auteur
Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


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Quand on n'appelait pas Charlie par son prénom

Si nous avons toujours veillé à voir constamment ce que le football avait de politique, nos excursions hors des terrains ont été rares, et datées: 11 septembre, 21 avril et désormais 7 janvier.


Pascal Amateur

10/01/2015 à 16h22

Merci Troglodyt pour ton témoignage.

Julow

10/01/2015 à 17h12

OK, Josip, mes excuses pour le cryptique. Faudrait argumenter, mais j'ai pas envie. J'ai l'impression qu'on se fait avoir, là, tous. Trois merdes plongées jusqu'aux oreilles dans les réseaux djihadistes internationaux assassinent, et trois jours après, de quoi on parle ici, comme sur le fil politique ? Des Musulmans français, des plus paumés d'entre eux. De comment les comprendre, ou, chez certains, de comment les "réformer" (!). C'est compréhensible, surtout quand c'est lié au boulot, au quotidien. Mais quel rapport, finalement ? SI les trois tueurs ont des soutiens symboliques chez certains Français, qui nous dit qu'ils en sont l'émanation, ou des espèces de porte-parole lointains et pervers ? On devrait peut-être regarder ailleurs, vers ceux qui organisent financièrement et idéologiquement cette guerre. On ferait probablement mieux de se demander comment organiser le boycott de l'Arabie Saoudite, par exemple, plutôt que de causer éducation populaire. Non ?

Josip R.O.G.

10/01/2015 à 17h27

Troglodyt aujourd'hui à 16h13 ... Lundi, ou peut-être même ce soir ou demain, il me faudra retourner au travail. Et je ne saurai pas mieux comment tenter d’accomplir la mission qui m’est confiée. Mon incapacité à remplir ce versant de ma mission d’éducation et de réinsertion confine mon utilité sociale et m’inflige pour la première fois de ma jeune carrière les tourments de l’impuissance. Et lundi, pourtant, lorsqu’un jeune me demandera pourquoi les caricatures ont autorisées, pourquoi ne pourrait-on pas se sentir insulté, pourquoi la loi permet-elle certaines formes de provocation, je ne saurai que faire. Car il me faudra vendre la force et la beauté de la liberté à des jeunes qui en sont privés. ---- Essaye peut-être d'insister sur la différence entre dire ou représenter, et faire. Liberté de dire et limites au droit de faire. Si il y en a un qui te rétorques loi Gayssot, tu respires un grand coup et tu lui dis que c'est compliqué. Et de fait, c'est compliqué.

Moravcik dans les prés

10/01/2015 à 17h40

Oui merci Troglodyt, et Manx aussi, pour vos témoignages. Je ne vous envie pas, mais je suis sûr que vous faites de votre mieux. Juste une réflexion, qui me venait en lisant le témoignage de Troglodyt : j'ai juste l'impression que tout cela est simplement inaudible pour eux. Tu dis, par exemple, que tu veux leur expliquer que les policiers ne sont pas l'ennemi, qu'ils sont là pour défendre notre liberté. Eh bien je pense que eux n'ont juste pas cette impression-là. Que ça ne correspond pas forcément à leur vécu personnel. Que quand on leur parle de libertés fondamentales, de 'valeurs de la république', eh bien ils voient ça comme une gigantesque foutage de gueule, et ils ont juste envie de ricaner. Vous n'y pouvez pas grand-chose en tant qu'éducateurs, comme je le disais vous faites ce que vous pouvez, un peu comme des chirurgiens de guerre qui font des amputations dans l'urgence, avec aussi peu de moyens, essayant juste de sauver ce qui peut encore l'être à ce stade. C'est une problème profondément social, et rien d'autre. Tant que ces gamins n'auront pas le sentiment qu'on se fout de leur gueule quand on leur parle de fraternité et de démocratie, tant qu'on les laissera juste là où ils sont, sans espoir que ça aille mieux, tout prêts à se laisser embobiner par des prédicateurs qui profiteront de leur naïveté, ça ne marchera pas. Et toutes les minutes de silence du monde n'y changeront rien : ils les respecteront juste poliment, pour pas avoir d'emmerdes. Mais ils s'en fouteront. J'espère évidemment me tromper, mais peut-être qu'il faudra que ça aille encore plus mal avant que ça aille mieux.

plumitif

10/01/2015 à 17h47

Troglodyt aujourd'hui à 16h13 Respect pour ton choix d'activité professionnelle et la manière de la pratiquer. Pareil pour Manx Martin.

Pascal Amateur

10/01/2015 à 18h04

En tout cas, ces échanges violents me paraissent salutaires, démontrant l'enfermement dans lequel le consensus nous plonge - du moins, sa tentative.

r_v_matou

10/01/2015 à 18h10

Manx Martin, OLpeth, grattepoil et Troglodyte Je rejoins vos doutes, vos analyses. Et je voulais vous témoigner de ma solidarité. Surement lié au fait que l'univers des pauvres, croyants et dominés socialement, c'est à la fois un univers que j'ai fréquenté dans mon enfance et qui est mon quotidien au boulot depuis une décade. En commençant dans mon métier, j'avais aussi le simpliste des avis de principes. J'ai pu voir que la réalité des quartiers impose de s'interroger. Cette réalité qui a tant changer en 30 ans. Cette réalité où le sentiment d'appartenir à un collectif national a disparu, celui ou l'espoir d'une vie non pas meilleure mais moins pire a disparu. Depuis l'identité se construit par son appartenance à une ethnie etou une religion etou un quartier. Une identité qui se construit avec des lois qui ne sont plus là pour protéger les faibles mais pour criminaliser des choses qui ne l'étaient pas avant. Une identité qui se construit avec des sentiments d'injustice. Et que dire à ces mômes, moi qui ne vit pas leur vie et qui est donc quelque part le "travailleur étranger"? Que dire pour ne pas être vu comme moralisateur? Comment faire de l'aïkido avec leur pensée et les amener vers le vivre ensemble? J'y arrive tantôt bien tantôt mal. Il faut voir l'édifice "officiel" craquer car leurs questions sont très pertinentes sur la situation qu'ils vivent et les réponses qu'ils ont du y trouver. Et pourtant il faut y répondre pour les ramener vers les principes positifs du vivre ensemble et de la loi commune. Et moralement c'est dur à vivre pour moi. Pour y arriver, je me raccroche à mon positionnement politique qui me dit qu'il ne faut pas oublier que tout cela est la responsabilité des politiques suivies. Depuis 30 ans, on sait quels sont les effets des politiques des partis dominants. Comment penser que l'augmentation de la pauvreté peut amener à des lendemain meilleurs? Et donc les seules vraies réponses seront politiques et collectives. Mais en attendant, on est bien isolé. A travers ce témoignage, mon tout petit cas, je veux expliquer que toutes cette histoires, y compris celle des caricatures, on le voit différemment selon nos idées politiques et la manière dont on les a traduits par nos actes(le militantisme politique et la volonté de travailler dans les quartiers pour moi). Cela nous confronte à diverses réalités qui peuvent expliquer des divergences.

OldSchool

10/01/2015 à 18h45

Je n'ai pas tout lu, désolé, mais je souhaiterai juste remercier Manx Martin et Troglodyte pour leurs messages, et leur mission quotidienne.

JL13

10/01/2015 à 18h53

Merci à vous qui êtes sur la frontière.......

José-Mickaël

10/01/2015 à 21h06

Ça a l'air extrêmement difficile d'expliquer la situation à des gens qui ont des idées préconçues... En fait, j'y ai un peu réfléchi ces derniers jours. Alors je vous donne mon point de vue au cas où. Si on me demandait d'expliquer à des élèves la situation, voici ce que je leur dirais, en gros. D'abord : on parle beaucoup de la liberté d'expression. Toute liberté est associée à un devoir. Nous sommes libres de nous déplacer en voiture, mais nous avons le devoir de respecter le code de la route. Nous sommes libre de nous exprimer, mais dans certaines limites : la diffamation, la stigmatisation de communautés, sont interdites. Charlie Hebdo utiliser la liberté d'expression pour publier des articles satiriques, mais s'ils dépassent les limites, ils doivent rendre des comptes au tribunal. Eh bien c'est déjà arrivé. Il y a déjà eu des procès, et il leur est même arrivé d'être condamnés. Nous sommes libres de nos opinions. Mais nous avons un devoir : exercer cette liberté intelligemment. Je vais prendre trois exemples. 1) Je projette une petite phrase dont l'essentiel est caché. Ça dit « les Chrétiens sont des crétins ». Question : est-ce que j'ai insulté les Chrétiens (j'ai pris comme exemple les Chrétiens pour changer...) ? Ben oui ! Et s'il y avait un piège ? Du coup je retire le cache, et cette fois on lit « Il est intolérable de dire que les Chrétiens sont des crétins ». Il y avait bien un piège : quand on isole un bout de phrase, on peut lui faire dire exactement le contraire de ce qu'elle veut dire. 2) Deuxième exemple : je projette le verset 89 de la sourate 4 : « Ne les prenez pas pour alliés tant qu’ils n’auront pas émigré pour la cause de Dieu et s’ils se détournent, emparez-vous d’eux et tuez-les où que vous les trouviez. » Ce passage a l'air de dire que les incroyants doivent être traqués et tués, n'est-ce pas ? Donc que l'Islam est une religion de meurtre ? Et s'il y avait un piège ? Eh bien il y a un piège ! Puis expliquer qu'en remettant cette phrase dans son contexte, il s'agit de toute autre chose. (Je ne détaille pas ici, ce serait trop long, mais je vous promets que c'est toute autre chose.) 3) Troisième exemple : le dessin de Charlie Hebdo où Mahomet rumine : « c'est dur d'être aimé par des cons ». Ceux qui aiment Mahomet sont les Musulmans, donc ce dessin traite les Musulmans de cons, n'est-ce pas ? Et s'il y avait un piège ? Il y a un piège ! Ce dessin illustre un article dans lequel il est dit explicitement que ce sont les meurtriers qui invoquent Mahomet pour justifier leurs crimes qui sont visés par l'article, et donc par le dessin. Si on ne regarde que les images, on comprend forcément de travers, il faut lire le texte. C'est le même piège que dans les deux précédents exemples. (Ajouter au passage que ce dessin a fait l'objet d'une plainte et n'a pas été jugé insultant pour les raisons que je viens d'évoquer, ce qui indique qu'on est quand même à la limite.) Pour conclure, je dirais : tout ce que je viens de vous dire, c'est pour vous donner des pistes de réflexion, pour vous encourager à ne pas juger à la légère mais à exercer votre esprit critique. Mais vous n'êtes pas obligés de me croire sur parole. Simplement, vérifiez, faites-vous une idée par vous mêmes. Personne n'a le droit de vous dire quoi penser, ce qui n'empêche pas d'écouter les autres bien sûr. Pour cette raison, je ne vais pas vous imposer de minute de silence : à chacun de la faire dans le cadre de sa vie privée et de sa conscience. Sur ce, au boulot ! Sortez vos livres page 248, « les méthodes d'estérification »... Bon, c'est un peu brouillon, mais le but est d'essayer d'encourager à une réflexion plutôt que de braquer des gens qui ont déjà des idées préconçues. De toute façon je ne crois pas que le rôle de l'Éducation Nationale soit de dire ce qui est bien et ce qui n'est pas bien, mais plutôt d'enseigner à exercer son esprit critique. Mais bon, peut-être tout ça est-il trop naïf...

 

Manx Martin

11/01/2015 à 18h20

@ Josip ROG, pour mettre fin à une certaine aigreur dans les échanges. A la mienne en tout cas. Ce que tu me suggères, je l'ai fait : relativiser le "blasphème" et la balle dans la tête, rappeler les faits, et l'histoire. Bien sûr que je l'ai fait. Et les enfants aussi : ils perçoivent très très bien l'horreur de ce qui s'est passé, même quand ils ont pu être aussi choqués par les caricatures. Simplement, tu ne peux pas en rester là. Il faut écouter toutes les questions, parce qu'elles sont toutes légitimes et qu'elles ont toutes besoin d'une réponse. Voilà tout. D'où l'épuisement que je voulais partager vendredi soir, parce que je me suis efforcé de répondre à toutes et tous. Les enfants ont besoin de sentir que tu n'es pas leur adversaire, mais leur partenaire pour comprendre le monde. Voilà. Et puisse la journée d'aujourd'hui avoir un impact durable.

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