auteur
Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


Du même auteur

One inch fails : la Premier League dans le piège du hors-jeu selon la VAR

Une Balle dans le pied – L’adoption de l’arbitrage vidéo a plongé le championnat anglais dans un puits de polémiques sur la gestion centimétrique des hors-jeu. 


Redalert

03/01/2020 à 16h58

Merci Jérôme de continuer encore et encore ta lutte et ta pédagogie contre ce « tue l'amour » qu'est le/la VAR.
Maintenant que tous les week-ends on peut constater de « graves » problèmes concernant la vidéo (même s'ils sont minoritaires), crois-tu qu'une remise en cause du bien fondée de cette introduction par les autorités soit possible ?

Jamel Attal

03/01/2020 à 17h24

Ça me semble très hypothétique. Comme je le dis dans l'article, à propos du hors-jeu du moins, il faudrait en revenir à une conception pré-révélateur, et plus globalement démanteler toute une idéologie qui aura été matraquée pendant des années, réviser complètement la vision de l'arbitrage qui en a résulté, remettre en cause l'intolérance aux "injustices"…

Il faudrait aussi des conditions "politiques" (au sein des instances) qui ne sont pas du tout réunies aujourd'hui, concevoir et développer tout un programme d'amélioration de l'arbitrage humain, convaincre des publics qui restent aujourd'hui majoritairement acquis à l'arbitrage vidéo, lutter contre contre le fatalisme qui rend encore plus improbable un retour en arrière.

Je crains qu'on ne puisse espérer, au mieux, qu'une limitation drastique du champ d'application de la VAR – le problème étant que cette limitation n'est pas du tout dans la logique de l'outil et de ses principes.

cachaco

03/01/2020 à 23h05

Sur la question du jugement du hors-jeu, je me suis un peu intéressé à ce qui se faisait au hockey sur glace, dont la règle est dans l'esprit très semblable au football, et dans les faits beaucoup plus simple à juger (ligne fixe tracée sur le sol, jugement lors du franchissement par le palet et non au départ d'une passe).

La ligue suisse a sorti un règlement précis quant à l'utilisation de la VAR ( https://m.sihf.ch/media/12579/video_reglement_f.pdf ), les points intéressants pour un footeux dans le cas du hors-jeu étant notamment ceux-ci:

"* Suspicion d’un hors-jeu avant un but marqué

Si la décision initiale s’avère erronée, l’erreur doit être corrigée. Si la vérification vidéo ne permet pas de contredire la décision de façon incontestable à 100%, les arbitres doivent maintenir leur décision initiale. Il n’y a pas de communication ni d’entente avant la consultation vidéo.

Les LM (juges de ligne) consultent la vidéo et informent les arbitres principaux. Si les deux LM ne sont pas d’accord c’est le LM qui se trouvait sur la ligne qui décide."

On voit donc deux points importants:

- Pas de modification du jugement initial en cas de moindre doute (donc pas la peine de triturer mille ans des ralentis)
- En cas de désaccord, prime va à l'avis de l'arbitre le mieux placé lors de l'action (le juge de ligne), et non à l'arbitre principal. On a donc une meilleure prise en compte du contexte de l'action, pour éviter les éventuels biais des caméras.

Ce serait intéressant d'avoir l'avis d'un suiveur régulier pour avoir une idée de l'application réelle de ces directives pendant un match.

 

outah

06/01/2020 à 23h37

Merci Cachaco pour cette intervention très instructive.

Et merci à l'auteur, qui sans relâche décrie l'endoctrinement dont est victime le football.

Lorsque j'étais gamin, Guy Roux, consultant occasionnel, avait déclaré, à peu prêt, pendant un direct qu'il félicitait TF1 de sa décision de ne plus montrer une multitude de ralentis pour les actions litigieuses, afin de protéger l'arbitre.
Cette idée n'a malheureusement pas perduré.

Entre des Mènes qui démolissent les arbitres sans sourciller depuis 15 ou 20 ans, des consultants anciens joueurs qui ne connaissent même pas les règles de leur sport, (coucou Christophe) : main décollé=faute, les bras comptés pour les hors-jeu, contact=pénalty, etc. et des réalisateurs qui semblent décider parfois de ce qui nécessiterait 15 ralentis en dépit de tout bon sens, le niveau vole bas. Les arguments pro-VAR d'aujourd'hui ne volent donc pas plus haut.

Quid de ce qui devrait être une faute et qui n'est jamais sifflé ? Le jeu à terre, toujours oublié. Des obstructions saluées d'un "le défenseur a bien protégé le ballon". Ou des multiples ceinturages sur corners, ou tirages de maillots, souvent ignorés, le fait que souvent des joueurs encerclent l'arbitre en hurlant et finissent par influencer ses décisions, alors que seul le gardien ou le capitaine devraient pouvoir lui parler.

Car oui, c'est tellement mieux que la dernière finale de ligue des champions se joue en 2mn, parce que Moussa Sissoko a demandé du bras à son coéquipier de se replacer, c'est tellement plus juste, alors qu'on laisse de multiples tricheries flagrantes être impunies.

Le pire pour moi restant cette manière insupportable de clore tout débat en ayant recours à l'argument de la "justice". Ce sont les mêmes personnes qui ne s'offusquent pas que la moitié des équipe en ligue des champions viennent des 4 mêmes championnats, ce qui est pourtant contraire à la logique du sport.

Un monde plus binaire serait donc plus juste.