auteur
Jacques Blociszewski

 

Chercheur et spécialiste des technologies audiovisuelles, il est partisan d'une réflexion critique sur la mise en scène du spectacle sportif. Auteur de Le Match de football télévisé (éd. Apogée).


Du même auteur

Vidéo : le rugby dans l’engrenage

“L’arbitrage vidéo, ça marche dans le rugby!” croient savoir ses partisans pour le football. Ça marche si bien que l’IRB en a étendu l’application… et que les polémiques explosent.


Jean-Noël Perrin

29/08/2013 à 00h13

"Une logique millimétrique et de vérification plus proche du saut en longueur que du rugby se substitue à l’esprit du jeu, de magnifiques essais qui en d’autres temps seraient accordés sont maintenant refusés." ---- Juste sur cette phrase : je ne comprends pas pourquoi déplorer que des essais/buts soient refusés dans l'hypothèse où ils ne sont pas valables. Ça n'a pas forcément grand-chose à voir avec le reste de l'argumentaire (auquel je souscris dans sa globalité), mais le principe suivant me semble élémentaire : si les règles sont enfreintes, l'action doit être interrompue et l'essai/but, magnifique ou non par ailleurs, doit être refusé. Point. Ceci posé, la question est alors de savoir quels moyens on choisit d'utiliser ou non pour détecter lesdites infractions, et par conséquent d'estimer ce qu'on gagne et ce qu'on risque dans tous les domaines à utiliser tel ou tel moyen (la vidéo a priori, a posteriori, l'arbitrage à cinq, etc.).

Espinas

29/08/2013 à 09h31

Jean-Noël Perrin aujourd'hui à 00h13 "Une logique millimétrique et de vérification plus proche du saut en longueur que du rugby se substitue à l’esprit du jeu, de magnifiques essais qui en d’autres temps seraient accordés sont maintenant refusés." ---- Juste sur cette phrase : je ne comprends pas pourquoi déplorer que des essais/buts soient refusés dans l'hypothèse où ils ne sont pas valables. Ça n'a pas forcément grand-chose à voir avec le reste de l'argumentaire (auquel je souscris dans sa globalité), mais le principe suivant me semble élémentaire : si les règles sont enfreintes, l'action doit être interrompue et l'essai/but, magnifique ou non par ailleurs, doit être refusé. Point. Ceci posé, la question est alors de savoir quels moyens on choisit d'utiliser ou non pour détecter lesdites infractions, et par conséquent d'estimer ce qu'on gagne et ce qu'on risque dans tous les domaines à utiliser tel ou tel moyen (la vidéo a priori, a posteriori, l'arbitrage à cinq, etc.). ---- Les essais/ buts sont valables aussi jusqu'à un certain point de retour en arrière dans l'action. Le danger de la vidéo aperçu dans le rugby c'est aussi le "rembobinage" excessif qui fait qu'en revenant en arrière, on va finir par trouver une raison de ne pas valider l'essai/le but sur les 2 derniers temps de jeu. Comme résumé par l'article, c'est un engrenage assez inextricable.

johnny gategueune

29/08/2013 à 09h40

@Jean-Noël Perrin Je crois qu'il est aussi question d'essais refusés sans que l'on sache toujours précisément pourquoi, ou alors pour des motifs qui peuvent paraître dérisoires ou secondaires (ce qui est le risque plus on remonte le fil de l'action). Je demande confirmation aux ovalistes, mais est-ce que la vidéo ne tend pas vers une diminution du nombre d'essais (accordés), dans la mesure où elle incite justement à aller chercher "la petite bête", le "vice de forme"?

Paul de Gascogne

29/08/2013 à 09h51

Jacques tu m'enlèves l'article de la bouche... D'accord de la première majuscule au point final. Sinon, pour répondre à johnny, c'est assez compliqué à quantifier car le rugby évolue très vite, tant au niveau des règles qui le régissent que dans la façon dont il est pratiqué (augmentation continue du défi physique au détriment de l'évitement, rapidité accrue du jeu, technicité supérieure des avants, etc...). Donc faire une comparaison entre le nombre d'essais il y a 10 ou même 5 ans et maintenant n'aurait pas de sens. Après forcément, si l'on ne se concentre que sur l'aspect vidéo, il est certain que cela enlève des essais qui auraient pu être accordé à tort (en général). Il existe quelques cas où l'arbitre aurait dans le doute refusé l'essai je pense, mais ces cas-là restent largement minoritaires. Donc oui, mais ça reste microphénomène sur la masse d'essais marqués. Du moins pour le moment, car à force de remonter le temps, on trouvera toujours une faute permettant de refuser l'essai...

Tonton Danijel

29/08/2013 à 09h57

La vidéo a été introduite dans le rugby parce que beaucoup d'essais sont inscrits à l'issue de phase regroupement où il est impossible de bien voir ce qui se passe. Pénalisant vu qu'il s'agit de 5, voire 7 points en jeu. J'ai de très mauvais souvenir de matchs perdus sur des essais qui n'étaient absolument pas valables (la finale Grenoble-Castres en 1993 - essai accordé alors qu'un Grenoblois avait aplati dans l'en-but avant un joueur castrais - ou la demie-finale Bourgoin-Toulouse de 1995 - essai accordé à Toulouse à la dernière minute qui récupère le ballon suite à un en-avant de son équipier). Après, la vidéo sur la conclusion ne permet pas d'échapper à des essais foireux ou invalidés à tort. Exemples: un essai refusé à l'Ecosse contre la France lors du tournoi 2007 pour un pied mis en touche... inexistant. Ou le deuxième essai du XV de France qui élimine les All Blacks en quart de finale du mondial 2007... et qui démarre par une passe en-avant. Le fin du fin est que le rugby s'est même inspiré de la vidéo... pour compliquer les règles de l'en-avant. Avant, un joueur au point A qui envoie la balle à son coéquipier qui la reçoit au point B faisait en-avant si le point B est plus proche de la ligne d'en-but que le point A. C'était simple, clair, même Vincent Moscato pouvait comprendre cette règle. Mais comme on a quelques experts en balistique dans le milieu de l'ovalie, on a fait la remarque que le ballon pouvait être envoyé vers l'arrière... mais avancer en raison de l'énergie cinétique du joueur en mouvement (le gars court à 12km/h, fait une passe en arrière avec une vitesse donnée au ballon de 6 km/h, ce dernier avance malgré tout à la vitesse de 6 km/h). Du coup, à la vidéo, on peut s'amuser à regarder si le joueur fait bien le geste de transmettre son ballon en arrière. De l'art de compliquer une règle simple pour justifier l'emploi de la vidéo... dans la recherche de l'arbitrage parfait qui n'existe pas. (j'ai d'ailleurs un très gros doute sur la validité du troisième essai Oyonnaxien contre Clermont vu qu'il est inscrit sous un regroupement et qu'on ne voit rien après 5 passages vidéo...).

Gerardhino Del Cybernic

29/08/2013 à 11h18

Pour le foot, comme pour le rugby,je serai pour avoir le droit d'utiliser une seule fois la vidéo. Si lors de l'usage de la vidéo, la décision est changée, cela donne le droit à une nouvelle utilisation. Si la vidéo confirme la décision de l'arbitre, l'équipe perd son utilisation de la vidéo et ne peut plus l'utiliser. 30 secondes est ajouter au jeu (comme un remplacement). Cela responsabilisera le joueur qui se plaint de la décision arbitrale (pouvant faire perdre un outil important à son équipe), ainsi que son capitaine.

theviking

29/08/2013 à 11h31

Pour l'histoire de l'en-avant, la première formulation de la règle, si c'était bien comme ça qu'elle était énoncée était à changer, car effectivement la majorité des essais de 3/4 auraient été invalidés, les dernières passes étant souvent quasi "à plat". (donc vers l'avant avec la vitesse du joueur)

theviking

29/08/2013 à 11h32

Gerardhino Del Cybernic aujourd'hui à 11h18 C'est un peu comme ça en foot US, je crois. Chaque équipe a le droit à 2 ou 3 contestations.

la rédaction

29/08/2013 à 11h33

@Gerardhino Del Cybernic On a souvent dit à quel point cette alternative du nombre de "challenges vidéo" limités en nombre et à disposition des entraîneurs était illusoire et entraînerait des effets pervers. On verrait en effet des matches gagnés ou perdus grâce à un bon ou un mauvais "coaching vidéo", c'est-à-dire parce qu'un entraîneur aura eu du flair ou de la chance dans le choix de ses challenges. Ce n'est plus du sport. En termes de justice sportive, c'est absurde. Et même au nom de la chimère de justice poursuivie par les pro-vidéo, cette solution serait insatisfaisante: si une erreur arbitrale (flagrante, du type qui peut être corrigée par la vidéo) survient alors que l'entraîneur a épuisé ses jokers, l'injustice sera d'autant plus insupportable. La conclusion, c'est qu'il est impossible de trouver des façons satisfaisantes de limiter le champ d'application de la vidéo. L'exemple du rugby est parlant: alors même que l'on pensait pouvoir fixer (plus facilement que pour le football) ce périmètre, les pressions pour l'étendre sont trop fortes.

nima

29/08/2013 à 11h53

Je suis totalement d'accord avec l'auteur, pour moi l'usage de la vidéo en football doit se limiter au visionnage après match, avec pour objectif de détecter de manière systématique les cas ou la règle a été enfreinte, en se focalisant sur les cas ou l'acte a eu des conséquences sur les score, sur les actes d'anti-jeu ou de violence. Les sanctions devraient être dissuasives, de sorte que le joueur se sache surveillé et joue dans le respect de la règle, de l'adversaire et de l'arbitre. Car à mon sens il y a avant tout des joueurs qui enfreignent les règles, volontairement (tricherie?) ou non, avant de parler d'erreurs d'arbitrage.

 

Dede Bâilleur

29/08/2013 à 11h54

Tonton Danijel aujourd'hui à 09h57 Le fin du fin est que le rugby s'est même inspiré de la vidéo... pour compliquer les règles de l'en-avant. Avant, un joueur au point A qui envoie la balle à son coéquipier qui la reçoit au point B faisait en-avant si le point B est plus proche de la ligne d'en-but que le point A. [...] ------ Je reviens juste là-dessus mais c'est faux. Le rugby n'a pas changé une ligne dans ses règles sur l'en-avant de passe. Il devait et doit toujours être jugé en fonction du joueur qui fait la passe "vers l'en-but adverse" ou pas. Ce qui a changé en revanche cette année, c'est l’interprétation des images demandés aux arbitres vidéos pour ne se concentrer que sur le mouvement des mains lors de la passe (mouvement vers l'en-but adverse, ou pas). Ce qui est intéressant dans cet exemple d'utilisation de la vidéo, c'est que, justement à cause de la vidéo, on a tendance a dénaturer la règle originale qui n'a de sens que dans le feu de l'action et à vitesse réelle. A partir du moment ou on s'autorise a juger une passe, sur un écran télé, au ralenti, on a plutôt tendance naturellement a juger la trajectoire de la balle par rapport au terrain que dans l'esprit de la règle.

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