auteur
Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


Du même auteur

Double jeu à la française

On déplore le manque d'identité de jeu du football français, alors qu'il est surtout déchiré entre deux traditions qui n'ont jamais cessé de s'affronter. L'une a gagné les cœurs, l'autre des titres. 


Espinas

24/09/2020 à 12h49

Très bon article de la revue.
Le foot français et ses entraîneurs ont eu souvent cette manie de comparer le résultat à la "manière", sous entendant que cette dernière serait un peu accessoire.

Pourtant, l'exemple de feu le jeu à la nantaise a montré l'efficacité en palmarès de l'importance de penser le jeu et de travailler à long terme.

Bernard Diogène

24/09/2020 à 13h41

Pour développer un beau jeu en équipe nationale,avoir une ou deux ossatures de clubs avec des joueurs qui se connaissent, ça aide (sans aller jusqu'à dire que c'est indispensable) : Reims dans les années 50, Bordeaux dans les années 80.
Si on prend le 11 Français de la finale de 2018, 9 clubs différents sont représentés sur le terrain (en 1998, c'était pas mal éclaté non plus). À l'inverse, l'Espagne d'il y a 10 ans avait une forte ossature Real-Barça.
On peut trouver des contre-exemples dans un sens comme dans l'autre, mais il faut relativiser la notion de "jeu à la française" au regard du précédent constat. Ça touche sans doute d'autre grandes nations du football, pour des raisons plus ou moins similaires (le Brésil avec sa diaspora, l'Italie, l'Angleterre).

Utaka Souley

24/09/2020 à 15h29

Très intéressante dualité mise en exergue par un bel article très agréable à lire.

Tonton Danijel

25/09/2020 à 10h40

"Neuf fois sur dix, l'expression "c'est typiquement français" ponctue une ânerie, et porte sur quelque chose n'ayant rien de typiquement français."

Oui mais Faudel a des impôts à payer...

Bel article, sinon.

Positive vibes

25/09/2020 à 17h17

Débat intéressant et très bon article, mais au risque de déplaire à Jérôme Latta, je crois bien que c’est un débat typiquement français. Je doute que les autres pays ayant eu des équipes (clubs ou sélections) ayant remportées des victoires loin du football champagne se soient enfoncés pendant d’interminables années dans une introspection masochiste à grand coups d’autoflagellation.
Je crois plutôt que c’est un bel avatar de l’arrogance française qui consiste à penser que gagner n’est pas suffisant, il faut qu’il y ait aussi la grande classe ; ben oui, forcément, on est un peuple supérieur, messianique, qui a vocation à apporter la lumière au reste du monde obscurantiste, et donc, la médiocrité n’a pas sa place chez nous. Rajoutez à cela notre propension à ne jamais être content et on obtient le cocktail parfait pour générer des pisse-vinaigres pendant des générations.

Ceci dit, est ce que tout cela ne serait pas aussi une question de génération ? Si je prends mon cas (rarement représentatif de quoi que ce soit et 1 cas isolé ne fait pas une règle, mais bon, essayons quand même), je me suis éveillé au football à la CDM de 1982 (la finale de LDC de 1976 avait bien attiré mon attention, mais je n’y comprenais rien, si ce n’est que c’était important et que le maillot des stéphanois était vachement beau). Alors, forcément, débuter avec un tel moment de lose absolue, ça marque.

Et hormis l’éclair de 1984, le reste a été tellement dans la continuation que jusque début juillet 1998, j’étais sincèrement persuadé qu’une victoire française en CDM relevait de la science-fiction et que je ne la verrai jamais de mon vivant. Alors, forcément, 2…. + l’Euro 2000… je ne remercierai jamais assez Deschamps, Jacquet et les joueurs de m’avoir fait connaitre ça.

Ceci pour expliquer que les critiques du jeu de l’EDF (très discutables) me font toujours marrer et que je m’en tamponne royalement le coquillard. Comme un rêve éveillé. La seule chose qui pourrait me gâcher mon plaisir serait une victoire sur une grossière erreur d'arbitrage (pardon, de VAR).

J’ai tendance à penser (peut être à tort) que les jeunes générations qui ne connaissent que la France parmi les cadors mondiaux trouvent donc cette position tout à fait normale et qu’ils pensent qu’ils sont légitimement en droit d’attendre plus. Je serais curieux de voir un sondage sur l’appréciation du jeu de l’EDF en fonction des tranches d’âge.

Mais malgré tout ça, à mon grand malheur, malgré les 2 CDM et 2 Euro, je ne peux toujours pas revoir les résumés de France – Allemagne de 1982. Peut être que si j’apprends la mort de Schumacher après une terrible agonie due à une longue et pénible maladie, retrouverais-je enfin la paix intérieure. Et commencerai à me poser des questions sur le jeu de l’EDF.

José-Mickaël

25/09/2020 à 19h14

Positive vibes
aujourd'hui à 17h17
> Je crois plutôt que c’est un bel avatar de l’arrogance française qui consiste à penser que gagner n’est pas suffisant, il faut qu’il y ait aussi la grande classe

Pour certaines personnes, peut-être, mais je crois que ce serait une erreur de généraliser.

Ceux qui souhaitent que la France produise du beau jeu peuvent aussi avoir pour seule motivation le plaisir de regarder un match de foot. Car oui, on peut éprouver du plaisir à voir du foot lorsque le jeu est beau sans pour autant tout sacrifier sur l'autel de la victoire.

Il est là le débat : faut-il vaincre à tout prix ? Ce n'est pas forcément une question d'arrogance, ça peut aussi être juste le plaisir d'assister à un beau match de foot.

On n'est pas obligé d'être supporter pour aimer le foot.

leo

25/09/2020 à 22h06

Positive vibes
aujourd'hui à 17h17

Ceci pour expliquer que les critiques du jeu de l’EDF (très discutables) me font toujours marrer et que je m’en tamponne royalement le coquillard. Comme un rêve éveillé. La seule chose qui pourrait me gâcher mon plaisir serait une victoire sur une grossière erreur d'arbitrage (pardon, de VAR).
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Comme la main de Perisic ?

Plus sérieusement, je crois que le Brésil a le même genre de débat en comparant les équipes de 82-86 et celle victorieuse, mais moins flamboyante, de 94.

Positive vibes

26/09/2020 à 14h17

José-Mickaël, je suis bien d’accord. Mais entre cette envie toute légitime (et je crois que nous partageons tous) et le dénigrement systématique qui ne s’embarrasse d’aucune nuance, il y a un (grand) pas. C’est plus cet acharnement dans la critique que je trouve très français que l’envie légitime de beau jeu.
Leo, peut être plus comme la main de Thierry Henri ;-)

Bernard Diogène

27/09/2020 à 12h29

@Leo
"Le Brésil a le même genre de débat en comparant les équipes de 82-86 et celle victorieuse, mais moins flamboyante, de 94".

*****

Surtout que naguère les joueurs étaient mis à disposition de la sélection plusieurs mois par an et notamment avant le mondial (entre 82 et 94, de l'eau a coulé sous les ponts), ça laissait le temps de se connaître. Le beau jeu n'était pas seulement intuitif.

 

Julow

27/09/2020 à 14h24

Merci pour ce bel article, synthèse qui donne envie de mieux connaître les détails (et c'est bien le but).
Détail : l'équipe qui "change de peau" en 98, pour dire qu'elle devient rationaliste-rigoureuse au moment ou, littéralement quant à la peau, elle devient "Blacks-Blancs-Beurs", c'est rigolo.

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"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

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"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

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"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

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