Les mots du mercato

Une balle dans le pied – Jouons les prolongations de "À partir de là" et "Oui, je crois que bon" avec trois nouvelles définitions de saison: le joueur intransférable, le joueur parti pour rester et le "club de son cœur"

Tonton Danijel

17/06/2011 à 09h24

La page d'articles googlisé "Parti pour rester" est assez édifiante. Rappelons quand même l'auto-dérision de 'L'équipe' qui avait sorti un "Dassier, parti pour partir?" récemment...

Miklos Lendvai

17/06/2011 à 09h30

Pour l'autodérision de l'Equipe, je pensais que tu allais parler de leur campagne de pub dans laquelle ils évoquaient justement cette expression "parti pour rester". Dans la même veine, il y a le texte de présentation de Bollaert of Fighting qu'il avait posté sur le fil "Présentons nous" : La course au titre Bien qu'on ait du mal à imaginer un quelconque trophée déployer une paire de jambes et s'enfuir en courant, les efforts des favoris pour conquérir celui-ci sont volontiers assimilés à une course au titre. Curieusement, on dit souvent du leader de cette course échevelée qu'il est solidement installé en tête du championnat. Autre paradoxe : pour rivaliser avec des clubs qui font la course en tête, on préconise généralement d'avoir une équipe bien en place. Exemple "On s'essouffle avec toutes ces courses au titre. C'est pour ça qu'on voit parfois l'Inter marcher." - Javier Zanetti Variantes "Que je coure un peu plus ? Et à quel titre, je vous prie ?" - Johan Micoud "A l'Equipe, on ne cantonne pas nos idées courtes aux titres." - Vincent Duluc "J'aimerais que Bernard cesse de multiplier les courses autistes." - Paul le Guen, de passage au PSG "Les titres nous fuient et ça me court sur le haricot." - Robert-Louis Dreyfus "Mettez-moi deux titres, s'il vous plaît. Combien je vous dois ?" - Luciano Moggi ------------- La frappe sans conviction Si les footballeurs se distinguent rarement par l'expression de convictions morales et citoyennes, c'est que les gestes qu'ils doivent réaliser sur le terrain leur demandent déjà trop de réflexion. En premier lieu la frappe, qui, lorsqu'elle est manquée, est bien souvent analysée comme le signe d'un profond manque de conviction chez son auteur. Jean-Michel Larqué, lui, n'y verra effectivement qu'une frappe manquée, mais l'analysera aussitôt avec énormément de conviction. Exemple "C'est étonnant. J'ai pourtant frappé avec beaucoup de conviction." - Ibrahima Bakayoko Variantes "Parfois, je finis par faire une passe, mais c'est sans conviction." - Cristiano Ronaldo "Quand je commence à asséner mes convictions, j'ai tendance à assommer les auditeurs." - Eugène Saccomano "J'ai mes convictions, et votre avis, je m'en cogne." - Raymond Domenech "Il y a des claques qui se perdent, Hatem, je t'assure." - Didier Deschamps "On était un peu légers sur les pièces à conviction, mais on a quand même frappé." - George W. Bush ------------- Peser sur les défenses Certains avant-centres enchaînent les matches sans jamais briller par l'élégance de leur technique, ni par leur efficacité devant le but. Lorsqu'on éprouve néanmoins le besoin de vanter les mérites d'un tel joueur, on dit qu'il pèse sur les défenses. L'intérêt de ce concept nébuleux est de s'appuyer sur des données non identifiées, et donc invérifiables. En effet, aucune palette de Philippe Doucet n'a pu démontrer qu'un attaquant pesait bel et bien sur les défenses, mais le contraire non plus, ce qui permet d'entretenir avantageusement le doute. Exemple "Il faut bien que je me nourrisse si je veux peser sur les défenses." - André-Pierre Gignac Variantes "Je crois que j'aurais dû mettre plus de pèze dans ma défense." - Arsène Wenger "Mes défenseurs me traitent souvent de boulet, et ça devient pesant." - Damien Grégorini "Ne lancez pas Bixente sur le thème de la défense, il peut être vraiment lourd." - un téléspectateur "Je me suis calmé sur la défonce, mais alors bonjour la prise de poids." - Diego Maradona "Tiens, j'irais bien baiser vers la Défense." - Dominique Strauss-Khan PS : Dame Rédac, le lien en bas de l'article renvoie à la précédente balle dans le pied.

Mipoulet

17/06/2011 à 10h41

Les contre exemples de l'article sont magnifiques et ca va crescendo. Bravo et merci.

Bof

18/06/2011 à 16h42

Belle fournée, j'ai surtout aimé la définition du "joueur intransférable", l'allusion aux sponsors maillots de l'ASNL, et le joli chapelet cardiologique pour finir. Il y a encore de la matière, l'article précédent du blog évoquait le "bras de fer"... Sûrement à creuser... Un parallèle avec les genoux en mousse de Ronaldo, par exemple... "L'AFFAIRE DSK DANS LA LANGUE DU FOOT" était très bien aussi. Et tiens à préciser que je n'ai fait aucun prosélytisme auprès de Miklos, qui fort aimablement posté mon essai de son plein gré. C'est marrant ces deux textes qui se font écho tout de même, Margotton y verrait-il un symbole ? Oui, j'ai tout l'air du mec qui a envie de se faire publier en Une et fait mine de ne pas y toucher.

 

Bof

18/06/2011 à 16h44

On demande un "je" au début du dernier paragraphe ci-dessus et un "a" un peu plus loin, merci de vous présenter au guichet du service "Edit post".