auteur
Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


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Quand on n'appelait pas Charlie par son prénom

Si nous avons toujours veillé à voir constamment ce que le football avait de politique, nos excursions hors des terrains ont été rares, et datées: 11 septembre, 21 avril et désormais 7 janvier.


Joey Tribbiani

10/01/2015 à 02h22

Evitons, si possible, les amalgames et les caricatures. Regarde, toi, tu n'es pas pauvre et tu n'es pas sale.

Sir Sourire

10/01/2015 à 02h34

Tu te méprends, Joey, je trouve tout comme toi ces propos affligeants. Affligeants en eux-mêmes, et en ce qu'ils reflètent des décennies d'échec politique (de droite comme de gauche, je n'oublie pas que Saint-Denis est une ville coco). Si aujourd'hui ces gamins tiennent des propos pareils, c'est bien qu'on a raté quelque chose. Parce que je suis convaincu que si les mêmes questions étaient posées aux élèves du lycée de la Légion d'honneur, à Saint-Denis aussi, les réponses auraient été beaucoup plus réfléchies. Ceci dit la formulation était volontairement lapidaire, pour t'offrir le plaisir de m'insulter après cette dure journée.

Fier Panpan

10/01/2015 à 10h06

un pavé tinyurl.com/ppscpvk

JL13

10/01/2015 à 11h08

un dessin http://past.is/ePQjd

Manx Martin

10/01/2015 à 14h43

Josip ROG, tu m'as vraiment donné une bonne leçon. Oui, j'aurais dû montrer des images de l'attentat du World Trade Center au petit Aboubacar, ça lui aurait fait les pieds, à ce petit merdeux fanatisé. Et l'envoyer chez le surgé, quelle bonne idée ! Et avec une bonne taloche et un coup de pied au cul, tiens. Merci, mille fois merci. Et au sujet de mes larmes, tu as raison : je suis une lopette. Pourrais-tu m'indiquer un bon stage de virilité ? J'ai vraiment envie de travailler là-dessus. Merci d'avance.

Julow

10/01/2015 à 15h49

Manx, mon gars, va boire une bière bien fraiche. Laisse nos Jules Ferry s'entr'éblouir de leurs lumières. Moi j'te fais un coeur avec les mains.

Safet le prophète

10/01/2015 à 15h57

Manx Martin aujourd'hui à 14h43 -------- Je pense que la toute fin de partie de la réponse de Josip ROG était à prendre au second degré... et pardon si ce n'est pas le cas. Le principal était avant, il me semble, notamment dans le " et qu'en aucun cas un dessin, même insultant et même si c'était gratuit, ne peut justifier un meurtre. Jamais. Et surtout pas en France au XXIeme siècle. ". Un prof me relatait que, dans sa classe, bon nombre d'élèves avaient refusé de faire la minute de silence. C'est le principe de la liberté d'expression, certes, mais on notera tout de même le paradoxe qui consiste à profiter de cette liberté pour exprimer son opposition à celle-ci.

Manx Martin

10/01/2015 à 16h03

Julow aujourd'hui à 15h49 ---------------- Merci mec. Je vais suivre ton conseil. Une bonne bière près du Landwehrkanal, j'aimerais bien, ça fait longtemps. Une autre fois. Bise.

Pascal Amateur

10/01/2015 à 16h06

Safet le prophète aujourd'hui à 15h57 C'est le principe de la liberté d'expression, certes, mais on notera tout de même le paradoxe qui consiste à profiter de cette liberté pour exprimer son opposition à celle-ci. > Je ne vois pas le paradoxe. Refuser le consensus, c'est la première des liberté.

Troglodyt

10/01/2015 à 16h13

Une réaction aux réactions plutôt qu’une réaction à l’article. Mais tout d’abord, quoi qu’ait pu susciter ce papier pour chacun d’entre nous, je crois qu’il faut ensemble se féliciter du seul fait de pouvoir trouver ici une réaction argumentée et affichée à cet évènement qui fait désormais partie de notre mémoire collective de citoyens – reste à voir la place qui lui sera faite. Ce n’est qu’un magazine de football, mais il est affecté comme doivent l’être toutes les composantes de la société. Il s’agit de défendre une idée de la liberté, celle d’un monde où l’on peut dire de quelqu’un qu’il nous évoque un singe hurleur sans craindre un attentat. Je tenais surtout à venir apporter à Manx une forme de résonnance. Cela ne t’aidera pas à grand-chose si ce n’est peut-être à te sentir moins seul dans tes doutes et dans cette forme d’impuissance relative dans laquelle nous sommes parfois plongés, malgré ce que nous sommes ou ce que nous essayons d’être. J’ai moi aussi à faire face à un public d’adolescents (plutôt 16-17 ans) avec lesquels il m’appartient d’échanger et de réagir à ce sujet. Je dirige une structure qui accueille des délinquants et criminels avec (forcément) des profils (pas seulement pénaux, mais surtout socio-culturels) à la fois divers et complexes. Le jour de l’attentat, les jeunes ont compris que quelque chose de grave de passait. Le directeur, la secrétaire, les éducateurs, les cuisiniers, l’agent d’entretien, tous se sont arrêtés devant la télévision dans la salle d’activités et n’en ont plus bougé. Réunion suffisamment inhabituelle pour susciter leur curiosité. Lorsqu’ils comprennent ce qui se passe (dans la dimension matérielle de l’attentat), les premières expressions spontanées des jeunes sont des réactions de satisfecit à l’égard de l’assassinat de deux policiers. D’un commun accord avec les éducateurs, nous décidons de ne pas saisir immédiatement le Parquet (apologie d’un acte de terrorisme, c’est jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 45000 euros d’amende). Sachez aussi que depuis mercredi, il est impossible de traverser la cour d’honneur d’un établissement pénitentiaire sans entendre, des fenêtres des cellules, des centaines de voix crier « Allah akbar » et imiter des rafales d’arme à feu automatique. Sans interruption. C’est insupportable. Mes collègues femmes en viennent à regretter les « salope » qui font écho à chacun des claquements des talons de leurs escarpins sur les pavés. Le lendemain, comme tous les jeudis, a lieu la réunion institutionnelle de ma structure. Ma qualité m’impose à la fois de faire un discours auprès de l’équipe et d’organiser pour les jeunes et les agents le recueillement solennel à midi. Les réactions des jeunes la veille nous imposent de réfléchir à la manière de porter vers eux ce discours. À la vingtaine d’agents présents autour de la table avec moi, je ne sais déjà pas quoi dire. Que partager de plus, comme message, que les larmes déjà partagées la veille devant l’information ? Je les invite à continuer de faire leur travail avec les valeurs qui sont les leurs, en nous attachant à ne pas laisser les jeunes être fascinés par cet attentat, mais plutôt d’essayer de les fasciner par ce que permet la liberté, par ce qu’a suscité pour tous les citoyens cet attentat (d’ailleurs, la tristesse était forte mercredi soir, mais je pense que ce qui m’a le plus ému, personnellement, est la spontanéité et l’universalité des réactions que cet attentat a suscité – je ne croyais pas en avoir besoin mais j’ai été comme rassuré par la réaction qu’a pu produire notre société). En revanche, nous peinons à envisager quelque moyen d’engager un dialogue avec les jeunes sur ce sujet – et pourtant il le faut. Les instants de discussion collective sont compliqués par nature avec ce public, le thème à aborder nous paraît insurmontable. D’autant plus qu’il y a comme préalable nécessaire d’introduire auprès des jeunes l’explication de la cible (Charlie Hebdo), et donc présenter les caricatures, alors mêmes que nous sommes convaincus que la cause de cet attentat, ce ne sont pas les caricatures. La cause de cet attentat, c’est l’abrutissement absurde et définitif des décérébrés qui ont sorti leurs armes. Il faudra sans doute improviser, tenter de réagir aux réactions, de partager l’émotion sans la laisser guider nos mots, et savoir rester droits en toute circonstance. Certains éducateurs, pourtant travailleurs infatigables, convaincus de leur mission, de l’éducabilité de chacun et en toute circonstance, semblent pourtant déjà persuadés de l’échec à venir, voire des risques d’une surenchère à laquelle il nous faudra faire face. Peu avant midi, je réunis donc les agents et les jeunes. Je discours à propos de héros. Dis aux jeunes qu’ils ne doivent pas se tromper de héros. Que les héros, ce sont ceux qui assument leurs idées et savent les exprimer en respectant les autres et les idées de ceux-ci. Que les héros, ce ne sont pas ceux qui tuent des policiers, mais ces policiers qui défendent notre liberté. Surtout, que les héros sont dans leur quotidien : leurs parents ou leurs voisins qui se lèvent tous les matins pour aller travailler, leurs parents ou leurs voisins qui font le choix de l’effort et du respect plutôt que celui de l’argent facile et du risque humain, les éducateurs qui passent leurs jours et leurs nuits à croire en eux quand une grande partie de la société voudrait les reléguer… Commence alors la minute de silence. Nous sommes tous debout. Si les circonstances n’étaient pas dramatiques je pourrais presque voir une forme d’ironie à réussir à mettre des criminels et des travailleurs sociaux au garde à vous. Les secondes passent, l’instant est fort. Puis, quelque part dans une poche, le téléphone portable d’un jeune émet le bruit d’une rafale d’arme à feu automatique. Personne ne réagit, personne ne détourne le regard. Une éducatrice commence à pleurer, sans sanglot. Je clos la minute, sans doute en lui amputant quelques secondes. Je compte le Var, pas le Mississipi… Les éducateurs décident de prendre la situation en main, demandent aux jeunes de dresser le couvert. Nous traiterons tout cela plus tard, quand l’émotion, et sans doute l’énervement, auront disparu. Mais il faudra en parler. Nous ne savons toujours pas comment. Lundi, ou peut-être même ce soir ou demain, il me faudra retourner au travail. Et je ne saurai pas mieux comment tenter d’accomplir la mission qui m’est confiée. Mon incapacité à remplir ce versant de ma mission d’éducation et de réinsertion confine mon utilité sociale et m’inflige pour la première fois de ma jeune carrière les tourments de l’impuissance. Et lundi, pourtant, lorsqu’un jeune me demandera pourquoi les caricatures ont autorisées, pourquoi ne pourrait-on pas se sentir insulté, pourquoi la loi permet-elle certaines formes de provocation, je ne saurai que faire. Car il me faudra vendre la force et la beauté de la liberté à des jeunes qui en sont privés. Ce seront demain des adultes, peut-être des pourfendeurs de liberté. Mais aujourd'hui, ce sont des enfants. Et ils méritent d'avoir la chance de devenir des citoyens libres. Qui me dira comment faire ?

 

Josip R.O.G.

10/01/2015 à 16h14

Bon ben, désolé Manx que tu le prennes comme ça. Je continue à penser que relativiser un dessin par rapport à une action reste une idée à creuser, surtout auprès d'un gamin de treize ans. Et sur ce je vous laisse entre vous boire des bières fraîches et vous féliciter chaleureusement en langage des signes de la hauteur de vos réflexions pédagogiques. J'ai pas compris la réflexion sur la virilité par contre. Je vois pas le rapport, franchement.

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