auteurs
Jérôme Latta et Michaël Bastien

Tranches de cake et parts de roi

Comment les cinq principaux championnats partagent le gâteau des droits TV entre les clubs: une (magnifique) infographie de Moustache FC et des Cahiers du football.


Sens de la dérision

28/09/2011 à 12h38

Gigodanho mercredi 28 septembre 2011 - 12h17 @arnaldo01 Tu es un romantique :) Je crains que personne ne recherche la simplicité ni l'équité. Le système initial en L1, combattu par le lobby aulassien qui avait porté Gérard Bourgoin à la tête de la Ligue, était essentiellement basé sur le classement - donc le mérite sportif. ---- De quel appel d'offres parles-tu ? Parce que pendant longtemps un classement au mérite sportif était largement plus avantageux pour l'OL que pour Paris ou Marseille. C'est d'ailleurs pour ça que, en 2002, Bouchet notamment (cf mon lien plus haut) voulait porter la part à 50-25-25 (critère de notoriété au même niveau que le sportif). Avant 2002, ptet que Aulas voulait rajouter de la notoriété, mais c'était largement à la défaveur de Lyon (par rapport à Paris, Marseille, StE, voire Lens...). Ça m'étonnerait qu'Aulas ait voulu aller dans un sens contraire à son intérêt.

Espinas

28/09/2011 à 13h34

Tonton Danijel mercredi 28 septembre 2011 - 12h20 Justement, gigodahno, un système basé sur le nombre de points entretiendrait ce cercle vicieux. Le plus simple: on donne la même part à tout le monde. Après, quand tu es un club très populaire comme le Barça, tu peux espérer gagner plus d'argent sur la billetterie, les produits dérivés, les tournées estivales... ----- Attention aux cercles vicieux par championnat aussi. Si la L1 se la joue égalitaire (même part pour tout le monde) seule, les clubs qualifiés pour la C1 vont se faire massacrer en coupe d'Europe, l'indice UEFA va baisser, l'attractivité du championnat aussi, les télés investiront moins dessus, les clubs auront d'encore moins bons résultats en coup d'Europe, etc...

Jean-Patrick Sacdefiel

28/09/2011 à 13h49

Tonton Danijel mercredi 28 septembre 2011 - 12h20 Justement, gigodahno, un système basé sur le nombre de points entretiendrait ce cercle vicieux. --- Infiniment moins que le système avec un levier "notoriété-médiatisation" qui tend à verrouiller la hiérarchie et à enrayer l'évolution sportive positive d'un club qui fait les bons choix sportifs. Il y a une prime à la "grosseur", par exemple quand des clubs comme l'OM ou le PSG ont continué à être massivement diffusés alors qu'ils naviguaient au mieux dans le ventre mou. Ceci au détriment de clubs mieux classés durant cette période, mais moins médiatiques, qui n'ont pas pu bénéficier de la dynamique positive qu'aurait permis l'encaissement de droits plus importants (proportionnés à leur classement).

Jean-Patrick Sacdefiel

28/09/2011 à 14h37

@Sens de la dérision Il y a un bel historique d'articles sur le sujet dans les Cahiers. 1999 : LA GUERRE DU GÂTEAU http://bit.ly/pZKUQq Le Graêt parvient à sauver le principe de solidarité, mais le ratio part fixe / part au classement passe de 91/9 à 73/27. Pas de Part "notoriété". Aulas pas dans le champ. Le pactole est de 8 milliards de francs sur trois ans. 2000 : LE CLUB EUROPE À L'ASSAUT DE LA LIGUE ET DES DROITS DE DIFFUSION http://bit.ly/mVzjhV Le Club Europe, le "G14 français" piloté par Darmon, confirme son intense lobbying, JMA en est la tête de gondole. La revendication est l'introduction d'une part à la "notoriété", voire carrément à la négociation individuelle des droits télé. 2000 : L'ARGENT DE LA TÉLÉ NE FAIT PAS LE BONHEUR DU FOOT http://bit.ly/pgGv5F JMA obtient le départ de Le Graët et l'intronisation de Bourgoin. Il milite toujours pour l'introduction du critère notoriété : "Il faut tenir compte de l'audience. Le match Monaco-Lyon a été vendu dans trois pays. Une petite affiche aurait-elle été vendue à l'étranger? Je ne crois pas". "Même si cela profite surtout aux grands clubs, même si le partage des droits télé s'effectue selon une autre répartition, l'argent circulera partout: quand Lyon achète Dhorasoo 30MF au Havre, tout le monde en profite". 2001 : DROITS DEVANT, LES AUTRES DERRIÈRE http://bit.ly/rv4u1Z Le Club Europe se répartit une enveloppe occulte (et illégale, comme le montrera la découverte par les dirigeants de Vivendi post-Messier) de droits versés par Canal+, selon un système incluant la notoriété. (cf. aussi LES 480 MILLIONS DE LA DISCORDE http://bit.ly/pKkZXw) 2002 : L'ULTRALIBÉRALISME EXPLIQUÉ AUX ENFANTS http://bit.ly/nRJBo0 JMA : "En France, les grands clubs sont pénalisés par rapport aux petits (…) C'est normal que les grands clubs encaissent au lieu de sponsoriser les petits (…) Les petits clubs continueront à jouer un rôle essentiel sur le terrain, dans les quartiers pour fédérer les énergies et les bonnes volontés (…) Les petits clubs, comme les petites entreprises, peuvent toujours se développer et s'imposer. Cette loi du marché donne sa chance à tout le monde". 2002 : CONSPIRATION POUR L'INÉGALITÉ http://bit.ly/mOJtjT Offensive médiatique conjointe des président de l'OL, du PSG et de l'OM. JMA : "Pour moi c’est clair, le montant fixe donné à tous les clubs est trop élevé. C’est un encouragement pour les clubs à budgets faibles qui ne cherchent pas à faire d’efforts en matière de recrutement". 2002 : DROITS TÉLÉ : LA SOLIDARITÉ PRÉSERVÉE http://bit.ly/o6hve5 Nouvel accord de répartition des droits TV : 83% part fixe, 17% classement saison + classement 5 saisons précédentes. Toujours pas de part "notoriété". Les clubs riches ont échoué. Bouchet gueule, JMA pas trop. Il a d'autres chevaux de bataille: la bourse, les internationaux. C'est la crise et politiquement, les "gros" n'ont pas encore le pouvoir au sein de la LNF. 2003 : BOUCHET S'EN VA-T-EN GUERRE http://bit.ly/patwbk et L'OM EN BUTTE AUX DROITS http://bit.ly/q2SqG7 C'est le président de l'OM qui mène la guerre. JMA est plus discret. --- Je m'arrête là. On voit donc que JMA a été un militant de le première heure en faveur d'une répartition à la "notoriété", même s'il a laissé le PSG et surtout l'OM aller ensuite au front - à une époque où ce système aurait gommé l'avance sportive de l'OL sur ses deux rivaux (théoriques). A l'arrivée, l'écart de popularité s'étant resserré en sa faveur, ce système "libéral" lui convient parfaitement. Le contraire aurait été étonnant.

Sens de la dérision

28/09/2011 à 14h44

Merci pour cette mise au point salutaire qui confirme qu'il vaudrait mieux que j'évite de me fier à mes souvenirs.

la rédaction

28/09/2011 à 20h27

L'infographie a été mise à jour avec la Bundesliga, et le montant des droits de la Serie A (790 millions d'euros et non 600) corrigé. Merci aux lecteurs qui nous ont indiqué des sources et les erreurs.

 

Mangeur Vasqué

28/09/2011 à 23h50

Pour info, et aussi pour répondre aux cédéfistes qui se demanderaient pourquoi la Premier League est aussi équitable ou généreuse que ça envers tous (@ Sens de la dérision, malheureusement, rien de romantique dans cette générosité), je mets ce lien ci-dessous, en fait un post que j’avais posté en juin pour répondre à c'est à ras!, expliquant par le menu les méthodes de répartition de la manne Sky, ainsi que les raisons de cet état de fait au pays du « libéralisme sauvage » (raccourci prisé des étrangers mais réalité bien plus complexe). Aussi surprenant que cela puisse paraître donc pour beaucoup, la répartition équitable des revenus TV fut l’un des principes fondateurs de la Premier League et figure même dans le Founder Members Agreement établi en juillet 1991 (création de la PL), dans ses grandes lignes en tous cas. Voir donc ce post de juin : http://tinyurl.com/5tqlasg La raison principale est historique (j’en ai parlé plusieurs fois dans le fil anglais) et explique du même coup les origines* de la création de cette Premier League : tous les clubs de Football League (les quatre divisions de D1 à D4) touchaient la même chose en droits TV (dérisoires) avant la création de la Premier League y’a 20 ans. Et c’était pas bézef, 10 millions de £ par an… à se partager en 92 ! (y’avait aussi de vieux principes qui agaçaient de plus en plus les gros clubs, obligations qui remontaient parfois quasiment à la création de la Football League en 1888, par ex. fallait partager les recettes entre club hôte et visiteur, des vestiges du passé qui avaient survécu incongrûment et faisaient tache dans le Eighties des Yuppies, societé individualiste, matérialiste, Thatcherienne et du fameux "If you've got it, flaunt it" - si t'as de l'argent, ne t'en cache pas). [*le drame d’Hillsborough – 15 avril 1989 – joua indubitablement un rôle dans la création de la PL, ainsi que l’état lamentable du foot anglais à cette époque, et donc le peu de revenus des clubs, mais la vraie origine fut purement financière – Hillsborough fut l'un des facteurs, plus un accélérateur, disons]. Il faut préciser qu’à l’époque (80’s) les stades étaient à moitié vides, vétustes, dangereux, violence, hooliganisme, racisme, etc. (énorme crise du foot anglais qui rebutait tout le monde), et que les clubs commencèrent à chercher d’autres revenus que la billetterie (pas énorme car places pas chères, 2 ou 3 £ !). Seulement 15 millions de spectateurs en 1986 (pour les 4 divisions professionnelles, bien plus du double aujourd’hui). En fait, dès 1981 et les prémices du foot business, les gros clubs en eurent marre de partager le maigre butin avec les 80 autres de Football League, surtout des boulets de D3 ou D4 qui se faisaient plus remarquer pour leurs hools que leurs prouesses sur le terrain. Ces gros clubs commencèrent à se dire que ça serait plus sympa de se partager le magot à 20. Dès cette date-là, 1981, les Gros commencèrent à parler de former une « Breakaway League », un championnat sécessionniste (surnommé sommairement « Super League »). Mais en 1985, la Football League leur proposa un accord pour calmer le jeu (dont l'abandon du partage des recettes des matchs) et ça les pacifia un peu. Les gros de l’époque continuèrent cependant à s’unir et formèrent naturellement une alliance, qu’on appela la Big Five, les cinq clubs dominants de l’époque et aussi ceux qui avaient à leur tête des personnages influents (Liverpool, Everton, Tottenham, Man United et Arsenal). Vers 1986, les premières discussions avec la Football League s’engagèrent (pour augmenter les droits TV, ne les partager qu’entre clubs de D1, etc.). Arriva alors Rupert Murdoch (qui venait de se lancer dans la TV Satellite, BSB, British Satellite Broadcasting, ancêtre de Sky) et d’autres figures connues et médiatiques ou issues des médias (Robert Maxwell et Alan Sugar pour ne citer qu’eux, Irving Scholar aussi, Tottenham, l’un des précurseurs du foot biz en Angleterre), qui firent miroiter de beaux contrats TV et tout le toutim aux gros de l’époque. Vers 1987, la Football League contre-attaqua en passant un accord avec ITV qui triplait les droits TV existants mais effort jugé insuffisant pour les gros clubs (même s’ils étaient réticents à aller au gros clash et faire sécession). Il y avait aussi d’autres facteurs en faveur de Murdoch (et donc, d'un éloignement du système d'alors). Le foot était peu diffusé nationalement à la TV à l’époque, c’était surtout les chaînes régionales puissantes (comme Granada) qui diffusaient du foot, bref le système était fragmenté et peu propice au développement £££ des Gros. Murdoch (qui avait créé BSB, l’ancètre de Sky) apparut alors comme l’homme providentiel, il proposait avec ses satellites non seulement de les diffuser partout au Royaume-Uni mais aussi en Europe et ailleurs dans un avenir proche. En 1988, sous la pression de Murdoch et quelques autres, les gros clubs parlèrent sérieusement de créer ce championnat sécessionniste, et entrèrent en conflit avec la Football League. Ajoutons au tableau aussi que les clubs en avaient marre qu’on leur dicte tout, et assez d’être sous le joug non seulement de la Football League, mais aussi de la Football Association (en matière de financement et décisionnel. Par exemple, pour changer la redistribution des droits TV ou toute autre décision de ce style, les 92 clubs de Football League devaient obtenir l’accord de la FA, même des 2/3 des membres de la FA pour être précis). Cette sécession fut encouragée par la Football Association, qui voyait d’un mauvais œil la « concurrence » et le pouvoir de la Football League. Bilan : la Premier League fut créée officiellement en juillet 1991, et la FA se fit graduellement bouffer par la PL. La FA n’existe quasiment plus, en terme de pouvoir, elle s’occupe surtout de gérer ses petites affaires courantes, tels les scandales (chief exec, cul, argent, politique, etc.) ou l’énorme dette qu’a laissé le nouveau Wembley.

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)