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Critiques d'albums, révélations, concerts et auto-promotion...

Pascal Amateur

06/10/2018 à 15h21

Une dernière chose : il ne faut pas oublier que notre époque a opéré un tri hallucinant dans les œuvres qui nous sont arrivées. L'époque des salons était pleine de compositeurs, mais vraiment il y en avait des sacs entiers, de même que les interprètes. On n'en joue donc, je crois, que relativement peu.
Il est par exemple extraordinaire de plonger dans une collection comme "Le piano romantique" chez Hyperion. Qui connaît tous ces noms ?
www.hyperion-records.co.uk/s.asp?s=S_1
Et il y a de merveilleuses surprises - et d'autres choses dont on comprend l'obscurité surgie.

Di Meco

06/10/2018 à 16h37

J'ai commencé à écouté le Real Chopin et je ne perçois pas de différence avec ce dont je me souviens d'enregistrements "classiques". C'est subtil où c'est que je manque vraiment d'heures d'écoute et/ou d'oreille ?

En ce qui concerne la multiplication des annotations avec le temps, c'est lié à une volonté d'assurer la pérennité des œuvres ou pour des raisons plus pratiques (par exemple de distribution...) ?

Pascal Amateur

06/10/2018 à 16h44

"Real Chopin", ce sont des enregistrements sur des pianos du milieu du XIXe siècle. Écoute maintenant Lucas Debargue, tu devrais y voir une différence.
www.youtube.com/watch?v=IlK9-ukpAh0

Di Meco

06/10/2018 à 17h04

En même temps, comme un idiot je l'ai écouté depuis l'enceinte de mon téléphone... Je comparerai quand j'aurai une meilleure qualité d'écoute sous la main.

Pascal Amateur

06/10/2018 à 17h05

Mets la tête sous l'eau, tu verras, on dirait encore plus la même chose.
Hi, hi.

Milan de solitude

06/10/2018 à 18h02

Di Meco
aujourd'hui à 16h37

En ce qui concerne la multiplication des annotations avec le temps, c'est lié à une volonté d'assurer la pérennité des œuvres ou pour des raisons plus pratiques (par exemple de distribution...) ?

---

C'est artistique. Les contraintes se relâchent. C'est comme l'arrivée des vers libres en poésie.
Par exemple, à l'époque romantique, le tempo d'une phrase musicale peut changer entre le début et la fin : on va ralentir à tel endroit, accélérer ici. Le volume sonore aussi : on va appuyer telle note, jouer moins fort telle autre. Certaines de ces modulations sont annotées, d'autres sont devinées (ou ignorées, cela dépend de leur "évidence musicale" et de l'interprétation). Le but est de rendre l'interprétation plus dramatique, plus pathétique (au sens étymologique) ; c'est parce que le romantisme est ainsi.
Aujourd'hui, on trouve des pianistes qui s'autorisent de petites modulations de cet ordre dans le baroque. Je trouve que c'est un non-sens, car l'esprit du baroque n'est pas là ; et si Bach ne précisait pas sur sa partition qu'il fallait tout bien jouer au tempo et au volume indiqués, c'est que ça allait de soi.

Di Meco

06/10/2018 à 23h56

Merci Milan pour cette réponse limpide.

Pascal, par comparaison du Real Chopin avec celui de Debargue, j'entends bien la différence de sonorité des pianos, mais pour être franc, si je n'avais pas connu la spécificité du premier je ne pense pas que je l'aurais remarquée (n'écoutant jamais à la suite deux versions de la même œuvre); à la rigueur j'aurais peut-être pensé que l'enregistrement n'était pas terrible.

Mevatlav Ekraspeck

06/10/2018 à 23h59

armi tout ça finalement, si j'y repense, mon plus grand regret est de ne jamais avoir vu Led Zep' en concert. Quand je repense au 10 décembre 2007, merde, quoi.

Efin allez, @+...

Mevatlav Ekraspeck

07/10/2018 à 00h01

Alors je ne m'explique pas ce que ma fin de mail fabrique ici quand que je voulais juste remercier Pascal...

Pascal Amateur

07/10/2018 à 11h22

On parlait classique et interprétation, eh bien celle de Severin von Eckardstein de "La maison dans les dunes", de Gabriel Dupont, est extrêmement touchante. On pense à Vierne, Schmitt. Découvert grâce à son "Choc" de Classica, l'album est en écoute en streaming.

 

Khalil Gibran

07/10/2018 à 23h06

Hydresec
06/10/2018 à 00h51
Loin de moi l'idée de jeter l’opprobre sur les jeunes bâlois ou sur les trombonistes de la version "où sont-ils". C'est au chef de s'adapter aux trombonistes et de faire en sorte que le trait soit meilleur, en ralentissant légèrement le tempo, par exemple. Parce qu'à mon avis, l'exécution du trait n'était pas forcément meilleure aux répétitions, donc il était prévisible que cela n'allait pas avoir un rendu de dingue en concert.

Par contre, je pense que le côté cuivré baveux de la version Karajan n'est pas seulement lié à l'enregistrement. C'est en effet assez récurrent (à mon goût) dans l'utilisation des cuivres (trompettes / trombones) par Karajan. Après, je pense que c'est un choix de Karajan d'avoir un son plutôt "saturé" qu'un son précis.


Milan de solitude
06/10/2018 à 02h59
Oui, les trombonistes sont aussi très bons dans cette version. Je pense que l'un joue moins que les deux autres, cela dit, il ne devait pas trop se sentir en confiance et donc laisser ses deux camarades assurer l'essentiel du travail. Tant qu'il n'y en a qu'un qui est en mode "je vais pas jouer trop fort comme ça si j'en met à côté ça va pas s'entendre", ce n'est pas gênant. En revanche, si les trois sont ainsi, cela donne la version où l'on n'entend que très peu les trombones... Mais l'utilisation des cuivres par Abbado ou Toscanini (ou Furtwangler) est en général bien meilleure que par Karajan, qui a tendance à leur demander de cuivrer. Le truc, c'est que lorsque l'instrument commence à cuivrer, en fait (mais un ingénieur en acoustique l'expliquerait bien mieux que moi), l'instrument, qui normalement ne vibre pas (il ne fait qu'apurer et amplifier les ondes sonores émises par le musicien) se met légèrement à vibrer, ce qui déforme les ondes sonores, les rendant fausses (surtout lorsque les musiciens sont nombreux à cuivrer) car cela décale de quelques hertz.

Après, les préférences quant aux différentes interprétations d'une même oeuvre sont propres au ressenti de chacun. Etant issu des cuivres, donc, j'ai tendance à toujours préférer les versions donnant une "belle part" aux cuivres, mais cela dépend des ressentis de chacun. En général, les chefs d'orchestre sont pianistes ou violonistes et ils n'ont pas tous une grande sensibilité aux cuivres. C'est pourquoi Johann de Meij, tromboniste de formation, est, en toute impartialité, l'un de meilleurs chefs d'orchestre du moment.


Sens de la dérision
06/10/2018 à 07h57
Pour le coup, ce n'est pas tant une connaissance de l'oeuvre qu'une connaissance de (des) l'instrument(s) et de ses possibilités. Mais il n'y a pas besoin de capturer ces différences immédiatement pour profiter d'une pièce de musique classique, et heureusement ! Et il s'agit surtout d'entraînement. Un musicien classique passe facile une dizaine d'heures par jour à faire ou écouter de la musique, entre son travail personnel, les répétitions d'orchestre, de musique de chambre, les concerts, ...

Je vais mettre en lien en fin de message sur la musique tonale et atonale et tu verras que, même si tu n'y connais rien en musique classique, dans de la musique tonale, tu repères les fausses notes.


Cush
06/10/2018 à 10h25
J'ai effectivement forcé le trait et, dans ma tête, je pensais surtout aux prestations d'orchestre et non aux récitals de piano, violon ou chant (qui sont en général les trois moyens d'expression musicale les mieux maîtrisés par le "grand public"). Cependant, il y a aussi un biais, sur les concerts d'orchestre, qui est moins présent dans les récitals : la structure des oeuvres jouées et des concerts.

Par exemple, dans l'Ouverture de Guillaume Tell, tant que le solo de violoncelle du début est bien réussi (pour que les spectateurs "entrent" dans l'oeuvre) et le final bien exécuté, le rendu de l'oeuvre sera bon, même si le milieu est un peu caca. Le public va être "emmené" par le final. La plupart des oeuvres orchestrales s'achèvent en apothéose, ce qui va gommer les ratés. Dans une exécution de la 9ème Symphonie de Beethoven (qui dure en général 1h15), les 50 premières minutes peuvent être ratées et les 25 dernières moyennement réussies. L'oeuvre en elle-même va mettre le public "en transe" et le transporter tellement loin que, dans quasi tous les cas, l'exécution sera saluée par un tonnerre d'applaudissements.

Par contre, si je n'abuse, Pavé dans la Mare visait à comparer des interprétations, tandis qu'avec mes exemples je voulais surtout parler de la qualité d'exécution. Après, peut-être qu'effectivement, le fait de ne pas trop entendre les trombones est un choix d'interprétation, mais cela me paraîtrait étrange car la montée de la tension crescendo résolu par une entrée des trombones qui doivent "tout arracher" est assez récurrent chez Rossini (Ouverture de la Pie Voleuse, d'Un Turc en Italie, ...).


Sur l'interprétation, les conditions d'époques, et autres
Effectivement, il y a eu beaucoup d'évolutions avec le temps. Aujourd'hui, on accorde les orchestres autour de 440 Hz (le "la" de référence), même s'il peut y avoir des petites variantes en fonction des conditions d'enregistrement et concerts (si la salle est très "chaude" parce que mal aérée, par exemple, on va plutôt accorder l'orchestre à 442 ou 443 Hz). A l'époque Baroque, on accordait les instruments à 415 Hz (pour le "la" de référence, ce qui correspondrait plutôt à un la bémol à 440 Hz, cela introduit environ un demi-ton d'écart). Certains instruments ont aussi évolué. Le saxophone est inventé à la fin du XIXème siècle (c'est pour cela qu'il n'y a quasiment jamais de saxophone dans les orchestres). Le piano "moderne" apparaît au début du XIXème. Mozart n'a pas écrit pour piano, mais pour piano-forte, dont le son diffère un peu du piano moderne (le son d'un piano-forte est plus "sec"). Le trombone "moderne" apparaît aussi au XIXème, avant, on appelle ça un "sacqueboute". De façon général, hormis les cordes (et encore, certains instruments ont disparu, comme la famille des violes de gambe), les instruments ont évolué avec le temps. Le son change légèrement, mais à mon goût, dans une musique tonale, ce n'est pas dramatique. Je ne vais pas hurler à l'hérésie si Bach n'est pas joué à 415 Hz et sur instrument d'époque : je trouve que c'est pousser un peu loin, d'autant qu'on ne sait pas exactement les effets que voulaient rendre Bach. Enfin, indépendamment du timbre des instruments, la musique classique tonale est surtout belle du fait des effets des longueurs d'onde des ondes sonores et ces harmoniques restent les mêmes quelque soit l'instrument (le nombre d'harmoniques va cependant varier d'un instrument à l'autre). Je ne suis pas spécialement choqué qu'une oeuvre écrite par un instrument soit joué par un autre. Après, je suis peut-être influencé par mon passé là-dessus (le répertoire de trombone étant plutôt faible, on emprunte pas mal au répertoire du violoncelle et du basson, qui ont la même tessiture).

Sur les annotations des compositeurs et les effets souhaités, il faut aussi prendre en compte l'évolution de "l'objectif" de la musique et la présence du compositeur. Traditionnellement, on considère que le premier musicien "indépendant" ayant écrit pour le plaisir et "pour la musique" est Beethoven (1770 - 1827, pour mémoire). Avant Beethoven, les oeuvres sont écrites le plus souvent dans un objectif précis et vont plutôt servir de support à "autre chose", le plus souvent une cérémonie (religieuse, royale, célébration d'un traité, inauguration d'un monument ...), donc les musiciens ne sont pas là pour être au centre de toute l'attention. De plus, très souvent, le compositeur va diriger lui-même son oeuvre, il n'a donc pas besoin de mettre des tonnes d'annotations puisqu'il est là pour expliquer aux musiciens ce qu'il veut.

Les concertos sont, pour la plupart, écrits en ayant un soliste en tête. Le compositeur va écrire en fonction du jeu du soliste, sera présent (dirigera lui-même) et n'a donc pas non plus besoin d'annoter à foison. Cela vient de plus en plus au XIXème siècle, où les oeuvres sont plus écrites pour être joué "par n'importe qui", en présence ou non du compositeur. Il est donc nécessaire de plus annoter, afin de garantir un rendement proche de ce que le compositeur a imaginé. L'imprimerie a aussi dû jouer dans cette évolution de la musique (oui, l'imprimerie date de bien avant le XIXème, mais imprimer des partitions avec la machine de Gutenberg, ça doit pas être simple).

Pour interpréter une oeuvre, il y a plusieurs écoles, on va dire. Richter va, par exemple, considérer que le musicien est un exécutant et que son devoir est de rendre, au mieux, ce que voulait le compositeur. Les compositeurs ont souvent "leur patte" et leur style d'écriture, ce qui fait qu'un musicien pro avec une bonne connaissance du répertoire d'un auteur comprend "mieux" en général, ce que voulait le compositeur (bien que cela ne reste qu'une interprétation). Il existe très peu d'enregistrements de Mozart par Richter, qui estimait "ne pas comprendre" la musique de Mozart. Je connais moins Glenn Gould ou Horowitz (pour citer d'autres pianistes célèbres), mais je pense que leur approche est différente de celle de Richter.

De façon plus générale, les solistes vont avoir tendance à interpréter de façon à mettre en avant leurs qualités (c'est pourquoi le Vol du Bourdon de Rimsky-Korsakov est joué par tous les instruments ou presque et le plus rapidement possible, il sert à faire étalage de sa vitesse d'exécution). Un virtuose ou, a minima, un grand musicien (du genre à faire des récitals ou des enregistrements) a, en général, un égo assez digne d'un joueur de foot. De façon plus générale, on aime plus faire étalage de ses qualités que de ses faiblesses. Cela va rejaillir sur les interprétations des musiciens.

Par exemple, prenons le violoncelle. Parmi les très très grands violoncellistes, on va trouver Rostropovitch, Du Pré, Tortelier, Yo-Yo Mah, ... Rostropovitch est probablement le plus impressionnant techniquement des violoncellistes. Il a une vitesse d'exécution extraordinaire. En conséquence, pour faire ressortir cela, lorsque Rostro est le soliste, les mouvements rapides et techniques (par exemple le troisième mouvement du premier concerto pour violoncelle de Haydn) sont exécutés plus rapidement que lorsque le soliste est quelqu'un autre. Essentiellement parce que Rostropovitch est capable de le faire et d'aller plus vite (sans perdre en qualité et en précision) que n'importe quel autre violoncelliste. A l'opposé, Du Pré a probablement le vibrato le plus magique des violoncellistes. Cela se reflète aussi dans son jeu : elle a tendance à interpréter les mouvements lents plus lentement encore que les autres, parce que son vibrato lui permet et qu'elle fera passer plus d'émotions que les autres. Quelle violoncelliste préféreraient Haydn et Dvorack pour jouer leurs concertos ? Du Pré pour le second mouvement (souvent le plus lent), Rostro pour le troisième (souvent le plus rapide et technique) et Yo-Yo Mah pour le premier? Tortelier du début à la fin? Impossible à dire. Cela pour moi, c'est complètement en fonction du ressenti et des goûts de chacun, qui peuvent également évoluer avec le temps. Aucun des 4 ne "trahit" la musique, à mes yeux.

Sur des sonates de piano + instrument ou des sonates de piano romantique, je vais fuir Glenn Gould et souvent opter pour Richter en pianiste (s'il l'a dans sa discographie), tandis que pour du baroque "clavier seul" (genre Bach), je vais préférer Gould. Je préfère les symphonies de Beethoven par Karajan, mais pour du Wagner, je vais plutôt choisir les versions de Toscanini. Tout ceci est complètement lié à ma subjectivité, je me permettrais pas de dire que l'un est meilleur interprète que l'autre. Peut-être que si Beethoven sortait de sa tombe, il irait pisser sur la tombe de Karajan (Beethoven n'était pas super commode) qui n'avait rien compris à sa musique. Impossible à dire.

Dernier point avant la musique tonale et la détection des fausses notes, je ne savais pas trop où le caser : le relativisme de l'oreille humaine. Un cas simple pour illustrer ceci est la Marseillaise, que plus ou moins tout le monde connait (au moins l'air).
Ci-dessous la version telle qu'elle est le plus souvent jouée en France, en si bemol majeur, version orchestrée par Berlioz au XIXème siècle :
https://tinyurl.com/ybzg3gqy
Je ne vous mets pas la version fanfare des cérémonies de l'Etat français avec Macron mais elle est dans la même tonalité (même hauteur de notes).
Ci-dessous telle qu'elle était joué en Russie, en la bemol majeur :
https://tinyurl.com/ybrtxf45
Je n'ai pas vérifié avant chacun des matchs de l'équipe de France en Russie, mais de mémoire, la plupart était ainsi. Toutes les notes sont un ton en-dessous de celle de Berlioz.
Ci-dessous dans la tonalité à laquelle elle a été écrite par Rouget de Lisle (à ma connaissance) soit en sol majeur :
https://tinyurl.com/kef7qn6
Soit un demi-ton de moins qu'en Russie et un ton et demi de moins que la version Berlioz jouée aujourd'hui.
Normalement, vous reconnaissez sans soucis dans les trois cas la Marseillaise et vous êtes capable de la chanter correctement, y compris sans aucune formation musicale. Voire même, si vous faites une pause entre chacune des écoutes (pause plus ou moins longue en fonction de l'entraînement de votre oreille), vous aurez l'impression d'entendre trois fois exactement la même chose. Et c'est exactement la même chose, c'est la Marseillaise, dans trois tonalités différentes. L'oreille humaine fonctionnant en relatif, à partir du moment où "l'initialisation" est faite, l'écart entre une note et sa suivante étant le même dans les trois versions, c'est trois fois la même chose et donc facile à exécuter et agréable à entendre (ou désagréable selon les goûts vis à vis de la Marseillaise) dans les trois cas. Il existe d'ailleurs la Marseillaise dans d'autres tonalités, mais je commence à en avoir ma claque de me coltiner des "allons enfants de la patriiiiiieuuuh" en boucle sur le tube.

C'est la relativité de l'oreille et les harmoniques présentent dans les ondes sonores émises par les instruments qui font une grande partie de la beauté de la musique classique tonale et qui donne à tout être humain, y compris sans aucune formation musicale, la capacité de détecter des fausses notes, qui sont des dissonances. Dans la musique classique tonale, ces dissonances sont souvent voulues par le compositeur qui s'en sert pour provoquer des choses chez l'auditeur (en général, on dit un questionnement) qu'il va ensuite résoudre (la réponse). Cependant, lorsqu'une dissonance se balade toute seule, sans avoir été amené ni résolu, c'est que le musicien s'est raté.

Comme j'imagine que je suis moyennement convaincant sur le fait que tout être humain est capable de détecter les dissonances, ci-dessous un lien vers une conférence au Collège de France par Jérôme Ducros (pianiste et compositeur) sur la musique tonale et atonale. La conférence a provoqué un gros débat ensuite et ce n'est pas mon propos (même si je ne cache pas ma nette préférence pour la musique tonale) mais il joue plusieurs fois du piano dans cette conférence.
https://tinyurl.com/y7b5mdej
A 9'40", il joue une pièce de musique tonale dans laquelle il met exprès deux fausses notes à la fin, que tout le monde va entendre.
A 11'24", il joue une pièce de musique atonale, dans laquelle il va mettre un grand nombre de fausses notes, que personne ne va détecter (et c'est normal, pour les détecter, il faut la partition sous les yeux et une oreille ultra entraînée)
A 14'45", il enchaîne deux versions de deux oeuvres de musique atonale, une bonne version une mauvaise. Il est impossible, sans connaissance de l'oeuvre et une oreille ultra-entraînée, de faire la différence entre les deux. Puis, il enchaîne une bonne et une mauvaise version d'une pièce de musique tonale et là, tout le monde peut identifier la version correcte (y compris les non musiciens).
A 22'45", il revient sur ses premières fausses notes, explique pourquoi tout le monde entend la fausse note et je ne dévoile pas l'enchaînement (il reste au piano jusqu'à la minute 27 environ et ça vaut le coup d'écouter).
Il rejoue ensuite de la musique tonale pour illustrer des explications sur les cadences.
A 39'10", il parle des marches harmoniques. Cette partie (jusqu'à 43' environ) est particulièrement intéressante car il montre le lien entre la musique classique et la variété "actuelle" en chantant de la variété sur du classique (mais je ne veux pas trop dévoiler).
Il ne joue plus ensuite, ce qui n'empêche pas d'écouter mais je voulais surtout que les non-convaincus par mon histoire de "les non-musiciens détectent les fausses notes" puissent avoir des exemples concrets.