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Gilles Juan

 

Footballeur du dimanche et philosophe de comptoir. @Gilles_Juan


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Peut-on ne pas avoir de regrets ?

Minichro – C'est le mot d'ordre d'avant une finale, qui intime de "ne pas avoir de regrets" après. Ça veut dire quoi, et est-ce possible? 


Milan de solitude

26/08/2020 à 01h37

Pas très convaincu.
On ne demande pas aux médecins une obligation de résultat, mais une obligation de moyens : le devenir d'un malade dépend d'un faisceau de facteurs et d'influences, parmi lesquels ils sont. L'issue d'un match aussi dépend de mille choses. Entraîneur, joueurs, personne n'a seul la clé d'un match. Mais on attend d'eux qu'ils fassent prouesse du maximum de leurs aptitudes, que l'entraîneur soit judicieux dans les remplacements, que les joueurs redoublent de concentration et de générosité dans l'adversité.
Par exemple, on peut regretter que Tuchel, et lui-même le regrette peut-être, n'ait pas opté pour un schéma plus offensif après le but de Coman. Si cela n'avait pas fonctionné non plus, je pense raisonnable que les supporters parisiens partisans de cette solution se feraient plus facilement une raison de leur défaite. Pour prendre un exemple plus éloquent, les Colombiens regrettent sans doute le dribble raté d'Higuita contre le Cameroun.

Tonton Danijel

26/08/2020 à 11h07

Le problème est que dans l'analyse d'un match, à la base biaisé par le fait qu'il oppose un club ou une sélection "nationale" à un autre (l'analyse aurait pu être plus objective lors d'une finale PSG-Lyon), l'adversaire n'est pas forcément pris en compte. Il y a plus d'article sur les erreurs de Tuchel ou les méformes de Neymar ou MBappé que sur le coaching de Flick ou les matchs de très haut niveau d'Alcantara et de Coman.

Et ce n'est pas que propre à la finale de ce week-end, dans l'analyse des finales des clubs français menée sur le fil C1, le paramètre 'qualité de l'adversaire' n'est jamais pris en compte.

Danishos Dynamitos

26/08/2020 à 11h17

Au contraire, je trouve que l'auteur a raison de prendre le résultat final comme condition pour les regrets: on regrette parce qu'on a perdu.
Pour garder l'analogie de la boulette du gardien, prenons l'exemple de Lloris.
Quand il fait sa méga-boulette contre la Suède en éliminatoires de la WC2018, cela fait perdre le match aux Bleus et compromet leurs chances de qualification. Le regret est énorme. Mais quand il fait une grosse boulette en finale de Coupe du Monde (à un moment où il y a bien plus d'enjeu), ce n'est pas très grave car la victoire est au bout. Le regret est très faible, voire inexistant.
Seul le résultat final a influé sur cette notion de regret.


Toutefois, il y a une dimension importante à cette notion de regret, c'est les chances de victoire.
L'équipe de DH qui affronte le club de L1 en Coupe de France sait qu'elle n'a pratiquement aucune chance de victoire, sauf improbable concours de circonstances ou laxisme extrême de ses adversaires. Du coup, ne pas avoir de regret va consister à donner son maximum tout en ayant jamais touché du doigt la victoire.

Au contraire, si la victoire (ou la qualification) a été jugée possible (but de la défaite en fin de match, séance de tirs au but, etc...), l'équipe faible va avoir de gros regrets, même en ayant donné son maximum.

En résumé, on a des regrets quand on a perdu alors qu'on aurait pu gagner. Peu importe les efforts déployés.

liquido

27/08/2020 à 12h52

J'adore les minichros.

Et ma réaction préférée de supp parisien déçu après le match est: "si y'a 1-0 pour nous à la mi-temps c'est pas le même match". Ce qui est techniquement tout à fait vrai.

Milan de solitude

27/08/2020 à 14h52

Danishos Dynamitos
26/08/2020 à 11h17

Au contraire, si la victoire (ou la qualification) a été jugée possible (but de la défaite en fin de match, séance de tirs au but, etc...), l'équipe faible va avoir de gros regrets, même en ayant donné son maximum.

En résumé, on a des regrets quand on a perdu alors qu'on aurait pu gagner. Peu importe les efforts déployés.

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Je trouve ta conclusion contradictoire. Plus on déploie d'efforts, plus on a de chance de gagner. En préparant mal un match ou en le prenant par-dessus la jambe, on a plus de risque de perdre. Cependant, on peut perdre un match qu'on a bien préparé et bien joué, et dans ce cas au moins ne peut-on pas se faire de reproches à soi-même.
En fait, "n'ayez pas de regrets !" sonne comme "qu'on ne puisse pas vous faire de reproches !" et l'on pourrait s'interroger si, au fond, on a plus de regrets quand on passe près de la victoire ou quand on passe à côté de son match.

 

Danishos Dynamitos

29/08/2020 à 18h39

Milan de solitude
27/08/2020 à 14h52
En fait, "n'ayez pas de regrets !" sonne comme "qu'on ne puisse pas vous faire de reproches !"
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Tout à fait. Mais tu peux avoir des regrets même si on n'a rien à te reprocher. "Regret" et "reproche" sont des notions différentes (même si souvent corrélées)

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