auteur
Jacques Blociszewski

 

Chercheur et spécialiste des technologies audiovisuelles, il est partisan d'une réflexion critique sur la mise en scène du spectacle sportif. Auteur de Le Match de football télévisé (éd. Apogée).


Du même auteur

L’invasion des visages

Toujours plus près, toujours plus intime: la télévision montre les visages des joueurs et des entraîneurs jusqu’à scruter leurs regards. Voyage au pays des "plans visage"…


Karel Pauvre Au Ski

05/12/2013 à 09h25

Je trouve l'article un chouia desequilibre, dans la mesure ou seul le tout dernier paragraphe parle des "consequences" de ces plans visages et de leur impact sur la perception du match et du foot en general. Comme d'hab, la recherche et l'infographie sont top, et c'est un sujet interessant et relativement hors des sentiers battus (moins evident que la proliferation des ralentis, par exemple), mais l'article finit un peu en queue de poisson, je trouve - j'ai l'impression qu'il manque la 2e partie, presque. Sinon, pour ce qui est de mon avis personnel, sans surprise j'ai toujours eu du mal a voir ce que ces plans visages apportaient. Leur predictabilite est assez insupportable - un attaquant rate une occasion en or, hop, plan taille qui le montre avec les mains sur les hanches histoire de souligner son desarroi profond, tres original. Le pire etant les gros plans sur les non-acteurs. En particulier les TGP sur le visage de remplacants qui sont au choix amorphes, engourdis, ou hilares parce qu'ils blaguent avec leurs copains du banc. Je parle meme pas des plans sur les entraineurs, qui sont censes reveler l'intensite et l'intelligence tactique en action. Bof. Surtout quand on voit le nombre de plans sur Baup et son impassible visage sub-casquettial. (Les gros plans sur Klopp, en revanche, c'est toujours drole). Seul gros plan que j'aime bien: quand il s'agit de montrer un joueur felicitant un partenaire pour une passe exquise, ou s'excuser d'avoir vendanger une occase monstre, en particulier quand il le fait avec le sourire et un certain sens de l'humour. Ca a un cote eau fraiche qui me plait.

la rédaction

05/12/2013 à 09h45

@Karel Pauvre Au Ski La rédac plaide coupable: elle a coupé un commentaire de l'auteur, en fin de texte, soulignant le choix de privilégier les données et de reporter la poursuite de l'analyse et du débat à une autre occasion.

Karel Pauvre Au Ski

05/12/2013 à 09h49

@La Redac Ah bah ca me rassure, j'ai pas perdu completement la boule. Merci pour la clarification.

Sens de la dérision

05/12/2013 à 09h51

Vivement la Coupe du Monde au Brésil. On devrait voir une augmentation sensible des plans bustes des spectatrices.

Tonton Danijel

05/12/2013 à 10h35

Autant certains effets de réalisation sont un peu pénibles, autant les plans visages font partie de la dramaturgie du sport. Le foot n'est pas le seul concerné du reste (il serait intéressant de comparer le nombre de plans visage avec d'autres disciplines), l'athlétisme (avec gros plan sur le rictus du coureur qui se claque), le rugby, le tennis sont aussi concernés par le phénomène (la différence est que la plupart des sports présente beaucoup d'arrêts de jeu), permettant au téléspectateur d'essayer de repérer des traces de concentration, crispation, relaxation, ou au contraire de fatigue. C'est toujours plus intéressant que les plans sur les tribunes ou sur la lune et les poteaux de corner (coucou Fred Godart).

Pascal Amateur

05/12/2013 à 10h43

Une piste de réflexion : l'insistance sur les regards s'explique par l'absence de voix dans ce spectacle. L'exemple de le tragédie grecque antique est remarquable en cela : le visage des acteurs est masqué, le tragique étant transporté par la voix, le masque remplissant une fonction précise (de même que le chœur). Un match de football filmé étonne par son absence de paroles, et sa présence dès lors exagérée de cris. Cette mise en scène de visage permet donc ce jeu de va-et-vient entre acteurs et spectateurs, la voix ne pouvant remplir cet office. Des spécialistes du théâtre japonais no pourraient sans doute apporter des lumières supplémentaires.

A la gloire de Coco Michel

05/12/2013 à 11h14

Rooh comme c'est bas de tailler Jérémy Ménez.

blafafoire

05/12/2013 à 11h21

@Tonton Je pense que c'est bien la critique sous-jacente dans l'article. Quand tu parles de la "dramaturgie du sport" tu évoques l'histoire réelle qui se produit sur le terrain ou bien l'histoire racontée par le réalisateur ? La première histoire, le drame objectif, est impossible à capter par les caméra, et la seconde est biaisée par une ligné éditoriale qui transforme le réel en une histoire préécrite librement interprétée par les commentateurs et spectateurs. Il faudrait faire le compte des gros plans sur Pastore juste après son arrivée fracassante au PSG et qui faisaient écho à l'investissement financier consenti pour le faire venir...

Tonton Danijel

05/12/2013 à 12h26

blafafoire aujourd'hui à 11h21 C'est exactement le problème de la retransmission des événements sportifs: le réalisateur doit raconter une histoire, suffisamment passionante pour la multitude de supporters. Au stade, 40,000 paires d'yeux choisissent le programme: on regarde les supporteurs, le coach qui gesticule, le ballon, les joueurs démarqués, la supportrice deux sièges à côté, etc. C'est drôle, ça pourrait faire l'objet d'un test lors d'une prochaine venue au stade: qu'est-ce que je regarde lors du match? Le réalisateur, lui, doit satisfaire l'appétit de millions de téléspectateurs qui sont tout aussi curieux, il doit donc monter une histoire afin de satisfaire le plus de personne. Les expressions des joueurs (que l'on devine à peine au stade) permettent de satisfaire une certaine curiosité et font partie du drame qu'il organise. Après, quand Godart filme la lune ou les poteaux de corners, je ne vois aucune explication, à moins que les téléspectateurs fétichistes soient plus nombreux que je ne le pense.

 

Jean-Luc Skywalker

05/12/2013 à 14h45

Il y a un rapport marqué entre la réalisation de match de fout et la réalisation tout court, de films, séries, etc. en France. On sait que depuis la nouvelle vague, la réalisation a pris le pas sur le scénario, et près de 50 ans plus tard, c'est encore souvent le cas. J'étais choqué d'entendre à la radio l'autre jour une réalisatrice de série affirmer que le scénario n'était qu'un outil au service de la réalisation. ça explique pas mal de choses, cela dit. Et ben je pense que les réalisateurs de foot, qui doivent avoir plus ou moins la même formation doivent penser pareil. Le match en lui même n'est qu'un outil comme un autre au service de leur créativité artistique. Et donc, peu importe l'influence que peut avoir leur façon de réaliser sur la perception qu'aura le spectateur sur le match.

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