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Gilles Juan

 

Footballeur du dimanche et philosophe de comptoir. @Gilles_Juan


Du même auteur

Peut-on rire de toutes ?

Helena Costa n’entraînera pas Clermont Foot. Évidemment: déferlement de blagues sexistes à son sujet. Que faut-il en penser (des blagues, pas du désistement)?  


José-Mickaël

25/06/2014 à 15h56

Sens de la dérision aujourd'hui à 15h03 > On en revient toujours à la même chose : QUI décide qu'une blague est drôle ou pas ? Une blague est drôle s'il y a un élément comique. Exemple : « C'est l'histoire d'un fou qui repeint son plafond. Soudain le téléphone sonne. Il descend de l'échelle et décroche. » Ce n'est pas drôle parce qu'il n'y a pas d'élément comique. Un élément comique, ça peut être un jeu de mot, un motif de surprise, une chose absurde, etc. Exemple : « C'est l'histoire d'un fou qui repeint son plafond. Un autre fou arrive et lui dit : accroche-toi au pinceau, je retire l'échelle. » L'élément comique, c'est la phrase absurde. Le fait que cet élément comique soit plus ou moins drôle est sans doute subjectif (ça dépend si on connaît l'histoire, mais aussi de notre sensibilité à l'absurde). Autre exemple : « Pourquoi les culottes des fillettes belges ont un trou au fond ? C'est la marque du trou. » L'élément comique, c'est le jeu de mot (avec Marc Dutroux). Mais comme il se réfère à des faits dramatiques, il risque de ne pas faire rire tout le monde. Maintenant, on pourrait se demander ce qui sépare la bonne blague de la mauvaise blague. La deuxième me paraît une mauvaise blague parce que, à cause du drame qu'elle évoque, elle risque de ne pas faire rire. D'un autre côté, elle est tellement débile, justement, qu'on peut avoir le réflexe d'en rire (on rit de la blague en soi : "ha ha, les cons, et ça les fait rire...'). En tout cas, les mauvaises blagues misogynes, racistes, etc. sont celles où l'élément comique est de nature raciste, misogyne, etc. Exemple : « Mon premier est une partie d'une lampe. Mon second est un département français. Mon troisième est un vêtement. Mon tout est ce que dit un Arabe lorsqu'il rencontre une fille. Réponse : abat-jour, Meurthe-et-Moselle, tunique ? » L'élément comique est un jeu de mot basé sur l'accent arabe. Il ne me semble pas de nature raciste, même s'il suggère que les Arabes sont très directs avec les filles. Autre exemple : « Comment cacher un billet de 100 euros pour le protéger d'un cambrioleur ? En le cachant sous un savon. (Ben oui : si c'est un Arabe qui cambriole, il n'y touchera pas.) » Ici, le seul élément comique, c'est la croyance raciste que les Arabes sont sales et voleurs. Il n'y a pas de jeux de mots, pas de surprise, pas d'absurde, etc. L'élément comique est raciste, donc c'est une blague raciste. C'est le genre de blague qui, à mon avis, ne peut faire rire qu'un raciste. Tout ça, c'est juste un début de réflexion. C'est pour dire qu'on peut probablement répondre à ce genre de question et que croire au tout subjectif est à mon avis une erreur.

Pascal Amateur

25/06/2014 à 16h00

José-Mickaël aujourd'hui à 15h56 Une blague est drôle s'il y a un élément comique. > Ou alors, une blague est comique s'il y a un élément drôle.

José-Mickaël

25/06/2014 à 16h20

Tu te crois drôle ? :-)

Pascal Amateur

25/06/2014 à 16h26

lol

Sens de la dérision

25/06/2014 à 16h27

José-Mickaël aujourd'hui à 15h56 Une blague est drôle s'il y a un élément comique. ----- Genre la blague sur les fillettes belges, elle serait drôle avec un chapeau ? http://dai.ly/x9ad8o

Portnaouac

25/06/2014 à 17h02

C'est étonnant de voir à quel point la phrase que tu pointes fait effectivement penser à ça... (moi en tout cas)

HumLloriste

25/06/2014 à 17h22

José-Mickaël aujourd'hui à 14h44 >Du coup non, ceux qui rigolent d'une blague misogyne pas drôle ne sont pas forcément misogynes. Disons qu'il faut les écouter rire : si c'est une sorte de rire féroce, là OK. ----- C'est ça. Il faut voir si c'est du style "Ouais, t'as raison, c'est ça les gonzesses haha", ou alors du style "T'es con toi elle est nulle ta blague". Pascal Amateur aujourd'hui à 15h06 >Ce qui fait rire en ce cas, ce n'est pas la blague ratée, mais l'audace, la mise en avant de celui qui la prononce. Est moqué non plus celui qui est l'objet de la plaisanterie, mais le fait que quelqu'un se gonfle d'importance, prenant la parole pour un effet aussi nul. ----- J'assume complètement que ma blague puisse tomber à plat, mais je peux t'assurer que je ne suis pas du tout le genre qui "se gonfle d'importance". J'en reviens à ma question en page 1 : Faut-il tenter des blagues en nombre pour qu'il y en ait (peut-être) une bonne dans le tas - tel le photographe qui fait des milliers de clichés pour sortir une photo qui sera éditée - ou s'abstenir définitivement (pour ne laisser parler que les comiques professionnels peut-être) ?

Glassmann

25/06/2014 à 17h28

Accessoirement à cela se pose aujourd'hui le "problème" des associations dites anti-racistes. Quand le CRAN porte plainte contre N. Bedos pour avoir évoqué la nonchalance antillaise dans un billet d'humour, il nie le droit à l'humour d'être du 2ème dégré. Ou il ne comprend pas. Ou il cherche à exister. Je penche pour la 3ème hypophèse. Sur ce mode-là, la LICRA enverrait Desproges au tribunal (le vrai) et le MRAP se déchaînerait contre Coluche ou les Inconnus. Alors, oui, je suis d'accord avec la plupart des commentaires : laissons vivre les blagues, l'Humour reconnaîtra les siennes. Par ailleurs, j'ai un peu de mal à comprendre en quoi la blague sur les soldes est misogyne... Les soldes sont plutôt une activité féminine, Helena est une femme, elle démissionne 2 jours avant. La blague semble évidente. Misogynie ? Si Klinsmann démissionne une semaine avant l'Oktoberfest, et qu'on fait la même blague pour les mêmes raisons, elle sera de quelle type ? Je ne parle pas du niveau d'humour, mais de la nature de la blague.

Pascal Amateur

25/06/2014 à 18h56

HumLloriste aujourd'hui à 17h22 Hum', c'est touchant, tu parais chercher un mode d'emploi pour exister en société. Malheureusement, c'est être "spirituel" qui peut, éventuellement, être considéré comme une qualité - à ne pas surestimer, comme on louera celui qui sait faire de bonnes confitures ou pilotera sans dommage majeur. Être capable de fournir des jeux de mots en rafale, c'est attente la reconnaissance d'un déferlement, d'un empilement ; c'est une logique scolaire qui veut tirer profit d'un "Tu fais trois jeux de mots à la minutes ? Moi j'en fais seize ! C'est moi le plus fort." Non, ne laisse pas les autres trier tes blagues, ou n'attends pas qu'ils s'extasient de ta capacité à déconstruire les mots - les enfants et les psychotiques y arrivent aussi, avec une reconnaissance variable. Surtout, il ne fait pas surévaluer l'humour. A notre époque de censures, de non-dits, de "politiquement ultracorrect", l'humour passe pour être ce seul miracle, cette vertu acceptable, qui permet de "dire tout haut ce que les autres disent tout bas". Oui, ces transgressions sont globalement acceptées ou supportées. Mais la parole doit passer avant tout dans des canaux plus ordinaires - sinon cet "humour sera le déversoir secondaire et débordant de tout ce qui bout en toi. Relax. Être drôle, ce n'est pas être exceptionnel. C'est faire vivre en nous, d'une autre façon, les violences qui nous dépassent. Comprends tes violences avant de chercher le mode d'emploi de leur évacuation.

Bulle

25/06/2014 à 19h47

José-Mickaël aujourd'hui à 15h56 --- Ben moi je la trouve drôle la toute première, parce qu'il y a un décalage entre l'accroche qui fait référence à la blague que tu cites ensuite et la chute (ou son absence, justement). Ca me fait penser à une planche de la Rubrique-à-brac que certains connaissent peut-être, où les différents degrés de l'humour sont "expliqués" à partir de variations sur la blague du type qui scie la branche sur laquelle il est assis.

 

Luis Caroll

25/06/2014 à 21h40

la rédaction aujourd'hui à 14h43 @Luis Caroll @Kara Bourré Les réseaux sociaux existent. S'il s'agit de ne pas leur donner trop d'importance, nier celle qu'ils ont ne serait pas très pertinent. C'est d'ailleurs une des problématiques qu'ils soulèvent: ils font émerger dans l'espace public des opinions qui n'y passaient pas auparavant. C'est un phénomène suffisamment significatif pour choisir ne pas les ignorer, et ne pas ignorer les discours qui s'y diffusent. Détourner la tête ne fait pas disparaître ceux-ci. Sinon, un rappel. Adressez-nous toutes les critiques que vous voulez sur le contenu de nos articles. Mais les remarques sur la pertinence des sujets qu'ils abordent, nous vous invitons, comme depuis toujours, à vous les carrer où bon vous semble. ---- Nier l'importance de Jeandu47 ne serait pas pertinent? Les réseaux sociaux n'ont fait que numériser des choses, tout ça se disait avant. Et les opinions qui s'y diffusent se diffusaient avant. Simplement vous choisissiez de ne pas aller dans ce bar-là, comme on peut choisir de ne pas suivre Jeandu47 et de le laisser être con dans son coin. L'importance du gros con sur twitter c'est celle que le récepteur lui donne. Vouloir lui clouer le bec c'est se donner de l'importance à peu de frais. Trouvez-vous des adversaires à votre hauteur, vous valez mieux que ça. Comprenez que lorsqu'on évite soigneusement Tonton Jacky qu'est un peu relou sur Twitter, et qu'on évite aussi la compilation de Tonton Jacky sur les autres médias, ça devienne énervant qu'on le retrouve encore ici, qui se cachait dans le buisson.

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