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Qui a dit que football et littérature étaient incompatibles ? Voici le forum où vous pourrez parler de vos lectures récentes et anciennes, liées ou non avec le ballon rond.

Un conseil de lecture ? Une bonne librairie ? =>> "You'll never read alone", le Gogol Doc: http://bit.ly/11R7xEJ.

John Six-Voeux-Berk

18/01/2021 à 21h11

Balthazar
aujourd'hui à 18h43

John, quand tu dis : « L’auteur l’a-t-il seulement pensé un instant ? », cela se rapporte à tes deux questions précédentes, ou seulement à l’une des deux (et si oui, à laquelle) ?
Je réponds déjà à ça : « La beauté suffit-elle ? » On a déjà plus ou moins eu ce débat à propos de Proust, justement. Pour moi la réponse est évidemment oui. La beauté qui ne suffit pas, je ne l’appelle pas beauté. Je l’appelle « harmonie », « élégance », « bien écrire », ce que tu veux, mais pas « beauté ». Ça rejoint la question de dugamaniac l’autre jour. Ma crainte est donc d’avoir échoué, pas de m’être trompé de direction. Mais pour autant que je puisse en juger, tu es entièrement cohérent lorsque tu mets ce dernier point en doute.
(Plein d’autres choses à dire à ce sujet, mais j’en parlerai peut-être en même temps que des aphorismes, ou plus tard encore.)

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Puisque, pris de cette vanité d'être le premier ici à déposer mes compliments aux pieds de l'auteur, je me précipite pour dire que "La Vie sans savoir" est un texte magique.

Bien sûr, il y a le style enchanteur ; beau, surprenant, riche. Qui déroule sa propre toute-puissance en métaphores improbables à partir d'un mot d'appel qui les justifie intégralement après-coup (c'est du moins ce qu'on comprend quand on remonte le courant de la phrase pour en identifier la source : soleil exsangue/nuage=gaze/oeil sanguinolent). Une maîtrise rythmique qui laisse imaginer les heures passées à travailler le texte. Parce que je ne peux pas imaginer que la Grâce suffise !

Mais il y a aussi, l'autre versant du développement métaphorique, celui de la maxime, de la réflexion qui étend la leçon de l'image. Qui généralise. La partie moraliste donc, qui se greffe sur l'autre, comme une exégèse, elle-même belle, de la beauté du souvenir. C'est-à-dire de la beauté obtenue par la transmutation artistique, du souvenir banal, indifférent, insignifiant. Je veux dire banal, indifférent, insignifiant pour tout autre qui ne l'aurait pas vécu. Et les réflexions de l'auteur sont fines, bien plus variées en fin de compte que celles d'un Proust, dont on aura bien fini par comprendre qu'on n'aime jamais personne mais seulement des projections. Donc non seulement Christophe E s'y connaît en beauté, mais il est terriblement intelligent.

Comme d'habitude (et comme dans "L'Orgueil"), il arrive que l'on se demande si la théorie développée n'est pas plutôt une fiction de théorie, qui n'a d'autre but que de contenter AUSSI l'intelligence du lecteur. Un peu comme chez Balzac où l'on se rend compte que bien des maximes sont des trompe-l'oeil et nourrissent une sorte de romanesque de l'intelligence.

Quand Beigbeder dit que tout tient par le style dans "La Vie sans savoir", il me semble qu'il ne voit pas que tout tient par ce double effet du style ET de la réflexion. C'est ce que je voulais dire en me demandant si le beau style suffit vraiment à faire tenir cette oeuvre.

La seule réserve que j'éprouve (ce mot est trop négatif pour dire ce que j'éprouve, je devrais plutôt employer celui d'inquiétude ou d'interrogation) n'est pas d'ordre esthétique. Puisque "La Vie sans savoir" me semble une réussite esthétique évidente ; si évidente qu'elle a pu séduire Beigbeder, dont les goûts ne vont pas toujours à ce type de littérature.

Ma "réserve" donc est plutôt d'ordre éthique si l'on veut. Elle engage la signification de l'oeuvre tout entière. C'est cette ombre qui plane partout, des considérations sur les bâtiments qui ressemblent à des oiseaux, aux effets de lumière aquatiques, en passant par l’attention aux parlures, aux phénomènes météorologiques aux jeux de recomposition mémorielle. Cette ombre se retrouve surtout dans cette manière d'envisager la vie comme un spectacle qui se déploierait dans l'après-coup de la remémoration. Les clins d'oeil appuyés à Proust ne manquent pas : on reconnaît sa technique, sa vision si l’on préfère. Le passage qui m'a le plus frappé est celui qui porte sur la terrasse de la maison des grands-parents. Ce passage pointe vers la cabane du jardinier au bord de la mare de Montjouvain, qui EST la poule qui se tient sur la "crête" de son toit - tout juste avant le fameux "zut, zut, zut, zut" ; mais en réalité, ces clins d'oeil sont omniprésents au point que j'ai fini par me demander quel rapport l'auteur voulait entretenir avec Proust.

La suite de l'oeuvre va-t-elle remettre en question cette formule, la faire exploser ? ou bien lui sera-t-elle fidèle jusqu'au bout, au risque que ce qui était conquis de haute lutte dans la Recherche soit appliqué comme une recette sophistiquée. Une recette parfaitement maîtrisée certes, aussi goûteuse que l'originale, parfois davantage (oh ! la page sur le bouleau (héhé) et le cerisier…) mais se mesurant sans cesse à elle.

C’est donc dans un ravissement inquiet que j’ai lu le premier tome de ce qui ne se présente pas comme une Recherche, parce que la solution aurait déjà été trouvée, mais comme autre chose que je ne comprends pas. Finalement de quoi est-il question ici ? De Beauté seulement ? Des « anneaux nécessaires du beau style » ?

Bien entendu, c’est le genre de questions auxquelles seule la suite de l’oeuvre pourra réellement répondre. Et de manière encore plus évidente, il va de soi que c’est la réussite de cette oeuvre qui m’oblige à me demander d’où elle sort et à quelle nécessité elle répond.

Raspou

18/01/2021 à 21h44

Sur l'impact en termes de ventes d'une couverture médiatique, ça n'a rien d'automatique. Une fille que je connaissais a fait un "Vol de nuit" pour présenter son roman, et a priori la télé / PPDA étaient censés avoir un impact important, elle a dû vendre 150 exemplaires. Cela étant, le livre n'était pas terrible, j'ai quand même la faiblesse de croire que ça joue, parce que les gens qui aiment beaucoup un livre ont tendance à l'offrir, ou au moins à en parler, et que quand on n'a pas le rouleau compresseur d'un prix prestigieux qui ferait acheter même un annuaire, le bouche à oreille reste la voie la plus sûre vers le succès.

Ensuite un article comme celui du Figaro peut au moins servir d'amorce au bouche à oreille médiatique, et donner envie à d'autres journalistes de consacrer une chronique au livre... Et dans le même temps le bouche à oreille des lecteurs peut prendre, et ça, c'est l'affaire de tous, de nous tous, oui même toi, là, encore bourré d'hier soir sur le fil messin: si ça vous a plu, parlez-en, offrez-le, écrivez des blogs, en un mot construisons tous ensemble la possibilité d'une suite - "La mort en étant bien bien au courant", le nouveau récit de Christophe Etemadzadeh, une plongée terrible dans l'enfer du Covid-19 en Belgique et en Iran - coïncidence, je ne crois pas.


Make Balthazar Great Again!

Balthazar

18/01/2021 à 23h57

Tout est dit. Il a perdu son amour et il veut la retrouver. Il se battra, il retrouvera sa confiance. « I’ll fight, babe, I’ll fight/ To make Balthazar great again/ I will be there, I will be there. » Il ne parle plus, il crie, la guitare monte en puissance et les notes jettent des étincelles, la batterie frappe au ventre, là où l’amour fait le plus mal : « I’m still loving you. » Et puis la batterie se tait, la voix se fait plus grave, plus lasse aussi, la guitare reprend sa mélodie mélancolique : « I need your love/ I need your love/ I need your love. »

Edji

19/01/2021 à 07h34

C’est beau comme les aiguilles de montagne qui se découpent sur un ciel de juin.

Balthazar

19/01/2021 à 11h44

Je vais essayer de répondre au message de John Six-Voeux-Berk (on est quand même marrants à parler de choses sérieuses tout en gardant nos nez de clowns) à propos de « L’orgueil qu’on enferme », mais évidemment un immense merci (de plus) pour ton message d’hier. C’est difficile d’expliquer ce qu’on éprouve en lisant des choses pareilles. Bon, je n’ai pas encore perdu toute ma lucidité, je vois bien qu’il y a deux ou trois trucs délirants dans tes éloges (tu n’as pas dû relire Proust depuis un moment !), mais tout est si bien expliqué que je pourrais presque me laisser persuader par le reste. Tu as en tout cas parfaitement saisi l’esprit de mon texte, c’est évident, et ta « réserve » à elle seule suffirait à le montrer. Je te répondrai, bien sûr. Mais je veux déjà te dire ceci : 1) Oui, j’ai pensé à tout ça, et c’est fondamental 2) Je sais à peu près où je vais et comment je vais aborder ce problème 3) Je ne garantis pas que la « solution » sera satisfaisante (je ne sais même pas s’il est possible d’en concevoir une qui ne soit pas : écrire un autre livre que celui-là), je peux seulement dire que le problème ne sera pas mis sous le tapis.

Merci aussi à Raspou, évidemment. Je suis en train de me dire qu’avec des alliés comme vous dès le début de ma « carrière », je serais riche, aujourd’hui, et au lieu de traîner misérablement avec vous sur ce forum, je prendrais de la cocaïne avec des gens célèbres et des filles peu vêtues. Triste destinée que la mienne.

Les aphorismes, donc. Je réponds point par point, John, ce sera plus simple.

« Pour avoir commencé depuis "la Vie sans savoir", j'ai le sentiment que "L'Orgueil" est une espèce de mise en train. Une mise en train formelle, puisque l’auteur s’y prouve à lui-même qu'il est capable de tenir un discours qui lie ingéniosité littéraire et rigueur théorique. Et peu importe que cette rigueur relève davantage d'un effet rhétorique que d'une véritable justesse anthropologique (…) »
>>> Oui. « Rigueur théorique » est même excessif. On pourrait dire que c’est rigoureux dans la mesure où ça ne prétend pas l’être (tout en s’efforçant généralement de l’être). Au fond, et comme souvent chez les moralistes, c’est du lyrisme, du lyrisme qui emprunterait les apparences d’un discours moral et/ou philosophique.

« Or précisément, dans « L’orgueil », la focalisation de l’auteur sur l'amour-propre (sous ses deux modalités Orgueil et Vanité) ne m'a pas vraiment convaincu : en vieillissant, j’ai acquis la conviction que ces catégories ne disent qu'une part minoritaire de nos vies et de nos comportements. »
>>> « Part minoritaire », ça ne te surprendra pas, je ne suis pas du tout de ton avis. Cependant j’accorde à l’amour-propre une importance moins décisive qu’autrefois, en particulier dans le domaine de la création.

« Par exemple, quand l'auteur assimile l'amour de l'autre à un éloignement de soi-même - selon la même logique qui fait que l'on a facilement tendance à considérer l'altruisme comme un sacrifice de soi -, il ne me convainc pas. »
>>> Ah non, je ne crois pas dire cela. « L’amour de l’autre » comme « éloignement de soi-même », normalement, un lecteur de Proust ne tombe pas dans ce piège ! Il est vrai que j’écris en passant, dans le but d’affirmer autre chose – l’inexistence, à proprement parler, de l’amour de soi –, que « l’amour se définit (…) par le détournement, au bénéfice d’autrui » d’une partie de l’attention qu’on se réserve habituellement à soi-même, mais je ne veux pas dire par là que l’amour nous éloigne de nous-même ; du moins pas en un sens profond. Ou à la rigueur, je pourrais dire que l’éloignement, en l’occurrence, n’est précisément qu’un détour pour revenir encore et toujours à soi. (Et bien sûr, l’altruisme comme sacrifice de soi, encore moins !… et revoilà l’amour-propre comme principe explicatif.)

« Idem pour l'insistance à vouloir faire du mépris la clef du rapport à l'autre, et surtout du rapport aux concurrents littéraires (puisque j'ai l'impression qu'il s'agit beaucoup de cela). »
>>> Ça, c’est d’assez loin ce qui m’a le plus décontenancé. Ça ne veut pas dire que c’est faux, bien sûr (et c’est même très instructif pour moi de savoir qu’on peut recevoir de la sorte ce que je dis), mais enfin je n’ai pas l’impression de faire du mépris « la clef du rapport à l’autre ». Ce qui est sûr, c’est que ce sentiment m’intéresse beaucoup. Pour des raisons biographiques, d’abord. Ensuite parce que c’est par excellence le sentiment qu’il faut taire, et qu’il m’arrive pourtant de l’éprouver, moi qui ai horreur de taire ce que j’éprouve. Enfin parce que le procès qu’on lui fait, à ce sentiment, m’a souvent paru injuste. Dans un monde où tout ne se vaut pas (et j’aimerais tellement vivre dans un monde où tout ne se vaudrait pas), le mépris et l’admiration, qui vont de pair, sont inévitables. Mais dire que j’en fais une clef, ça me semble excessif. Plus discrète peut-être, l’admiration a aussi sa place dans le texte.

Je ne crois pas non plus que le mépris des « concurrents littéraires » soit si important dans ce livre. On y sent peut-être de la déception et du ressentiment, ça oui ; il y a un jeu avec l’idée, empruntée à Leopardi, Tchekhov ou Nietzsche*, que les plus nobles et les plus forts sont écrasés ou du moins rejetés dans l’ombre par les plus vils et les plus faibles (idée ô combien flatteuse et consolante quand on vit dans l’ombre !) ; ou encore avec l’idée que les fausses valeurs règnent, et en particulier dans le « champ littéraire » (dont il est effectivement beaucoup question) ; mais quand j’écris par exemple : « le manque d’orgueil est cause de tous les succès », ce n’est pas seulement une critique, mêlée d’envie, de tel ou tel auteur selon moi médiocre qui a remarquablement réussi à « se vendre » et qui triomphe, c’est aussi un hommage rendu à celui qui n’aurait même pas eu mes « succès » à moi, à ceux qui n’ont échoué (au moins aux yeux du monde) que parce qu’ils étaient plus fiers que les autres et, comme Cyrano, opposaient à toutes les occasions qu’on peut avoir de s’abaisser un « non merci » définitif. Bref, aucune attaque ou presque qui ne soit en même temps un éloge de l’attitude contraire.

« Cette contraposée fantôme fait peser un doute sur l’origine même de ces aphorismes qui opposent justement « orgueil » et « vanité » : on n’y verrait plus alors une quête de vérité, mais plutôt le symptôme d’une situation sociale (l’isolement) que l’écriture elle-même a contribué à entretenir »
>>> C’est bien possible, oui.

« Un aphorisme me semble confirmer cette lecture :
« Celui qui partage ta peine ne te consolera pas »
Je vois bien l’astuce de la formulation, mais mon expérience me dit rigoureusement le contraire : parce que celui qui partage ta peine te fait sentir que tu n’es pas seul dans ta peine. Et pas seul tout court. Or c’est peut-être la seule consolation efficace. »
>>> Là, c’est expérience contre expérience… (Parfois on voudrait adjoindre à l’aphorisme un mode d’emploi ; on préviendrait le lecteur : celui-ci prétend à la vérité, cet autre est une proposition à discuter, ce troisième n’est qu’un sourire, un soupir, un juron, etc.)

« (…) cet avant-propos présente le recueil dans sa totalité comme le système fou d’une époque révolue. Il fallait lire tout ce qui suivait comme la production d’un personnage qui n’existait plus et dont l’auteur se désolidarisait. »
Je n’irais pas jusque-là. D’ailleurs je n’aime pas du tout cet avant-propos, écrit trop vite sur la requête de l’éditeur, et j’en ai demandé la suppression lorsque le texte a été réédité au Québec dans un ouvrage collectif.

*ou même… Arnaud Michniak : « Tout ce qui fait qu’on parvient à décrocher un rôle dans ce monde vient de la partie la plus merdique de nous-même. »

Pascal Amateur

19/01/2021 à 11h46

... tous ces messages que je me force à ne pas lire, pour ne rien spolier, vous êtes rudes quand même.

Label Deschamps

19/01/2021 à 11h50

Alors que tous se forcent à lire tes messages pour se poiler, la vie est mal faite.

Utaka Souley

19/01/2021 à 12h01

@Balthazar

Mépris, c'est pas un peu excessif ? L'indifférence ne suffit-elle pas dans la majorité des cas ?

Quant-à la consolation, savoir que quelqu'un d'autre que toi a le même ennui suffit à te consoler ? Ça me semble un peu incompatible avec cette espèce de pessimisme désabusé que je décèle dans certains de tes messages. Il faudra que je lise le Livre, pour tenter de savoir si je fais fausse route.

Balthazar

19/01/2021 à 12h54

Eh bien, l'indifférence est sûrement préférable dans plein de cas, oui, sinon dans tous. Je ne dis pas que j'aime le mépris (ni l'éprouver ni en être la cible !) mais que c'est un sentiment "vrai". Et, encore une fois, peut-on admirer vraiment sans mépriser ou dédaigner de temps en temps ? Donc à titre personnel, je ne lutte pas contre ce sentiment ; mon hygiène en la matière consisterait plutôt à essayer de dissocier de la personne "totale" l'élément que je trouve méprisable en elle.

"Quant-à la consolation, savoir que quelqu'un d'autre que toi a le même ennui suffit à te consoler ?" Non, c'est plutôt John qui disait que cela pouvait aider. Moi je suis plutôt d'avis que la consolation est avant tout distraction, et que par conséquent on la trouve plutôt loin des siens.

John Six-Voeux-Berk

19/01/2021 à 19h34

Balthazar
aujourd'hui à 12h54


"Quant-à la consolation, savoir que quelqu'un d'autre que toi a le même ennui suffit à te consoler ?" Non, c'est plutôt John qui disait que cela pouvait aider. Moi je suis plutôt d'avis que la consolation est avant tout distraction, et que par conséquent on la trouve plutôt loin des siens.
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Oui et cela découle des mêmes prémisses qui me font douter des pouvoirs de la Beauté (je ne crois qu'en des semblables qui se tiennent les uns les autres par la main dans un vide effrayant de valeur : une conception probablement héritée de mon premier visionnage de "2001 l'Odyssée de l'espace"). Et à l'inverse, Balthazar et sa religion de la Beauté (du Salut par la Beauté) prend le risque, comme Proust avant lui, de refuser la consolation de celui qui pleurera avec lui. En tout cas, c'est comme cela que je le vois.

Sinon, j'attends avec impatience de voir comment se développe cette aventure esthétique. Et je reviendrai avec d'autres remarques et d'autres questions quand j'aurai le temps de les formaliser ; si tu as encore le temps d'y répondre !

 

Balthazar

19/01/2021 à 20h47

Bien sûr. Quel auteur ne rêverait pas d'avoir à répondre à des questions aussi compréhensives que les tiennes ?