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Gilles Juan

 

Footballeur du dimanche et philosophe de comptoir. @Gilles_Juan


Du même auteur

La science confuse du révélateur

Les télévisions croient qu'elles peuvent mesurer les hors-jeu au centimètre, alors que la marge d'erreur de leur outil est considérable. Démonstration scientifique de l'imprécision du révélateur… dès le départ de la balle.


José-Mickaël

20/03/2014 à 02h15

Ah ! Voilà ! Oui ! Dix ans que je le dis ! Et cet article résume très bien le problème ! J'espère que les journalistes de la télé passent de temps en temps par ici et liront l'article. Et peut-être qu'un jour - lointain ? - ils comprendront que le hors-jeu, par définition, est intrinsèquement imprécis. Une sorte de flou quantique en quelque sorte. (Tous ces calculs montrent aussi à quel point les arbitres sont excellents : on ne voit plus de hors-jeux de 1 mètre ou plus non sifflés, et pourtant une simple fraction de seconde engendre un tel écart. Ils ont vraiment l’oeil et à mon avis ça demande une sacrée expérience.)

prime

20/03/2014 à 06h36

Merci pour cet article. Notamment, merci de parler du "moment de la passe", constamment oublié par les commentateurs/consultants/personnes-se-fiant-les-yeux-fermés-(sic)-au-révélateur. Je note toutefois un truc qui me dérange un peu, surtout sur ces pages où on ne cesse de dire - à juste titre - que les lois du jeu sont méconnues des consultants : "Parce que c’est "là", devant ou derrière la ligne (la seule et unique parallèle à la ligne de but passant par le dernier défenseur avant le gardien, en tout cas dans une géométrie euclidienne) qu’on est hors-jeu ou non." Plutôt que parler de "dernier défenseur avant le gardien", il serait préférable de parler "d'avant-dernier adversaire" pour coller à la loi du jeu (ou "avant-dernier 'défenseur' (gardien inclus)", éventuellement). Même si ça reste également imprécis (avant-dernier avec quelle relation d'ordre ?), ça évite de laisser entendre que le gardien ne doit pas être pris en compte dans le jugement du HJ (ce que certains croient encore sur les terrains amateurs). Imaginant la lourdeur que prendrait la phrase (qui ne collerait plus du tout à un énoncé mathématique bien connu) si on voulait se rapprocher de la règle, je passe sur l'imprécision de "la [...] parallèle [...] *passant par* le dernier défenseur avant le gardien. Même si, là encore, beaucoup pensent que le HJ se juge sur la position des pieds de l'avant-dernier adversaire, ou que les bras sont à prendre en compte. Bon, ça reste du pinaillage mais ça fera plaisir à ndnm s'il passe par ici.

Sens de la dérision

20/03/2014 à 07h49

José-Mickaël aujourd'hui à 02h15 Et peut-être qu'un jour - lointain ? - ils comprendront que le hors-jeu, par définition, est intrinsèquement imprécis. Une sorte de flou quantique en quelque sorte. ---- Pour aller plus loin, il y a un très grand nombre de situations dans le football qui me paraissent relever du même flou quantique, que ce soient les fautes ou les cartons. Pour contrer ce problème de l'image, le mieux serait de faire comme dans les jeux de foot : une fois que l'arbitre a sifflé hors-jeu, on passe une image où l'attaquant est clairement devant. Et hop le tour est joué. Par contre je dubite sur les éléments que tente d'apporter l'article. Pas sur les chiffres mais sur leur interprétation. Je mets de côté l'intéressant paradoxe de Zénon et l'exact moment où le ballon quitte le pied : il suffirait de blinder le pied et le ballon de capteurs pour avoir une valeur approchée suffisante pour en déduire quelque chose. Le ballon parcourt une certaine distance entre deux images, c'est un fait. Par contre le pied "accompagne" souvent le ballon : au pire le réalisateur va choisir un temps plus petit que le fameux moment où la balle quitte le pied. Dans le même temps, si l'attaquant court et que le défenseur remonte, la minimisation du temps va s'accompagner d'une minimisation de la "distance de hors-jeu" : on va donc voir le défenseur moins hors-jeu qu'il ne l'est réellement. Avec le révélateur (un nom qui révèle surtout ce que veut être la télé), on pourrait donc juger assez facilement la situation où l'attaquant est hors-jeu mais difficilement la situation d'un attaquant pas hors-jeu sur le révélateur. Et comme l'incertitude devrait être favorable à l'attaque... Je n'ai pas l'impression d'être très clair mais c'est ce qui m'a sauté à l'esprit en lisant l'article. (et sur ce hors-jeu en particulier, l'attaquant est hors-jeu avant même la passe, ça me paraît assez évident en revoyant les images "live", ce qui n'empêche que Bedimo n'était pas aligné avec le reste de la défense)

Basile mais pas boli

20/03/2014 à 09h01

+1 avec l'article, mais pour le coup, Berbatov était hors-jeu etpicétou (on remarquera que l'arbitre est décalé (plus en avant) par rapport à la ligne de défenseurs ce qui l' a trompé de toute évidence). Le révélateur proposé sur le 1° but dimanche est beaucoup plus sujet à controverse car il n'y a effectivement que quelques centimètres. On remarquera que certain commentateurs (en particulier sur Bein) commencent à prendre le révélateur pour ce qu'il est : un outil comme un autre et pas infaillible. J'ai même entendu Eric Di Meco parlé de ce problème de "timing".

morfal

20/03/2014 à 10h12

Bonne analyse, je n'avais pas pensé à faire ce calcul... Mais tu sembles dire que 2m/s est la limite basse. Or il y a nombre de hors-heu qui sont sifflés sur des actions au cours desquelles l'attaquant ne bouge pas ou peu. Notamment sur coup de pieds arrêtés.

Hugo by Hugo Broos

20/03/2014 à 10h36

Ce que Gilles rappelle en filigrane, et qui est fondamental, c'est que le débat qui consiste à dire que les arbitres sont nuls (titre en une de la Voix du Nord d'hier) est intégralement basé sur une expertise technologique qui, parce qu'elle est technologique, se dispense de toute autre forme d'expertise. Alors qu'on arbitre doit, en plus de connaître parfaitement le règlement, faire preuve d'une grande expertise mentale, athlétique, charismatique voire psychologique (bon, on en connaît qui ne sont pas de fins négociateurs). Mais ces dernières qualités ne peuvent être représentées sur un écran et, surtout, les "chroniqueurs" ne peuvent pas s'en emparer ou les imiter. Etant très largement en-dessous du niveau d'expertise du moindre arbitre niveau District, ils déplacent l'expertise arbitrale sur un autre terrain (l'écran et le magnéto numérique) pour donner à croire qu'ils peuvent dire quelque-chose dessus. Le problème étant que dans le débat public, on entend que leurs conneries à eux.

Josip R.O.G.

20/03/2014 à 11h10

Et sur une "louche", c'est quoi le départ du ballon? Le début du mouvement ou le moment ou le ballon n'est plus en contact avec le pied?

ouais.super

20/03/2014 à 11h17

Ah ! Enfin ! C'est pas pour faire le malin, mais il y a déjà de ça plusieurs années, j'avais fait un calcul similaire dans les forums qui montrait simplement qu'un révélateur pouvait se tromper de facilement un mètre voir deux. On pourrait également évoquer l'incertitude sur la réalité du parallélisme entre la ligne du révélateur et la limite réelle du terrain. Et enfin, mettons-nous à la place de l'arbitre de ligne : avec une seule paire d'yeux, et en temps-réel, il doit regarder dans un premier temps le joueur qui donne le ballon, puis dans un deuxième temps l'alignement des défenseurs, la position de l'attaquant par rapport à ceux-ci, il lui faut là aussi quelques dixièmes de secondes. Sachant qu'il est impossible qu'il soit exactement dans l'alignement du dernier défenseur, ce qui crée de surcroît des erreurs de parallaxe. Bref, notre arbitre, aussi affuté et entraîné soit-il, ne peut tout simplement pas juger physiquement de la réalité d'un hors-jeu avec une précision supérieure à 1 voire 2 mètres. Dès lors, les erreurs inévitables de l'arbitre, ajoutées aux erreurs inévitables de la technique sensée les "révéler" nous garantit une éternité de débats stériles et de positions inconciliables qui feront les beaux jours du CFC pendant encore longtemps. Les bras m'en tombent ! Mais peut-être que dans un futur pas si lointain, on connaîtra électroniquement la position des joueurs et de la balle au millimètre près et au millième de seconde près, ce qui permettra une fois pour toute de confier la lourde tâche de détection des hors-jeu à des robots.

poiuyt

20/03/2014 à 11h59

Article très intéressant, mais biaisé par son mode de calcul, et c'est dommage. Il faudrait recommencer les calculs sans estimer que le réalisateur peut se tromper d'1/10e de seconde sur une action. Sauf que, en France, on filme à 25 images par secondes (standard Pal). 30 au Japon (standard NTSC). Et en plus, il s'agit d'images entrelacées. Donc un réalisateur qui va avancer image par image sur son écran, et dans l'optique qu'il n'ai pas changé son ratio pour pouvoir faire un ralenti, va plutôt avancer de 20 à 25 ms*, bien loin du 10e de seconde choisi pour les calculs de l'article... * je crois, je suis très nul en math, et pas du tout spécialiste de la technique de filmage en télé.

Pascal Amateur

20/03/2014 à 12h02

Les bras m'en tombent.

 

poiuyt

20/03/2014 à 12h09

Et si vous voulez plus de précisions sur le nombre d'images / seconde d'une caméra en cas de ralenti, ça peut aller de 75 images/seconde sur une loupe classique à plusieurs milliers sur une superloupe... http://minilien.fr/a0o5z0

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