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Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


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Quand peut-on parler d'« exploit » ?

Minichro – Qu'est-ce qui "crée" l'exploit? Comment définir un terme qui a parfois été employé à propos de la belle victoire de l'OL face à la Juventus? 


Lucho Gonzealaise

28/02/2020 à 15h48

Le Liverpool-OM rentre typiquement dans une catégorie assez difficile à classer. Parce qu'en gros, c'est surtout une succession/accumulation de probabilités très faibles. Il y a un nouveau coach dont on ne connait pas grand chose quand il arrive, il titularise Valbuena, l'OM fait plus que tenir chez le finaliste en titre et en plus le titulaire surprise marque le but de la victoire. Pour reprendre des thèmes d'actualité, si quelqu'un a parié victoire de l'OM + but de Valbuena, c'est quand même une grosse cote. Est-ce qu'on peut relier le terme d'exploit à toutes ces (im)probabilités ? Ce serait un peu trop rationaliser au mépris de l'émotion du foot.

O Gordinho

28/02/2020 à 16h59

@Jamel
C'était le quart de finale contre la Nouvelle Zélande en 2007.

Sinon merci pour la mini chronique dont je partage le point de vue.

Espinas

28/02/2020 à 17h09

Le nom de l'adveraire est le critère numéro un:
pour l'OL, le Real Madrid 2010 reste très retenu alors que le Werder Breme 2005 qui était peut être une meilleure équipe de football n'est pas retenu par le "grand public".

Là, le fantome de la Juve venu mercredi va en faire un exploit.

Tonton Danijel

28/02/2020 à 17h45

Luis Caroll
aujourd'hui à 15h04

Tout comme le quart de finale contre Milan en 1991, souvent passé sous silence en comparaison avec 1993 (alors que c'était absolument énorme).
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Clairement oui. Car le Milan AC était double tenant du titre, la squaddra azzura avait été dans le dernier carré de deux compétitions internationales pour lesquelles l'EdF ne s'était pas qualifié (et le Milan était renforcé par trois néerlandais champion d'Europe en titre).

Mais 1993 était aussi bien placé parce qu'outre le "A jamais les premiers", l'OM semblait plus faible qu'en 1991 (pertes de Papin, Waddle et Moser certes parfaitement remplacés par Boksic, Völler et Desailly), alors que le Milan AC avait réussi la performance rarissime de gagner tous ses matchs jusqu'à la finale (d'ailleurs, ils gagneront l'édition suivante en mettant 4-0 au Barça en finale).

Tonton Danijel

28/02/2020 à 17h54

Espinas
aujourd'hui à 17h09

Le nom de l'adveraire est le critère numéro un:
pour l'OL, le Real Madrid 2010 reste très retenu alors que le Werder Breme 2005 qui était peut être une meilleure équipe de football n'est pas retenu par le "grand public".
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Le fait qu'il n'y ait eu aucun suspense sur cette double confrontation (alors que le Werder avait de quoi faire peur de par son statut de champion d'Allemagne en titre et sa qualification aux détriments de Valence, battu deux fois par eux en poule) a aussi beaucoup joué sur sa disparition de la mémoire collective...

José-Mickaël

29/02/2020 à 00h12

Avant la banalisation des rencontres de coupe d'Europe, donc vers la fin du siècle dernier, ma mémoire avait retenu trois exploits en coupe d'Europe.

Les critères étaient :
- un retournement de situation qui semblait impossible ;
- un match retour.

1) Le top du top : Barcelone-Metz en 1984. Je développerai plus bas.

2) Le Bayer Ürdingen en 1/4 coupe des coupes 1985-86 contre leurs voisins de Dresde. Ils ont perdu à Dresde 0-2, et à la mi-temps du retour ils sont menés 1-3. Calculez : pour se qualifier, ils doivent marquer cinq buts en une seul mi-temps. Ils en marqueront six !

3) Antwerp en 1989-90 face à Sofia. 0-0 à l'aller à Sofia. Mais au retour les Bulgares mènent 3-1 à la 90è minute. Pour se qualifier, les Anversois doivent marquer trois buts dans les arrêts de jeu (même 3-3 les éliminerait). Je me souviens de ce soir là : j'ai vu le résumé du soir sur la télé belge, ils ont montré les trois-quatre minutes d'arrêt de jeu : but ! but ! but ! 4-3 pour Anvers !

Mais l'exploit de Metz reste unique. Il répond en effet à trois critères rarement réunis :

1° Le petit poucet élimine un des Grands d'Europe. Mince : Metz, quoi ! C'est encore plus fort que lorsque le PSG a éliminé le Real, ou même Bordeaux contre Milan AC.

2° Le retournement de situation par trois buts d'écart. Rappelons que gagner 3-1 les éliminait (Barcelone ayant gagné 4-2 à l'aller - de plus Barcelone a ouvert la marque au retour). Il fallait écraser le Grand Barça ou s'en aller. L'exploit n'est pas seulement d'avoir éliminé un Grand, c'est de l'avoir fait en leur infligeant une correction infâmante.

3° L'exploit a eu lieu à l'extérieur. Celui-là, c'est un critère rarement rempli.

- La Remontada ne remplit que le 2ème critère, car elle a eu lieu à domicile et son adversaire n'était pas plus fort sur le papier. Par contre, il fallait l'emporter par cinq buts, ça c'est énorme.
- Les Verts contre Split remplissent les critères 1 et 2 (car le football yougoslave était alors bien au-dessus du notre), pas le 3. Et l'année suivante, éliminer Kiev paraissait bien improbable (trois mois après la victoire de Kiev en Supercoupe avec deux victoires contre le Bayern et ses champions du Monde, deux mois et demi après le Ballon d'Or de Blokhine). Mais là encore il manque le critère 3.
- Laval ne remplit que le critère 1.

En fait, c'est surtout le critère 3 qui est rare. Dans les années 1990 un club danois avait éliminé le Real Madrid avec une défaite à l'aller au Danemark suivie d'un 3-2 je crois à Madrid. Cette fois c'est le critère 2 qui manque.

Puisqu'il y a plusieurs sortes d'exploits, je dirais que ceux d'Ürdingen et Antwerp sont un peu fous, ceux des Verts sont historiques (ils contribuent grandement au renouveau du foot français), celui de Barcelone est impressionnant, mais celui de Metz est Unique.

Milan de solitude

29/02/2020 à 01h39

Merci pour les matchs 2 et 3, que je ne connaissais pas, et qui fleurent un temps révolu (où l'arbitre se faisait encore plus chahuter que maintenant...).

Le Meilleur est le Pires

29/02/2020 à 02h19

@Tonton: OL-Werder, disparu des mémoires mainsteam peut-être, mais à jamais immortalisé par le meilleur article jamais pondu sur ce site (ou ailleurs). Le fameux "orgasme féminin" (enfin pas pour moi bien sûr, je déteste l'OL).

D'ailleurs, à part de rares exceptions (Allemagne-Brésil en septains ou à l'extrême rigueur France-Brésil 98), l'exploit emprunte plus souvent le versant masculin de la jouissance.

L'amour Durix

29/02/2020 à 17h44

José-Mickaël, avec ta classification, on peut ajouter quelques exploits en ligue des champions la saison dernière :
- PSG-MU, qui remplit les trois critères sauf à considérer que Paris, même sans Neymar, n'était pas largement supérieur aux moins de 20 ans de MU alignés au retour.
- REAL-AJAX : les trois critères sont là également selon moi malgré le peu d'ampleur du score à l'aller. Quand tu perds 1-2 à domicile en huitièmes face au triple tenant du titre, c'est un gros coup au moral.
L'Ajax enchainera d'ailleurs avec un mini exploit à Turin en demi (le match nul 1-1 à domicile n'est pas rédhibitoire mais pas très favorable non plus) et sera victime d'un exploit de Tottenham au tour suivant (sans le critère de la différence de niveau, il est vrai).

José-Mickaël

29/02/2020 à 19h54

Ce sont de bons exemples en effet, et sont des exploit à l'extérieur. Même si Manchester United n'est pas un petit club comme Metz (mais tu as raison de signaler l'effectif affaibli) et même si l'Ajax n'était pas obligé de faire un carton à Madrid, c'est peut-être néanmoins ce qui se rapproche le plus de l'exploit Metz et je valide sans problème ces deux exemples !

 

Sens de la dérision

29/02/2020 à 20h11

Je n'en suis pas sûr mais il manque quand même un paramètre à l'équation : le retentissement. Je suis prêt à parier que, si on demande à tous les supporters du foot du monde entier, la liste des exploits, on aura des choses qui vont revenir comme, je sais pas, la victoire de MU en LDC en 99 ou le retour de Liverpool contre le Milan, mais un 16ème de finale de Coupe des Coupes avec un club inconnu au niveau européen... comment dire...

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