que ce mot à la bouche ». C'est sûr qu'à choisir, on préférerait l'avoir dans la poche. Il a dit que si ça nous intéressait, y avait un attaquant terrible dans le championnat de la suisse et que vu qu'il est suisse, il pourrait nous arranger le coup.

Moi, déjà à la base ça m'a surpris d'apprendre qu'y avait un championnat en suisse. Je croyais qu'ils étaient neutres là-bas. Ils doivent faire que des matchs nuls, c'est pas possible autrement et à la fin, toutes les équipes sont ex aequo. Et puis je sais pas mais t'imagines un peu la vitesse du championnat suisse ! Ngotty aurait pu jouer latéral là-bas.

Bref. Robert Louis-Dreyfus a demandé si ça nous intéressait ou pas, parce que le téléphone c'était pas donné. Acariesse lui a dit « Mais c'est vous le patron de la société de téléphone, vous vous faites pas payer les factures quand même, non ? » Du coup, Robert Louis Dreyfus a bien voulu nous parler plus longtemps mais pas trop quand même.

On lui a demandé c'était quoi le nom de son soi-disant attaquant. Il a dit Rimenez, ça se prononce avec un R mais ça s'écrit avec un G. Pétard, ils sont tordus, je te jure. C'est comme si moi, j'écrivais José avec un R. N'importe quoi. « Et c'est quoi le profil de Rimenez ? » J'ai demandé. Robert Louis-Dreyfus a répondu qu'il avait un très bon profil mais qu'il était quand même mieux de face.

Rimenez, à ce qu'on raconte, il serait ambidextre mais surtout du pied droit. Rimenez, c'est un attaquant terrible. Il est véloce et aussi raptor. Les deux. Il marque quasi un but par match, facile. Même quand il joue pas, c'est pas un problème. Niang pour marquer 27 buts dans une saison, faudrait qu'il joue avec les poussins et encore, faudrait qu'on lui laisse les pénos.

Rimenez il est venu par ses propres moyens. Seulement, à l'entrée la sécurité a pas voulu le laisser passer. Ils lui ont demandé « Vous venez pourquoi monsieur ? » Rimenez a répondu « Yé viens pour marquer des boutes maricon ». L'agent de sécurité, a fait « Marquer des buts ? Mais c'est l'OM ici, vous vous êtes trompé d'adresse ». Rimenez a montré un papier avec l'adresse écrite de la main de Robert Louis Dreyfus en personne.
Girondins de marseille
Rue de la comanderie
78 000 Marseille
L'agent a reconnu l'écriture parce que c'était écrit en tout petit pour économiser l'encre.

En le voyant arriver, Mendoza s'est jeté sur lui. Les deux ont commencé à se renifler puis à se montrer les dents. « Faut leur jeter un seau d'eau ! » a crié Lamouchi. Ribery a pris le seau en fer, celui pour mettre la glace, mais vu qu'il était vide, il l'a jeté sans rien dedans. Le seau a frôlé Rimenez de peu, par contre il a pas loupé Nakata qui se l'ait mangé en pleine tête dans un grand GONG ! Nakata s'est roulé par terre en se mettant à pleurer. C'est le GONG, ça lui a rappelé la nostalgie de son pays.
Les meilleurs partent en premier (sauf des fois)
vendredi 9 septembre 2005
Le lendemain de notre victoire contre la corogne, Batlles a profité qu'on avait le dos tourné pour fuguer. Ni vu ni connu, il s'est fait la malle. Une malle souple avec une fermeture éclair sur le dessus. Un sac, quoi. Il nous a passé un coup de fil pour nous prévenir qu'il partait au téfécé et que c'était pas la peine d'essayer de le faire revenir parce que sa décision était prise. Batlles il est né à Toulouse c'est pour ça. Il serait né à Milan, ça aurait été compliqué pour lui.

Au téléphone, Batlles a dit qu'il valait mieux que le banc et c'est pour ça qu'il partait. « Si c'est que ça » j'ai fait « Je te mets un fauteuil à côté, un bien avec le dossier qui se rabat des fois que t'aurais un coup de pompe ». Les matchs de l'OM font souvent cet effet. Batlles a hésité mais il a pas changé d'avis pour autant. Il a dit « Je reste et puis c'est tout ». Ça m'a tellement mis les glandes que j'ai appelé le président du téfécé pour mettre les choses au clair. Je lui ai dit que ça allait pas se passer comme ça et qu'il avait plutôt intérêt à me renvoyer Batlles sinon moi, je téléphonais à Julien courbet. Ca lui a fichu la trouille, il a payé.

Le lendemain, Yayaoui vient nous voir à l'entraînement pendant la pause. A l'OM, la différence entre la pause et l'entraînement est très subtile. Faut vraiment avoir l'œil pour pas se gourer. Yayaoui a dit « Je me casse bandes de nuls ! » « Tu pars à Chelsea ? » a demandé Nasri. Yayaoui, a répondu non, mais qu'il signait dans un club tremplin qui le conduirait jusqu'à Chelsea. Pour passer de Istres à Chelsea, c'est pas un tremplin qu'il faut, c'est un miracle. Nasri a quand même trouvé ça cool, il a dit que si Istres remontait en ligue 1, peut-être qu'on jouerait contre lui. J'ai rien dit mais Istres qui remonte, ça m'étonnerait. Par contre y a quand même de bonnes chances pour que Nasri joue contre Yayaoui l'an prochain si l'OM continue comme ça. Là non plus, j'ai rien dit.

De son côté, Ndiaye est parti à Levante. Il a dû croire que ça voulait dire lève-toi, ça lui a donné espoir.
Un mardi soir sur Marseille (après le match)
lundi 29 août 2005
L'arbitre a sifflé la fin. Les neuf joueurs de la Corogne sont rentrés au vestiaire en demandant aux deux autres s'ils leur avaient laissé de l'eau chaude. Pendant qu'ils rentraient dans le tunnel, Nasri faisait des naquenaquenère tout en restant bien à l'abri derrière Andre Louisse des fois que. L'entraîneur de la Corogne était pas content, il a dit qu'à l'OM, on était que des tricheurs, qu'il allait porter réclamation et que ça allait pas se passer comme ça. Franchement, l'entraîneur de la Corogne il exagère. T'imagine, si on devait porter réclamation à chaque défaite. On en verrait plus la fin.


Au fond de la présidentielle, on entendait les commentateurs de M6 qui pleuraient d'émotion en se repassant les ralentis « Oh quel but magnifique, quelle inspiration de génie et quel match absolument prodigieux. C'est un exploit inimaginable auquel on a l'immense privilège d'assister ce soir. On n'a jamais vu ça, c'est éblouissant ! » Je me suis retourné vers eux, j'ai dit « Oh les gars vous en faites un peu trop là, non ? » Ferreri a répondu que eux ils avaient pas la championce ligue ni l'équipe de France, et qu'ils avaient que les matchs de l'OM et de Bordo pour se rattraper. C'est bête à dire mais ça m'a fait de la peine pour eux.

On a frôlé l'incident quand Robert Louis-Dreyfus a voulu descendre sur la pelouse, il s'est fait bloquer par deux stadiers qui voulaient rien savoir. « Mais c'est moi le président du Sporting Club de Marseille ! » Il a crié. Les stadiers ont regardé Robert Louis-Dreyfus, ils ont regardé ses claquettes. Ils ont eu comme un doute. Finalement, il a réussi à passer grâce à un ramasseur de balle qui l'a reconnu. Il a pu venir danser au milieu des joueurs en chantant « On est les champions ! On est les champions ! On est – on est – on est les champions ! » Robert Louis-Dreyfus nous a dit « Maintenant que j'ai gagné la coupe d'europe, c'est fini plus personne pourra critiquer mon palmarès ». Il avait l'air tellement heureux, on n'a pas eu le cœur de lui dire la vérité.

Dans les vestiaires, on a ouvert une bouteille de champomy qu'on se gardait au frais en attendant une occasion à fêter. Depuis le temps, c'était devenu un grand cru millésimé. En levant son verre, Lamouchi a tenu à raconter une de ses anecdotes tirées de son expérience. Personne était très chaud pour l'écouter mais quand Sabri est parti, c'est difficile de l'arrêter. On dirait Higgins dans Magnum. Il a levé les yeux vers le plafond et a dit « Je me rappelle en 1994 avec l'aji auxerre, nous avions à charge d'affronter le Croatia Zagreb au stade de l'Abbé Deschamps après avoir était défaits 3 buts à 1 lors de notre périple en terre adriatique. Forts de ce but inscrit à l'extérieur, Diomède, Martins et moi-même possédions un avantage qui permettait... » Le reste de l'équipe s'est esquivé en catimini sans faire de bruit en marchant à reculons. Sabri a rien remarqué et il a continué à parler tout seul jusqu'à ce que le type de l'entretien vienne nettoyer les vestiaires.
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