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Feuilles de match et feuilles de maîtres

Qui a dit que football et littérature étaient incompatibles ? Voici le forum où vous pourrez parler de vos lectures récentes et anciennes, liées ou non avec le ballon rond.

Un conseil de lecture ? Une bonne librairie ? =>> "You'll never read alone", le Gogol Doc: http://bit.ly/11R7xEJ.

Aristofan

02/04/2020 à 10h31

ROLAND GARROS POÉTIQUE

Trois matches au programme aujourd'hui, avec encore de nombreux favoris qui entament leur tournoi.


Match 3 : Dupin* VS Sagot Duvauroux
Un autre favori entre en lice aujourd’hui, connu pour son jeu souvent cérébral, hiératique, souvent faussement transparent. Un jeu âpre, souvent brutal, qui cherche une forme de cruauté dans le geste au détriment de l’esthétique. Tout le contraire au fond des coups foisonnants de son adversaire du jour : Caroline Sagot Duvauroux multiplie les échanges, noie son adversaire de coups aux enchainements improbables. Son plan de jeu est difficile à lire certes, mais peu réserver des fulgurances douloureuses.


Place au match, Dupin au service :


que je sois chien, j’aboie, je mords,
malgré la haute surveillance, le froncement,

les ravines, le désert, de ce vaste front
dont le monde s’est casqué,

que je sois chienne, ou soif, langue pendante, et queue,
ayant englouti tout, et le néant, je fuis,

grattant la terre, me grattant, je cours,
l’échine frottée à l’écorce de cet arbre compulsé,

à la hâte compulsé, quand je fuis, et traîne
sur les routes les débris d’une vague

Jacques Dupin (1927-2012)
Contumace, P.O.L, 1986

*

Les pentes sombrent. Un hurlement de pureté arrache l’herbe sèche. Très honnêtement qui, dans un pays humilié, ne serait terroriste ou poète ou suicidé ? Des gencives roses d’anciens carnassiers tètent des sexes contrits d’anciens taureaux braves. Déchâtrez-moi d’énergie ! Le hongre, philosophe ou poète, pleure de ne plus savoir fausser la compagnie. L’animal social a perdu son génie. L’énergie s’amuse en Transylvanie avec du vieux merveilleux. Mais la Hongrie châtrée de la Transylvanie par Petit Trianon, impuissante à retrouver son berceau, garde son étalon de langue pour le dernier moment. Bien planqué dans l’étrangeté. Éduque un verbe défectif pour émanciper le futur au moment voulu d’un prochain inconnu. Kiskapu garde une petite porte.

Caroline Sagot Duvauroux (1952)
Köszönöm, José Corti, 2005

Aristofan

02/04/2020 à 10h32

Match 4 : Roubaud* VS Bénézet

Match bizarre sur le court numéro 1, qui oppose une des stars de la discipline, au jeu plein de mathématiques et d’entourloupes, face à l’un des princes de la poésie contemporaine, dont le lyrisme se heurte aux murs de l’époque. Quelle issue pour cette partie qui voit s’affronter les auteurs de « Quelque chose noir » et « La fin de l’homme » ? La fausse gémellité des poèmes présentés en rend le pronostic totalement incertain. Cela risque de se jouer sur des détails.


Place au match, Roubaud au service :


la nuit

je m’éveille et je vois
sur le mur le râteau
jaune (la lumière
jaune de la minuterie dans
la cour) je m’éveille
et je vois sur le mur
le râteau jaune je
m’éveille et je vois le
mur jaune c’est tout

Jacques Roubaud (1932)
Dors, Gallimard, 1981

*

Îlot

sur le toit plat d’un bâtiment
attenant à une cour d’école est
un ballon jaune ceci n’a pas va-
leur de fable ou d’églogue cela dit
sur le toit plat d’un bâtiment
attenant à une cour d’école est un
ballon jaune

Mathieu Bénézet (1946-2013)
Premier crayon, Flammarion, 2014

Aristofan

02/04/2020 à 10h33

Match 5 : Venaille* VS Ch’vavar

C’est un favori discret qui entre en lice avec Franck Venaille, au jeu souvent chargé d’histoire, qui puise sa formation dans la guerre d’Algérie, et a construit son parcours sur un rapport narratif au poème. Des coups qui puisent dans le réel, et dont les gestes revisitent le classicisme en leur offrant de nouvelles facettes. Face à lui, un joueur à l’ancrage régional affirmé, qui développe une panoplie de coups profondément personnelle, héritée des terroirs, à même la terre. Son jeu recréée un monde à l’intérieur de l’espace restreint du court, jusqu’à y enfermer son adversaire.


Place au match : Venaille au service


On dirait qu’une ampoule immense et blanche
au ciel
lentement
se
balance.

Ô ! Toutes ces îles vides qui dérivent.
Ô ! Ces bras du fleuve transformés en étangs
Et notre solitude visible sur la carte.

Comment ne pas avoir peur ?

Franck Venaille (1936)
La descente de l’Escaut, Obsidiane, 1995

*

La Joconde au double menton

Je n’ai pas de confidences ni de racontars.
Je n’ai pas l’art de parler au lard
Lucide des fortes lectrices
De « Mode et Travaux » et de « Qui ? Police ».
Je n’ai pas l’air faux qu’il faut.
Je n’ai pas la matière pour parler à votre manière
Ni la manière
Pour parler à votre matière.

Je ne sais pas faire que votre menton
Tremble de plaisir que votre cul pèse
— Que votre cul pèse en tout abandon
Sur le formica de vos chaises.

Je n’ai pas un sou de conversation —
Il n’y a que moi qui vous parle
(Rait) au monde, Madame Veuve le sait.

Ivar Ch’vavar (1951)
Le Marasme chaussé, Flammarion, 2012

Balthazar

02/04/2020 à 11h21

Match 1 : Dupin n'a pas eu besoin de forcer son talent, trop de fautes directes chez son adversaire.

Match 2 : Bénézet par K.O.
Roubaud a péché par orgueil s'il a cru qu'un petit pan de mur jaune suffirait à renvoyer victorieusement (ou à rendre invisibles ?) la balle jaune de Bénézet.

Match 3 : le plus plaisant des trois à mes yeux. Venaille s'impose sur le fil parce que je compte sur lui pour proposer quelques images (mon Dieu, que ça manque ! comme le service-volée sur terre battue !) mais son adversaire m'a fait plus forte impression que certains qualifiés. C'est le charme et la cruauté des tournois de ce genre.

Balthazar

02/04/2020 à 11h25

Oh et puis non... Ch'vavar pour le match 3. Pardon pour ceux qui comptent...

Dan Lédan

02/04/2020 à 11h27

Match 3 : Dupin (fallait bien en choisir un mais , alors , j'ai beaucoup de mal avec ce style , j'ai l'impression de ne pas avoir de cerveau)

Match 4 : Benezet (j'aime beaucoup le fait de ne pas se prendre au sérieux)

Match 5 : Ch'vavar ...les années 70 Punk , ça me parle..

et alors

02/04/2020 à 11h57

Aristofan, j'aurais évidemment dû commencer par te dire merci, et que je me doute bien que plein d'autres poètes n'ont pas été sélectionnés, juste parce qu'il fallait bien choisir. Disons que ça me plaisait de citer Réda parce que je le connais moins mal que d'autres. Mais oui, c'est un plaisir d'avoir l'occasion de lire de la poésie contemporaine, et de lire des gens qui savent en parler. Pour le reste, je juge avec mon bon sens, qui comme chacun sait est la chose la mieux partagée. Donc :

3 : Dupin. Beau match, mais encore le choix de l'évidence.
4 : Bénézet, sans conviction.
5 : Venaille. Pas d'hésitation, je trouve le poème fulgurant et ça me donne très envie de lire le recueil. J'ai jamais été très convaincu par la poésie punk, d'ailleurs.

Kireg

02/04/2020 à 12h12

Oui, bien sur, merci beaucoup Aristofan pour ce joli exercice qui doit te demander beaucoup de temps.

Match 3 : Dupin (my favorite so far)
Match 4 : Roubaud
Match 5 : Venaille

Anglachel

02/04/2020 à 12h13

Match 3 : Dupin
Pas du tout accroché à celle de Sagot Duvauroux.

Match 4 : Benezet
Intéressante confrontation mais le "c’est tout" final de Roubaud m'a décu.

Match 5 : Venaille
Comme Balthazar, difficile de choisir entre les deux. Mais Venaille est celui qui me donne le plus envie d'en lire davantage.

Loscoff-Plage

02/04/2020 à 12h28

Match 3 : Dupin, sans trembler en deux sets (c'est comme ça qu'on dit ?). Même ce "compulser" qui m'a d'abord fait l'effet d'un t-shirt jaune et vert au milieu de la foule a fini par me convaincre. Je vois le chien qui renifle autour de l'arbre, qui l'examine. Le texte de Sagot Duvauroux me laisse complètement froid.

Match 4 : Bénézet, prime au moins agaçant. Mais chez l'un comme chez l'autre, je n'ai pas aimé ces enjambements sans queue ni tête et la sécheresse de l'image évoquée.

Match 5 : Venaille. Pour l'instant mon poète préféré des cinq matchs. Dommage pour Ch'vavar, qui aurait mérité d'aller plus loin.

 

John Six-Voeux-Berk

02/04/2020 à 12h35

Le travail de choix est impressionnant : quel travail, merci.
En indiquant mes "vainqueurs", je regrette un peu de n'avoir choisi que ceux que je connaissais déjà. Mais les autres me paraissent un peu trop s'écouter, d'où l'impression d'une fausseté.

Match 3 : Dupin (en face une espèce de conférence cryptée en pseudo surréaliste)

Match 4 : Roubaud (pour l’évocation plus proche d’un réveil nocturne et l’état vacillant de la conscience qui va avec ; le minimalisme de Bénézet me semble ici plus rhétorique, avec la clôture répétitive.)

Match 5 : Venaille (je n’aime pas trop le jeu avec la familiarité de Ch’vavar ; « l’art de parler au lard », vraiment pas convaincu)